Physiologie de l'esprit [electronic resource]
En traduisant l'ouvrage de M. Maudsley, je crois avoir donné une preuve suffisante de ma sympathie pour les convictions scientifiques de l'auteur, et de mon admiration pour la manière dont il les a exposées; je suis donc sur qu'il me pardonnera, si je dis ici que, par-ci, par-là, surtout en ce qui concerne le rôle des différentes parties du système nerveux et spécialement des ganglions viscéraux considérés comme centres indépendants, il y a quelques passages, quelques détails techniques, auxquels je ne saurais souscrire, et quelques interprétations controversées, dans lesquelles j'adopte une opinion différente de celle de M. Maudsley.
S'il s'agissait d'un traité de physiologie, j'aurais exprimé mes doutes dans des notes ad hoc. Cela
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m'a semblé superflu et déplacé dans un ouvrage comme celui-ci, d'autant plus que ces petites divergences se réduisent à ceque j'appellerais volontiers des questions de famille entre physiologistes, et que pas une seule d'entre elles n'est de nature à altérer tant soit peu les conclusions générales de l'auteur et ses vues psychologiques, que je partage d'un bout à l'autre, sauf une différence d'appréciation des degrés de conscience propres aux centres nerveux spinaux, sensoriels et corticaux; il était impossible de discuter ce sujet dans de courtes notes; j'exposerai d'ailleurs ma manière de voir dans un volume, que j'espère publier bientôt, et qui, sous un titre ou un autre, contiendra les notions fondamentales de la psychologie physiologique.
Encore une observation : je ne suis pas content du titre « Physiologie de Vesiorit »; ce mot ne rend qu'imparfaitement le sens beaucoup plus étendu du mot anglais mind, qui embrasse toutes les formes de l'activité psychique et correspond bien mieux à la parole âme, prise, bien entendu, dans un sens scientifique, c'est-à-dire purgée de tout ontologisme métaphysique ou théologique.
J'aurais donc voulu intituler ma traduction : « Physiologie de Y âme »; mais je me sms rendu aux raisons de l'auteur; ce dernier a craint que
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cette parole n'impliquât ou ne promît plus que le livre ne contient, et, surtout, que le choix ne semblât prétentieux. Je me suis permis en revanche de remplacer souvent, dans le texte de l'ouvrage, ' le mot espHt par le mot âme. D'ailleurs le signe phonétique destiné à représenter une idée a une importance très secondaire; il suffit que l'idée qu'il symbolise soit bien nette et définie. Or, le sens que M. Maudsley attribue aux paroles âme ou esprit, ne peut tarder à se révéler au lecteur avec une clarté parfaite.
A. Herzen.
• Florence, novembre 1878.
TABLE DBS MATIÈRES
Pages.
Préface • • xiij