VI - I
Il n'y a donc ici qu'une modulation partielle.
Nous allons maintenant, pendant que nous sommes à l'ace, mineur, compléter tout ce que nous avons dit au 2"'<' chapitre, ajoutant les dernières preuves manquant encore à sa démonstration physiologique complète. Ces preuves-là, nous seront fournies par la loi uni(iue que nous venons d'énoncer avec extension au corollaire II dont l'importance se manifestera mieux encore. C'est donc la loi de modulation qui viendra confirmer lout ce que je me suis efforcé de faire voir d'une fa^on quasi-certaine déjà.
L'accord mineur mixte étant constitué comme nous l'avons montré par une Fond. (D) isolée entre deux tierces harmoniques, nous fournira l'exemple de deux sens, de retour situées à distance de quinte juste, et puisque, en dehors de leur rôle de tierce harm., la première peut jouer le rôle de Fond, et la seconde celui de quinte, alors que l'on considère la base de cet accord comme une véritable Tonique, il est évident que nous agissons toujours selon nos principes immuables de modul. à la D. ou à la S.-D. que l'on module en majeur ou en mineur dans un nouvel accord mixte, ce qui €st en somme beaucoup plus logique, vu que, dans ce second cas, on conserve à l'accord min. son caractère propre.
Les exemples suivants vont éclaircir ce point important et jusqu'ici incompris.
ace. min.
Voici à la 2^ mesure l'accord min. mi^ sol, si, modulant à l'accord de D. min. également, et placé entre l'accord de Tonique, dont il dérive et celui de D., dont il participe, tous deux modulant également à leur D.Si nous examinons attentivement cet exemple, nous verrons d'emblée que la tierce du l^"" accord devenue Basse du 2^, l'accord min. mixte relatif direct, suit une marche identique dans les deux acccords où elle continue le même rôle.
2) La Dom. du l^r accord Fond, de l'accord de D. N» 3, occupant le médium de notre accord mixte N« 2, suit également la même marche dans l'un et l'autre accord, sol fcijjf — sol /«if)-
Quant à la doublure de notre tierce harmonique, cà la quinte juste, elle ne peut que rester en place, puisqu'en modulant à la quinte supérieure, elle se transforme en la Base du nouvel accord, et par conséquent est commune. Seule-
ment ici, puisque nous allons (l'un accord mixte dans l'autre, cette nouvelle Fond, conservera son rôle de tierce harmonique. Si maintenant nous modulons non plus cà l'accord min. de D., mais à l'accord majeur., la tierce harm. du premier degré, servant de base à l'accord mineur, emprunte le rùle d'une Fond, ou f^ens de départ descendant par Vj ton sur la tijerce majeure de sa D., et de cette façon nous avons un redoublement à la tierce mineure inférieure de la tonale sens, du milieu, autrement dit deux sens, de départ à distance de tierce (au renvers. de sixte) ce qui leur permet d'elTectuer simultanément leur marche chromatique descendante.
renvers.
tonale sens. M+ l. sens.
La seconde partie de l'exemple ci-dessus explique comment chacune des notes constitutives des tierces mineures dont il est question, module selon son rùle de sens, de départ ou tonale sensible à la tierce majeure de sa Dominante, le résultat de celte double marche constituant, avec la note commune, l'accord parfait maj. de 1).
Donnons maintenant doux exemples de la modul. directe d'un accord mineur à celui de S.-l). mineur et nous aurons rxactement l'inverse de ce que nous venons de voir, c'est-àdire qu<' c'est la tierce harm. inférieure qui sera note commune, empruntant le rôle d'une Fond, et la supérieure qui elïectuera son mouvement chromatique ascendant sur le premier depré, tonale centrale de l'accord de S.-D. mineur où l'on marche.
Ex. «5
Comme on le voit, tout se passe ici logiquement. La quinte de Tonique (1) et la tierce de D. (3) conservent dans l'accord mineur leur mouvement propre, la tierce harm. lui servant de base empruntant le rôle d'une Fond, et restant en place, étant commune entre les deux accords.
Elle pourrait aussi, en vertu du corollaire II, vu la position fondamentale de l'accord, opérer un échange avec la Fond, dont elle devient la quinte harmonique, en faisant un saut de quinte au grave ou de quarte à l'aigu.
Ainsi :
ou en la dédoublant
Ex. o6. n
On ne saurait passer directement d'un accord mineur à celui de S.-D. majeur. Pour cela, il faudrait faire monter d'un ton entier la sens, de retour ou tierce harmonique, ce qui bouleverserait notre loi fondamentale. Ce mouvement diatonique de la tierce ne peut se produire, — nous l'avons indiqué déjà, — que dans le passage du 6^ au 7*^ degré de la gamme, avec intervention de l'accord de triton, accord de transition et de raccordement, si j'ose ainsi m'exprimer, dont l'établissement suspend la modulation, préparant avec une énergie doublée la cadence à la Tonique dont il est immédiatement suivi avec ou sans retard d'une partie de l'accord de résolution.
Comment alors, me direz-vous, obtiendrons-nons la contrepartie du cas de modulation à l'accord de D. majeur? dans lequel nous avons un redoublement de la sens, de départ (ex. 54)? L'exemple qui va suivre nous le fera voir, car la vraie et seule contre-partie de ce cas est celle d'un accord majeur modulant dans celui de la S.-D. mineur. Là, nous aurons le redoublement à distance de tierce-mineure également, ou de si.xte majeure au renversement de la sensible de retour, en un mot nous aurons un intervalle de tierce ou
îiiixle dont chacune des noies constitutives module à la S.-D. de la Fond, dont elle est issue.
C'est donc toujours notre unique loi (jénérale et sa réciproquey et tout ce qui précède n'a pas d'autre but que d'en démontrer le fonctionnement. Voici l'exemple :
ou
Ex. - ■ - ■^- '
Comme nous le voyons, chacune des tierces sensibles marche selon le principe de modulation à la S.-D , à la S.-D. elle-même, c'est-à-dire
soli'.\ -*- de la Fond. )iii module en hi S.-D. de mi si 1^ + » » j) sol z » ^> ffo ^^ ® ^"^ et l'ensemble du résultat constitue avec la note commune mi l'accord mineur mixte de S.-D. -en mi majeur à savoir : lu, <lo 5 ^>"-
Nous donnerons pour terminer un exemple de la gamme mineure harmonisée naturellement. Toutes les parties marchant selon le rôle spécial du degré de la gamme majeure mère qu'elles représentent. Les échanges de parties d'une même triade auront lieu aux mêmes endroits, et pour les mêmes raisons déjà exposées, le mouvement de la mélodie étant imposé, mais toujours justifié et compensé par une <loul)luro marchant selon son rôle propre, lorsqu'il s'agit d'une 7b>m/e sensible.
Ex. 58.
OCr
I I I I I I I I Au retou!', les tierces tritoniques marchant lune sur l'autre vu min., le .V degré retardant le 4«, ne seront plus accom|)a-
gnésde leurs Fond., mais des quintes harmoniques de même base, ce qui les adoucit de beaucoup. En effet, ce ne sont plus deux tierces majeures, mais deux tierces mineures,
(r L) dont la l'^ retarde la 2% toutes deux soutenues par une même base. A la dernière mesure, ce qui nous apparaît sur le papier S.-D. ou sens, de départ descend d'un ton sur la tierce de Tonique. Nous verrons plus loin qu'en dépit des apparences, il ne s'agit pas ici d'une S.-D. ou septième de D., mais d'une quinte descendant sur la Fond, de la tierce de sa résolution naturelle, selon sa faculté de le faire. Qu'on se souvienne simplement pour le moment que la note centrale de l'accord mineur est à la fois quinte de Tonique et Fond, de l'accord de D.
Dans le cas qui nous occupe, elle remplit évidemment le 2« rôle, puisque la note qui descend sur elle lui est supérieure et représente son 2® degré. Ce point important sera mis en pleine lumière en temps et lieu, qu'on l'adopte avec confiance en attendant, les connaissan(îes acquises jusquà présent étant insuffisantes pour une démonstration complète.
Je ne puis que faire pressentir.
Qu'on analyse l'exemple à ce point de vue et aussi à fond que les connaissances acquises le permettent.
Ici, le redoublement de la tierce n'a aucun inconvénient puisque cette tierce est celle d'un accord mineur, donc en réalité une quinte ou Tonale. (*) Aux accords 7, 8, 9, qui sont ceux des 7^ et 8® degrés, nécessitant une voix supplémentaire comme nous le savons, les octaves des deux parties graves ne sont qu'un renforcement de la basse, à sa place ici, puisque les autres parties représentent les accords complets.