SEPTIEME DEGRE
ManiQ , fureur ( delirium furens et divagans).
Cliez les furieux les troubles intellectuels présentent uneexaltation remarquable; la force jnusculaire, comme l'inlelligence sortent des
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proportions ordinaires ; la mémoire et le jugement sont continuelles extravagances, l'attention ne peut être fixée un instant; les sensations sont vives , profondes , et les perceptions fausses; les paroles elles-mêmes ne s'accordent pas avec leurs fausses idées j ils déraisonnent sur tous les souvenirs, sur toutes les impressions.
Ce sont tous les élémens intellectuels exaltés , mais sans liaison , sans frein ^ rompus , et dans le cahos : la volonté a disparu. Si elle était capable de maîtriser ou de gouverner cette exaltation, les furieux seraient des êtres supérieurs, tant que durerait leur effervescence nerveuse. Cette exaltation à laquelle ils se complaisent, dont ils sentent toute l'énergie, leur donne une haute idée d'eux-mêmes; ils ont conscience de leur folie et en font orgueil; voilà encore la conscience dégénérant en vaniteux délires.
Entre l'homme raisonnable et celui qui extravague, il n'y a de différence que la volonté (i) : Dans toutes les altérations intellec-
(i) Napoléon avouait à I'ud de ses médecins, à mon père, qn'entre un homme de génie et un fou , il n'y a pas V épaisseur
INTELLECTUELS. /^l
tuelles que nous venons d'exposer rapidement, les élémens de raison sont toujours les mêmes ; seulement les maladies lesdésharmonisent plus ou moins, et pervertissent sur-tout la volonté, l'exaltent^ ou l'anéantissent.
Je définirais la raison , volonté saine et en action : pour faire comprendre ce que j'entends par ces mots en action , je dirais , par exemple , que dans le sommeil , la volonté s'endort , et que de suite commence , dans les rêves , l'extravagance des souvenirs, du jugement, de la conscience; mais à l'instant du réveil ce tumulte cesse et disparaît, parce que la volonté reprend son empire.
Si l'homme, même le plus intelligent, n'avait pas assez d'empire sur lui-même pour retenir l'expression de ces milliers d'idées qui dans une minute, passent par son cerveau, il paraîtrait et serait aliéné ; voyez d'ailleurs ce qui arrive dans l'ivresse , car l'observation trouve à profiter partout.
di' une pièce de six liards ; et, ajoutail-il , il faut cjue je prenn^ §arde de tomber entre vos mains, ( Historique ).