‹ Physiologie de l'homme aliénéChapitre 12 sur 46 · HUITIÈME DEGRÉ · texte numérisé non relu

HUITIÈME DEGRÉ

Déraison nement ( divagatio). État passager, intermédiaire entre la raison et la folie, en général produit par les boissons ferrnentées, et par d'autres substances.

A peine le vin ou ies liqueurs commencent à agir sur le cerveau , déjà les idées s'échappent involontairement 5 voilà la volonté vacillante au milieu d'un peu de fumée vineuse; les penclians de l'homme vont se montrer à nu ; il devient trop gai ou trop triste^ affectueux, ou méchant et querelleur; il lutte en vain contre ce trouble de lui-même , dont il a la conscience. Disons encore que cet état de vague et légère déraison n'est pas sans jouissance : c'est le repos de la volonté , et presque la fêle du cerveau.

Si l'ivresse se prolonge , si de nouvelles libations viennent entraîner l'intelligence déjà chancelante , elle ne sera plus qu'un délire complet, roulant sur une seule idée , ou sur une série d'idées , et présentant les illusions les plus bizarres de sensations , les plus étranges alliances de souvenirs, ou les erreurs les

plus grotesques de jugement : les paroles, les gestes^ les actions n'exprimeront que trop ce désordre momentané des facultés, qu'un sommeil réparateur rendra, en quelques heures, à leur intégrité première. Ici , comme dans la folie , le délire n'est que faiblesse ou absence de volonté.

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