‹ Physiologie de l'homme aliénéChapitre 14 sur 46 · ABRUTISSEMENT · texte numérisé non relu

ABRUTISSEMENT

Si l'on compare entre eux ces différens degrés des altérations intellectuelles, on verra que leur distinction repose sur des signes bien sensibles.

L'idiotisme est une maladie de naissance , caractérisée par la nullité morale et intellectuelle , mais présentant , dans cette dégradation , trois variétés fort distinctes :

1° L'abrutissement^ état de dernière abjection humaine, où il n'y a ni sensations, ni sentiment de besoins physiques ;

2" La stupidité^ où l'on trouve quelques perceptions , et au moins sentimens des besoins physiques ;

S** La bêtise se distinguant des deux états précédens par quelques fragmens d'intelligence , et notamment par la possibilité de parler.

Ces trois degrés forment l'idiotisme , qui , bien que de naissance et incurable, est néanmoins susceptible de quelque amélioration , et presque d'éducabilité.

4o L'imbécillité a un caractère tout inverse , c'est-à-dire qu'elle affecte des individus qui ont eu leur raison , et va toujours en s'aggravant ;

5*^ La démence dilFère de l'état précédent par des efforts inutiles de mémoire et d'attention, et sur-tout par un trait unique^ le sentiment, la conscience de cette impuissance et de sa propre dégradation. C'est un fait psychologique à graves conséquences ,•

6° La monomanie, comme l'indique son nom, n'est qu'une folie partielle, un délire sur un seul objet ;

7° La marîie , la fureur est l'exaltation des principales facultés intellectuelles, sur-tout de ' la mémoire et de la conscience : en éprouvant le sentiment intime de leur exaltation, les maniaques en font une vanité dé plus : mais chez eux pas de volonté; elle n'est qu'une explosion mobile et passagère , comme la rapidité des sensations ;

8. Entre ce délire complet et la raison, se place naturellement le délire de quelques momens , de quelques heures , le déraisonnement , dont l'ivresse comme les violentes passions , présenient tous les variables degrés ; ira furor hrevis \

9° Vient enfin la raison , c'èst-à-dire la volonté, maîtrisant toutes les facultés et même la conscience^ qui sans elle, se laisse aller

aux plus étranges illusions , quoiqu'en dise notre école platonicienne.

Voilà les faits , tels qu'on peut les vérifier chez les aliénés. Viennent maintenant les conséquences , dont nous allons de suite exposer une des principales.

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