TomE IV. T
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| | à son tour l’inexorable nécessité de celle-ci; sans la mort la reproduction, toujours agissante, aurait bientôt su) chargé l’univers de trop d'êtres vivants. | |
Bien que les actes par lesquels s’accomplit la reprodua tion soient souvent assez nombreux et assez divers, on n’el a pas fait, comme de ceux qui opèrent la nutrition, plu sieurs fonctions distinctes ; on les a tous réunisen une seuld qu’on appelle génération. La génération est une fenctio! exclusive aux êtres vivants. On ne peut pas, en eflet, appelé de ce nom la manière dont les minéraux se forment les un des autres : quand un minéral donne l'être à un autre, c’e: en fournissant tout ou partie des éléments qui le composen et en cessant d'exister lui-même : l'être vivant, au contraire se reproduit sans mourir , fournissant seulement une parti de lui-même, qui, à la suite de plusieurs développements devient un individu nouveau semblable à lui. |
Les procédés par lesquels s’accomplit, dans J’univex salité des êtres vivants, la génération , sont très divers; « nous allons nous borner à les rappeler brievement, ]d ayant indiqués déjà quand nous avons traité des animaux e! général.
D'abord , peut-être existe-t-il quelques êtres vivants qu se forment, de toutes pièces en quelque sorte, par la réu uion de leurs éléments constituants , à la manière d’un m! néral, mais consécutivement à une force autre que l’aitrae tion moléculaire, puisqu'elle a pour résultat la formatiol d’un corps vivanL: c’est ce qu'on appelle la génération Spor tanée. À la vérité, la plupartdes physiologisies récusent ce générations équivoques , admettant que dans les cas où ol les suppose, ont été apportés par l'air ou par l’eau des œu: ou des graines que leur petitesse n’a pas permis d’aperce cevoir. Mais peut-être que leur assertion est trop absolue et quelques faits rendent, sinon démontrée, au moin très probable, une génération spontanée pour les derniei degrés de lécheile végétale et animale. Par exemple, de animaux infusoires se sont montrés dans des liqueurs aux quelles on avait fait subir auparavant une ébullition pro: Jongée ; peut-on croire , avec Spallanzant, que les œufs qu
ont donné l'être ont résisté à cette forte chaleur ? Pluurs êtres vivants, comme des nostocs, des tremelles, dans le règne végétal ; le rotifére, l’anguille des toits, dans le règne animal, après être restés des années entières immo- . biles , et paraissant n’être que des cadavres desséchés, tou: à cc up ont été rendus à la vie par linfluence de l'humidité : a a été fait plusieurs fois de suite; et, par exemple, allanzant a fait ainsi sécher et revivre onze fois le rotière. Dira-t-on que ces êtres avaient conservé en eux , lors de leur dessiccation , une vie latente ? et n’est-ce pas plutôt = qu'ayant toujours la structure matérielle qui les rend prores à recevoir la cause excitatrice de la vie, quelle qu’elle soit , ils ont à chaque fois recu une nouvelle animation ? rmi les vers intestinaux, plusieurs sont placés en des ux où nul germe n’a pu pénétrer du dehors : les filaires, par exemple, qui sont situés le long de la colonne vertcbrale; les gordyles, qu’on trouve dans les chairs des muscles; les hydatides , qu’on observe dans jes parenchymes des viscères : faut-il, avec Spallanzani, en faire provenir Îles rmes des aliments, et faire arriver ces germes avec le sang ? ou croire, avec Rudolphi, Bremser, qui sont d’imposantes autorités sur ce sujet , que ces vers proviennent par ération spontanée ? Dans de certains temps, lors de pluies udaines, parexemple, on voit tout à Coupapparaître des myriades d'êtres vivants, et il serait souvent difficile d'indiquer d’où auraient pu provenir alors les nombreux germes qu'il nécessiteraient. Enfin , on dit avoir , dans des expériences, ussi à faire des êtres vivants de toutes pièces : Viegmann à mis dans un vase un demi-gros de corail blanc ou rouge , AVEC six onces d’eau distillée ; ila exposé Le vase aux rayons du soleil » Ayant soin de l’agiter plusieurs fois par Jour, et de décanter de temps en temps; et, après quinze jours, il a vu se former, d’abord de la matière verte, puis des conferves , @t enfin, après deux ou trois mois, des #monacles du genre d ès cyprides detectæ. Ayânt fait lexpérience dans un é roit et long cylindre, il a vu se former des espèces d’alves Jui, après un certain lemps, se sont converties en daphniæ Dngispinæ. M. Frey à fait en France de sémblables essais :
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ayant fait macérer dans des vasesbien clos , avec de l’eau dis-” j tillée , tantôt des matières végétales et animales , tantôt des. ÿ gaz LT il dit avoir vu se former de même, par le concours de la lumière et de la chaleur, des êtres vivants, vé-# gétaux et animaux. Sans doute nous ne voulons pas trops accorder à ces expér iences, non plus qu'aux considérations, À précédentes ; ; mais il nous semble que tous ces faits comman-à dent au moins le doute, et justifient MM. Lamarck et Geof-w froy de croire Hoebhe les générations spontanées aux der-. niers degrés de l’échelle vivante. À Au-dels de ce premier mode de génération, le pus sim. ple de tous, la repr oduction ne s’accomplit plus qu’à P aide ; d’une partie, qui est toujours fournie par un corps vivant, et qui devient un individu nouveau semblable à celui qui : la portait. Dès lors tout individu provient nécessairement d’un autre, et les êtres, dans leur succession , sont dépen-w dants les uns des autres. Mais nous allons trouver encore à beaucoup de modes divers, et de plus en plus compliqués. Aïnsi , au-delà de la génération spontanée est d’abord la génération fissipare , où par scission du corps mère , dont les animaux infusoires nous offrent un exemple : l'être, à une certaine époque de sa vie, se partage de [lui-même en plu-. sieurs fragments, qui forment autant d'individus nouveaux. À un second degré déjà plus élevé, mais encore bien … inférieur, est la génération gemmipare, qui consiste en ce À que l’être pousse, à un certain endroit de son corps, de petits bourgeons, des gemmes, qui, à une époque déterminée aussi, se détachent pour former autant d'individus nouveaux. Selon que c’est à la surface externe du corps , ou. dans un lieu spécial et intérieur que se développent les bourgeons, cette génération gemmipare est dite externe ou interne. Dans ces divers modes, un individu peut se reproduire seul. Enfin, apparaissent des. organes spéciaux pour ! la génération, ce qu’on appelle les sexes ; organes qui sont : de deux espèces, les femelles et les males , et qui fournissent , d’après l’opinion la plus universellement reçue, îes ( premiers, un germe contenant les rudiments de l ‘nl vidu nouveau, et les seconds, une semence, un fluide qui
FONCTION DE LA GÉNÉRATION. D avive le germe , et en détermine le développement et le dé-
tachement.
F Dans ce dernier mode, qui est celui de l’homme , tantôt des deux sexes sont réunis sur un seul individu, qui peut se reproduire seul, et qui est ce qu’on appelle kermaphrodite , comme cela est dans presque toutes les plantes, beau- Dour de mollusques ; ; tantôt ils sont réunis sur un seul être, mais qui ne peut plus se reproduire seul , et qui exige, pour
sa reproduction , le concours d’un sut , Chaque individu remplissant même à la fois le double sis de mâle et de fe- melle ; quelquefois enfin , chaque sexe est porté par un invidu différent, et l'espèce animale est composéé de deux individus , le jai et la femelle, dont le concours est absolument nécessaire pour la reproduction.
. Mais, deux nouvelles différences se présentent dans le mode selon qe se fait ce concours. Quelquefois le fluide du sexe mâle n’est appliqué à lœuf du sexe femelle, que lorsque celui-ci a été excrété, pondu, comme dans les s pois-
sons; et, dans ce cas, le mâle ne connaît pas la femelle qui concourt à sa reproduction. D’autres fois, au contraire, le fluide du sexe mâle est appliqué à l’œuf du sexe femelle ,
quand celui-ci est encore renfermé dans l’intérieur de la fe-
melle, comme dans les oiseaux, les mammifères ; l’œuf ne
pourrait plus être fécondé après la ponte; et, dans ce er
nier cas, 11 y a nécessairement dans la génération ce qu’on appelle un rapprochement , une copulation.
ee Enfin , la génération diffère encore dans les animaux, re- ‘ PMiivement à ce que devient l'œuf immédiatement après
Paccouplementet la fécondation. 19 Dansles ovipares, l'œuf est in aussitôt, et ce n’est qu'après la ponte qu’il éelôt, et qu'apparaît l'individu nouveau. 20 Dans les opo-vivi- pares, il est aussi détaché aussitôt de l’ovaire, et en voie d’être pondu ; mais parcourant avec lenteur les voies de son excrétion, il éclôt pendant la ponte, de sorte que l'individu
nouveau sort du sein de sa mère avec sa forme propre.
3o Enfin, dans les wivipares, l'œuf se détache aussi de l’e-
“vaire immédiatement après la copulation; mais, au lieu
d’être pondu , il va se placer dans un réservoir , appelé ma
vu
trice , uterus ; il y prend attache, en tre des sucs utiles à son développement; et, croissant ainsi aux dépens de sa mère , il éclôt dans ce réservoir, de manière que l'individu nouveau naît sous sa forme propre. De plus, cet individu, après sa naissance, doit à une sécrétion de sa mère son premier aliment, le lait. Dans ce dernier cas, la génération comprend nécessairement, outre la copulation, ce qu'on appelle une gestation ou grossesse, et l’allaitement.
“Tels sont les modes divers par lesquels s’accomplit la génération dans l’ensemble des animaux. Quelques divers que soient ces modes, il y a des formes qui sont comme autant de passages des uns aux autres. Ainsi, la génération gemmipare interne évidemment conduit à la génération par sexes. Les animaux qui, bien que possédant les deux sexes, ont besoin du concours d’un autre pour leur reproduction , conduisent à ceux chez lesquels ces sexes sont séparés. Enfin, ces reptiles batraciens qui se cramponnent à leurs femelles, et qui vivifient de leur sperme les œufs au moment même où ceux-ci sont pondus, forment évidemment fe passage des animaux qui n’ont pas de copulation à ceux qui en ont une.
Au milieu de toutes ces différences, voici ce qui est de la génération de l'espèce humaine : elle se fait à l’aide de sexes; ce
s sexes sont séparés et portés chacun par un individu dis- \ ünct, l’homine et Ja femme; c’est lorsque l’œuf est encore , intérieur que s’en fait la fécondation, de sorte qu’il faut un «
rapprochement , une copulation ; enfin la génération est vivipare, et comprend une grossesse et un allaitement. Nous allons commencer son étude par l’examen anatomique des organes qui l’accomplissent.