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substances ont subi dans cet appareil une élaboration alable par la digestion. Elle est incontestable. D’abord, le raisonnement seul doit la faire admettre, car sans elle l'alimentation ne remplirait pas son objet. Ensuite elle est prouvée directement, car on peut en spécifier les agents, l'appareil des vaisseaux chylifères, et le produit, le fluide appelé chyle. Nous verrons qu'on peut la subdiviser, comme la digestion à laquelle elle fait suite, en absorption des aliments où chylose, et absorption des boissons. Elle se fait xclusivement dans l'appareil digestif, au moins celle qqui sb relative aux aliments. Quelques physiologistes avaient voulu que la peau y concourût aussi; mais cela ne peut être out au plus soupçonné que pour les boissons ; en l’admetant pour les aliments, on s'était évidemment laissé égarer par une fausse analogie avec les derniers animaux qui, rivés d'appareil digestif, se nourrissent par l'absorption: ju’eflectue la surface externe de leur corps , ou chez lesquels elte surface externe est congénère de la cavité digestive.
L’absorption nutritive respiratoire est celle qui agit en. ledans des poumons sur l’air de la respiration ,etqui y puise: erprincipe essentiel à toute vie, l’élément auquel tout uide nutritif doit d’être assimilable. Comme c’est elle qui ait essentiellement le sang artériel, on l’a considérée comme ne. fonction distincte, sous le nom de respiration. Nous en parlerons donc pas à cet article, d'autant plus que ous les physiologistes n’admettent pas que ce soit par ab-. option que le principe utile de l'air soit introduit. Nous Jouterons seulement que quelques physiologistes ont cru ussi que cette absorption se faisait en partie par la peau ;
ais ils ont encore en cela été séduits par une fausse analoie avec des animaux simples, qui respirent en totalité ou h partie par la surface externc de leur corps.
: Ces deux premières espèces d’absorption représentent tout
èique l’homme prend au dehors de lui pour sa nutrition.
les n’ont pas d’autre but ; que de préparer des matériaux Our le sang, ou de faire ce sang [ui-même. Elles font
artie nécessaire du mécanisme de la nutrition , Ct ne peu-
‘AL cesser sans entraîner plus ou moins prochainement
Ve
6 FONCTION DES ABSORPTIONS. | 1 la mort. Cependant elles ne sont pas si constantes que le: absorptions nutrilives internes qui vont nous occuper; Va leur accomplissement dépend forcément de la présence d’a liments digérés et de boissons dans la cavité digestive, et de celle de l'air dans le poumon; et on sait que cela peut être Qu ne pas être. | «4 20 Les absorptions nutritives internes, considérées sou: le rapport des matériaux qu’elles recueillent, sont che: l’homme aa nombre de trois : l’absorption interstitielle où décomposante, l'absorption des sucs sécrétés récrémentitiels. et l'absorption de quelques parties des sucs sécrétés excré: mentitiels. $| L’absorption interstitielle ou décomposante, ainsi nom: mée par Hunter, est celle qui reprend dans tout organe du corps un certain nombre de matériaux, pour que son volume n’augmente pas indéfiniment, et que la décomposition équi libre en lui la composition. On ne,peut encore la révoque: en doute. Le raisonnement oblige aussi à l’'admettre; ca sans elle le corps, qui recoit sans cesse de nouveaux maté riaux, croîtrait indéfiniment en masse. Ensuite des expé riences l’ont démontrée; Duhamel ayant nourri des ami maux avec des aliments Leints de la couleur de Ia garance! a vu que, pendant ce temps, les os de ces animaux étaièni colorés en rose; ayant ensuite fait abandonner à ces ani maux l’usage de la garance, il vit leurs os revenir à leu couleur jremière. Enfin plusieurs faits physiologiques. relatifs aux changements que présentent les organes se lon les âges, et des faits pathologiques, attestent aussiil réalité de cette absorption : c’est elle, par exemple, qu creuse le canal médullaire des os longs, les cellules d l'os ethmoïde, os qui étaient d’abord tout solides; qu fait disparaître le thymus après la naissance , l’utérus 0 le sein dans une extrême vieillesse ; qui décide le volum divers ,des organes dans les différents âges : c’est ell qui, dans le cal primitivement tout solide d’une fracture creuse le canal médullaire, qui dissipe une exostose, et Différente daus chaque organe, sous le rapport de son acti vité el de son caractère , on peut dire qu’elle est multiple
DES ABSORPTIONS EN GÉNÉRAL. 7 qu'il y en a autant d'espèces qu'il y a de tissus particuliers 4 ins Je COrp S, | | - L'absorption des sucs récrémentitiels est celle qui recueille ous les sues sécrétés récrémentitiels qu'a nécessités l'orgasation compliquée de l'homme, sucs qui, versés sur des urfaces qui n’ont pas d’issue au-dehors, demandent à être epris par une absorption, à mesure que la sécrétion les ournit. Les matériaux que cette espèce d'absorption reueille sont nombreux ; ce sont tous les sucs séreux , la syovie, la sérosité perspirée dans les aréoles du tissu lamieux; la graisse, la moelle et le suc médullaire ; les humeurs olorantes qui sont exhalées à la surface de la peau , de iris, de l’uvée et de la choroïde; les trois humeurs de œil , la lymphe de Cotunni ; et enfin les humeurs exhalées ans l’intérieur des ganglions lymphatiques, et de ces orgaes particuliers , appelés par M. Chaussier ganglions-glaniformes, comme le thymus, la thyroïde, etc. Sans doute ous ces sucs sont versés sur leurs surfaces propres, pour es usages qui sont relatifs aux fonctions de ces surfaces; la movie , par exemple, rend glissantes les surfaces articuaxes des os; les humeurs de l'œil remplissent, dans cet orne, l'office de verres réfringents, etc. Mais enfin il n’en ait pas moins nécessaire qu’une absorption les reprît à ésure que la sécrétion les renouvelle: et d’ailleurs il est rtaines de ces matières qui paraissent être comme une lovision que la nature a mise en réserve pour servir d’alient à l'absorption interne, la graisse, par exemple. Toufois, cette seconde espèce d’absorption interne est encore icontestable. Le raisonnement prouve aussi qu’elle a lieu, sans elle la quantité de ces divers sucs augmenterait idéfiniment. Des faits physiologiques et pathologiques la ettent hors de doute. Ne voit-on pas varier, selon les âges : selon les diverses. conditions de la vie , les quantités de la raisse et de la moelle ? n’a-t-on pas vuune absorption dissiper uit à coup des hydropisies ? et ces hydropisies ne sontque des cumulations de ces sucs. Enfin, si on met en contact avec s surfaces qui sont le siége de ces sécrétions récrémentie elles des substances étrangères diverses , liquides,
OU gaz ,
8 FONCTION DES ABSORPTIONS. 1 comme nous le dirons ci-après, ces substances y sont al sorbées : or, n’est-ce pas une présomption de croire quejl sucs propres de ces surfaces le sont aussi ? Du reste » ile évident que cette seconde espèce d’absorption est aussi mit tiple, et qu’on peut en distinguer autant d’espèces qu’il! a de sécrétions récrémentitielles. LA
Enfin , l'absorption des sucs sécrétés excrémentitiels "€ celle qui recueille quelques principes des sucs sécrétés e crémentitiels , pendant que ces sucs parcourent les voies ( leur excrétion, soit pour dépouiller ces sucs de ce qu’ils pet vent contenir encore d’utile, soit pour leur donner la quali que réclame l’office qu’ils ont à remplir, soit enfin par que l’absorption succède forcément à tout contact prolong Quelques physiologistes croient que cette troisième espe d'absorption interne est vraie de tout suc sécrété excréme: titiel quelconque. Ainsi, les matériaux qui seraient recut: lis par elle, seraient une partie des humeurs perspirées P la peau et par les membranes muqueuses ; une partie dessu lubréfiants sécrétés par les follicules sébacés de la peau, p les follicules muqueux des membranes muqueuses, et P la glande lacrymale ; un peu de salive, de bile, de suc pa créatique, de lait, de sperme, et enfin la partie la pl aqueuse de l’urine. Mais, si cette opinion est exagérée | s’il est permis de douter que, selon l’ordre naturel, l’a sorption doive reprendre quelques parties de tous ces su€ au moins cette absorption est-elle certaine pour quelque uns d’entre eux : pour la bile, par exémple, qui penda: son séjour dans la vésicule, et, par suite de cette absor tion, se change en bile cystique; pour le sperme qui, @ tant excrété que de loin à loin, et pouvant même ne lêt jamais, devait pouvoir être résorbé; enfin, pour l’urim qui évidemment s’épaissit, et se concentre par son séj0! prolongé dans la vessie. Si d’ailleurs , par un obstacle que conque, lexcrétion de ces sucs ne peut se fäire ; ils sontn enter résorbés, et retrouvés plus où moins en entier da le sang. À Jar vérité, c’est là un de ces cas d’absorptions 1 solites que nous rapportons à Ja seconde classe d’absor! tions, cL dont nous parlerons ci-après : mais nous voulo!
DES ABSORBTIONS EN GÉNÉRAL. 9 en Lirer cette conséquence, que si l'absorption de ces excrémentitiels peut se faire en entier, à plus forte raia peut-on croire à celle de Sédes ias de leurs princis, à celle de leurs éléments les plus fluides.
Telles sont toutes les absorptions nutritives internes. les représentent tout ce que l’homme puise en Jui-même ur la composition de son fluide nutritif général. En même nps qu’elles ont pour but la composition de ce fluide, es remplissent aussi d’autres offices ; labsorption intertielle, par exemple, fait partie intégrante de la nutrition >prement dite ; l'absorption des sucs récrémentitiels ase l'intégrité physique des parties, et dans l’histoire de 'sucs tient lieu de l’excrétion. Enfin, entrant tout aussi cément que les absorptions externes dans le mécanisme Ja nutrition, elles sont peut-être encore plus évidemnt tétantes: puisque les matériaux sur lesquels elles rent sont nécessairement toujours là.
Voilà toutes les absorptions nutritives. L’auteur d’un rage intitulé : du Siége et de la nature des maladies, “Alard, considérant, comme formés exclusivement de sseaux absorbants, les parenchymes divers où s'accomsent les nutritions, les sécrétions et les calorisations, It qu’on regarde ces diverses fonctions comme autant spèces d’absorptions. Mais, sans prononcer ici sur le fait natomie sur lequel cet auteur s'appuie, je crois que le me motif qui a fait faire de l'absorption de Pair une lion distincte, la respiration, doit faire séparer de la ction qui prépare les matériaux du sang, c’est-à-dire de orption , les fonctions qui règlent les divers emplois ce Sang dans les organes. On suit mieux ainsi l’artifice Ja nutrition dans l’homme.
Jans ce tableau des absorptions nutritives de l’homme, IS retrouvons ce trait fondamental de labsorption , elle n’est pas une simple action de pompement, mais n'une action d'élaboration. La matière, en effet, en ne temps qu'elle est saisie , est travaillée, et éprouve un hgement de nature Roi Vabsorption digestive ; par mple , le chyme est bts en chyle; et, dans les ab-