‹ Physiologie de l'homme (volume 2)Chapitre 42 sur 97 · C. Action du thorax dans Pexpiration · texte numérisé non relu

C. Action du thorax dans Pexpiration

: Cette action varie selon le degré de l'expiration. Or, tantôt l'expiration est passive, c’est-à-dire consiste seulement dans la cessation d’action des agents qui avaient fait

Vinspiration ; tantôt, au contraire, elle est aclive, c’est-à-

dire qu’il y a contraction directe de certains muscles, pour

… rapprocher les parois du thorax et diminuer la capacité de - cette cavité. Dans le premier cas, les causes Qui avaient agrandi le thorax céssant d’agir,il ya retour mécanique de ce thorax à sa dimension première. Ainsi, si le diaphragme se relâche, ce muscle qui, par sa contraction > S'était enfoncé dans la cavité abdominale, par le fait seul de son relàchement, se relève dans le thorax, et en rétrécit l’étendue de hauten bas. De même , les parois abdominales qui, dans l’in- Spiration, avaient été disteudues, reviennent sur elles-mêmes, et contribuent à refouler le diaphragme dans le thorax. Ce- pendant cette réaction des parois abdominales n’est pas une chose essentielle, car l'expiration se fait de même quand l’ab- -domenest ouvert. Nous n’avons pas besoin de réfuter 4rantius et Dulaurens , qui voulaient que le diaphragme se relächt “dans inspiration, et se contractAt dans l'expiration ; c’est . trop évidemment contraire aux faits. De même encore, si les muscles qui avaient effectué l'élévation des côtes se rel4chent, ces os reviennent à leur place ,en vertu de l’élasticité seule des cartilages qui les unissent au sternum. C’est en ce sens que Haller a dit que les portions osseuse et cartilagi- neuse des côtes étaient antagonistes l’une de l’autre; la première, effectuant l'inspiration consécutivement à la traction qu’exercent sur elle les muscles ; et la seconde, faisant l’expiration par le fait seul de son élasticité naturelle. Ainsi, les eflorts qui avaient écarté les parois du thorax cessant , ces parois se rapprochent, et le thorax reprend sa capacilé primitive.

… Dans l'expiration active, au contraire , il y a de plus ac- Joue If,

tion directe de certains muscles, pour abaisser le sternum et les côtes , ‘et concourir au rétrécissement du thorax. Ces muscles expirateurs sont Île triangulaire du sternum, les muscles larges de l’abdomen , le grand dorsal , le sacro-lombaire , le dentelé postérieur et inférieur, qui, sous ce rapport, est antagoniste du dentelé postérieur et supérieur. Haller admet qu'il se passe ici une action inverse de celle qui a lieu dans l’inspiration, c’est-à-dire que les côtes sont successivement abaïissées vers la côte dernière, comme dans l'inspiration elles avaient été successivement. élevées vers la première côte : la côte dernière est d’abord fixée et rendue immobile par les muscles abdominaux et le carré des. lombes qui, sous ce rapport, sont antagonistes des scalènes ; ensuite toutes les côtes sont abaissées vers elle par l’action des muscles inter-costaux , qui sont ainsi Lour-à-tour inspirateurs et expirateurs , selon que prennent leur point d'appui en haut ou en bas. Nous n’avons pas besoin de dire que M. Magendie, qui a contesté cette partie de la théori ie de Haller sur l'inspiration , récuse aussi cette dernière partie de la doctrine de l’expiration.

Toutefois, soit que l’expiration soit passive, soit qu’elle soit active, toujours le thorax rapproche ses parois, et est rétréci. Or, cela ne peut se faire sans que le poumon ; qui est dans son intérieur et immédiatement conligu à sa paroi in: terne, ne soit comprimé, et que l’air qui le remplit ne tende à en être exprimé. Cet air s’en échappe par l’ouver: ture de la glotte. A la vérité, c’est lors de l’expiration que les muscles arythénoïdiens se contractent , et que la glotte paraît se fermer, comme il résulte des expériences de Legallois dont nous avons parlé plus haut; mais la glotte ne se ferme pas en entier lors de l’expiration, elle reste assez. ouverte pour permettre à l’air de sortir. Ainsi, cet air sort” du poumon, comme il sort d’un soufilet dont on rapproche les branches.

Mais cet air que rejette l'expiration, est-il le même que celui qu'avait apporté l'inspiration immédiatement précé= dente ? Nous retombons ici dans la difficulté que nous avons

déjà accusée à l'égard de l'inspiration. D'abord , on verra

DU MOUVEMENT D'EXPIRATION. 179 qu’on expire moins d’air qu'on n’en inspire ; loujours une

partie de Pair inspiré reste dans le Poumon ; ainsi, si

c’est le même air qu’on vient d’inspirer qui est expiré, ce

ne peut en être qu’une partie. Ensuite, si l'inspiration ne

fait pas pénétrer du premier coup l’air jusqu’au fond des bronches, il faut bien admettre que cet air n’y arrive que graduellement ; et dés lors il ne peut pas être expiré dans lPexpiration qui suit immédiatement l'inspiration qui l’apporte. Nous avons ici besoin de nouvelles Jumitres. Les uns

… croient qu'il se fait une véritable circulation d’air dans les

… poumons; mais alors quelles en sont les lois ? peut-on suivre . une portion d’air depuis le moment de son entrée jusqu’à

… celui de sa sortie ? D’autres veulent que l'inspiration ne

… servé qu'à renouveler sans cesse la masse considérable d'air qui est toujours dans le poumon.

Telest le mécanisme de l'expiration, mouvement auquel les puissances musculaires prennent bien moins de part qu’à celui de l'inspiration, qui le plus souvent même est passif, qui conséquemment est plus mécanique et plus court. On a fait beaucoup de recherches aussi, sur la forme que présente alors le thorax , Sur la quantité dont s’est rétrécie cette cavité, sur la quantité d’air qui a été expirée, sur celle qui est restée dans le poumon, eîc. Ainsi, fils qui avait dit que lors de linspiration le thorax avait une figure carrée dont les côtés étaient terminés par des angles droits, établit que dors de l’expiration ce thorax a nne figure rhomboïdale dont les côtés sont réunis par des angles aigus. Bernoully, au contraire, pense que le thorax a alors la forme d’un cylindre elliptique , dont les divers diamètres sont diminués. Pour apprécier la quantité d’air qui est expulsée du poumon par MéXbirétion, on a eu recours à divers procédés. Les uns ont insufflé un poumon isolé du corps, et ensuite en ont exprimé Pair par une compression artificielle; mais dans la première moitié de l’expérience » ils faisaient pénétrer dans le poumon plus d’air que n’en introduit linspiration ; et, dans la seconde moitié, ils en exprimaient plus aussi que m'en fait rejeter l'expiration. D’autres ont fait une ouverture au thorax, ont introduit de l’eau dans cette cavité, et ont

jugé par la quantité d’eau qui était nécessaire pour affaisser tout-à-fait le poumon. Aujourd’hui on expire en une vessie dont on connaît la capacité, et dans laquelle on a fait préalablement le vide. Les résultats qu’on a obtenus ont été différents : mais ce qui a paru constant, c’est qu'il est expiré moins d’air qu'il n’en a été inspiré, soil parce qu’il en a été absorbé dans le poumon, soit parce qu'il en reste après l'expiration dans l'organe ; la différence est d’un cinquantième, selon M. Cuvier, de deux à quatre pouces cubes selon d’autres. C’est à l’air qui reste dans le poumon. que cet organe doit de surnager quand on en jette des morceaux dans l’eau.

On a cherché alors à évaluer la quantité d’air que contient le poumon qui a respiré; M. Cuvier dit qu'après l’expiration la plus forte, 1l y a encore de 100 à 6o pouces cubes d’air dans cet organe; d’autres disent la moitié au plus, le quart au moins de l'air inspiré. Goodwin prétend qu'a= près l’expiration la plus forte possible . il reste encore 1786 centimètres cubes d'air dansle poumon. Selon ce savant, il y a dans cet organe 125 poucescubes d’aix après l'inspiration ordinaire , et 109 après l'expiration qui suit. Voici d’après quelle base il a jugé : il a disposé dans un cadavre le diaphragme, de manière à ce que ce muscle ne puisse aucune ment se déplacer; ensuite, il a fait une ouverture extérieure au thorax, et l'air pénétrant dans cette cavité a aussitôE fait affaisser le poumon; enfin, par cétte ouverture, 11 4 fait entrer dans le thorax toute la quantité d’eau qui est” nécessaire pour aflaisser tout-à-fait le poumon, et, recueils lant Pair qui sort alors et qui est celui qu'avait laissé l’expiration , il a trouvé que la quantité de cet air était de 109 pouces cubes, terme moyen. Beaucoup d’expérimentateurs en portent plus haut la quantité, Menziès, par exemple, à 2923 centimètres cubes; Thomson, à 4588 centimètres cubes. Davy donne sur tous ces points les évaluations suigantes : le poumon contient encore 1935 centimètres cubes d’air après une expiration ordinaire , et 672 après l’expira= tion Ja plus forte possible : après une inspiration ordinaire; :| contient 2212 centimètres eubes d'air, et après l’inspi=

DU MOUVEMENT D'EXPIRATION. 181 ration la plus forte possible jusqu’à 64 12 centimètres cubes : enfin, la quantité d’air qu’une expiration forcée et qui succède à une inspiration forcée fait sortir du poumon, est de 3113 centimètres cubes; si cette expiration forcée ne fait suite qu’à une inspiration ordinaire, celte quantité n’est que de 1286 centimètres cubes; et si l'expiration est, comme l'inspiration qui l’a précédée, ordinaire, Ja quan-

tité d’air rejetée est de 1006 centimètres cubes seulement. À On conçoit que de pareils résultats ne peuvent être absolus et doivent être soumis à mille Variétés, non-seule- … lement dans les divers individus , Mais encore dansun même individu, selon la mesure dans laquelle il expire. En effet, l'expiration varie d’abord en étendue » comme l'inspiration, » selon Ja conformation du thorax , et déjà cette conformation est diverse en chaque individu. Ensuite l'expiration, soit qu'elle soit passive, soit qu'elle soit active, est réellement comme l'inspiration , une action musculaire volontaire; et, par consequent, elle peut être effectuée en mille degrés. Entre l'expiration la plus faible et l'expiration la plus grande, il y a une énorme disproportion, et mille degrés intermédiaires.

Non-seulement, en eflet, lexpiration varie, quand elle sl ellectuée pour servir à des fonctions autres que la respi- “ration, comme l’odorat , la locomotion , les excrétions, les “expressions, etc. ; mais encore, élaut enchaînée irrésistible-

ent à l'inspiration, elle doit varier comme celle-ci, d’après le but même qu’elle va remplir dans la fonction de la respiration, but quiest d’expulser l’air ancien du poumon, étde préparer un libre accès à l’air nouveau que réclame Vhématose. Or, nous avons vu que l'inspiration, considé- rée sous le point de vue de la respiration seulement, diffère seion trois circonstances , qui sont elles-mêmes fort changeantes; savoir : la quantité de fluide veineux qui arrive au poumon, le degré de richesse de Pair qu'on respire, et le degré de facilité avec lequel le poumon se laisse pénétrer par l’air. Eh bien! dans chacune de ces circonstances, les .expiralions se modifient aussi , sont plus ou moins longues et prolongées. De même que la sensation de l'inspiration

an

avait réglé toutes les variétés de ce mouvement, de même, celle de l’expiration règle toutes les particularités de cluici; et les déterminations de l’une ei de l’autre sont devenues si promptes et si habituelles , qu’on est presque tenté

d’y méconnaître l’influence de la volonté. De même, enfin,

qu’on avait généralement reconnu trois degrés d'inspiration,

la grande, l'ordinaire etla forcée, on en dit autant de l’ex-

piration. L’expiration ordinaire est celle qui , toute passive,

dépend du relâchement du diaphragme seulement : lexpiration grande offre de plus le relâchement des muscles élé-,

vateurs des côtes , et une légère action des muscles directe-"

mentexpirateurs ; enfin, dans l’expiration forcée, ces muscles : ? P ;

expirateurs directs agissent le plus possible. Parmi les modifications que présente l’expiration, quelques-unes aussi ont recu des noms particuliers, comme le rire, le sanglot, la toux, l’éternument , etc.

Ainsi l’air est expulsé des poumons, traversant la tra-. chée-artère, puis la bouche ou les fosses nasales. À mesure.

qu’il sort de l’organe, il se met au niveau de la température extérieure , il se refroidit ; etde là l’abandon qu’il fait des sérosités qu’il a dissoutes. Chemin faisant, en ellet, il

s’est chargé dans les voies respiratoires de la perspiration :

pulmonaire, et c’est celle-ci qu'on voit l'hiver tomber sous forme de nuage de l’air expiré. En parlant de la respiration

proprement dite, nous dirons ci-après quels changements

cet air offre dans sa nature. 3o Association des mouvements d'inspiration et d’expiration.

Comme c’est sans cesse qu’arrivent aux poumons les fluides qui doivent être changés en sang, et comme l’action de sanguification se fait instantanément, ainsi que uous le dirons, c’est aussi sans cesse que doivent se succéder les inspirations etles expirations. C’est ce quiest, en effet, depuis l'instant de la naissance jusqu’à celui de la mort.

Les auteurs ont beaucoup varié sur la cause qu’ils ont as= signée à cette succession non interrompue des inspirations

el des expiralions, et souvent ils l’ont placée dans de véri-

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