‹ Physiologie de l'homme (volume 2)Chapitre 41 sur 97 · DU MOUVEMENT D'INSPIRATION · texte numérisé non relu

DU MOUVEMENT D'INSPIRATION

Au contraire , quand le thorax se rétrécit, il comprime le

poumon qui lui est partout contigu, il en exprime l'air

qui le remplit, et cet air s'échappe par ce même orifice-su-

… périeur de la trachée-artère. Voilà ce qui fait les mouve-

… ments d'inspiration et d'expiration que nous allons décrive

. avec soin, d’abord dans leurs rapports avec la respiration

proprement dite, ensuite dans leurs rapports avec d’autres fonctions.

= À Ier, Phénomènes musculaires respérateurs dans leurs rapports avec la

resp tation.

Il faut étudier successivement l'inspiration, l’expiration, et ce qui tient à l’association de ces deux mouvements.

19 De l’Inspiration.

On appelle ainsi le mouvement par lequel le thorax, écartant ses parois, augmente sa capacité intérieure , et par suite fait pénétrer l’air dans l’intérieur du poumon. Son

… mécanisme difière selon le nombre des muscles qui agissent pour l’effectuer.

En premier lieu, le diaphragme seul peut accomplir l’inspiration. Ce muscle, en se contractant, devient plane, s’enfonce même dans la cavité de l'abdomen » CESSE au moins de bomber dans celle du thorax, et par là le diamètre per-

. pendiculaire de la poitrine est agrandi. Les portions mus-

culeuses de ce muscle, qui sont les seules qui se déplacent,

fori heureusement correspondent aux poumons, qui seuls avaient besoin de trouver un plus grand espace; ef au contraire , son centre aponévrotique , qui, parce qu'il est

altaché au sternum et au péricarde, et parce qu’il n’est pas musculeux, est presque étranger à lPabaissement, correspond au Cœur qui n'avait pas ce même besoin. Faisons, en eflet, remarquer en passant, combien les organes renfermés dans

le thorax sont merveilleusement placés relativement à la

mobilité qu'ils exigeaient de ce thorax ; les poumons, qui de-

* vaient sans cesse changer de volume, correspondent aux

4 Tome III. 11

côtés , les régions les plus mobiles de la cavité; et, au contraire, le cœur est placé dans celle qui l’est le moins, au milieu , entre les vertèbres en arrière , le sternum en avant, le centre phrénique du diaphragme en bas, et la cloison médiastine sur les côtés. À raison de l’inclinaison oblique en dedans des parties latérales du diaphragme, et de linclinaison en arrière du centre phrénique et des piliers de ce muscle, c’est particulièrement en dedans et en avant que sont foulés les viscères gastriques lors de l’abaissement du diaphragme. Voilà un premier agent de la dilatation du thorax, l’agent principal de son agrandissement de haut en bas; et le plus souvent c’est lui seul qui fait l’inspiration. En second lieu, souvent les côtes et le sternum sont sou-. levés , d’où résulte l’agrandissement des diamètres transverse et antéro-postérieur du thorax. Mais il ya eu de nombreuses controverses sur le mécanisme de cette partie de l'inspiration. Selon Haller , la première côte est un point fixe vers lequel sont successivement élevées toutes les autres. Pour cela, la nature a fait cette première côte immobile, ou au moins très peu mobile, relativement aux autres; el, en outre, des muscles, implantés d’autre part au rachis et au membre supérieur, sont chargés de la fixer. D'abord, les articulations vertébrales de cette première côte sont déjà cinq à six fois moins mobiles que celles de la seconde, et à plusforte raison quecelles des autres côtes, puisque, selon Haller, les articulations costovértébrales sont d’autant plus lâches et d'autant plus mobiles dans chaque côte, que les côtes sont plus inférieures. En outre, cette première côte est plus courte, plus large qu'aucune autre , moins oblique sur le rachis : son articulation sternale est plus serrée, effectuée par un cartilage moins long, et même dans l’âge adulte celui-ci est continu au sternum. Enfin, indépendamment de toutes ces causes qui doivent mécaniquement la rendre immobile, elle est, lors de l'inspiration, maintenue fixe par l’action des muscies sca= lènes et sous-claviers.C’est ainsi que, selon Haller, la première côte peut constituer un premier point d’appui. Alors les muscles intercostaux qui la séparent de la seconde, se fixant sur elle, agissent pour élever un peu celle-ci ; et ils y par-

DU MOUVEMENT D'INSPIRATION. 163 viennent parce que cette seconde côte a déjà sesarticulations postérieures plus mobiles, parce qu’elle est moins large, plus longue, plus oblique sur le rachis, et que son articulation sternale est plus lâche. Cette seconde côte, ayant ainsi obéi jusqu’à un certain point au mouvement d’élévation, devient point d'appui pour les muscles intercostaux qui la séparent de la troisième; et ces muscles agissant à leur tour, élèvent aussi celle-ci, et même lui font parcourir un espace déjà un peu plus grand , parce que cette côte a ses articulations vertébrales et sternales encore plus mobiles que la précédente, parce qu’elle est encore piuslongue

et plus oblique sur le rachis, etc. Alors la quatrième est élevée de même vers la troisième ; la cinquième vers la quatrième, et ainsi de suite jusqu’à la dernière ; chaque côte étant successivement point d'appui et point mobile, et le mouvement étant d'autant plus étendu que la côte est plus inférieure. De cette manière, les côtes sont élevées; et comme ces côtes sont situées obliquement sur le rachis, leur partie moyenne est nécessairement portée en dehors, leur partie antérieure en devant, les cartilages qui les unissent au sternum paraissent éprouver une sorte de torsion j et le sternum semble efleciuer une sorte de bascule qui l’éloigre dela colonne vertébrale. Dès lors, les diamètres transverse et antéro-postérieur du thorax sont agrandis, surtout en bas, puisque les mouvements sont d'autant plus étendus dans chaque côte , que ces côtes sont plus inférieures. Sans doute cet agrandissement est moindre que célui qu'a subi le diamètre perpendiculaire par le jeu du diaphragme : Sauvages disait qu'il était cinq fois moins considérable ; Haller évaluait la différence à six pouces cubes ; mais enfin cet agrandissement n’en est pas moins réel. Dans cette manière d'expliquer l'élévation des côtes, Haller nie que le thorax s'élève ou s’abaisse en totalité ; il veut > AU Contraire, que les côtes s'élèvent successivement vers le haut de cette cavité, et cela d'autant plus qu’elles sont plus inférieures. I] ‘ajoute, en outre, que les espaces intercostaux ne sont nullement agrandis; et, pour le prouver, il avait fait faive ane ma- “chine qui simulait autant que possible le thorax , machine

dans laquelle des fils tenaient lieu des muscles intercostaux, et sur laquelle il faisait voir que ces fils se repliaient sur eux-mêmes au moment de l'inspiration. Quautaux muscles agents de cette élévation, Haller indiquait, 1° les deux plans de muscles iniercostaux , qui agissaient sur la côte comme sur un levier du troisième genre, mais dont l’insertion presque perpendiculaire à l’os compensait ce qu'ava't de désavantageux la première disposition. 20 Les suscostaux, qui, prenant leur point fixe sur les apophyses tr'ansverses des vertèbres, soulevaient les côtes, au moins les soutenaient ,et surtout devaient agir en bas où ils sont assez gros. 30 Enfin, dans quelques cas d’inspiration forcée, divers muscles étendus de la tête, du col, et du membre supérieur, au thorax, qui, contre lPordre le plus ordinaire de leurs fonctions, prenant alors leur point d'appui fixe sur la tête, le bras, l’épaule, soulèvent les côtes à la manière de véritables arcs-boutants actifs; savoir les muscles sterno-mastoïdiens, petit pectoral, une portion du grand pectorai, surtout Île grand dentelé à ses digitations inférieures. C’est, en eflet, pour que ces divers muscles trouvent un point d'appui, que dans les grandes inspirations, on porte la tête en arrière, ce qui fixe les sternomastoïdiens, ou que l'on saisit avec les bras quelque corps solide, ce qui fournit appui aux muscles pectoraux , elc. |

Toute cette analyse de Haller a donné lieu à des débats. D'abord , on regarde comme une erreur cette assertion que les espaces intercosiaux ñ€ varient pas; un examen attentif fait voir qu’ils deviennent plusgrands, et cela d'autant plus que la côte est plus inférieure, ce qui s'explique par le surcroît de longueur, de mobilité dans leurs articulations vertébrales, et d’obliquité sur le rachis, que présentent les côtes , à mesure qu’elles sont plus inférieures. Les côtes décrivant un mouvement d'autant plus étendu qu’elles sont plus inférieures, d'autant plus aussi les espaces intercostaux doivent s’agraudir : l’écartement est surtout sensible vers leur partie cartilagineuse.

Hamberger, ensuite, contesta à Haller, que les deux plans :

DU MOUYEMENT D'INSPIRATION. 103 de muscles intercostaux fussent également inspiraleurs ; il voulut que les intercostaux externes seuls fussent i inspirateurs, et que les intercostaux internes, loin d’être congénères des premiers, fussent leurs antagonistes, c AE des expirateurs : il se fonda sur ce que ces muscles intercostaux internes ont leurs fibres dirigées obliquement de haut en bas, et de devant en arrière ; que, par conséquent, leur insertion est trop près du point d'appui pour qu’ils soient des inspirateurs, et qu'au contraire elle est la plus convenable possible ans l'hypothèse qui en fait des expirateurs. Mais Haller répondit à l’objection , que si la disposition que l’on invoque Ôte en eflet à ces muscles , comme inspiraleurs S, une parte de leur force, elle ne la leur Ôte pas en entier, et que ce désavantage est en partie compensé par la plus grande fixité des côtes supérieures. Il invoqua des expé- riences faites sur les animaux vivants, dans lesquelles mettant à découvert, d’un côté du thorax les inter-cosiaux externes, et de l’autre les inter-costaux internes, il dit avoir vu ces deux sortes de muscles agir également au moment de l'inspiration. C’est même à raison de ce débat qu'il imagina la machine dont nous avons parlé plus haut, dans laquelle des fils tenaient la place des muscles inter-costaux, et dont le jeu lui parut propre à prouver que Îes inter-costaux externes et internes étaient également inspirateurs. Après, Sabatier professa que dans l'inspiration, les côtes se portent en des directions diverses, selon leur hauteur; que les côtes supérieures se portent en haut, les côtes inférieures en bas , et les côtes moyennes en dehors. Il se fonda sur la disposition des surfaces articulaires des apophyses transverses ; celles des côtes supérieures lui paraissant tournées en haut, celles des côtes inférieures en bas, et celles des côtes moyennes en dehors. Il assura avoir reconnu directement le fait dans des expériences sur des animaux vivants, et en examinant, chez des phthisiques très amaigris,

Enfin, récemment, M. Magendie à contesté que léléve

quel était le jeu des côtes dans l'inspiration. F | # à

tion des cÔLes se fÎt ainsi graduellement des inférieures vers, des supéricures ; ; Lil a établi que toutes les côtes s’élevaier il

Ve.

4, LE Fe

en même temps. Selon ce physiologiste, il est faux que les articulations costo-vertébrales des côtes soient d'autant plus lâches, et permettent d’autant plus de mouvements, que les côtes sont plus inférieures ; c’est tout le contraire. Loin que : la première côte soit immobile, ou la moins mobile, comme le veut Haller, elle est la plus mobile de toutes; et les preuves que M. Magendie en assigne , sont : qu’elle n’est articulée en arrière qu’avec une seule vertèbre; qu’à son articulation costo-vertébrale le ligameutinter-articulaire manque; et qu’à son articulation costo-transversaire elle n’a pas non plus les ligaments costo-transversaires supérieur et inférieur. Par des raisons opposées, les autres côtes sont de moins en moins mobiles, à mesure qu’elles sont plus inférieures; et si, dans l inspiration, elles paraissent se mouvoir plus que les supérieures, cela tient à leur plus grande Jongueur. En outre, loin que la première côte reste fixe, et serve de point d'appui pour l'élévation de la seconde, et qu’ainsi toutes les côtes soient élevées successiyement des inférieures vers les supérieures, M. Magendie professe que la première côte s'élève comme les autres, et que toutes s'élèvent en même temps. Le désavantage dont est pour les côtes inférieures la moindre mobilité de leurs articulations postérieures , est compensé par la plus grande longueur de ces os; et cetie compensation a pour objet de donner à la fois au thorax toute la solidité et toute la mobilité dont 1l avait besoin. Ce sont les muscles sous-claviers, sca- … lènes, les muscles qui du col sont étendus au sternum , qui soulèvent la prernière côte ; et ce sont les muscles qu'a indiqués Haller qui soulèvent lesautres. M. Magendie croit que Ja contraction du diaphragme concourt aussi un peu à élever le sternum et les côtes; mais eela ne nous paraît devoir être tout au plus que des côtes inférieures. Il ajoute que l’articulation qui existe entre la pièce supérieure du sternum et la suivante, au niveau de la seconde côte, est assez mobile po que cette pièce se porte en avant avec la partie supérieure du thorax.

M. Bouvier, qui , dans sa dissertation inaugurale , a traité

du: mouvement des côtes dans la respiration , croit avec

DU MOUVEMENT D'INSPIRATION. 167 M. Magendie, que Haller s’est trompé en disant que les articulations postérieures des côtes sont d'autant plus mo biles qu’elles sont plus inférieures ; il dit que toutes ces ar- ticulations sont également mobiles, et même que la première côte l’est le plus; mais il croit que les articulations sternales des côtes ont réellement une mobilité d’autant plus grande, que les côtes sont plus inférieures, et partant plus longues. Il pense du reste que tout le thorax se soulève . en même temps, et s’élève de la même quanüté partout, par exemple, en avant et sur les côtés.

Quoi qu’il en soit de toutes ces controverses , il est sûr que les côtes sont élevées , et que, consécutivement à cette élévation, le thorax est agrandi de devant en arrière et en travers, comme par le jeu du diaphragme il avait été agrandi de haut en bas : cela résulte de l’obliquité des côtes sur le rachis ; si elles eussent été horizontales , Où obliques en sens opposé, leurélévation n’eût pas agrandi la cavité du thorax, ou même l’aurait rétrécie.

Toutefois, le thorax ayant écarté toutes ses parois, sa capacité interne a augmenté; mais un tel effet ne peut avoir lieu sans que le poumon, qui est dans son intérieur , et qui est contigu à sa paroi interne sans qu’il y aitentre eux aucun vide, ne l’accompagne dans son mouvement, et par conséquent ne se dilate aussitôt. Dès lors, l’air qui est dans l’intérieur de ce poumon se raréfie ; et cet air ne faisant plus équilibre à l’airextérieur, celui-ci doit se précipiter dans l’or-

ganc, s’il y a une ouverture qui lepermetie. C’estcequi esten ellet : la trachée-artère, origine des bronches, communique avec la glotte; et celle-ci est située, comme on sait, près l'ouverture postérieure de la bouche , et celle des fosses nasales. 10 Au moment de l’inspiration, la glottes’ouvre d’ellemême par le jeu des muscles arythénoïdiens : c’est ce qu'a prouvé Legallois , par des expériences qu'il a faites à l’école de médecine de Paris. En mettant änu la glotte chezdes animaux vivants, on voit manifestement cette ouverture se dilater à chaque inspiration , el seresserrer à chaque expiralion.Si lon coupe la huitième paire de nerfs au col, et qu’on paralyse ainsi les muscles arythénoïdiens qui reçoivent leurs

nerfs du laryngé supérieur , on voit qu’alors la glotte reste fermée, et que, si l’expiration est encore possible, il n’en est pas de même de l'inspiration ; l’air extérieur, loin de pouvoir pénétrer dans le poumon , augmente même l’occlusion de cette ouverture, en pressant sur ses ligaments qui ont une position oblique, et qui sont comme en cul-de-sac à leur surface antérieure; cette occlusion est telle, qu'en cherchant à aspirer l’air au moyen d’une seringue introduite dans la trachée-artère du côté du thorax, on ne peut pas” même y parvenir. 20 Comme Îa glotte ne communique avec w le dehors que par la bouche où par les fosses nasales, pour que l’inspiration s’achève, ou bien la bouche s'ouvre, et le voile du palais se relève de manière à laisser communiquer cette cavité avec la glotte; ou bien, si la bouche est fermée , le voile du palais s’abaisse , de manière à laisser arriver à la glotte l’air qui peut s’introduire par ouverture: toujours béante des narines. Dans ce dernier cas, il peut même y avoir action spéciale des petits muscles des ailes du nez, comme on Fl’observe toutes les fois que la respiration est difficile. On conçoit combien cette dernière voie à Pabord de l'air était nécessaire pour les circonstances où Îas bouche est fermée, comme pendant le sommeil; et afins que cet air portât dans l’organe de lodorat les odeurs qui doivent l’impressionner, L'air se précipite donc dans le poumon , à peu près , ainsi quel’avaitdit depuislong-temps Hayow,commeilentre dans un soufflet dont on écarte les branches. Cependant, quelques physiologistes pensent que le poumon n’est pas aussi passif dans l’inspiration , qu'une pareille théorie pourrait le faire croire. Ceux qui , comme Àesseissen, ontadmisdesfibres mus= culaires dans la texture des bronches, croient à une dilatation active de ces bronches. Ils disent que, lorsqu'une plaie pé=« nétrante de la poitrine a permis à l’air de se glisser dans 16“ thorax entre Îles côtes et le poumon, celui-ci ne s’en dilate pas moins dans l'inspiration, bien que l’air introduit danse thorax düût empêcher l’entrée de l’air extérieur dans l'or= gane. [ls citent des observations de Senner!, Swarimerdant Picq-d’Azyr et autres, dans lesquelles des portions de

DU MOUVEMENT D'INSPIRATIOX. 169 oumou qui faisaient hernie hors du thorax, ont continué le se dilater dans l'inspiration et de se resserrer dans l’exira lion . Mais, sans assurer que le poumon soit Lout-à-fait ansaucune part dans Île mouvement de l'inspiration , il est ür que la plus grande doit être attribuée au thorax. On admet plus aujourd’hui de fibres musculaires dans la texure des bronches, mais de ce tissu jaune si éminemment lastique , que nous verrons former les artères. Si, dans les aies pénétrantes de la poitrine, l'inspiration continue, lle est toujours plus faible, et ce n’est que quand la plaie lune médiocre étendue ; sors , en effet, la très petite surface pue comprime Pair qui entre par la plaie, ne suffit pas pour ontrebalancer la masse d'air qui, se précipitant dans le joumon , agit sur la surface intérieure très étendue de cet rgane; mais , si la plaie est très grande , le poumon ne peut us se dilater. Si quelques portions de poumon faisant ïernie se sont dilatées dans Pinspiration, et resserrées lans l'expiration, le plus souvent c’est l’inverse qu’on oberve; et encore le premier fait peut s'expliquer par la ibre communication qui existe entre toutes les cellules ulmonaires, et par le retour élastique du poumon sur ui-même.

Mais jusqu'où pénètre dans le poumon Pair apporté par “inspiration ? Certainement il ne va pas aussitôt jusqu'aux lernières ramifications des bronches , car il y a déjà de l'air lans le poumon; et, quand on sort du vide ou qu’on reient de l’asphyxie , il faut plusieurs inspirations avant de voir cesser les angoisses. Il ÿ a ici quelques points de la Don qui ne sont pas connus. Est-ce graduellement seuement, que l’air d’une inspiration parvient dans la profonleur des ramuscules bronchiques, et parce qu’il y est poussé par l'air de plusieurs inspirations successives ? quel temps dors emploie cet air pour arriver à ces ramuscules, et pour que ses débris soient rejetés par l’expiration ? se fait-il ainsi fans le poumon comme une circulation d’air ? et comment Pexpiralion ne vient-elle pas y apporter de la confusion ? du bien ce nouvel air apporté ne fait-il que se méler à celui qui est dans le poumon, et servir ainst à l’entretenix?

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Nous le répétons , il y a ici de nouvelles connaissances à ac: quérir; mais nous reviendrons là-dessus ci-après. { Tel est Îe mécanisme de l’inspiration. On voit que cette inspiration peut être plus ou moins grande : on dit qu’elle est ordinaire , quand elle ne résulte que de l’abaissement du diaphragme dans l’abdomen , et d’une très légère éléva: tion du thorax : on l'appelle grande, quand, à l’abaisse. ment du diaphragme, s'ajoute, pour la produire, l’éléva: ton évidente du thorax : enfin, on la dit forcée, quand elle est la plus grande possible, et que les muscles du col. de la tête et du bras, comme les sterno-mastoïdiens, les pectoraux, agissent pour l’effectuer. Entre la plus petite inspiration et la plus grande, il y a mille intermédiaires. On conçoit, en effet, qu’on peut employer quelques-uns ou tous les muscles de l'inspiration. Le plus souvent on ne fait agir que quelques-uns d’entre eux : ou le diaphragnie seul, comme cela est d'ordinaire dans la veille ; ou les inter: costaux seuls, cornme dans le sommeil : ce n’est guère que quand l'inspiration doit être extrême et prolongée, que toutes les puissances inspiratrices sont employées à Ja fois. D'ailleurs elles sesuppléent au besoin : ainsi, que les intercostaux ne puissent pas agir, comme quand il y a rhumatisme de ces muscles, ou pleurésie , ou qu'un bandage compressif appliqué autour du thorax empêche l’ampliation. de cette cavité, alors le diaphragme seul effectue l’inspira- Lion : au contraire , que ce diaphragme à son tour ne puisse opérer cetle action , parce qu’il est malade, qu’une hydropisie ou une grossesse s'oppose à son abaissement dans l’abdomen, alors ce sont les inter-costaux seuls qui font l'inspiration. 4 On à fait beaucoup de recherches pour apprécier quelle forme nouvelle prend le thorax dans l'inspiration ; de quelle quantité 1] s’est agrandi ; de combien aussi s’est augmenté le volume du poumon; quelle quantité d’air a été into= duite dans cet organe, etc. 10 Æfüllis a dit que lors de l’inspiration , le thorax avait une figure carrée, dont les côtés. étaient réunis par des angles droits; Bernoulli, au contraire, dit qu'il est alors un cylindre elliptique, dont le diamètre

DU MOUVEMENT D'INSPIRATIOK. 171 sl un peu agrandi. »0 Il est certain que la capacité du horax a augmenté ; et Baritholin > pour constater cet agranlissement du thorax et l’évaluer, mesurait le contour de elle cavité avec un lien dans les deux temps opposés de inspiration et de lexpiration. 30 Lieberkun avait évalué 1500 pieds carrés la surface de tous les canaux aériens éunis ; et l’on a dit que cette surface, lors de l’inspiration, tait augmentée , d’un douzième selon les uns, d’un cinmième selon les autres. 4° Borelli, ayant égard à la colonne Pair atmosphérique qui pèse de toutes parts sur les parois horaciques , et que les muscles inter-costaux doivent sou- Ver avec les côtes lors de inspiration, évaluait à 32040 vres la puissance développée par ces muscles. 50 Enfin, Our apprécier la quantité d’air que l'inspiration introduit ans le poumon, chacun a eu égard à une base différente. es uns faisaient sur un animal vivant l'extraction du pou- 10n , immédiatement après une inspiration, et ensuite en xprimaient l’air par une compression artificielle. Boërhaave >plaçait dans un bain , etnotant leniveau de l’eau lorsqu’il ait en expiration, remarquait de combien le liquide monuit quand il avait inspiré. Sénac inspirait dans un tube ul élait placé sur de l’eau , et voyait quelle quantité d’eau Vait passé danscetube , consécutivement à la quantité d’air ue l’in:piration en avait retirée. Bartholir, comme nous avons dit, recourait à un lien avec lequel 11 mesurait le mtour du thorax. Enfin, de nos jours, on inspire en un vase Ont la capacité est connue, et l’on voit quelle quantité ‘air l’inspiration en a retiré. D’après ces bases diverses, n a dit que l'inspiration la plus grande possible, faisait atrer soixante-dix pouces cubes d’air dans le poumon ; et ue la quantité qu'y fait pénétrer une inspiration ordinaire ait de 12 à 13 pouces cubes, selon Menziès ; de 12, selon 0odvin ; de 20, selon Jurine ; de 16 à 17, selon M. Cuer; de >, selon Grégory ; de 279 centimètres cubes, selon avy ; et enfin, de 655 centimètres cubes, ainsi que le diit Menziès, selon Thomson.

I ne faut pas s'étonner de ces dissidences des auteurs : les sont inévitables quand on veut faire une application

du calcul à des faits qui ne le comportent pas. L’inspirato est un phénomène qui ne peut être le même, D'abord, el Varie dans chaque individu, car elle est nécessairement u peu dépendante de la conformation pectorale, et chaqu individu à la sienne. Ensuite, cette inspiration est une a üon musculaire volontaire; on peut l’effectueren mille degré et mille circonstances dans la vie sollicitent à la varier.

Sans parler , en effet, des variétés que peut présenter li spiraUon , quand elle a pour but de servir des fonctior autres que la respiration, comme l’odorat, la locomotion les expressions, la digestion , les sécrétions, ce dot nous parlerons ci-après; ce mouvement diflère d’apre l’objet même qu’il a à remplir dans la fonction de la resp: ration.

Cet objet est d'introduire dans le poumon toute la quai üté d’air dont a besoin pour se sanguifier le fluide veineu qui est alors présent dans ce viscère. Or, cette quantit d’air devra nécessairement varier, selon qu'est plus ou moin grande la quantité de fluide veineux qui arrive au poumon et selon que ce gaz est lui-même d’une qualité plus o: moins pure. Ainsi, que dans un instant plus de sang vei neux arrive au poumon, comme cela est dans la course, oi dans une passion dont l'effet est d’accumnler le sang dan cet organe, alors l'inspiration doit être plus grande, aff de faire entrer plus d’air dans le poumon, et de coordon] ner ainsi la quantité de cet air avec celle du fluide à san: guificr. De même, que l’air qu’on respire soit pauvre € oxygène, 11 faudra aussi que l’inspiration soit plus grandké afin de faire entrer plus d’air, et de suppléer par sa quan: tité à ce qui manque à sa qualité. Il est encore une troisièm circonstance qui fait varier le mouvement d'inspiration c'est la facilité plus ou moins grande avec laquelle le pou: mon se laisse pénétrer par l'air. Que le poumon se dilat moins et soit moins accessible à l’air, comme dans certaines aflections de son tissu, alors aussi l'inspiration se modifie pour remédier à cet inconvénient, et faire que toujours la quantité d'air introduit soit correspondante à celle du fluide à sanguifier. Or, mille circonstances dans la vie font vari@s

DU MOUVEMENT D'EXPIRATION. 173 et la quantité du fluide veineux qui va s’artérialiser dans Je poumon , et le degré de richesse de l’air qui est respiré, et le degré de facilité avec lequel le poumon se Jaisse pénérer, et par suite l’inspiration.

… Parmi ces modifications de DPPOEURN il en est même quelques- unes qui sont si importantes, qu’ on leur à donné des noms particuliers. Tels sont le soupir et le bdillement ;

mais nous en parlerons ci-après.

Quoi qu ilen soit, par suite de ce mouvement d’inspira- 7 Pair se précipite dans l’intérieur du poumon ; et, selon a qualité, il fait sur cet organe une impression ou agréable pu pénible, comme il en était de l’aliment sur lestomac : l provoque le poumon à agir, à eflectuer la respir ation si sa nature est bonne , ou, au contraire, à expirer si elle est dééière. Si cette impression n’est pas d'ordinaire perçue, est qu’elle est habituelle, et que d’ailleurs elle est d’auant plus faible, que l'air parvient plus profondément. Ce az fait au moins une impression dans le poumon par sa empérature : en traversant la bouche ou Îles fosses nasales tt la trachée-artère, il se met bien au niveau de la chaleur le ces organes ; mais, comme il les traverse vite, qu’il est Pailleurs assez mauvais conducteur du calorique, il n’a vas le temps de s'échaufer, et il fait impression par sa raîicheur.

20 De l’Expiration.

C’est le mouvement par lequel le thorax rapproche ses arois , diminue sa capacité intérieure, comprime ainsi le oumon, et exprime de la cavité de cet organe l’air qui \ st contenu. C’est par lui que la partie de l'air qui n’a pas té employée, est rejetée. 11 est donc, à Ja respiration, ce que la défécation est à la digestion ; et conséquemment on loit étudier en lui, comme dans la défécation, comme en oute excrétion quelconque, trois choses, savoir : la sensaion, qui annonce que cette expiration doit se faire; l’acion propre du réservoir qui contient la matière à excréter ; t, enfin, l’action de l’appareil musculaire volontaire qui St annexé au réservoir.

. Q , | Æ. Sensation du besoin d’expirer. | |

De même que des sensations particulières éclatent dar je rectum quand la défécation va s’accomplir, dans la vess: quand l’excrétion de l’urine va se faire , de même une ser sation se développe dans le poumon quand le reste & l'air qui avait été inspiré a besoin d'être expulsé de cet ex gane, la sensation du besoin de l'expiration. Elle est, l’expulsion de l’air , ce qu'était la sensation d’inspirer à l’ir gestion de cet air.

Cette sensation ne peut, non plus que toute autre, ét peinte par des mots; mais elle est bien distincte pour qui conque l’a éprouvée, et est caractérisée d’ailleurs par so but, qui est d’expulser du poumon l'air qui y est content On est en doute si elle est une sensation externe ou interne cependant l’analogie porte à croire qu’elle est interne comme celle de la défécation. Si on ne peuten être sûr, c'es que la respiration, s’accomplissant instantanément, et ex geant sans cesse le renouvellement de l’air, on ne peut von comme dans la défécation, si cette sensation se développ indépendamment de la présence d’un air vicié. D'ailleurs celle sensation se confond avec celle du besoin d’inspirer qu éclate alors, et cela ajoute à la difficulté. Toutefois, elle. aussi le caractère de plaisir quand on la satisfait, et celu de douleur quand on lui résisle ; et sa voix est d’autant plu

impérieuse, que le rapport qu’elle commande est absolu 2 . à | men necessaire,

Elle éclate aussitôt que l’air inspiré a été employé par” respiration, fatigue par ses mauvaises qualités, et doit cédé sa place à un nouveau. Or, comme l’acte de Ja respiratiôt est instantané, ainsi que nous lavons déjà dit plusieur fois, il s’ensuit qu’elle doit se faire sentir d’instants en in- Slants ; eile se renouvelle en effet de seize à ving nule, comme la

en ceci quelques variétés, selon nces individuelles d’une part , et selon les conditions de l'air qui est respiré de l’autre,

. DU MOUVEMENT D'EXPIRATION. 175 Si la sensation de la défécation a eu lieu avec une rapilité telle qu’il a été difficile de spécifier ses degrés ; si elle à promplement exigé l’accomplissement du rapport qu’elle lemande ; à plus forte raison cela doit-il être de la sensage” de l’expiration. L’instantanéité de la respiration, la néessité très prochaine de cette fonction pour la vie, sont nême de nouvelles causes pour qu’on ne puisse signaler ses liverses nuances. Par la même raison ; On ne peut constater i le poumon est, lorsque cette sensation éclate, dans un tt autre que celui dans lequel il était lors de la sensation le l'inspiration. |

Du reste, considérée en elle-même , elle résulte aussi du Oncours de trois actions nerveuses : une action d’impres- On , qui siège probablementau poumon ; l’action d’un nerf jui conduit cette impression au cerveau ; et enfin , l’action ércevante du cerveau. A la vérité, nous ne pouvons encore dmettre ces deux dernières actions que par analogie, comme ans la sensation de inspiration; la nécessité très pros haine dont est la respiration pour la vie, empêche aussi u’on les prouve par des faits directs : mais, dans tous les as, ces deux actions ne seraient ici que ce qu’elles sont dans Jute sensation que ce soit, et nous n'avons encore qu’à aiter de l’action d'impression.

Or, à l'égard de cette derniére, 10 quel est son siége? I] t probable que c’est le poumon; mais il est difhcile de dire à quelle partie de cet organe complexe elle réside. On croit ue c’est dans la membrane muqueuse, parce qu'une irriion de cette membrane décide souvent l’action des puisnces expiratrices, comme dans la toux, par exemple. Il est 1 effet naturel de penser que puisque, dans ces cas, c’est tte membrane qui fait jouer l'appareil musculaire respieur, elle le fait jouer aussi lors de l'exercice ordinaire de fonction. 20 En second lieu, qu'est en elle-même cette Uon d'impression ? Sans doute , elle consiste en une action 1elconque des nerfs du poumon ; mais cette action n’est 5 plus appréciable que celle des autres nerfs dans toute lire sensation. Elle n’est aussi manifestée que par son rétat, c’est-à-dire la sensation elle-même ; et l’on ne peut

dire d’elle que ce qu’en dit de toute sensation : savoitq celte action n’est ni physique, ni chimique , mais vitale, qu’elle est le produit de l’activité propre du nerf. 30 Enf: quelle est la cause de la sensation d’expirer ? Si l’on adm que cette sensation est externe, ce sera le contact de P ViCIé par la respiration ; sl, au contraire, on établit q c’est une sensation interne, ce qui est plus Mae il fa reconnaîlre que celle cause est aussi peu connue que cê de toute autre sensation interne, et que l’action spéciale laquelle se livrent les nerfs tient à l'office qu’a le poumor remplir dans notre économie.

B. Action propre du poumon dans Pexpiration.

Le poumon n’est pas aussi passif dans l’expiration qu l’a été dans l’inspiration. Sans doute le jeu du thorax, q avait fait pénétrer l’air dans l’intérieur de cet organe , co court principalement à en expulser ce gaz; mais il ya plus un retour élastique des tuyaux aériens sur eux-même par suite de la dilatation qu’ils avaient éprouvée dans temps précédent. Si l’on pousse de Pair dans la trache artère d’un cadavre , ce fluide distend d’abord le poumon la poitrine; mais, dès qu’on cesse de faire agir le piston ja seringue , il est chassé, expiré par la seule force élastiq des organes respiratoires. Si l’abdomen est ouvert sur animal vivant, l’expiration ne se produit pas moins, et diaphragme remonte de mème dans la poitrine. Enfin, 1819, M. Carson a présenté à la Société royale de Londi un précis de quelques expériences qui tendent à faire év luer la force avec laquelle le pounion, dans l’expiratioi revient sur [ui-même,etquiau moins mettent ce fait hors doute. Quelques physiologistes admettent une contract réelle des fibres musculaires, qu’ils disent entrer dans structure des bronches ; mais nous avons déjà dit qu’on: croil pas aujourd’hui à l’existence de ces fibres musculaire et qu'on regarde ces fibres comme appartenant à ce Hs: jaune très élastique que nous verrons former les artères,

| Qui, sans contredit, est très propre à exécuter l'office dont nous parlons ici.

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