‹ Physiologie de l'homme (volume 2)Chapitre 53 sur 97 · CS DU COEUR · texte numérisé non relu

CS DU COEUR

intérieur, sont aussi deux ouvertures : l’une dite auricu- . laire, parce qu’elle le fait communiquer avec son oreillette : et qui est plus large qu'au cœur aortique ; l’autre, qui con- duit dans l’artére pulmonaire. La première est garnie de trois valvules dites tricuspides , et la seconde de trois autres appelées sigmoïdes. Toute sa surface interne offre des colonnes charnues, mais moins nombreuses et MOINS croisées que dans l’autre cœur ; quelques-unes aussi se terminent par des tendons qui s’attachent au sommet des valvules tricuspides. - À ce sommet sont aussi ces espèces de nœuds appelés globules d'Arantius. Enfin, la paroi interne de ce ventricule - lui est commune avec celle du ventricule de l’autre cœur. L'organisation de ces deux cœurs est entièrement la même ; dans chacun d’eux on peut reconnaître les parties suivantes : 10 en dehors, une membrane séreuse qui les revêt, et qui est un prolongement de la membrane interne du péricarde , enveloppe commune des cœurs, dont nous allons parler ciaprès. 20 En dedans, une membrane mince qui les tapisse, et qui forme, par ses replis, les valvules dont nous avons parlé. Seulement, comme cette membrane est dans chaque cœur en contact avec un sang différent, elle diffère de nature dans chaque. Dans le cœur du corps, elle est une continuité de celle que nous verrons tapisser les veines pulmonaires et l'artère aorte , et a pour caractères d’être peu extensible, fragile, et très disposée à s’ossifier. Dans le cœur du poumon, elle est, au contraire , la continuité de celle qui tapisse les veines du corps et l’artère pulmonaire, et a des caractères tout opposés, d’être très extensible, peu fragile, et peu disposée à s’ossifier. 3° Entre ces deux membranes , dont l’une est en dehors et l’autre en dedans des cœurs, est le tissu propre de ces organes, tissu de nature évidemment musculeuse , plus épais au ventricule qu'aux oreillettes, au ventricule du cœur du corps qu’à celui du cœur du poumon, dont les fibres paraissent former un entrela- “cement inextricable, et sur la disposition duquel Stérnorn , oreil: , Lower, Vieussens, Lancisy, Tabor, Wiaslow, Cassebohn, Sénac, Wolf, et récemment M. Gerdy, oni fair de nombreux travaux. Yolff dit que ses fibres forment rê

six plans ou couches superposées au ventricule gauche, et

trois au ventricule droit; qu'aux plans externes, ces fibres

sont en général obliques de haut en bas, d’avant en arrière

et de droite à gauche, occupent toute la circonférence des

ventricules, et s’étendent jusqu’à la pointe du cœur ; qu'aux

plans moyens, elles sont dirigées en sens contraire , et déjà. moins longues et moins larges; et qu’enfin, aux plans pro-

fonds, elles ont une direction longitudinale, et sont les

plus courtes possible. Ces couches ne sont pas simplement

juxta-posées, mais sont confondues en partie par des fibres

qui se portent des unes aux autres. En général aussi, les

fibres de chaque ventricule paraissent se terminer plus ou

moins distinctement à la eloison qui les sépare. Aux oreil-

lettes, Æolff n’admet que deux couches, une externe, à

fibres transversales, et une interne, à fibres longiiudinales.

M. Gerdy établit que toutes les fibres des ventricules, quel-

les que soient d’ailleurs leur étendue, leur situation et leur

direction , représentent des espèces d’anses , emboîtces les unes dans les autres, les plus petites dans les plus grandes ; dont la convexité regarde la pointe du cœur, en est plus ou moins rapprochée, et dont les deux extrémités sont constamment fixées à la base du cœur, au pourtour des ouvertures auriculaires et artérielles des ventricules. 40 Enfin, à

ce tissu musculeux qui fait spécialement le fond du cœur, il faut ajouter les éléments obligés de toutes parties vivantes : des artères, qui sont les cardiaques ou coronaïres , première

division de l'artère aorte , et qui portent dans les cœurs le sang

artériel dont ces organes ont eux-mêmes besoin : des veines, les cardiaques, qui rapportent le sang veineux propre du

cœur, et dont nous avons indiqué l'embouchure dans loreik lette du cœur du poumon : enfin des nerfs appelés cardia=| ques , qui, dans leur distribution, suivent la disposition: des artères coronaires. Les uns font venir ces nerfs exclusi-! vement de la huitième paire; les autres, d’un plexus formé! par cette huitième paire et le trisplanchnique ; d’autres! enfin, d’un ganglion nerveux, que l’on dit être spécial à

la circulation, et situé derrière le cœur, les nerfs dits car-! diaques n'étant alors que des filets de communication que ce

DU COËUR. 277 ganglion envoie aux autres systèmes nerveux. Par ces nerfs ;

le cœur sera soumis à une influence nerveuse.

Tels sont les deux cœurs. Dans chacun, les oreillettes sont constamment plus minces et plus capaces que les ven-

. iricules : fes oreillettes de chacun sont également ne

ment ses parois plus épaisses, probablement parce qu’il a à

et capaces ; mais le ventricule du cœur du corps a généraleenvoyer Île sang beaucoup plus loin, et dans des tissus moins pénétrables. Au contraire, le ventricule du cœur du poumon offre généralement plus de capacité, du moins à juger

. par la majorité des cadavres. Déjà Hippocrate l'avait dit. . Chacun a cherché à en donner une explication ; les uns ont dit que c'était l’effet d’une disposition native; d’autres ont

pensé que c'élait parce que le sang, rafraîchi lors de son passage dans le poumon , par le contact de l'air, occupait un moindre volume lorsqu'il arrivait au cœur du corps. aller et Meckel ont avancé que le fait variait selon les circonstances de la mort, et que si le plus souvent le ventricule droit était plus capace, cela tenait à ce que généralement, dans les agonies, le poumon était un des organes qui fléchissait des premiers, d’où embarras dans la circulation de cet organe, et reflux, ou du moins stagnation du sang dans les cavités droites du cœur. Ils ont, dans des expériences, rendu alternativement l’un ou l’autre des deux ventricules plus capace ; Selon qu’ils faisaient périr les animaux par une cause qui entravait la circulation dans le poumon ou dans l'aorte. Enfin, Legallois ayantexpérimenté ,avec du mercure, sur des chiens, des chats, des cochons-d’Inde, des lapins, sur l’homme adulte, sur l’enfant, le fœtus mort- né, dit avoir toujours trouvé, excepté dans le fœtus, le ventricule droit plus capace, soit que la mort soit venue par asphyxie , soit qu’elle soit venue par hémorrhagie : il pense que la diflérence tient à ce que le ventricule gauche, plus musculeux , revient davantage sur lui-même.

Accolés l’un à l’autre, ces deux cœurs forment un seul organe, Situé dans la région moyenne du thorax, par con-

séquent à une distance à peu près égale des extrémités du Lronc et des principaux viscères. Placé entre les deux pou-

mons, dans la région du thorax la plus fixe, par opposition avec ce qui est de ces derniers organes, il est soustrait conséquemment en grande partie aux mouvements propres de cette cavité.

Il est d’ailleurs renfermé dans une capsule qui prévient ses déplacements, le péricarde , et logé dans la duplicature des médiastins. Ce péricarde est une membrane fibro-séreuse, | qui forme une enveloppe protectrice au cœur, et qui se compose de deux feuillets : 10 le feuillet extérieurest fibreux, composé de fibres albuginées, et peut se séparer en plusieurs lames ; attaché au pourtour du centre phrénique du diaphragme, il se continue sur chacun des gros vaisseaux qui arrivent au cœur ou en naissent. 20 Le feuillet interne est séreux, et d’une part tapisse le feuillet fibreux dont nous venons de parler, et d’autre part se réfléchit sur le cœur qu’il revêt, et qu’il paraît suspendre dans l’enveloppe; il est le siége d’une perspiration, dont le fluide, qu'on. trouve toujours en quantité plusou moins grande dans le pÉr icarde après la mort, est le produit. Jadis l’histoire de ce péricarde a donné lieu à beaucoup de controverses sur le nombre des tuniques qu le forment, sur l’existence et l’origine de la sérosité qu ’on Y trouve après la mort, etc. Son usage est d’assurer la situation du cœur, qui est libre dans son intérieur, et dont les quatre cavités y jouissent de toute la plénitude de leurs mouvements ; aussi existe-L-1l dans tous les animaux qui ont un cœur; et si, dans une expérience, on le coupe sur un animal vivant, on voit le cœur se jeter comme au hasard dans le thorax, et n’avoir plus que des mouvements irréguliers.

ARTICLE II, Des Artères.

Les artères sont des canaux d’une texture solide et élastique, qui naissent par un seu] tronc du ventricule de chacun des cœurs, dans lesquels les contractions de ceux-ci projettent le sang, et qui le dirigent par des ramifications suc-

es

| cessives dans ces réseaux intermédiaires aux arlères el aux

veines , que nous avons appelés systèmes capillaires. Celle qui naît du ventricule du cœur gauche et qui conduit le sang artériel au corps, s'appelle aorte; et celle qui naît du

ventricule du cœur droit , et qui conduit le sang veineux

au poumon, s'appelle artère pulmonaire. L’une et l’autre

ne sont pas une continuité de tissu propre des ventricules ;

il n’y a de continu entre eux que la membrane interne qui les tapisse ; dans le reste, il n'y a qu’adhérence à l’aide d’un tissu fibreux intermédiaire attaché, d’une part, aux fibres

des ventricules, et d’autre part à celles de la membrane … propre des artères. L’une et l’autre, à leur origine, offrent trois replis valvuleux, appelés valvules sygmoïdes, dont

nous avons déjà parlé à Particle de la description des cœurs.

10 L’artère aorte, appelée encore artère du corps, aussitôt qu’elle se sépare du ventricule, se porte d’abord en haut, étant encore renfermée dans la cavité du péricarde ; puis elle décrit une grande courbure , qu’on appelle crosse de l'aorte, pour se reporter en bas; alors elle descénd directement en bas depuis le haut du thorax jusque sur le sacrum , où elle se partage en deux troncs pour chacun des membres inférieurs , étant appliquée dans tout ce trajet sur le rachis. Dans cette longueur, elle donne naissance à une suite de troncs, de branches, de rameaux, de ramuseules, d’artères successivement décroissantes, qui distribuent le sang rouge dans toutes les parties du corps. D'abord, à l’o-

rigine la plus rapprochée du cœur, se détachent les ar-

tères cardiaques, qui se ramifient dans le tissu du cœur lui

même. Ensuite, à cette courbure que nous avons appelée crosse de l’aorte, naissent trois gros troncs, que dans leur ensemble on a appelé aorte ascendante, parce qu’ils se distribuent à Îa tête et aux membranes supérieurs, tandis que. le reste de l’aorte se ramifie aux parties inférieures. Ces trois trones sont : le tronc innominé, qui, fort court, se partage . bientôt en deux branches, Vée tère céphalique, destinée à

ÿ: a tête, et l’artère axillaire destinée au membre e supérieur

droit : * en second lieu, la carotide primitive, qui est plus à

be | gauche, et qui se subdivise aussien deux branches , la caro-

260 lONCTION DE LA CIRCULATION.

tide interne, pour l’intérieur du crâne, et la carotide externe, pour l’extérieur de la tête : enfin, la sous-clavière, qui est plus à gauche encore, et qui se distribue àttout le membre supérieur gauche. Ces trois troncs alimentent, par une suite de branches, de rameaux et de ramuscules successivement décroissants, toutes les par rlies du corps qui sont au-dessus des clavicules, y compris les membres supérieurs. Le reste de Paorte qui fait suite à la courbure, jusqu’à la : bifurcation sur le sacrum , s’appelle aorte descendante, ou proprement dite, et successivement donne naissance ; aux artères intercostales, bronchiques ; à un gros tronc appelé cœliaque, qui, bientôt se subdivise en trois branches, les arlères coronaire sLomaohiques, hépatig ue et splénique ; aux artères rénales , Mmésentérique supérieure, mésentérique in= férieure, etc. Enfin , sur le sacrum , cette aorte se bifurque en deux gros troncs appelés iliaques primitives, et chacun de ces Ironcs cnsuite se subdivise en deux sortes de branches ; jes unes dites pelviennes, qui se distribuent au bassin; les. autres appelées crurales, qui se portent au membre infé- “eur. Entre les deux iliaques primitives, est une artère appelée sacrée moyenne, qui est assez petite chez l’homme, mais qui est fort grosse chez les animaux dans lesquels la queue n’est pas, comme chez nous, rudimentaire. Du reste, il serait hors de notre objet d’énumérer iei la succession des divisions et subdivisions de l’aorte : il suffit de dire que de ce gros tronc vasculaire naissent des séries de vaisseaux suecessivement décroissants, qui portent le sang artériel dans le parenchyme de toutes les parties, et qui à la fin parvienncnt à un degré de capillarité tel qu’on ne peut plus les distinguer dans la trame des organes ; alors ils font partie de ce qui constitue la troisième partie de l’appareil circulatoire , les systèmes capillaires.

Les Fran successives de cette artère ne sont pas de cônes, mais une suite de cylindres décroissants, sans qu'il ÿ ait du reste aucun rapport nécessaire de oies dans jeur décroissance : par exemple, le tronc de l’aorte fournit souvent de très petites branches. Les bifurcations se font sous loutes sortes d’angles, sous des angles droits, aigus, ob-

sl +

\ ' x k DES ARTÈRES. 261

tus, etc. Le tronc central et ses principaux rameaux sont placés profondément , et hors de toutes atteintes extérieuves : les grosses branches occupent les grands intervalles des organes ; les rameaux occupent les petits, et sont généralement plus flexueux. Dans le trajet, ces vaisseaux suivent une direction tantôt droite, tantôt flexueuse. {ls communi- Quent souvent entre eux, et leurs anastomoses sont d'autant plus fréquentes, que Îles artères sont plus petites et plus éloignées du cœur. Beaucoup de calculs ont été faits pour “apprécier le nombre des divisions que présente l'aorte depuis Sa sortie du cœur jusqu’à sa ramification dernière; Haller a porté ce nombre à 0, Keil, à 50, etc. | 1} résulte de cette description, que le système vasculaire de l'aorw représente dans son ensemble un arbre, qui a son Lronc au cœur, et Ses 1amifications aux parties; avec celte différence cependant, que les ramiñvatians ne sont pas libres, mais forment à leurs extrémités un réseau où elles communiquent entre elles, et avec les systèmes vasculaires veineux , sécréteurs el lymphatiques. En outre , Comme un Lronc a toujours moins de capacité que les deux rameaux qu'il forme, il s'ensuit que le système représente dans son ensemble un cône qui a son sommet au cœur, et sa base aux parties; qu'ainsi, la capacité du système artériel va en augmentant du cœur aux parties. Des calculs ont été faits pour évaluer les rapports de la capacité de l’aorte à son origine, à celle de tous ses rameaux réunis : le rapport est comme 1 à 44507, selon Keil; comme 1 à 500, selon Helyétius et Sylva; comme 90000 à 118490, selon Senac. Martin a dit que le calibre d’un tronc égalait la racine cube des diamètres des branches.

20 L'artère pulmonaire a beaucoup d’analogie avec la précédente, el nous a déjà occupé à la fonction de la respiration , lorsque nous avons décrit la structure du poumon. Renfermée d’abord dans le péricarde, bientôt elle en sort, et se partage en deux branches qui s’accolent aux bronches, et se dirigent du côté de chaque poumon. Chacune de ces branches va en se divisaut successivement en rameaux et ramuscules successivement décroissants, à mesure qu’elle pé-

nètre le parenchyme de lorgane , suivant dans cette subdi-! vision les divisions des bronches elles-mêmes. Enfin, de mème que l'aorte finissait dans le parenchyme des diverses! parties du corps par des ramuscules, si nombreux que toutes! en recevaient, et si déliés qu’on ne pouvait en apercevoir lai disposition ; de même finit l’artère pulmonaire dans le tissu) du poumon. Cette artère présente aussi dans son ensemble,, non une suile de cônes, mais une suite de cylindres succes! sivement décroissants : elle a également la forme d’un arbre; dont le tronc est au cœur, et les ramifications au poumon: Seulement, ces ramifications, au lieu d’être libres, sont aussi unies'entre elles en réseau dans le tissu du poumon. Enfin, la capacité de ce système vasculaire va de méme en augmentant, depuis son origine dans le cœur, jusqu ses terminaisons multipliées dans le système capillaire du!

poumon. -À L'organisation et la texture de ces artères sont les mêmes!

dans chacun des deux cercles, et c’est pour cela que nous! en traitons au même lieu. Cette organisation a été l’objet de: beaucoup de travaux, parce qu’on a espéré avec jusle raison) approfondir parelle le mécanisme de la circulation. Les artères sont formées de plusieurs tuniques qui sont su per poséesi lesunes aux autres, et doni chaqueauteura indiqué un nom: bre divers. #Villis, par exemple, en admettait cinq; Boër:: haave, Vieussens, quatre, les trois dont nous allons parler, | et une quatrième qui fus dite tour-à-tour nerveuse, vascu-: laire ou glanduleuse. Aujourd’hui, on ne leur en reconnaît] que trois : 10 une extérieure , appelée nerveuse par Albinus,,| cartilagineuse par Vesale, tendineuse par Heister, mais quil doit être nommée la tunique celluleuse des artères, parce! qu’elle est formée par du tissu cellulaire condensé. C’est gé-! néralement la seule qui reste intacte dans Îles anévrysmes! vrais. 20 Une intérieure, qui lisse, polie, est une conti-! nuation de la membrane qui tapisse l’intérieur du cœur! Dumas dit qu’elle exhale un fluide qui est destiné à la dé-! fendredu contact du sang; mais cela est douteux, car on voit! que toute artère s’oblitère , dès que le sang cesse de la tra-: verser, ce qui ne devrait pas être dans Phypothèse de Dumas ;|

il est probable que le fluide séreux qu'on à cru provenir

Page 1