L] LA
d’une action exhalante de la membrane, était le produit de la séparation cadavérique du sérum du sang. Puisque cette
- membrane est la continuation de celle qui tapisse l’un et
. 9 . + | 0] 0 - l’autre cœur, nous n’avons pas besoin de dire qu’elle n’est
pas la même dans l'artère aorte et dans l’artère pulmonaire : dans la première, c’est celle du cœur rouge, et elle est de même peu extensible, fragile, et disposée à s’ossifier; dans Ja seconde, c’est celle du cœur noir, et elle est dès-lors extensible, non fragile, et non disposée à s’ossifier. 3° Enfin,
entre ces deux membranes , En est une troisième qui est celle ? A
.qu on appelle la membrane propre des artères, et celle sur
laquelie ont porté principalement les débats : elle est com-
posée de fibres jaunes, circulaires où transversales, mais non longitudinales. Beaucoup de recherches ont été faites pour découvrir sa nature. On a dit d’abord qu’elle était musculeuse, et cela dans la vue de trouver une puissance de plus pour la circulation; mais cela est démenti par l’anatomie; la fibre de la membrane propre des artères n’a aucun des caractères physiques, chimiques, anatomiques, physiologiques de ja fibre musculaire. Le tissu musculeux, par exemple , est mou, extensible, contractile; et cette mem- Drane des artères est ferme, solide, élastique, fragile, facilement coupée par une ligature, et inapte à manifester Ja moindre irritabilité par tout irritant mécanique ou chimique quelconque : Nysten jui a vainement appliqué le gal- Vanisme. Le tissu musculeux a les fibres rouges, celle-ci à les fibres jaunes. D'autres ont émis qu’elle était de nature fibreuse ; mais elle diffère encere en beaucoup de points du tissu fibreux. C’est vraiment un tissu d’une nature spéciale, reconnaissant pour base ce tissu irès élastique, dont les anatomistes zoologistes ont fait dans ces derniers temps un tissu particulier, sous le nom de tissu jaune. Les fibres de cette membrane ont une forme aplatie et non arrondie ; ellessont plutôt simplement juxta-posées, qu'uniesentre elles par du tissu cellulaire, d’où résulte la fragilité que présente celte membrane. Les artères, outre ces trois tuniques, ën empruntent souvent une quatrième de la membrane sé-
204 FONCTION DE LA CIRCULATION. | reuse des cavités splanchniques qu’elles parcourent; el c’est ce qui a causé la dissidence des auteurs sur le nombre de leurs tuniques constituantes. Elles recoivent de plus les éléments obligés de toutes parties vivantes, savoir, des artérioles, des veinules, des vaisseaux lymphatiques, et des nerfs. Ceux-ci venant du sympathique, forment comme un réseau autour d'elles, et les accompagnent dans toutes} leurs ramifications. Quoique la tunique propre des artères | aille en diminuant toujours des troncs aux rameaux, eu égard à son épaisseur, elle a dans les rameaux une épaisseur | proportionnéllement plus grande, et delà les parois des] artères se montrent d'autant plus épaisses et d’autant plus) molles, que les artères sont plus petites.
Ce mode d'organisation rend ces vaisseaux assez résistants; | et surtout très élastiques ; propriétés qui leur étaient néces=! saires, la première pour qu'ils puissent supporter le choc du sang projeté avec force par le cœur, la seconde afin qu'ils puissent réagir sur le sang avec une force égale à cellé} qui les dilate, et influer par là sur le cours de ce liquide: Aussi, leurs parois restent-elles écartées sur le cadavre, et! c'est par là qu’ils se distinguent des veines. Wintringham a cherché, en injectant de l’air ou du mercure dans leur in=! térieur , à évaluer la mesure de leur résistance, et quel était! le rapport de cette résistance avec l'épaisseur de leurs parois : et leur capacité : il dit que cette résistance est en raison! inverse de la dureté du tissu des artères, et qu’elle est plus: grande dans les petites artères. Celles-ci ,en effet, se mon-: trent moins souvent anévrysmatiques. Ces artères reviennent | sur elles-mêmes, quand le sang qu’elles charient diminue, ou mêine manque tout-à-fait : d’où l’on conçoit qu’elles of: frent de grandes variétés dans leur volume dans les cada-! vres, selon que la mort est arrivée par asphyxie ou par hé-! morrhagie. La vitalité de ces vaisseaux est peu marquée, , leurs maladies peu nombreuses et rares; ce qui s'accorde! avec le rôle presque passif, et néanmoins important, qu'ils: jouent dans la circulation.
Tout ce que nous venons de dire est commun aux deux! artères de l’une et l’autre circulation. Seulement, l’artère!
DES SYSTÈMES CAPILLATRES. 205
Bu poumon est moins grosse, moins étendue, moins solide,
parce que le cœur droit est moins fort, et par conséquent Pexpose à un choc moindre. Elle offre moins d’anastomoses entre ses branches , Si ce n’est à ses terminaisons , et on $ conçoit pourquoi. Enfin, sa membrane interne est différente, c’est celle du système vasculaire à sang noir.
ARTICLE III
Des Systèmes Capillaires.
Cette troisième partie de l’appareil circulatoire consiste en ces réseaux vasculaires qui seul intermédiaires aux ar- Lères et aux veines, où finissent les unes, où commencént les autres , et que traverse nécessairement a sang pour aller des premiers de ces vaisseaux aux seconds. Ces systèmes ca= pillaires , ainsi nommés parce que les vaisseaux qui les for ment sont aussi fins que des cheveux, sont de plus les lieux où les deux espèces de sang subissent chacun une transformation importante , où le sang artériel est changé en sang veineux , et le sang veineux en sang artériel. Ils sont de deux espèces : le système capillaire général, qui est celui où aboutit le sang artériel et où se fait le sang veineux, ainsi nommé parce qu'il est formé par l’ensemble de toutes les parties : et le système capillaire pulmonaire, qui est celui où aboutit le sang veineux, où ce sang est changé en artériel, et qui siège dans le Lissu du poumon.
La texture de ces systèmes capillaires est sans contredit un des points les plus importants à connaître pour l’histoire de la circulation; et à cette question se rattache la connais- | sance des modes selon lesquels se terminent les artères et commencent les veines, Mais la ténuité des parties est telle qu'on ne peut rien voir. Que, d’une parti, on suive le plus Join possible dans le tissu d’un organe ( car ces systèmes ca pillaires sont ie parenchyme même des organes, et sous ce “rapport leur étude se représentera encore à nous à l’article à des nutritions) une artère; que, d’autre part, on suive de
même une veine dans la vue de remonter jusqu’à son origine
286 FONCTION DE LA CIRCULATION. as première ; dans l’un et l’autre cas la dissection devient bientôt impossible , et le vaisseau échappe à la vue, avant que l'on soit parvenu au terme que l’on désire. Les observations microscopiques sur les animaux vivants, et les injections sur le cadavre, ou pendant la vie, sont les seuls moyens qu’on possède pour éclairer un peu la question. Jadis les Anciens admetlaient entre les artères et les veines une sub= stance intermédiaire, formée par un liquide épanché, provenant du sang , et qu'ils appelaient parenchyme. Mais il paraît qu’il y a une communication directe des artères aux veines. En eflet, Zeuwenhoëck et Malpighi, dans leurs observations microscopiques sur les animaux vivants, ont vu le sang passer directement des dernières artérioles dans Les! premières veinules ; et quand on injecte une artére, soit sur. le vivant, soit dans le cadavre, on voit la matière de l’injéction passer dans les veines. Seulement, on ignore comment a lieu cette communication. On dit généralement que les systèmes capillaires ne sont que les dernières extrémités des artères, devenues presque imperceptibles par suite de leurs divisions successives, et se recourbant sur elles-mêmes pour donner naissance aux veines. On admet que les dernières extrémités artérielles communiquent là éntre elles par les anastomoses les plus multipliées, au point de constituer des réseaux qui seulement diffèrent dans les diverses parties du corps. On ajoute que, présentant une capillarité plus où moins grande , tantôt elles sont assez grosses pour admettré les globules rouges du sang, et être des capillaires rouges, et tantôt ne peuvent plus admettre que la partie séreuse du sang, et sont des capillaires blancs. On dit que dans ces systèmes les artères s’abouchent aux veines de deux manières, où en se réunissant en arcades à leur sommet, ou en marchant parallèlement les unes aux autres, et s’envoyant un grand nombre de petits rameaux transverses. On croit enfin que les artères contribuent plus que les veines à la formation de ces systèmes capillaires, les veines ayant déjà, lorsqu'elles s’en séparent, un volume assez marqué. On ne peut admettre avec Autenricth , que les artères, à leurs ramifications dernières , se réunissent en troncs pour se diviser
are
DES SYSTÈMAS CAPILLAIRES. 387 ensuite de nouveau avant de communiquer avec les veines . de imauicre à représenter un système analogue à celui de la veine-porte.
. Ce qui ajoute à la difficulté, c’est que ces systèmes ca. piilaires doivent avoir une disposition qui, non-seulement | permette la continuité de la circulation, maisencore qui laisse le sang se modifier pendant qu'il y circule, c’est-à-dire qui les rende propres à exécuter les nutritions, sécrétions et calorifications daus le système capillaire général , et l’hématose dans le système capillaire pulmonaire. Les uns ont dit avec Mascagni, que les dernières extrémités artérielles qui forment ces systèmes, élaient percées vers leur point de continuation avec les veines, de pores latéraux par lesquels tran- Sudaient les matières nutritives et sécrétées. Les autres ont pensé que les artères se terminaient par trois ordres de Vaisseaux, des exhalants nutritifs qui déposent dans les organes la matière nutritive, des sécréteurs qui séparent du sang les humeurs sécrétées, et les veines qui rapportent Île sang qui, par ces élaborations ou par d’autres, est redevenu veineux. À cette manière de voir se rapportent le système des six ordres de vaisseaux décroissants de Leuwenhoëck . destinés à chacun des six globules du sang ; celui des vaisseaux névro-lymphatiques de J’ieussens : celui des vaisseaux décroissants jaunes et blancs de Roërhaave , offrant successivement un calibre de plus en plus petit, mais toujours en fapport avec le volume des globules du liquide. 11 en est 1 conjecturent que les artères se terminent par dés ramussules d’un ordre particulier, qui exhalent la matière nutritive ; et que de même les veines naissent aussi par un ordre particulier de vaisseaux qui en absorbent les débris. Enfin ; beaucoup de modernes, M. 4{ard, par exemple, professent qu’en dehors du cercle vasculaire, formé par la continuité des artères et des veines, il est un ordre de vaisseaux par- : uiculiers, étendus des parois des artères aux parois des veines, puisant d’un côté dans les artères, versant de l’autre dans les veines, et qui, accomplissant lesactions denutrition. de sécrétion dans le système capillaire général , et celle de lhématose dans celui du poumon , sont la cause des trans-
rte
formations qu’éprouve le sang dans ces systèmes. Tout ceci! rentre dans l’impossibilité tant de fois accusée de connaître! Ja texture intime des organes, et ce problème d’anatomie est! encore à résoudre. Du reste, à la fonction des nutritions, | nous reviendrons sur ces systèmes capilaires, à la com pO-| sition desquels concourent plusieurs éléments organiques | autres que les artères et les veines; savoir, des vaisseaux! lymphatiques, des nerfs qui peut-être exercent une influence! prochaine sur le mode d’action de ces systèmes capillaires | dans la circulation , et du tissu cellulaire qui sert de soutien | à tous ces vaisseaux. N’en traitant ici que sous le rapport | de la circulation . nous nous bornons à assurer qu’au tra! vers d'eux, les artères communiquent directement avec lé! veines. | | Tout ceci doit s'entendre également des deux systèmes capillaires. À l’article de la respiration , nous avors vu que la disposition du parenchyme du poumon n’était pas plus facile à caractériser que celle de tout autre organe: nous avons dit que les injections prouvaient aussi une ommu nication directe entre les ramifications de l'artère qulmonaire et celles des veines pulmonaires, et qu’on avaït fait sur le mode de cette communication les mêmes conjectures que nous venons de mentionner. Les seules différences en tre les deux systèmes capillaires sont les suivantes : 10 Le système capillaire du poumon est moins étendu que le gé= néral. 20 Il exerce sur le sang une élaboration inverse de celle que fait subir le système capillaire général , puisqu'il le rend artériel au lieu de Îe rendre veineux. 30 Enfin, it est le même dans les divers points de son étendue, tandis que le système capillaire général a dans chaque partie une disposition différente. Celui-ci diffère en effet dans chaque organe du corps, et sous le rapport de la proportion de ses éléments constiluants, et relativement à sa texture propre, quelque inconnue qu’elle soit : on en a la preuve par l’inspection même des parties, par la facilité plus ou moins grande avec laquelle chacune se laisse pénétrer par lés iniections , après comme pendant la vie; par la prédisposition diverse qu’elles présentent aux inflammations , aux hémor-