CHAPITRE PREMIER
De la Sécrétion en général,
Suivant notre ordre accoutumé, il faut commencer par jeter un coup d’œil rapide sur les parties du corps qui exc- £utent celte action, c’est-à-dire sur les organes sécréteurs.
ARTICLE PREMIER
Anatomie des Organes sécréteurs.
Tout organe sécréteur peut être représenté par la pensée comme formé de deux systèmes vasculaires abouchés l’un à l’autre par leurs ramifications dernières , l’un consistant en vaisseaux arlériels ou veineux, et apportant le sang avec lequel doit être fait le fluide sécrété ; et l’autre, sécréteur proprement dit, faisant, ou au moins exportant le fluide sécrété aussitôt qu’il a été fait. On en distingue de trois sortes chez l’homme, des organes exhalants, des follicules et des glandes.
10 Organes sécréteurs exhalants. Ce sont des organes sécréteurs qui ont Ja forme d’une spongiosité ou d’une toile, et qui versent, par des orifices librement ouverts à leur surface, l'humeur que leur travail sécrétoire a faite. Ce sont,
des trois espèces d’organes sécréteurs, les plus simples. En, eflet , les deux systèmes vasculaires abouchés l’un à Pautre,. que nous avons dit constituer tout organe sécréleur, sont ici continus sans former entre eux aucun organe intermédiaire. 11 semble que ce soit le vaisseau sanguin qui verse. lui-même, à sa terminaison capillaire, le fluide qui est sécrété du sang. Seulement, comme à cette terminaison le sang ne Île pénètre plus, on cesse de l’appeler en ce lieu vaisseau sanguin, on l'appelle vaisseau exhalant ; et cela est fondé, puisque ce vaisseau , ne se comportant pas de même en ces denx endroits, doit nécessairement y avoir une structurer différente. Du reste, comme les deux systèmes vasculaires sont ici capillaires, on n’a aucune notion, soit sur la manière dont se termine le système vasculaire sanguin, soit sur saï conversion dans le système exhalant et sur l’organisation de celui-ci. Jadis on a fait beaucoup d’hypothèses sur cet objet: Boërhaave, par exemple, admettait une série de vaisseaux! décroissants, ayant chacun un calibre proportionnel au volume des globules des humeurs qui devaient les traverser ; mais ce n’est là qu’un écart d’imagination. On se retrouve ici dans les systèmes capillaires, et par conséquent dans la plus complète ignorance. Il n’y a de prouvé que la continuité et la communication entre les vaisseaux sanguins et les vaisseaux exhalants : cette continuité est démontrée par l’exhalation elle-même, par la facilité avec laquelle une matière Injectée dans le vaisseau sanguin sort par le vaisseau: exbalant; enfin, par la facilité avec laquelle le sang lui-même pénètre dans ce dernier, comme on le voit dans les hémor* rhagies, les inflammations. à Le nombre de ces organes sécréteurs exhalants est assez considérable dans l’économie de l’homme ; et, comme nous le disions tout à l’heure, ils y ont la forme de spongiosité ou de membrane. Tels sont : le tissu lamineux , qui produit par exhalation un suc séreux particulier; le tissu adipeuxs« qui produit ja graisse ; les membranes séreuses ; qui exha=" lent les sucs séreux ; les membranes muqueuses , Qui perspie. rent une vapeur albumineuse ; la peau, qui est le siége de la perspiration cutanée et de la sueur ; lesrmembranes SYnOVIA=
DES ORGANES SÉCRÉTEURS EN GÉNÉRAL. 441 les et médullaires, sources de la synovie et de la moelle, etc. Quoiqu’on ne puisse rien connaître de la texture intime des exhalants, il est sûr néanmoins que toutes ces parties diffèrent, puisqu'elles versent des fluides différents. Une autre preuve d’ailleurs, c’est que les injections cadavériques n’y pénètrent pas avec une égale facilité, que ces parties ne sont pas également sujettes aux hémorrhagies, ete.
Certains physiologistes rejettent celte première forme d'organes sécréteurs, Dumas, par exemple.Ce médecin veut que l’exhalation se fasse par les pores des derniers vaisseaux capillaires sanguins. I] s'appuie sur les deux expériences suivantes : une de Mascagny , dans laquelle une substance colorante injectée dans une artère a passé tout entière dans les veines correspondantes, tandis que les vaisseaux exhalants n'ont transmis que la partie aqueuse de la matière injectée ; uneautre, dans laquelle du sang intercepté dans une artère, entre deux ligatures , a été dépouillé, par transsudation sans doute , de sa partie la plus séreuse. Mais, sans entrer en débat sur les inductions à tirer de ces expériences, comme Dumas, par ces pores qu’il considère comme la voie des exhalations , n’entend pas des pores inorganiques, tels qu’on les conçoit en physique, mais des ouvertures dont l’état est réglé par la vie, ce n’est là qu’une discussion sur un point d'organisation trop ténu, pour que nous ayons sur lui une notion sûre,
20 Follicules. On appelle ainsi des organes sécréteurs déjà plus compliqués que les précédents, qui généralement ont la forme d’ampoule et de vésicule, et qui, situés dans Pépaisseur de la peau et des membranes muqueuses , sécrètent une humeur linifiante et destinée à lubréfier ces surfaces, Qui sont toujaurs en contactavec des corps étrangers. Tandis que, dans les organes sécréteurs exhajants, le vaisseau sanguin qui apporte les matériaux de l'humeur sécrétée était tellement continu an vaisseau sécréteur , qu'il paraissait l'être lui-même ; ici ces deux vaisseaux se disposent, awlieu où 1ls s’abouchent, de manière à former un organe qui est intermédiaire , et à l’artère qui à apporté le sang de la sécrétion , et au vaisseau où commence à se montrer l'humeur sé-
442 FONCTION DES SÉCRÉTIONS, | crélée. Cet organe intermédiaire, qu’on appelle follicule, estuneespèce d’ampoule membraneuse et vasculaire; il offre une cavilé intérieure dans laquelle se fait la sécrétion, et il verse le produit de son travail, ou par un trou qui est dans son centre, Ou par un petilcanal très court, qu’on appelle la cune. La texture de ces follicules est du reste aussi peu con= nue que celle de tout autre organe; et l’on peut seulement asssurer d’eux , comme des organes exhalants, qu’il ya communication et continuité entre le système vasculaire san= guin apportant les matériaux de la sécrétion, et le système vasculaire sécréteur fabriquant et éxportant l’humeur sécré- | tée. Les preuves sont celles même qu'on en a données à l’égard des exhalants; savoir : le fait même de la sécrétions | le passage d’une matière injectée du vaisseau sanguin dans. le vaisseau sécréteur, et la facilité avec laquelle ce dernier, dans les hémorrhagies et les inflammations , se laisse péné-= trer par le sang lui-même,
| | Ce second genre d’organes sécréteurs est aussi fort ré pandu dans le corps humain : il est disséminé dans les deux
surfaces de notre corps, qui sont exposées à des frottements
et à un contact continuel avec des corps étrangers; savoir,
la peau et les membranes muqueuses. Sous le rapport de! l'humeur qu’ils sécrètent, ils sont partagés en sébacés, mur queux, unguineux, cérumineux , etc. Sous celui de leur situation , ils sont distingués en cutanés , ciliaires, auricus laïres, muqueux.. Enfin, eu égard à leur disposition partis. ‘culière, les anatomistes en admettent de trois espèces ; les simples ou isolés, comme ceux de la peau ; les rapprochés ets agglomérés , comme la caroncule lacrymale ; et enfin les come, posés, comme les tonsilles, la prostate. Quoique ces divers. follicules aient tous pour office la formation d’une humeum de linition, ils ne sont pas semblables entre eux : chacuns en effet sécrète une humeur différente ; et d’ailleurs peut-on méconnaîlre la diversité de leur organisation, quand on. voit que les injections ne pénètrent pas avec une égale facilité dans tous, et que tous ne sont pas également susceptiblesk d’être le siége des hémorrhagies ? | 4
30 Glandes. Enfin la troisième espèce d’organes sécréleurs
DES ORGANES SÉCRÉTEURS EN GÉNÉRAL. 443 St la glande, qui est caractérisée en ce qu’elle verse l’huneur qui est le produit de sa sécrétion, à la surface de la eau ou d’une membrane muqueuse, par un ou plusieurs aisseaux excréteurs distincts. C’est un organe sécréteur plus Omposé encore que le follicule : les deux sysièmes vascures, constitutifs de tout organe sécréleur, se sont aussi, u point de leur abouchement, disposés de manière à former videmment un organe intermédiaire, et au vaisseau artéel sanguin qui apporte les matériaux de la sécrétion , et 1 Vaisseau excréteur qui exporte l'humeur sécrétée : mais L organe intermédiaire a une structure intime encore plus impliquée que celle du follicule.
Pour l’apprécier, énumérons d’abord les éléments Orgaques qui le forment. 19 Le système vasculaire sanguin, li apporte les matériaux de la sécrétion. Ce système, pétrant l’organe dont il doit former une des parties intéantes , s’y ramifie à l'infini. Tantôt il pénètre par plusieurs anches à la périphérie de l’organe, comme aux glandes ivaires : plus souvent, au contraire, il n’arrive À l’organe € par un seul tronc, qui s'engage dans la glande par une ssure ; celle-ci d'ordinaire existe au côté qui est le moins 0sé aux lésions extérieures, comme au foie, au rein. À ses rémités dernières , ce système s’abouche avec les origines Systèmes vasculaires sécréteur et veineux. 20 Le système culaire sécréteur, autre élément fondamental de tout ore sécréteur, et qui fait et excrète l’humeur sécrétée. Il bpar des radicules très fins, aux lieux mêmes où se ter- 1e Je système vasculaire sanguin , sans qu’on puisse voir e origine, mieux qu’on n’a vu la terminaison du prer; et bientôt, ces radicules se réunissant en vaisseaux de en plus gros et de moins en moins nombreux. finissent former ce canal excréteur par lequel l’humeur sécrétée versée, et dont l’isolement fonde le caractère distinctif a glande, Tantôt re canal excréteur est simple , comme ; le pancréas; tantôt il est multiple, comme dans la de lacrymale; généralement il s’isole de la glande, au même où le vaisseau sanguin y a pénétré. 30 Des artères pportent à l'organe le sang dont il a besoin pour sa nu-
trition : souvent elles ne sont pas distinctes de celles qui apportent les matériaux de la sécrétion. 40 Des veines, qui tout à-la-fois correspondent, et à ces artères, et au système vasculaire sanguin, afin de rapporter de are toute le portion de sang qui est restée de sa nutrition et de sa sécré: tion. Les artères entrent dans la glande, et les veines en sortent par le même lieu qui a servi d’entrée et de sortie au] autres vaisseaux; la terminaison des unes et l’origine de: autres ne sont pas plus connues 1C1 qu’ en tout autre organt du cor ps : seulement les veines n’affectent pas ici deux plans: comme dans les autres parties. 59 Des vaisseaux lymphati. ques. 6 Des nerfs, qui en partie proviennent de la moelll spinale, en partie des ganglions, et qui, formant un réseai autour des artères de la Brit les accompagnent dans l’in tümité de l'organe, et s’y terminent comme eux, Borde: croyait que ces nerfs étaient en très grand nombre dans le glandes; Bichat, au contraire, en doute, d’après la petit . quantité de ceux qu’il a trouvés dans le foie ; il présume qui Bordeu s’en est laissé imposer par la quantité de ceux qu sont dans la glande parotide, mais qui ne font que traverse cette glande, sans lui appartenir. 70 Enfin , du tissu cellu laire destiné à lier tous ces éléments, à en être la trame "€ quelquefois une membrane extérieure qui sert d’ FE à tout l’organe.
Tels sont les divers éléments organiques qui entrent ah la composition de toute glande. Maintenant, comment & éléments se disposent-ils dans l’intimité de ces glandes } quel üussu en résulte-t-1l ? Qn dit généralement que les de nièresramifications du système vasculaire sanguin et des: art res nutritives de la glande, formentavec les radiculesdu sy tème vasculaire sécréteur , avec ceux des veines, et les de nières ramifications des vaisseaux lymphatiques et des nerl autant de petits lobules et de petits grains. Il est certair en eflet, que lorsqu'on déchire ces organes, leur ru pui présente une surface inégale, bosselée : leur apparenceke celle de lobes divisés en lobules, de lobules divisés en grain: et de grains formés eux-mêmes de grains de plus en pl petits, le tout lié par un tissu cellulaire plus où moi
DES ORGANES SÉCRÉTEURS EN GÉNÉRAL. 445 abondant , et plus ou moins dispasé dans chaque glande à se laisser pénétrer par de la graisse. Chaque lobule est dit contenir une ramification dernitre du système vasculaire sanguin et de l’artère nutritive, celle d’un nerf, d’une veine, d’un lymphatique et du système vasculaire sécréteur, plus toujours du tissu cellulaire pour unir ces divers éléments, Quand une membrane extérieure enveloppe tout l’organe, elle est généralement de nature cellulaire, et souvent elle forme dans le parenchyme de la glande une gaîne aux diflérents vaisseaux qui la pénètrent. Peut-être cependant la croyance d’une texture lobuleuse dans toutes les glandes estelle trop généralement admise ? Cette texture ne se laisse pas reconnaître en toutes ; et parmi les différences d’organisation que présentent les glandes, ilen est qui paraissent avoir une texturé tout-à-fait inverse. Du reste, ce qui a surtout été recherché dans la structure des glandes, c’est le mode d’abouchement des deux systèmes vasculaires que nousavons dit être constitutifs de tout organe sécréteur, et il ya eu deux principales hypothèses à cet égard. L’une est celle de Halpighi, qui dit que ces vaisseaux forment profondément , au point de leur abouchement, des follicules intermédiaires , et au système vasculaire sanguin, et au système vasculaire sécréteur. L'autre est celle de Ruisch, qui veut que ces deux systèmes soient seulement continus, comme dans les organes exhalants, mais après que leurs ramifications successives se sont mille fois repliées sur elles-mêmes. Dans la première hypothèse, la glande n’est qu'un amas de follicules ; et dans la seconde, elle n’est qu’une membrane exha- Jante, nombre de fois repliée sur elle-même. Cette dernière hypothèse a long-temps prévalu, et même on a renchéri sur elle; Ferrein et inslow admirent des vaisseaux exhalants dans la structure du système vasculaire sécréteur ; fieussens professa qu’il y avait dans ce dernier trois degrés de vaisseaux décroissants. De nos jours, un médecin anglais a comparé les glandes à des estomacs; et M. Richerand suppose en ces Organes des cellules, intermédiaires aux systèmes vasculaires sanguin et sécréteur, dans lesquelles le sang qui contientles matériaux de la sécrétion est d’abord déposé, et où les vaisseau x
sécréleurs viennent ensuite faire et puiser l’humeur sécré- | tée. Tout cela est vain : la texture intime des glandes est. aussi peu connue que celle de toute partie quelconque de! notre corps, et d’ailleurs varie en chaque glande. Il n'ya! d’évident aussi, que la continuité du vaisseau sanguin et | du vaisseau sécréteur ; elle est prouvée par les mêmes faits | qui l’ont fait établir dans les organes exhalants et dans les | follicules. 1 Il ÿ a aussi un certain nombre de glandes dans le corps. humain; savoir : les glandes lacrymales, qui font les lar-| mes; les salivaires, qui font la salive; le pancréas, le foie, qui font Îe suc pancréatique et la bile ; les reins, qui sécrè= | tent l’uriue; les testicules, qui sécrètent le sperme ; et les. glandes mammaires qui fabriquent le lait. Plusieurs anato: | mistes regardent encore comme glande, l'ovaire, qui che# la femme fournit l’œuf ou la substance quelconque par la, quelle ce sexe sert à la génération. Beaucoup d’autres par= tes que l’ancienne anatomie qualifiait de glandes, comme la prostate, la thyroïde, ne méritent pas ce nom, et ne sont que des follicules composés, ou des ganglions lymphatiques ou sanguins. | Ces glandes, bien qu’ayant toutes la même organisation | générale, et remplissant le même office, diflèrent entre elles: ainsi qu'il en était des différents organes exhalants et foili@s cules. Comment pourrait-on en douter, lorsqu'on voit que, chacune sécrète une humeur différente ? D’ailleurs , toutes, ne sont pas également exposées aux hémorrhagies, ne se laiss sent pas aussi facilement pénétrer par les injections, et cela, prouve une organisation différente. Enfin , comme ces glan=.
des ont généralement plus de volume que les autres organes
sécréteurs, on distingue mieux enellesles dispositions qu’afs fectent dans leur parenchyme leurs différents éléments con- : stituants, et le genre de texture qu'ils y produisent; onu reconnait à cet égard des différences entre elles, nous les j ‘indiquerons pour chaque glande en particulier. On ne sait si ces différences tiennent à l’addition d’un élément nouveau exclusif à chacune, ou à un autre arrangement des éléments
constiluants de toute glande, ce qui est plus probable. M
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DES ORGANES SÉCRÉTEURS EN GÉNÉRAL. 447 Parmi ces glandes, il en est quelques-unes dont le canal excréteur verse aussitôt l’humeur aux lieux où elle doit agir, les glandes salivaires, par exemple; tandis qu’il en est d’aues, le rein, le foie, où cette humeur est préalablement léposée dans un réservoir, d’où elle est retirée ensuite. Dans ce dernier cas, on peut séparer ce qui est de la sécréion proprement dite, ou autrement de la formation de humeur sécrétée, de ce qui est de son excrétion, c’est-àlire de son versement dans le lieu où elle doit remplir son fice. Ce n’est pas que, dans toute glande, la série des vaiseaux sécréteurs, toujours fort repliés sur eux-mêmes et par onséquent fort longs, ne serve toujoùrs un peu de réseroir à l’humeur de la sécrétion ; toujours en effet cette huneur y séjourne un peu, et toujours on en retrouve ün eu dans ces vaisseaux dans les cadavres. De même, fort ouvent les membranes muqueuses sur lesquelles sont veres les humeurs sécrétées, font pour ces humeurs l’office de éservoirs, comme cela est, par exemple, pour les mucus ui constituent les matières du moucher, du cracher, ete. [ais enfin il est des appareils glanduleux dans lesyuels il y un réservoir spécial ; et c’est là une disposition particuére , qui permet plus qu'aucune autre, qu'on sépare Ja séétion et l’excrétion.
Telles sont les trois formes d'organes sécréteurs qui exisnt chez l’homme : il est évident qu’elles ne sont que des #grés successivement de plus en plus compliqués d'une ême organisation ; elles se retrouvent dans tous les aniaux supérieurs. Dans les animaux qui n’ont pas d'appareil sculaire distinct, les insectes par exemple , les organes créteurs sont de simples tuyaux qui baignent dans le fluide néral, et fabriquent avec lui l’humeur de la sécrétion ; L'ils font passer dans leur intérieur.
ARTICLE El.
Mécanisme des Sécrétions. 1 ï |
Tout organe sécréteur, ayons-nous dit, résulte de l’abotf chement par leurs ramifications dernières de deux systèmes vasculaires, dont l’un apporte le sang avec lequel est faite l'humeur sécrétée, et dont l’autre élabore ce sang, fait avec ce liquide l'humeur sécrétée, et l’exporte. I résulte de là que; pour pénétrer le mécanisme de la sécrétion, il faut suivre le plus loin possible dans l’intérieur de l’organe sécréteur le sang , afin. de parvenir au lieu où se fait la conversion de ce sang dans l’humeur sécrétée, et de voir comment se fait cette conversion. | 4
D'abord, aucun changement ne survient dans le sang, avant son arrivée dans l’intimité du parenchyme des organes sécréteurs. En vain quelques physiologistes avaient conjecturé que, dans son irajet du cœur à lorgane sécréteur , ce fluide avait subi quelques élaborations préparatoires spéciales. À l’article de Ja nutrition , nous avons prouvé ie con: traire ; ei même, si l’on excepte les sécrétions de la bile@t
de la perspiration pulmonaire, pour lesquels il y a débats comme nous le verrons, il est sûr que c’est un mê ne sang qui arrive aux divers organes sécréteurs. Ce n’est pa cependant que, dans chaque organe sécréteur, il n'y ait dés dispositions particulières de lartère qui apporte les mat riaux de la sécrétion; et en même temps ces disposition sont Lrop constantes pour n'être pas importantes. Ainsi l’état grêle, flexueux de l’artère qui porte le sang au tes cule, contraste avec l’état tout opposé de l’artère qui va’ l rein. Mais ces dispositions n’influent que sur Île degré de
sur la nature de ce liquide et, sile volume de l’artère d’une
glande, sa longueur, sa distance du cœur, ses flexuosités influent sur la sécrétion, ce qui paraît être, ce n’est past®
modifiant préalablement la nature du sang, mais en faisant
MÉCANISME DES SÉCRÉTIONS EN GÉNÉRAL. 449 varier son mode de circulation, qui en est plus lente ou plus rapide. |
Ce n’est que lorsque le sang a pénétré le parenchyme de l'organe sécréteur , que ce fluide est changé dans l’humeur sécrétée. Si d’un côté l’on poursuit dans organe sécréteur le Vaisseau sanguin qui yapporte les matériaux de la sécrétion - On voit que, tant qu’on peut y distinguer ce vaisseau, c’est toujours du sang qu’il contient. Si, d’autre part, on suit de même le vaisseau sécréteur jusqu’à son origine, on voit aussi que c’est toujours l’humeur sécrétée qu'il charrie. C’est donc entre ces deux systèmes vasculaires, et par conséquent à leur point d’abouchement, que s’est faite Ja conversion du sang dans l’humeur sécrétée, ou autrement la sécrétion. Or, ce lieu d’abouchement est dans l’intimité de l'organe sécréteur. On conçoit que, puisque on n’a pu pénétrer le mode d'union des deux systèmes vasculaires à leur poiut d’abouchement, on ne peut pas pénétrer davantage quel est précisément le lieu où se fait la sécrétion : on ne peut le désigner que d’une manière vague par le mot de parenchyme ou de système capillaire de l’organe sécréteur.
Ainsi, par une action quelconque du parenchyme de l’organe sécréteur, le sang qui pénètre ce parenchyme y-est changé dans l’humeur sécrétée. Mais quelle est cette action de liquelie dépend la sécrétion ? D'abord , elle est moléculaire , ne tombe pas sous les sens ; par conséquent elle ne peut être décrite, et n’est manifestée que par son résultat. Ensuite , l’essence de cette action ne peut pas plus être connue que celle de toute autre : nous ne pouvons dire d’elle que ce que nous avons dit de toutes les autres actions organiques précédemment examinées, savoir ; 10 que l’organe sécréteur n’est pas passif dans cette action de sécrétion » Mais que celle-ci est, au contraire, le fruit de son activité ; 20 que l’action à laquelle se livre cet Organe n’a rien qui ressemble à une action mécanique, physique ou chimique, et conséquemment doit être dite organique et vitale.
Prouvons chacun de ces deux points :
10 L’organe sécréteur n'est pas passif dans l'acte de la écrélion , mais celle-ci est l’effet de son travail. Les faits se Tome ITT. 29
pressent pour juslifier cette première proposition. Si un organe sécréteur est sain et intègre, la sécrétion est ce qu’elle doit être ; si,au contraire, cet organe est malade , la sécrétion est altérée, il suffit d’exciter un organe sécréteur, pour que par suite la sécrétion soit augmentée et modifiée. Jamais un organe sécréteur ne se trouve dans des conditions de structure et de vitalité diverses, sans que la sécrétion ne se montre aussi différente : voyez Les différences des âges, des tempéraments , des idiosyncrasies! Il est certainement hors de toute raison de ne considérer l’organe sécréteurque comme le théâtre de l’action, ilen est de plus l'instrument.
20 L'action de sécrétion est une action vitale. Et, en. effet, on ne peut prouver son analogie avec aucune des actions physiques, chimiques ou mécaniques de la nature : nous allons le montrer, en passant rapidement en revue toutes les hypothèses qu’on a proposées dans cet esprit.
D'abord, en raison de la continuité qui existe entre les excréteurs , et les ramifications du système vasculaire sanguin, continuité prouvée par les injections, on a dit que la sécrétion n’était qu’une filtration mécanique des vaisseaux sanguins dans les vaisseaux sécréteurs, et dépendante d’un rapport entre le calibre des vaisseaux sécréteurs et le volume des divers globules dont est formé le sang. Descartes , par exemple, et les médecins mécaniciens considérèrent les organes sécréteurs comme des cribles; et, selon eux, la sécrétion dépendait des rapports de forme, de grandeur, de figure, qui existaient entre les vaisseaux. sécréteurs d’une part, et les globules des diverses humeurs de l’autre. Cette hypothèse fut appliquée surtout aux OT ganes sécréteurs exhalants, parce qu’en effet, dans ce genre d’organe sécréteur, la continuité entre les vaisseaux sécré=« teurs et sanguins paraît plus grande, et que ces deux genres" de vaisseaux semblent davantage faire suite l’un à l’autre IL est certain , en effet, qu’une injection, poussée dans l’ar- 1 tère d’un organe exhalant, vient sourdre à la surface de cet organe; quelquefois cela arriveausang lui-même, commeon le. voit dans les hémorrhagies. D’après cela, Haller et Malpighi disaient que les exhalations n'étaient qu’une transsudation
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