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DIFFÉRENCES GÉNÉRALES DES SEXES

eau, chaleur, pesanteur de tête, oppression, pouls élevé et fébrile; elle se plaint de douleurs dans les lombes , quelquefois de coliques, phénomènes qui annoncent une congestion locale sur l’utérus, ou au moins une irritation de ce viscère. Alors l'écoulement s’établit ; il ne se fait que goutte à goutte, mais d’une manière continue. Le premier jour, il est fort peu considérable, et même souvent il paraît et disparaît alternativement; le deuxième jour, il est déjà plus abondant; c’est le troisième qu’il est le plus considérable ; et enfin les jours suivants il diminue graduellement, et se termine pour ne reparaître que dans vingt-cinq à vingt-six jours. À mesure que cet écoulement se fait, la femme semble éprouver un soulagement marqué, il lui reste seulement un air de langueur sur le visage. Pendant sa durée, elle a plus d’irritabilité au physique, plus de susceptibilité au moral, et est généralement plus disposée aux plaisirs de l’amour. Le plus souvent l’écoulementest, dansle commencement, moitié séreux , mais bientôt il devient exclusivement sanguin. Souvent, après qu'ilacessé, ilestremplacé pendant quelques jours par un écoulement muqueux, blanchâtre, Sa quantité, pendant toute la durée dela période, est généralement desix à huit onces : Hippocrate disait deux hémines, ou vingt onces. Du reste, nous nedécrivons icique ce qui est le plus ordinaire, car de nombreuses variétés s’observent relativement à la durée, la quantité, les phénomènes précurseurs et concomitants de cet écoulement, ses retours , son invasion, sa disparition , etc. Chez certaines femmes, il ne dure que deux à trois jours; Chez d’autres , il se prolonge pendant huit ou dix. Chez les unes, la quantité de sang qui est excrétée est à peine de deux à trois onces ; chez d’autres, elle est considérable, constitue une véritable hémorrhagie, ce qu’on appelle une perte. Pour cerlaines femmes, la menstruation est facile, exempte de toutes incommodités ; chez d’autres, elle est précédée et accompagnée d'accidents, de coliques, qui en font presque une maladie. Le plus souvent cette excrétion revient après vingi-qualre, vingt-six jours d’interruption ; mais il est des femmes qui sont réglées deux fois par mois. Toutes ces varia-

ons tiennent au degré d’activité de la constitution en gé-

néral , et surtout de l’utérus en particulier, car il est l'agent de cette excrélion.

C’est en effet de la surface interne de la cavité de cet organe que provient le sang menstruel, et non du vagin, comme quelques-uns l'avaient dit. Jadis on croyait que, pendant l’intervalle des règles, le sang qui les constitue se ressemblait peu à peu dans quelques parties de l'utérus; et que celles-ci, arrivées enfin à un certain degré de plénitude, e crevaient et le laissaient couler. Tel était, par exemple, le rôle qu’on faisait jouer, ou à des cellules qu’on disait exister dans le parenchyme de l’utérus, et être intermédiaires

aux artèresetaux veinesutérines; ou aux veines elles-mêmes, |

qui, fort dilatéesalors, avaient paru être des réservoirs parliculiers,etqu’on avait appelées sinus utérins, où,avec Astruc, appendices cœcales. On avait, en ce dernier point, été induit en erreur par l’état de grossesse , les veines de l'utérus offrant alors une très grande dilatation , comme nous le di-

rons. Mais cette idée d’une accumulation graduelle dans l'utérus, dans l'intervalle des règles, du sang qui doit les.

constituer, et celle qui attribue l'écoulement de ce fluide à la crevasse, à la rupture des cavités, des vaisseaux où il se serait accumulé , sont également fausses. D’un côté , ce n'est qu’au moment dela menstruation que le sang qui doit alimenter cette sécrélion afllue en plus grande abondance dans

le viscère qui doit l’effectuer, et , d'autre part, c’est par exhalation que ce sang est rejeté. Qu'on examine la surface in-.

terne de l'utérus chez une femme morte à l’époque des règles , on n’y peut découvrir aucune trace d’érosion et de rupture; on n’en voit pas davantage après avoir lavé l’utérus, lavoir fait macérer, et en l’examinant au microscope. Si l’écoulement tenait à ces prétendues crevasses, il ne cesserait que lorsque ces crevasses se seraient cicalrisées ; alors on devrait trouver à la surface interne de l’utérus des traces de ces cicatrices; cet organe en devrait être criblé.

\ € dit lle »c Nous avons dit, d’ailleurs, que souvent dans une mème

. , 7 ; * à À journee , l'écoulement tour-à-tour s'interrompt et reparaîl,; Lre) € i a] ? » * r 2 L) D et ce fait ne peul s’accorder avec la cause mécanique qu'on avait supposée. La menstruation est une sécrétion du

| DIFFÉRENCES GÉNÉRALES DES SEXES. 47 genre des exhalations, effectuée par la surface interne de l'utérus, et qui n’est distincte des autres qu’en ce que son produit est du sang même. On avait voulu faire provenir celui-ci des veines ; on arguait de l’analogie des hémorrhoïdes ; de la couleur noire du sang menstruel, du gonflement des veines de lutérus dans le moment de la menstruation : mais toutes les sécrétions étant alimentées par le sang artériel, et la menstruation étant évidemment une action de ce genre, c’est des artères qu’on fait provenir aujourd’hui le sang qu’elle excrète. D'ailleurs, une injection poussée dans les artères de l’utérus transsude avec facilité à la surface interne de cet organe. Nous admettons donc que les artères de l’utérus se terminent à la surface interne de cet organe par un appareil exhalant qui, à de certaines époques du mois, acquiert la propriété d’agir, et alors perspire , ou le sang lui-même, ou ce sang un peu modifié , mais conservant sa couleur ronge. Ne voit-on pas de semblables hémorrhagies se faire souvent par les autres membranes muqueuses du corps? On dira peut-être que M. Chaussier nie Pexistence de la muqueuse utérine; mais il n’y a pas plus de difliculté à concevoir que c’est le parenchyme même de Vorgane qui, à la surface interne de sa cavité, effectue Vexhaiation : n’y a-tl pas aussi des hémorrhagies dans les parenchymes? 11 est certain que la menstruation est un symbole parfait de toutes les hémorrhagies médicales; il \ a de mème, irritation préalable de l'organe qui en est le Siége , tuméfaction, sensibilité de l'utérus , gonflement des Vaisseaux utérins ; l’écoulement semble être comme la crise de la congestion ; il procure du soulagement; l'unique différence, c’est que la congestion entrait dans le plan de santé, et se renouvelle périodiquement chaque mois. Véritable phénomène organique , cette menstrualion se montre dépendante de toutes les irritations externes et internes, et sa susceptibilité à être modifiée, perturbée, par ces irritations , est extrême.

On a beaucoup cherché Ja cause de la périodicité de la Menstruation. 10 Comme ses intervalles ont précisément la durée des révolutions de la lune autour de la terre, Méad

et autres ont voulu la rapporter à linfluence de cette planète: mais alors les règles devraient correspondre à une des phases du cours de la lune, et cela n’est pas. 20 Van Helmont, Paracelse, ont accusé la présence d’un ferment dans l'utérus; mais d’où viendrait ce ferment, comment se re-, nouvellerait-il ? ne rongerait-il pas l’utérus dans les longues suppressions des menstrues ? qui la vu? une cause aussi, constante pourrait-elle ne produire qu'un phénomène aussi | mobile ? cette hypothèse ne touche pas à la difficulté, car! il faudrait expliquer pourquoi le ferment se renouvelle à! chaque mois, ou n’agitqu’à ces époques. 3° Nous ne pouvons; nous contenter de l’opinion de Stahl, qui en appelle à l'ame, et qui dit que cet être, universellement régulateur de notre} économie, travaille auxtempsopportuns à fairedébarrasser la! femme d’un superflu qui la surcharge. 40 On a accuséun état: de pléthore générale, amenant à un certain degré , et à un! degré qui est acquis à une époque régulière , nne excrétion qui y remédie : on s’est fondé sur ce que souvent ies menss} trues sont utilement , pour la santé, remplacées par un! écoulement qui se fait par d’autres voies. Il est certain qu'on a vu des hémorrhagies par divers points de la peaus; par l’angle de l’œil , par les narines, les lèvres, les oreilless} des vomissements de sang, etc. remplacer les règles et sel renouveler aux mêmes époques et avec la même régularités: Alors il faudrait admettre que , chez la femme, à cause du double office de mère et de nourrice qu’elle a à remplir, lesi mouvements vilaux sont réglés de manière à amener de! mois en mois cette pléthore. 50 Enfin, on a rapporté le res: tour des règles à une pléthore locale de l'utérus : les ars: tères du bassin sont, a-t-on dit, plus lâches dans la femme que dans l’homme; les veines, au contraires, sont plus: fermes ; et de là résulte que les premiers de ces vaisseaux apportent plus de sang que les seconds n’en remportent. Oni a dit encore que, tandis que chez l’homme il y avait prédo: minance des artères céphaliques , à cause de la plus grande prédisposition de cet être à une vie intellectuelle, il yavait chez la femme prédominance des artères pelvrennes el utérines, à cause de sa destination plus spéciale à la reprodue-

DIFFÉRENCES GÉNÉRALES DES SEXES. 49 tion. Il est certain que c’est un état de phéthore , ou plutôt d’iritation de l'utérus, qui détermine le retour des règles; mais il n’est pas plus possible de dire pourquoi cette drritation se renouvelle tous les mois > que d'expliquer pourquoi dans la révolution des âges Ja prédominance de tel organe succède à celle de tel autre. Cela tuent, sans contredit, au caractère de vitalité de l'utérus, et à son office pour la reproduction, car l'écoulement menstruel généralement n’a plus lieu pendant la grossesse et l'allaitement: mais il n’est pas possible d’aller au-delà de cette généralité. Cependant M. Gall croit qu’une cause générale et étrangère à Pindividu, mais autre que la lune, a ici une influence : il dit avoir vérifié dans sa nombreuse pratique , et cela dans tous les pays, que c’est généralement aux mêmes époques que toutes les femmes sont réglées, et qu'il est des temps du mois Où, par conséquent, aucunes ne le sont; il ajoute que toutes les femmes sont, à cet égard, partagées en deux sémes , une de celles qui sont réglées dans les huit premiers jours du mois, et une autre de celles qui le sont dans ceux de la seconde quinzaine; mais il ne peut indiquer quelle est cette cause.

Toutefois, la menstruation étant une action d’exhalation

de l'utérus, on concoit que la quantité et la qualité du sang rejelé doivent être en raison de la vitalité de ce viscère ; souvent des femmes pâles perdent plus que des femmes colorées et qui paraissent sanguines et fortes, parce que Vétat de utérus a plus d'influence ici que l’état de la constitution générale. {l est difficile de dire si Le sang rejeté est du sang artériel pur, ou du sang un peu modifié par lactionexhalante qui en produit l’excrétion : ce qu'il ya de sûr, c’est qu'il n’a aucune des qualités vénéneuses que Îles Anciens lui avaient attribuées. Son excrétion s’accomplit mécaniquement, par le fait seul de la disposition des parties.

IL paraît évident que cette excrélion a trait à la génération , car elle ne commence qu’à la puberté, elle disparaît à l’âge critique, et elle manque pendant Ja grossesse et l’allaitement ; mais on ne sait en quoi elle y sert. On dit vul-

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