‹ Physiologie de l'homme (volume 2)Chapitre 7 sur 97 · Tome IV · texte numérisé non relu

Tome IV

41 FONCTION DE LA GÉNÉRATION. ps de petites capsules qui contien nent; dans leur Eee 7 le véritable principe fécondant, qui estd’une subtilité ex= trême, de même les prétendus animalcules spermatiques sont des tubes qui contiennent le véritable sperme, et que les mouvemeñts qu’on à remarqués en eux sont dus : Ja rupture de ces tubes , à leur explosion ; il po à lap= pui de cette opinion, l’exemple des Sèches, chez lesquels le sperme parait présenter une semblable disposition. bé sperme étant chargé de vivifier un germe, ou peut-etre de concourir à sa formation, est sans comiredit à ce double titre un des premiers fluides de l’économie ; et, à cause de cela, plusieurs physiologistes l'ont dit formé des matériaux les plus animalisés du corps, de ceux-là même qui en forment le rouage suprême , le système nerveux.

Nous reviendrons sur toutes ces opinions , en traitant du mécanisme de la génération , et particulièrement nous dirons que MM. Prévost et Dumas de Genève, dont l’habileté dans l’emploi du microscope est bien connue, ont retrouvé, avec cet instrument, les animalcules spermatiques dans le sperme de tous les mammifères , oiseaux et reptiles, sur lesquels ils ont expérimenté, lapin, cochon d'Inde, hérisson , chat, chien, putois, cheval, souris blanche, bélier, bouc, coq, canard, moineau, vipère, grenouille, salamandre , etc.

Quant à la quantité du sperme, elle n’est pas apprécia= ble. Probablement elle est peu considérable, à juger par la’ petitesse des testicules, par celle de l’artèrespermatique, la ténuité des conduits séminifères , l’intermittence de la foncüon de génération, la petite quantité de sperme qui est pro jeté à chaque coït , la promptitude avec laquelle la souree de ce fluide est tarie, quand on en renouvelle plusieurs fois de suite l'émission. Elle doit varier selon chaque tempéra ment, chacun ayant sous ce rapport sa mesure, et selon l’emploi qu’on fait de la fonction.

II, Appareil de Copulation.

… L'appareil de copulation comprend le pénis , ou la verge, organe cylindroïde , alongé, érectile, formédedeux parties principales, le corps caverneux , et le canal de l’urèthre. a 10 Le corps caverneux est une partie essentiellement for- -mée de tissu érectile, et qui détermirie presque à elle seule le volume et la longueur du pénis. Il commence par deux racines alongées en pointe, longues de deux pouces, et at- ‘tachées aux branches des Fe et pubis, au-dessus des tubérosités ischiatiques : ces deux racines bientôt se rap- Drochent pour former une grosse masse qui se prolonge jusqu'au gland, et au-dessous de laquelle est Puréthre. Il est composé d’une membrane extérieure qui en détermine la forme, et d’un üssu spongieux intérieur. La première est d’un blanc opaque, évidemment fibreuse et fort épaisse; son épaisseur cependant n’est pas égale partout; elle est moindre aux racines, sous le gland , et à la gouttière infé- mieure dans laquelle est logée l’urèthre. Percée de trous, par lesquels passent les nerfs et vaisseaux qui vont au pa- renchyme intérieur, elle détache intérieurement des pro- Jongements qui servent d'appui à ce parenchyme : quelquesuns de ces prolongements forment comme une cloison médiane, qui semble partager en deux le corps caverneux, surtout en arrière. Le Uissu intérieur a pour éléments, les ra- “Mifications d’une artère dite caverneuse provenant de la branche supérieure de la honteuse interne, celles d’une veine portant le même nom, et probablement des nerfs, “bien, que l’anatomie n'ait pu les poursuivre jusque là; le tout est soutenu par les brides qu’a déiachées la membrane externe. Les anatomistes ne sont pas d'accord sur ce qu’il est réeliement. Les unsle font consister en cellules, en spongio- sités, sur Jes lames desquelles se terminent les pros de l’artère et de la veine caverneuses , celles des nerfs, dans lesquelles le sang est épanché, infiitré. Les autres , avec plus de raison, dus qu'il consiste en un lacis d’ar- | Role et de veinules , soutenues par les lames de la mern-

LA

2 Eh

xterne, entrelacées entre elles à Ja manière des ré-

brane e que les vei-

seaux capillaires , mais avec ce trait de plus,

nules, aulieu d’être capillairesen ce lacis, y ont plus d’am-

pleur, y forment des renflements très extensibles, et des plexus mille fois anastomosés entre eux. On verra, en eflet, que ce n’est pas dans des cellules, mais dans les vaisseaux du corps caverneux, dans les veines surtout, qu’afllue le sang dans l'érection. Si on injecte l'artère caverneuse, la matière remplit d’abord les ramifications de cette artère, puis

le plexus veineux intérieur qui constitue le Corps caver-.

neux, et enfin elle revient par la veine caverneuse, après avoir produit l'érection. Le même effet estobtenu plus facilement encore, en injectant la veine caverneuse. Enfin , si on insuflle de l’air dans ce qu’on supposait les cellules du

corps caverneux, €t que nous disons avec Béclard n’être

que des racines larges de veines formant un plexus compliqué, on voit cet air pénétrer dans la veine caverneuse. 20 Le canal de l’urèthre a déjà été décrit à l’article de Ja sécrétion urinaire. Nous avons dit que, dans sa longueur, on lui distinguait trois parties : la portion prostatique, la portion membraneuse et la portion spongieuse. Dans la pre- . se voit en arrière, sur la ligne médiane , une saillie ) longue , appelée vérumontanum , et qui offre à sa surface les orifices des canaux de la prostate, en avant ceux

des glandes de Cowper, et sur les côtés ceux des canaux

éjaculateurs. La portion spongieuse de l’urèthre est, en

quelque sorte, la e qui ‘u itué quelq , la seule qui fasse partie de la verge : située !

dans la gouttière que présente à sa partie inférieure le <orps cayerneux , elle se termine en avant par ce qu’on appelle le gland. Le gland , en effet, ne dépend pas du corps

caverneux, uné portion de la membrane externe de celui-ci

l'en sépare ; aussi, les érections de ces deux parties se font souvent isolément, et les injections du corps cayerneux de l’une ne pénètrent pas dans le corps caverneux de l'autre. Ce gland semble être la terminaison, sous forme de bourgeon , du tissu érectile qui enveloppe cette troisième partie de l’urèthre. L’urèthre étant dans l'espèce

humaine le canal excréteur ge | éteur du sperme , aussi-bien que celui

APPAREIL GÉNITAL DE L'HOMME. 21 de lPurine, el ce sperme devant être porté profondément dans les parties de Ia femme, la nature a dû placer ce canal excréteur au milieu du corps caverneüx , parce que celui-ci est seul susceptible d'acquérir par l'érection toute Ja roideur que réclame un tel office. Cela est si vrai, qu’en quelques animaux ce corps caverneux contient dans son épaisseur un os. C’est pour la même raison que cet urèthre est dans sa partie spongieuse enveloppé d’une masse de tissu

érectile , analogue à celui qui forme le corps caverneux, et limité de même par une membrane extérieure propre. C’est un prolongement de ce tissu érectile qui forme le gland, cependant avec quelques différences; le tissu spongieux intérieur du gland est plus considérable, plus ténu, plus ferme, moins abreuvé de sang ; sa membrane extérienre-est plusfi ne. et offre à sa surface un épanouissement de papilles nerveuses, qui sont, lors de l’accomplissement de la fonction , le siége d’une sensation tactile très voluptueuse. Nous avons indiqué la texture de lurèthre : ce canal est tapissé intérieurement par une membrane muqueuse, plissée sur elle-même dans le sens de sa longueur, et garnie de beaucoup de petits trous, qui sont les orifices de conduits obliques , placés dans son épaisseur, et qu’on appelle lacunes, ou sinus de Morgagni. Immédiatement avant des’ouvrir au dehors , il présente une dilatation assez prononcée , appelée. fosse naviculaire.

Ces deux parties constiluantes du pénis sont recouvertes. par la peau, qui forme vers le gland un repli particulier ap- pelé prépuce. Le tissu cellulaire qui sert de moyen d’union.

est lâche , et ne se laisse jamais pénétrer par de la graisse. Un Lo. fibreux , appelé ligament supérieur de la verge. étendu de la ième du pubis au corps caverneux, dans le vide que laissent les deux racines de celui-ci, soutient tout l'organe. Nous terminerons cette description de l’organe de copulation , en mentionnant quelques museles déjà décrits, mais que nous verrons agir dans l’acte de la copulation , et lors de l’émission du sperme ; savoir : le releveur de anus, le sphincter de l’anus, le transverse du périnée, que nous avons décrits avec le rectum , et surtout les bulbo et

« AT Q \ y 2 9 J iskio-caverneux, dont il a été question à J'’article de lurêthre. ALL

ARTICLE If.

De l’appareil génital de la femme.

La femme, dans l’acte de la reproduction, remplit un plus grand nombre d’oflices que l’homme; elle fournit le germe ou l’œuf; en elle est le réservoir dans lequel ce germe subit ses premiers développements ; enfin , elle allaite après sa naissance l'individu nouveau. Les parties qui composent son appareil génital sont donc plus nombreuses, et nous les rapportons à quatre groupes, savoir : l'appareil de germiftcation, celui de gestation ou grossesse, celui de copulation , et celui d'allaitement. Fe

$ Ier. Appareil de Gertnification.

Cet appareil, qui produit le germe, l’œuf, en un mot ce que fournit la femme dans la génération , est pair, et se compose des ovaires, et de leurs canaux excréteurs, qu’on appelle les trompes.

10 Les ovaires sont deux corps ovoïdes , d’un rouge pâle, -

rugueux et comme bosselés à leur surface, de la grosseur à!

peu près des testicules, ayant six à huit lignes de longueur.

sur trois de largeur et d'épaisseur, du poids d’un gros et.

demi à deux gros, et situés dans le petit bassin, dans la duplicature d’un répli du péritoine, appelé ligament large de la matrice , de chaque côté de cet organe. Long-temps ils furent considérés comme des glandes, et appelés les testicules de la femme; mais le nom d’ovaires leur a été donné dans le dernier siècle, parce qu’on les regarda comme fournissant les œufs, desquels, dans ce temps, on fit provenir toute génération. Si leur structure ne donne pas une démonstration absolue de cette dernière Opinion , au moins est-il sûr quelle diffère de celle des testicules. Leurs éléments composants sont : 10 l'artère spermatique, qui, ana-

logue de celle qui se rend au testicule chez l’homme. se dis=

| APPAREIL GÉNITAL DE LA FEMME. 23 twibue pour la plus grande partie à lovaire, et donne aussi quelques canaux à la trompe, et aux parties latérales de l’utérus ; 20 la veine spermatique, dont les ramifications forment aussi dans l’intérieur, et à la surface de lovaire, un plexus, dont plusieurs branches s’anastomosent avec des veines de l'utérus et de la trompe; 3° des vaisseaux lymphatiques ; 4° des nerfs fournis par les plexus rénaux. Il faut y ajouter, outre le repli péritonéal dans lequel ces organes sont situés, une membrane qui leur est propre, qui les enveloppe, et qui, blanche, compacte, adhère assez à leur parenchyme. Celui-ci, formé par ces divers éléments, est mou, spongieux, et paraît composé de lobules celluleux et vasculaires, grisâtres, gorgés de beaucoup de fluide ; etentre lesquels sont de petites vésicules qu’on a supposées être les germes, les œufs. Ces vésicules transparentes sont formées d’une membrane très fine, dans laquelle est renfermé un fluide visqueux, jaunàtre ou rougeâtre , dans lequel on ne peut rien voir de solide : autour d’eiles, les ramifications vasculaires sont plus nombreuses et plus déliées. Le nombre de ces vésicules est de quinze à vingt, dit Haller, dans chaque ovaire ; les plus superficielles sont grosses comme un grain de chenevis ; celles qui sont situées plus profondément ont le volume d’un grain de milieu. | Les ovaires sont un peu mobiles dans la cavité du bassin ; cependant, outre le repli péritonéal dans lequel ils sont placés, ils sont encore fixés à leur extrémité interne, par ce . qi’on appelle le ligament de l'ovaire, et, à leur extrémité externe, par une des languettes du pavillon de la trompe. Le ligament de l'ovaire est un pelit cordon filamenteux, long d’un pouce et demi, qui, de l'ovaire, va s'attacher à Putérus, derrière la trompe; les Anciens le croyaient creux, et destiné à excréter le sperme qu’ils supposaient fourni par l'ovaire; mais il est tout solide, et c’est la trompe qui est le canal excréteur de cet organe.

Nous verrons que les ovaires, quelle que soit la matière qu'ils fournissent dans la génération, sont certainement les parties de l'appareil génital de la femme desquelles provien- . nent les éléments de l’individu nouveau.

20 Les trompes, dites de Fallope, sont deux conduits cOniques, tortueux, vermiformes, longs de quatre à ss pou ces , situés dans le même ligament large qui contient l’ovaire, et étendus depuis cet ovaire ; auquel ils adhèrent PArMies des franges qui les terminent de ce côté, jusqu’à 1 utérus, auquel ils sont continus, et dans la cavité duquel ils aboutissent. Parce qu'ils s’abouchent dans l’utérus, on les a rapportés à cet organe, et appelés trompes utérines ; mais c’est à tort, ils sont des dépendances de l'ovaire, ils en sont les véritables canaux excréteurs, à tel point qu’en beaucoup d'animaux ils lui sont continus. Du côté de l’utérus, leur calibre est fort étroit, et tel qu’à peine une soie y pénètre ; mais vers leur milieu, ce calibre s’élargit pour se rétrécir de nouveau au-delà; et enfin, du côté de l'ovaire, ils se terminent par une surface évasée , qu’on appeile le pavillon de la trompe. Ce pavillon est découpé en plusieurs franges, dont une plus longue adhère à l'extrémité externe de l’ovaire ; sa surface est dirigée en arrière. Ainsi , les trompes, d’un côté, communiquent avec la cavité de l’utérus, et de l’autre, présentent une ouverture béante dans la cavité de l'abdomen. Dans leur structure, on remarque, outre l’enveloppe séreuse que leur forme le ligament large : 10 intérieurement une membrane muqueuse qui les tapisse, qui est molle, villeuse, et offre plusieurs

plis longitudinaux ; 20 extérieurement une couc

he de tissu spongieux, érectile , analogue à celui du corps caverneux du pénis. Quelques-uns veulent qu’il y ait quelques fibres musculaires , Surtout dans ies franges du pavillon. Santorini dit que,

chez les femmes robustes , la membrane moyenne des tr

om pes offre deux couches musculeuses, une externe , dont les fibres sont longi-

tudinales , et une interne, dont les fibres sont circulaires.

Ç II. Appareil de Gestation ou de Grosse

SSe, S

L'appareil de gestation comprend un

r'us où la matrice, viscèr

et à lui donner asile dep z LI . ° qu à celui de la nalssanc

seul organe , l’utée creux, destiné à recevoir le fœtus uis le moment de la conception juse. Cet organe, situé dans le bassin ;

APPAREIL GÉNITAL DE LA FEMME. 25 entre la vessie qui est en avant, le rectum qui est en arrière, au-dessous des circonvolutions inférieures de l’intestin grêie, a& la forme d’un conoïde aplâti sur ses deux faces opposées , arrondi à sa base, qui esten haut, et tronqué à son sommet, quiesten bas. Son volume est fort petit; sa longueur n’est que de deux pouces et demi, sa largeur d’un pouce et demi à son fond, et de dix lignes à son col, son épaisseur d’un pouce. On lui distingue trois parties : son fond, son corps, et son col. Le fond est sa partie supérieure, celle qui est au-dessus de l’insertion des trompes. Le corps est celle qui, du point auquel s’insèrent les trompes , s'étend jusqu’au col. Enfin, le col en est la partie inférieure , celle qui, ré- Wécie, fait saillie dans le vagin par une ouverture. L’organe, dans son ensemble, est pyriforme, a la figure d’un triangle aplati de devant en arrière, et dont la base est en haut. À chacun des deux angles su périeurs se voient les ernbouchures des trompes, les attaches des ligaments de l’ovaire , et d’un autre ligament appelé le Zsament rond, dont nous parlerons ci-après. L'angle inférieur est formé par le col, qui fait dans le vagin une saillie de quatre à cinq ligues, et s’y lermine par une fente située en travers, appelée museau de tanche, ou orifice vaginal de l'utérus. Cette ouverture est bornée par deux lèvres, qui sont lisses et arrondies chez les femmes qui n’ont pas eu d'enfants, crevassées et rugueuses chez celles qui ont été mères, et dont l’antémeure est toujours un peu pius épaisse que la postérieure : longue de trois à cinq lignes , elle est généralement toujours béante, surtout chez les femmes qui ont fait des enfants.

. La cavité intérieure de cet organe est fort petite, relativement à son volume et à l'épaisseur de ses parois; ceux-ci même se touchent presque. On la partage en celle du corps et celle du col. La première est triangulaire ; à ses angles supérieurs aboutissent les embouchures des trompes ; et en avant et en arrière, elle offre sur la ligne médiane une espèce de raphé qui accuse sa disposition symétrique. La seonde est alongée , ressemble davantage à un canal; plus 4 dans son milieu, elle offre du côté du corps de l'utérus ine ouverture qu’on appelle lorifice interne de l'utérus, et

à son autre extrémité, l’orifice vaginal, que nous avons décrit : on voit aussi sur ses faces antérieure el postérieure la trace du raphé, et quelques rides transversales à peine sen sibles. Toute cette surface est couverte de villosités très fines, et offre les orilices de quelques cryptes muquensess L'organisation de Putérus est surtout cë qu 1l nous importe de connaître. La plupart des analomistes Je den formé de deux parties, une membrane muqueuse à Î intérieur, el un tissu propre qui en constitue la substance prin= cipale. 10 La première est dite un prolongement de celle qui tapisse le vagin; elle est très mince, rouge dans Ja cavité du corps, blanche dans celle du col, et a la texture propre à ce genre de membrane. M. Chaussier en nie l’existence : ayant fait macérer l’utérus avec une partie du vagin dans de l’eau, du vinaigre, des liqueurs alkalines; ayant soumis ces parties à une ébullition prolongée, il a toujours vu que la muqueuse du vagin s’arrétait au bord de l’orifice de l'utérus, et ne se prolongeait pas au-delà. M. Ribes pense de même; et madame Boivin, auteur de dissections délicates sur la structure de Putérus pendant la grossesse, dissections dont nous parlerons ci-après, dit anssi avoir vu nettement la muqueuse vaginalese terminer par de petits plis expansibies, et par une sorte de prépuce sous Ja ièvre anté= rieure du museau de tanche. Dès lors, la surface interne de l'utérus serait formée par le même tissu propre qui en constitue la substance principale. 20 Celui-ci, dense, com=. pact, serré, difficile à couper, semble, par sa couleur, sa résistance , son élasticité, se rapprocher du cartilage : c’est une substance blanchätre, homogène, parsemée de beaucoup de petits vaisseaux, dans laquelle il est difhcile de signaler des fibres à direction distinete, et dont la nature: organique n’est pas moins difficile à caractériser. Cependant, à juger par ce que devient ce tissu lors de la grossesse, par la puissante force de contraction qu'il exerce dans l’accou® chement, on peut croire qu’il est de nature musculeuse, où du moins qu’il est apte à revêtir cet état. Nous ren voyons À l’histoire de la grossesse l'indication des différents faisceau* musculeux que les anatomistes ont spécifiés eu lui, lors de

‘ APPAREIL GÉNITAL DE LA FEMME, 33 ce grand changement. Toutefois, il forme à lui seul les parois de l’organe, qui ont de six à quinze lignes d’épaisseur : il est moins dense et plus gris au corps qu’au col. Ses éléments sont des artères, des veines , des vaisseaux lymphatiques , et des nerfs. Les artères proviennent de deux sources, des spermatiques, qui se distribuent surtout au fond de l'organe , et vers le lieu où s’abouchent les trompes, et des bypogastriques, qui se distribuent surtout au corps et au col : leurs branches principales, faciles à apercevoir sous le péritoine qui recouvre l’organe, sont très flexueuses, fré- Quemment anas{omosées entre elles, et leurs ramifications se perdent profondément dans le tissu du viscère et jusqu’à sa surface interne. Les veines se rendent aussi, en partie dans les spermatiques, et en partie dans Les hypogastriques ; leur disposition dans l’utérus est la même que celle des artères , sinon qu’elles sont plus flexueuses encore, et que se dilatant beaucoup lors de la grossesse, elles forment alors ce qu’on a appelé les sinus utérins. Lies nerfs enfin dérivent, les uns du grand sympathique, les autres des paires sacrées. Toute cette description re s'applique qu’à Putérus vide et hors l’état de grossesse ; nous renvoyons à cet article lindication des changements importants qui se font alors en ce viscère.

L’utérus est maintenu de champ dans le bassin par le ligament large de la matrice, et par d’autres faisceaux semblables silués en avant et en arrière de lux. 10 Le ligament large de la matrice est une dépendance du péritoine, cette membrane séreuse qui tapisse l’abdomen, et se réfléchit sur la plupart des viscères qui y sont contenus : recouvrant les faces antérieure, postérieure et le fond de l'utérus, cé repli semble partager perpendiculairement le bassin en deux cavités, une antérieure où est la vessie, et une posté- Mieure où est le rectum ; dans sa duplicature se trouve l’o- Yaire, la trompe et le fond de l'utérus ; il soutient tous ces organes. 20 Quatre autres replis au péritoine ,étendus, deux en avant entre l’utérus et la vessie, deux en arrière vntre le rectum et l’utérus, concourent aussi à fixer cet or- &ne, et sont appelés ses ligaments antérieurs et postérieurs.

30 Enfin, de la partie latérale, supérieure et antérieure de: l'utérus, au-devant et au-dessous de l’insertion des trompes, part de chaque côté un cordon qui, se dirigeant vers: l’anneau inguinal, le traverse et va se perdre dans le tissu. cellulaire des aines ; c’est ce qu’on appelle le ligament rond de la matrice,ou cordon sus-pubien. Ce cordon, blanchâtre,. assez dense, est formé par un assemblage de Vaisseaux | flexueux tant sanguins que lymphatiques, de nerfs et de fibres longitudinales, que long-temps on crut musculeuses, mais qui ne paraissent être que du tissu cellulaire condensé. On lui a attribué beaucoup d’usages évidemment, bypothétiques , comme de fournir de l’air au fœtus, de li= vrer passage au sperme; de transmettre, lors de la grossesse, aux vaisseaux fémoraux une partie du sang qui sur= charge la matrice; de rapprocher l’utérus des parties extérieures lors de l’accomplissement de la génération, etc. 1 est probable qu’il sert seulement , ainsi que les autres ligaments que nous venons de décrire, à assurer la situation! de la matrice. Meckel admet que ces divers ligaments con tiennent, entre les divers feuillets qui les constituent, des fibres musculaires plus ou moins prononcées, qui partent du bord latéral de la matrice. à |

6 IIT. Æppareil de Copulation. ji

L'appareil de copulation consiste en un canal, d’un: côté communiquant au dehors par une ouverture appelée vulve, étendu d’autre part jusqu’à l’utérus dont il embrasse | le col, et destiné à recevoir le pénis. Ce canal, vasculo+ membraneux , appelé vagin où vulvo-utérin,a une longueur de cinq à six pouces, un calibre d’un pouce. Situé dans le peut bassin entre la vessie en avant, et le rectum en ar: rière , il a une direction oblique de bas en haut et de devant en arrière. Il diffère en ceci de ce qu'il est chez Jes animaux, dans lesquels il se dirige dans l’axe même de l'abdomen, ce qui donne plus de facilité à l’accouchement. Son inté= Sn

g s en haut, plus nombreuses ct

APPAREIL GÉNITAL DE LA FEMME. 29 plus saillantes en bas. Ces rides ne sont pas passagères comme celle que l’on voit à la surface des autres membranes muqueuses; mais elles ne s’effacent qu'avec l’âge, et consécutivement à de fréquentes approches et à de nombreux accouchements. Le vagin, dans son organisation, présente : 10 intérieurement une membrane muqueuse, rouge et vérmeille en bas, plus grise en haut, plus épaisse extérieurement que profondément , revêtue évidemment d’un épiderme, offrant les rides dont nous avons parlé tout à l'heure, et parsemée de cryptes muqueux extrêmement nombreux ; 2° en dehors , une membrane cellulense assez dense : 30 entre ces deux membranes, une couche de tissu érectile, d'autant plus épaisse qu’on approche plus de la vulve, se prolongeant cependant jusqu’à l’utérus; 4° enfin, en haut, une dépendance du péritoine. Sur les côtés est un muscle dit constricteur du vagin, anneau charnu formé de deux plans de fibres, qui, partant de la membrane fibreuse du chitoris, contournent le vagin, et vont se confondre avec celles du transverse du périnée et du sphineter de la vulve. : Près de l’ouverture externe du vagin ou de la vulve, se trouve une membrane appelée hymen, de forme semilunaire, parabolique ou circulaire, et qui semble destinée à empêcher l'entrée dans le vagin, mais sans clore tout-àfait ce canal. Cette membrane, dont à tort l’existence a été long-temps contestée, mais dont l'intégrité ou l’absence sont des signes équivoques de virginité, se déchire dans les premières approches; et alors on trouve à sa place de petits tubercules rougeâtres, arrondis ou aplatis, dont le nombre varie de deux à six, et qu'on appelle caroncules myrtiformes ; on considère ces tubercules comme étant ses débris. L'ouverture , dite vulve, est bordée de deux replis appelés grandes lèvres, dont l’organisation nous offre, de dedans en dehors, une couche muqueuse, prolongement de la muqueuse vaginale ; une couche musculeuse formée par un muscie qui circonscrit l’ouverture de la vulve, et appelé muscle sphincter de la vulve ; une couche de tissu érectile; tenfin une couche de peau garnie de follicules et de poils. A leur commissure supérieure , est un organe ressemblant

au pénis, appelé clitoris. Ce clitoris, en eflet, est également formé par un corps caverneux, € terminé en avant par un gland que recouvre un prépuce formé aux dépens de la muqueuse vaginale. Cependant, il y a quelques différences que voici : le clitoris est généralement beaucoup plus petit que le pénis; son corps caverneux est beaucoup plus dense et moins apte à se laisser pénétrer par le sang ; le muscle iskiocayerneux qui entoure ses origines est beaucoup plus petit; enfin l’urèthre ne traverse pas cet organe , mais a son orifice externe au-dessous , à une distance à peu près égale des deux commissures de la vulve. Du prépuce de ce clitoris, qui quelquefois a un volume égal à celui de la verge, s'étendent à la face interne des grandes lèvres, et jusqu’à leur milieu, deux autres replis qu’on appelle les petites lèvres ou nym-

phes, et dont l’organisation est la même que celle des: grandes lèvres. \

$ IV. Appareil de Lactation.

Enfin, l’appareil de lactation se compose des mamelles, glandes situées dans une masse de tissu cellulaire , à la parlie antérieure et supérieure du thorax, dans ce qu'on appelle les seins. Leur nombre, chez les animaux, est généralement en raison de celui des petits. 11 doit nous suffire d'indiquer dans le sein les éléments qui le constituent. 19 Une glande appelée mammaire, est au centre du sein À

,» 1 J 2 plongée dans la masse graisseuse qui forme celui-ci , représentant une espèce de gàteau convexe à surface fort inégale, et appuyé sur le muscle grand pectoral. Le tissu de cette glande résulte de l’assemblage de plusieurs lobes, réunis entre eux par un tissu cellulaire assez dense, et formés de lobules plus petits, qu'on peut eux-mêmes ramener à des granulationsarrondies, d’un blanc rosé ; et du volume d’une > < Ê= #4 Le c Ÿ

de SR pavot. Ces grains glanduleux donnent naissance aa con mits secreteurs , appelés CI lactifères ou galactophores , qui, flexueux , extensibies, transparents, grossissent en se Ne SN les Us dans les autres, mais de manière Ce LP) gs A} . + < 2

fependant que ceux de chaque lobe restent isolés, et ne

APPAREIL GÉNITAL DE LA FEMME. 31 communiquent pas avec ceux d’un autre lobe. Tous enfin se terminent à des sinus placés près de la base du mame- Jon du sein, et qui. au nombre de quinze à dix-huit,

viennent s’ouvrir à son pourtour el à son sommet sans cornmuniquer ensemble. Des artères, des veines, des vaisseaux lymphatiques en grand nombre, et.ua système vasculaire sécréteur sont, avec des nerfs , les éléments de cette glande; mais Haller prétend que le système vasculaire sécréteur, non-seulement communique à son origine avec les dernières ramifications des artères, mais encore pénètre dans le tissu graisseux qui avoisine la glande. 20 Une masse de tissu cellu- Jaire graisseux, dans lequel est plongée la glande, est surtout l'élément auquel le sein doit son volume et sa forme. 3° Enfin, ‘extérieurement est une couche de peau, qui estici très fine, très douce, plus délicate et plus blanche qu'ailleurs, sans rides ni plis. Du milieu du sein s'élève un tubercule qu’on appellele mamelon, qui n’est autre chose qu’une masse de tissu spongieux, érectile, autour de laquelle sont disposés les orifices des conduits excréteurs. À ce mamelon, la peau prend une autre couleur et un autre caractère ; elle forme à l’entour une auréole, de couleur rose dans la jeunesse , d’une couleur plus brune dans un âge plus avancé, etdont le système capillaire est si délicat qu’il rougit, de même que le visage, dans la pudeur et les passions, Des lymphatiques en grand nombre, et surtout des nerfs, entrent dans la structure de ce mamelon; la peau y à un aspect rugueux, dùü à la présence d’un certain nombre de follicules sébacés, destinés à sécréter une mucosité propre à défendre le mamelon de l’action de la salive de l'enfant qui le suce.

Il existe chez l’homme un rudiment de cet appareil ; mais la glande mammaire, très petite, n’y est qu’en vestige ; l’auréole du mamelon est d’une couleur moins vive, moins ruguense , et couverte de poils. Cependant on voit cette glande se gonfler à la puberté; et , dans quelques cas rares, on J’a vu, par la pression , fournir un fluide. M. de Humboldt, dans son Voyage aux régions équinoxiales du nouveau continent, rapporte l’observation d’un homme de’ “trente-deux ans, qui nourrit pendant cinq mois son enfant

39 FONCTION DE LA GÉNÉRATION. | avec un liquide sucré que fournissaient ses seins, el sans lui donner aucun autre aliment. ù

Tels sont les organes génitaux de l’un et l’autre sexe dans l'espèce humaine. Dans cette espèce, pas plus que dans ies animaux supérieurs, jamais ces sexes ne sont réunis sur um même individu. En vain les arts ont supposé des hermaphrodites humains; la nature n’en a jamais présenté, et les | êtres qu’on a considérés comme tels n’étaient que des indi-. vidus difformes, offrant quelque conformation vicieuse des organes génitaux, et qui, loin de pouvoir se reproduire seuls, le plus souvent ne pouvaient remplir la fonction d’aucun sexe. D’après la seule comparaison des organes ,. Galien, Avicenne, avaient dit que les deux sexes ne difléraient que par la situation et le développement, les parties étant extérieures dans l’homme, et intérieures chez ja” femme; dans l’homme, l’utérus étant renversé en dehors, et contenant Îles ovaires ou testicules; dans la femme, ces parties étant rentrées en dedans. Les testicules et les ovaires, comme fournissant la matière par laquellechaque sexe concourt à Ja génération ; les conduits déférents et les trompes de Fallope, comme conducteurs de cette matière: les. vésicules séminales et l’utérus, comme étant les réservoirs où elle est mise en dépôt; enfin, le penis et le vagin ,. comme servant à son élimination, étaient des parties considérées dans chaque sexe comme analogues. Mais lorsque. plus tard le système des ovaristes fut adopté par presque tous les physiologiste, on rejeta cette comparaison; on re-"| garda le sexe femelle comme le principal , et le sexe mälew! comme en étant une dégénération. Aujourd’hui , que les ef-"| forts des zoologistes tendent à ramener toutes les diflérences que présentent les animaux et les organes à l’unité d’organisalion , on est reyenu à l’idée des Anciens, mais mieux conçue, et appuyée sur ce que M. Geoffroy Saint-Hilaire» appelle le principe des connexions : non -seulement on! w'ouve analogie d'organisation entr

re

e les deux sexes, mettant en regard dans chacun les testicules et les Ovair

; es, les épi=.

didymesetles trompes de Fallope

, les angles ou cornes de la”

APPAREIL GENITAL DE LA FEMME. 33 matrice et les canaux déférents , les vésicules séminales et le corps de l'utérus, le pénis et le vagin; mais excore on atieste celte même analogie dans les vivipares et les ovipares. En effet, d’abord M. £mmert a prouvé que les oiseaux , chez lesquels on n’avait trouvé primitivement qu’un seul ovaire, en ont deux, et deux oviductus. Ensuite M. F. Tiédemann a distingué dans cet oviductus trois parties, qu’il a dit des analogues de la trompe de l’utérus et du vagin des mammifères. Enfin, si M. Geoffroy Saint-Hilaire ne trouve dans ces oviductus que deux parües, l’une qui correspond à la trompe, l’autre à la corne de la matrice, cet anatomiste rapporte au corps de la matrice ce qu’on appelle dans les oiseaux la bourse de Fabrius , etau vagin , ce qu’on appelle la bourse de Copulation. IE n’est pas de notre objet de discuter les motifs par lesquels ces savants démontrent la réalité de ces analogies : nous nous arrêterons à une seule, qui tient de plus près à notre sujet, c’est la possibilité de reconnaître dans l’utérus unique de la femme, des ressemblances avec l'utérus bicorne des mammifères. Ce qu’on appelle les angles su périeurs de l’organe dans notre espèce, sont, en effet, les analogues des cornes de l'utérus dans les quadrupèdes; et, ce qui le prouve, c’est que ce sont les mêmes vaisseaux qui se distéibuent aux unes et aux autres. M. Geoffroy Saint- Hilaire pense que les cornes et le corps de la matrice , que d’après l’anatomie humaine on considère comme des dépenlances d’un même organe, en forment deux distincts : l’un, les cornes, éiant alimenté par les artères spermatiques ; autre , le corps , recevant les artères utérines. Tous deux peuvent être, dans les animaux , dans des rapports de déreloppement inverse; et, par exemple , l'espèce humaine et e lapin offrent, sous ce rapport , les deux extrêmes; dans la >uemiére, le corps de l'utérus est très volumineux, et es cornes à peine appréciabies; et dans le lapin, au conraire, le corps de l’utérus est rudimentaire, presque nul, t les cornes très considérables. M. Geoffroy propose même Le donner aux cornes de l’utérus un nom partculier, celui l'aduterum.

2 Tome IV. 3

ARTICLE III

Différences générales des Sexes.

L'homme et la femme ne diffèrent pas seulement par les organes génilaux proprement dits; toutes les autres parties, de leur organisation, quoique analogues, portent l’empreinte de la différence de leur sexe ; il n’est aucun des organés qui leur sont communs, aucune de leurs fonctions, qui ne présentent quelques spécialités. Dans l’exposition que nous avons faite des diverses fonctions qui accomplissent la vie, nous n’avons pas paru faire de distinction en-: tre ces deux êtres: c’est ici le lieu de traiter de leurs différences.

Dans toute la nature vivante , généralement le sexe mâle: se distingue par quelques parties exubérantes, qui man quent, ou sont moindres dans le sexe femelle : on dirait] que celui-ci est comme épuisé, parce qu’il a à créer le germe du nouvel individu , et à fournir à ses premiers développements. Ainsi, dans plusieurs espèces animales, les mâles: seuls offrent des cornes , des crêtes , une crinière , etc. ; ceux des oiseaux, par exemple , sont remarquables par un plus! beau plumage, de plus brillantes couleurs. Or , cela est vrai aussi dans l’espèce humaine; la barbe esl un earactère distinctif de l’homme ; celte partie est à cet être ce que sont ces crêtes, ces panaches, que dans certaines espèces animales présentent exclusivement les mâles. Mais cette pre= mière différence est encore une dépendance en quelque sorte des organes génitaux proprement dits; elle ne se pro= nonce , en eflet, qu'à l’âge auquel ces organes peuvent être mis en jeu; ces parties distinctives des mâles manquent avant l’époque de la puberté; souvent, chez les animaux, elles se détruisent par la vieillesse , ou même chaque année; après la saison des amours ; souvent la castration les fait disparaître.

Arrivons donc à d’autres différences portant sur d’autres points de vue de l’organisation ; et comme dans tout ce que

DIFFÉRENCES GÉNÉRALES DES SEXES. 35 nous avons dit jusqu'ici de la physiologie humaine , Nous avons eu en vue l’homme surtout , faisons ici particulières ment l’histoire de la femme. | … 10 La femme a généralement une stature moins élevée que l’homme, comme cela est presque de toutes les femelles des animaux ; la différence est d’un douzième à peu près. Les parties principales de son corps n'ont pas entre elles les mêmes proportions. La téte est plus petite, plus arrondie ; a face plus courte : le tronc est plus long, et dans le tronc, és lombes et le col surtout; les extrémités inférieures, la >uisse particulièrement, sont au contraire plus courtes; et le cette disposition , il résulte que la moitié du COrps ne orrespond plus, comme chez l’homme, au pubis même, mais au-dessus. Le col, cette enlonne qui est un caractère hstinctif de l’espèce humaine, ayant chez la femme plus le longueur, a par suite chez elle plus de grâce. Le thoraæ moins de hauteur; son diamètre Sterno-vertébral répond mn arrière , non à la neuvième vertèbre dorsale , Mais à la eptième, comme chez l'enfant ; par compensation , ce thoax est un peu plus évasé; la clavicule est, sinon plus lonue, au moins moins courbée , afin de fournir un plus grand : au sein. L’abdomen est plus large, plus ample ei plus allant. La plus grande longueur de la région des lombes, vinte à la plus grande largeur des hanches , rend Ja taille lus svelte. Le bassin a plus de Capacité, afin d’être apte ux fonctions de la grossesse et de lPaccouchement; il est : évasé, plus circulaire , mais a moins de hauteur, et est

us incliné sur le rachis; le pubis est plus bas, le sacrum st plus relevé, et fait plus de saillie en avant; l’arcade du ubis est, plus élevée; les hanches sont plus étendues, les avilés cotyloïdes moins profondes et plus écartées , les fesses Jus saillantes et plus élevées. Aux membres inférieurs, les enoux sont plus gros et un peu tournés en dedans, les jam es plus courtes; les pieds sont petits, et ne forment plus à Sixième partie et demie du Corps, comme cela doit être hez l’homme. Aux membres supérieurs enfin , les épaules

t moins développées ; les bras sont moins longs, mais L gros et plus arrondis ; il en est de même des avant-bras ;

36 FONCTION DE LA GÉNÉRATION. | la main est plus petite, douce, blanche, plus potelée, les doigts sont plus grêles. Quand on étudie la pose générale de la femme, on voit que chez elle la tête, les épaules et le: bassin sont placés plus en arrière ; les fémurs sont plus écartés en haut, et les genoux plus rapprochés; les courbures du rachis sont moins prononcées. Le torse ressemble à une pyramide, dont le bassin est la partie la plus large, et le thorax la partie la plus étroite, disposition inverse de celle qu’on observe dans l’homme ; dans celui-ci, le développez ment semble s’être fait davantage vers la partie supérieure du tronc, tandis que dans la femme il s’est fait plus grandement vers la partie inférieure, le bassin. Le corps de la: femme est aussi plus mince : les os sont plus petits , d’un tissu moins compact; leurs aspérités extérieures font moins de saillies; les muscles sont moins forts, moins prononcés }; aussi le poids totai du corps est-il moindre d’un tiers. Le: tissu cellulaire sous-cutané est plus abondant, il est rempli, d’une graisse plus blanche et plus compacte; un semblable: tissu cellulaire graisseux remplit les intervalles des muscles ÿ, aussi la femme n’offret-elle pas les formes carrées, toreuses: de l’homme ; chez elle, les contours des membres ne sont pas aussi fortementexprimés ; ils sont arrondis, coulants. La peau est plus fine, plus blanche, plus riche en vaisseaux capillaires, et moins couverte de poils; les cheveux; au contraire, sont plus longs, plus fins et plus flexibles : les: ongles sont plus mous, ont une couleur plus rosée. Au vis sage, les muscles sont moins distincts, et fondus dans plus de graisse, ce qui fait que la physionomie des femmes tient plus à l'expression de l’œil et au sourire qu’au jeu des autres traits. Enfin la texture générale de toutes les parties est plus lâche et plus molle. | 20 Si, de cette observation de l’habitude extérieure du corps de la femme, nous passons à l’examen de ses fonctions et si nous comparons ces fonctions avec ce qu’elles sont dang l’homme, nous trouverons des différences aussi importantes: À. Sensibilité. Sans doute le système nerveux est, chez la femme , composé des mêmes parties que chez homme mais certainement ce système offre quelques différences’,

DIFFÉRENCES GÉNÉRALES DES SEXES. 37 puisque, comme on va le voir, la femme présente, dans ses diverses actions sensoriales, quelques particularités. Peutêtre est-il, proportion nellement aux autres systèmes, un peu

“plus volumineux, ou a-t-il intrinsèquement une sensibilité “plus exquise ? au moins, il a d’autres proportions entre ses diverses parties ?

Chez la femme, les sens sont généralement plus délicats, soit que les extrémités nerveuses qui aboutissent à la peau, à Ja langue , à l'œil, etc., soient plus développées, soit qu’eiles

se terminent en papilles moins rigides, plus pulpeuses, plus “aflectibles : tous repoussent des impressions un peu fortes. Voyez la peau; elle est évidemment plus nerveuse , recouverte d’unépiderme plus mince; aussi généralement les femmessont

plus sensibles au froid , recherchent des vêtements plus

doux. Le goût , chez elles, répugne aussi à des saveurs trop

fortes, comme le prouve leur gourmandise, qui est, en géné-

ral, plus raffinée que celle de l’homme. Il en est de même

des autres sens. Le goût pour les parfums et les fleurs n'est-il

pas universel chez les femmes ? et le sens de l’odorat n’est-1l

pas plus pour elles que pour nous une source de jouissances

ou de souflrances ? Leur vuen’est-elle pas promptement bles- “sée d’une lumière trop vive, et leur oreille d’un son trop Mort? Cependant les différences dans les sens sont bien moindres que celles que va nous présenter l’intellect et le moral. | |

Sous ce rapport, en effet, l’homme et la femme diffèrent “beaucoup, et cé point de leur organisation est certainement, après l'appareil génital, celui qui les différencie le

plus. Malheureusement les dissidences des psychologistes

sur les facultés vraiment primitives de notre moral , et l'im-

possibilité dans laquelle sont encore les physiologistes d’in-

diquer les rapports qui existententre la structure du cerveau etle caractère des intelligences, des talents et des aflectiors, ne permettent pas qu'on traite cette matière avec la ri-

gueur et la précision que réclame la science. M. Gall seul , dans son système des organes cérébraux, explique organi- -quément les différences que présente le moral chez la fenime. En établissant que dans ce sexe les organes cérébraux ont

des degrés de développement et d'activité autres que chez l’homme, il se rend compte de sa supériorité sous certains rapports , de son infériorilé sous d’autres, et en général de toutes les particularités de sa psychologie. Mais on a vu que tout en applaudissant aux eflorts de M. Gall, nous avons cru devoir attendre que le temps ait donné sa sanction à sa théorie. Nous sommes done réduits ici à ce que l’observation seule du moral, dans l’un et l’autre sexe, a pu faire constater , et voici en peu de mots ce que nos moralistes ont signalé à cet égard. 10 Généralement les facultés affectives prédominent chez la femme, et les facultés intellectuelles chez l’homme ; c’est ce que prouvent l’observation de l’un et l’autre sexe dans toutes les circonstances de leur vie, leur rôle respectif dans nos sociétés, et ce qui convenait du reste à leur destination. Evidemment, les affections sont ee qui domine dans la vie morale des femmes ; dès leur enfance, elles manifestent la prédominance des sentiments qui doivent successivement les rendre amantes, épouses et mères à aimer, sous quelque titre que ce soit, est la grande affaire de leur vie; les travaux d’esprit y occupent une bien moindre place; et, tandis que ces travaux sont chez l’homme l’objet principal, le plus souvent ils ne sont pour elles que des délassements. Nous lavons déjà dit souvent : l’espèce humaine ne peut vivre sur la terre que par ses efforts; il faut qu'elle en fasse la conquête; mais c’est à l’homme surtout qu'est imposée cette noble tâche; c’est son esprit qui conçoit, son bras qui exécute : la femme, plus faible sous l’un et l’autre rapport, a une autre destination, celle de dispenser à la famille les soins que celle-ci réclame. Combien n’élait-il pas nécessaire dès lors qu’il fût donné à l’un une plus grande force d'esprit, et à l’autre une plus grande délicatesse el vivacité de sentiments ? Les observations ana tomiques de M. Gall confirment la différence première que nous aecusons ici; il a remarqué que Îes femmes avaient généralement la tête plus grosse en arriére, et le front plus étroit; et lon à Vu que-c'est aux parties postérieures du cerveau qu'il rapporte les facultés affectives , et aux parties antérieures les facultés intellectuelles. 20 Le caractère de

DIFFÉRENCES G'NÉRALES DES SEXES. 39 l'esprit des femmes et le genre de talents auquels elles se montrent propres, est en rapport avec ce premier trait que mous venons de signaler dans leur psychologie. Leur esprit est plus fin et gracieux que fort; leur imagination pius riante et vive que profonde; leurs pensées plus faciles et brillantes que justes et étendues; leur intellect plus naturellement s'applique aux objets de leurs affections, et ce m'est qu’alors qu’elles obtiennent quelques succès. Par exemple, dans ce genre de composition littéraire qui a pour objet la peinture des scènes habituelles de la vie, des mou- Vements du cœur humain, dans la composition des romans, elles ont souvent une supériorité que l’homme leur dispute en vain. Elles réussissent aussi, et pour la même raison, dans quelques arts d'agrément, la peinture, la musique. Mais leur esprit n’est pas propre aux hautes conceptions scientifiques. En général, il y a eu très peu de femmes sayantes : celles qui se disent telles, le plus souvent ne sont que ridicules ; et quant à celles qui ont réellement mérité ce titre, elles avaient pour la plupart perdu, même au physique, les attributs qui font le charme de leur sexe, tant il est vrai qu’elles étaient sorties des voies que leur a tracées la nature. En vain dira-i-on que c’est à l’éducation trop souvent futile que reçoivent les femmes, qu’on doit attribuer l’infériorité qu’elles nous présentent; sans doute cette éducation y contribue ; mais c’est surlout à leur nature propre qu'elie est due. La femme, pour parler le langage éloquent de Cabanis, n’est pas plus faite pour figurer dans le lycée ou le portique, que dans le gymnase et Phippodrome ; et sa destination étant de fonder le charme et le lien de la famille, il n’était pas trop de sa vie entière pour les soins si délicats et si multipliés que celle-ci réclame. La femme savante voudrait-elle, dit Cabanis, descendre du haut de son génie, pour veiller à ses enfants , à son ménage * 30 La sensibilité plus exquise que nous avons reconnue dans les sens de la femme se montre aussi dans les facultés de son esprit et de son cœur ; et de là cette plus grande finesse, cette plus grande promptitude dans toutes ses idées, cette plus grande délicatesse dans tous ses sentiments; de là aussi

40 FONCTION DE LA GÉNÉRATION. 108 sa susceptibilité à des impressions que l’homme aperçoit à peine ; sa disposition à tout porter à Ï extrême dans le mal comme dans le bien; le caractère passionné qu’elle imprime à tout ce qu’elle dit, à tout ce qu’elle fait. Dans cette excessive impressionnabilité qui est propre aux femmes, et que ré clamait aussi leur destination particulière dans la société humaine, git la source de leur active bienveillance, de cet élan sympathique qui en fait les êtres les plus accessibles à la pitié, les plus capables d’un héroïque dévouement; la facilité qu'elles ont à partager les sentiments, les opinions, les manières des personnes avec lesquelles elles vivent; leur tendance à l’imitation, etc. 40 Enfin, un dernier trait de la psychologie des femmes, et qui est encore une conséquence de cette plus grande impressionnabilité dont nous venons de. parler, est leur mobilité; tout faisant impression sur elles, elles passent rapidement d’un objet à un autre; et une méditation un peu prolongée leur est, sinon tout-à-fait impossible, au moins plus difficile qu’à l’homme. De là, une nouvelle cause de leurs insuccès dans les hautes sciences ; de là cette légèreté dont on leur fait un reproche. Parmi les impressions continuelles qui retentissent sans cesse dans leur système nerveux, et qui amènent dans leurs déterminations. des changements subits , il en est qui se succèdent si rapide=. ment, que les femmes ne s’en rendent pas compte; et de là ces caprices que nous ne pouvons concevoir, et que souvent elles ne peuvent s'expliquer à elles-mêmes. Il n’est donc: aucun des traits de leur caractère dont on ne puisse indiquer : la cause. L'instinct de la coqueiterie, le besoin de plaire, devaient être innés à des êtres qui ne sentent la vie que par les affections qu’elles éprouvent et celles qu'eiles inspirent. Si tous les moralistes ont signalé leur dissimulation natu-: relle, la disposition qu’elles ont généralement à arriver à leur but par finesse et par des voies détournées, ces traits de. caractère n’étaient-ils pas nécessaires à un être faible, et que la nature et les lois sociales ont également fait dépendant? Ce n’est pas que nous blämions ces dernières; nous croyons qu’elles ont été sages, lorsque, dans nos sociétés, elies ont exclu les femmes de toutes les hautes maäayistralures,

: DIFFÉRENCES GÉNÉRALES DES SEXES. 41 et les ont subordonnées à l’homme. Mais, d’autre part, on ne doit faire aux femmes aucun reproche des traits spéciaux que nous a offerts leur moral; ces traits importaient à leur destination ; c’est par eux qu’elles nous charment et nous servent : voudrail-on qu’elles cessassent d’être de leur sexe ? Mais bornons-nous à cette briéve indication , et renvoyons , sur cet article, aux nombreux écrivains qui ont si bien traité de cette partie de l’histoire morale de l’espèce humaine.

… B. Zocomotilité, expressions, sommeil. Les autres fonc- Uons de relation nous offriront moins de différences. Relativement à la locomotilité, nous avons déjà dit que les os de la femme sont généralement plus petits, ont des émiences moins prononcées, que ses muscles sont plus faibles. À tous ces titres , la force musculaire chez elle sera moindre. Be plus grand écartement des cavités cotyloïdes, la plus grande largeur du bassin , impriment à sa marche un caractère particulier. La femme est moins capable d'efforts que lPhomme ; et sa faiblesse au physique n’est pas moins évidente que celle que nous avons signalée dans son moral. Les phénomènes d'expression sont chez elle en rapport avec le caractère des actes intellectuels et moraux. D'abord, l’organe vocal offre quelques différences, auxquelles doivent être attribuées celles que présente physiquement la voix : la poitrine et le poumon sont moins amples , la trachée a un moindre diamètre, le larynx est plus petit, la glotte est plus étroite, ce qu’on appelle Ia pomme d'Adam fait moins de saillie, les anfractuosités nasales sont moins profondes. Ces dispositions anatomiques font que la voix, chez les femmes, est moins forte, mais plus douce, plus tendre, et surtout plus aiguë. Les muscles de la glotte sont plus vifs et plus "souples, d’où résulte plus de facilité de varier les tons, et plus de disposition pour le chant. Nous avons déjà dit qu’à la face , les muscles de la physionomie étant moins distincts et entourés de plus de graisse, l’expression du visage, chez les femmes, était due surtout au regard et à l’état de la bouche. Quant aux phénomènes d'expression, considérés sous le point de vue de leur qualité expressive, ce que nous avons dit de la psychologie de la femme doit faire pressentir

ce qu'ils doivent être. La femme étant très sensibie, et recevant de continuelles impressions , doit abonder en phénomènes expressifs : son langage affectif n'est jamais muet; son regard, son sourire parlent sans cesse; le rire, le pleurer éclatent chez elle à la moindre cause; ses mains ,-ses pieds sont dans des mouvements continuels; sa respiration fréquemment se modifie, et revêt les formes de soupir, de sanglot; enfin, quelle abondance de paroles!

quelle loquacité ! Non-seulement les phénomènes expressifs |

répondent, par leur multiplicité, au nombre des sentiments, mais ils en ont aussi le caractère; comme eux, ils sont mobiles, et se succèdent avec la plus incroyable Tapidité; comme eux, ils sont délicats, et peignent toutes les grâces et tout le piquant de l’esprit des femmes, toutes les nuances si variées des mouvements de leur cœur. Enfin, il est impossible que la femme présente tant de différences dans l'exercice de ses facultés sensoriales , sans en offrir dans la fonction du sommeil; ce phénomène, destiné à réparer les pertes du système nerveux, fait chez elle sentir plus souvent son besoin, mais il a moins de profondeur et moins de durée; il est plus souvent troublé par des rêves, ou accompagné de somnambulisme : des influencesextérieures peuvent plus facilement déterminer ce dernier, et l'on sait qu’en effet les femmes sont les sujets magnétiques par excellence. Ceci est encore une conséquence de la plus grande susceptibilité du système nerveux dans leur sexe.

C. Fonctions de nutrition. Chacune offre , dans la femme, quelques particularités. La digestion, généralement, exige moins d'aliments; l’estomac est moins ample, le foie moins gros; fort souvent les deux dernières dents ne se développent pas. La faim est moins impérieuse, et porte plus sur des aliments légers et agréables que sur ceux qui nourrissent: beaucoup; mais elle est plus mobile, plus fantasque, et revient plus souvent, parce que la digestion est assez rapide, et que tout l'appareil digestif montre aussi plus de sensibilité et d’irritabilité. Cependant cette fonetion peut plus fa-

cilement se suspendre perdant quelque temps; ce sont les,

femmes qui ont fourni les exemples de plus longue abst-

DIFFÉRENCES GÉNÉRALES DES SEXES. 43 nence. Des diflérents systèmes vasculaires absorbants, le lymphatique prédomine, et de là la plus grande disposition des femmes aux maladies de ce système, au cancer, aux scrophules. Le thorax étant moins ample, et le poumon un peu plus petit, la respiration fait une moindre quantité de sang : mais généralement les mouvements respirateurs sont plus rapprochés, abstraction faite des modifications fréquentes

que leur impriment les passions; les inspirations sont plus electuées par le jeu des côtes que par celui du diaphragme, et le poumon manifeste plus de susceptibilité relativement aux qualités de l’air : il est probeble que l’hématose se fait aussi plus rapidement. Le cœur a un volume moindre que chez l’homme; et cependant la circulation est généralement plus vive; le pouls est moins ample, mais plus prompt et plus serré : chez la femme aussi, l'aorte descendante est plus grosse, et les artères du bassin plus considérables, afin de fournir au grand développement des organes génitaux dans ce sexe. Tous les parenchymes nutrilifs sont en elle plus humides, la température du corps plus élevée. Parmi les sécrétions récrémettitielles, celle de la graisse seule demande à être mentionnée : elle est généralement plus abondante, et son produit plus compact. Quant aux sécrétions excrémentilielles , toutes offrent quelques différences ; et de plus, la femme en offre une qui lui est propre, et dont nous de- Vons une histoire détaillée, la menstruation. La transpiration cutanée est moins active , et sa matière a une odeur plus acidule, L’urine est moins abondante, chargée de moins de sels, d’où résulte moins de disposition aux maladies calculeuses : ajoutons que l’urèthre est chez les femmes plus court, plus droit, a un plus gros calibre, de sorte qu’un calcul est plus souvent excrété dès les premiers moments de sa formation. Cependant, malgré cette activité moindre de Ja sécrétion urinaire, le besoin d’uriner se fait sentir plus souvent, à raison de la susceptibilité plus grande de tout le Sysième nerveux. En somme, les excrétions sont, comme les ingestions, moins abondantes chez la femme que chez Phomme, et leurs produits un peu moins animalisés.

» 1 on ajoutc que la femme généralement parcourt plus raw

pidement ses premiers âges que l'homme, et au contraire pousse plus loin le dernier ; que les différences des tempéraments sont en général moins prononcées chez elle, et que toujours en elle le caractère du sexe domine; que son appareil génital réagit plus sur toute son économie que ne le fait celui de l’homme, ou qu’au moins cet appareil , chargé chez elle de plus de fonctions, devient, dans les temps plus pro longés pendant lesquels il agit, la source d’un plus grand nombre de réactions sympathiques, on aura le tableau de toutes les différences physiques qui caractérisent cet être. Les anciens auteurs avaient même exagéré ce dernier tratt, jusqu’au point de rapporter à la réaction de l’utérus toutes les particularités que nous présentent le physique et le moral des femmes en santé et en maladie: uterus est animalwivens in muliere; propter solum uterum est mulier id quod est, ont-ils dit. Mais nous croyons que cette réaction n’est réelle que lorsque cet organe est en fonction, lorsqu'il accomplit les actes de menstruation, de grossesse, d'accouchement ; lorsque l’âge de la puberté et l’âge critique lui impriment, ou lui retirent le degré d'activité qui ren possible son service ; hors de là, son influence est moindre qu’on ne l’a dit: Mais nous reviendrons là-dessus à l’article des sympathies.

30 Terminons cette histoire de la femme par la descrips! tion de l’excrétion qui lui est exclusive, la menstrua=] tion. |

On appelle ainsi un écoulement de sang qui se fait par la! vulve, et revient périodiquement trois, quatre , cinq ou six jours de chaque mois, pendant tout le temps de sa vie que la femme est apte à se reproduire, c’est-à-dire depuis Pépo-. que de la puberté jusqu’à ce qu’on appelle son âge critique. Il est exclusif à l'espèce humaine : on ne l’observe dans aucune autre espèce animale; cependant M. F. Cuvier dit en avoir reconnu quelque indice dans quelques femelles d’animaux. Chez quelques femmes, cet écoulement s'établit soudain, et sans aucuns symptômes précurseurs. Dans le plus grand nombre, au contraire , il est précédé et accompagné de quelques incommodités : la femme accuse quelques signes de pléthore ou d’orgasme général, comme rougeur de Ja

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