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âges , selon les saisons , etc. Nous faisons exhaler, avec pres | que tous les physiologistes , la matière colorante de la peau par les vaisseaux du corps muqueux du derme : M. Gautier veut qu’elle soit fournie par les bulbes des poils : il fait re=
marquer que, en effet, cette substance coloraute est en raison
inverse dans les cheveux et dans la peau; que le nègre, chez
lequel elle abonde , a les cheveux courts; que la femme, qui
a généralement la Crée plus ba que Fhérme) a la
peau plus blanche : il arguë surtout d’expériences dans les-
quelles, ayant appliqué des vésicatoires à des nègres, il a
vu directement la matière colorante sourdre des bulbes pi=
leux, et venir se déposer à la surface du corps muqueux:
Blumenbach avait dit depuis long-temps que cette matière
colorante était formée principalement de carbone , et les
observations chimiques de Davy l’ont récemment démontré.
On ne peut en évaluer la quantité.
Quel est l’usage de ce pigmentum de la peau ? Sans aucun doute il a quelques rapports avec la chaleur solaire; car on voit que généralement c’est dans les régions équatoriales et tropicales que sa couleur est plus foncée.‘ Ev. Home a fait quelques expériences qui semibleraient prouver qu’il sert à défendre la peau contre l’eflet rubéfiant des rayons du soleil : il dirigea comparativement, sur son bras nu et sur celui d’un nègre, les rayons du soleil ; et tandis qu’il ressentit de la douleur, et que sur sa peau il se forma des phlyctènes, | le nègre n’éprouva aucun de ses eflets : répétant l'expérience; . en ayant soin de couvrir son bras d’un drap noir, il ne reçut | aucunes atteintes, landis qu’elles furent les mêmes en se | couvrant d’un drap blanc.
À l’histoire du pigmentum de la peau, nous rattachons. celle de l’enduit noirâtre de la choroïde et des mucuüs colorés des faces antérieure et postérieure de l'iris et des procès cis. liaires. Nous les avons mentionnés en faisant la description
anatomique de l’œil. Ils sont aussi le produit d’une exhala tion, et ont sans aucun doute des usages physiques relatifs. à la vision, comme d’absorber les rayons obliques. Cepen-\ dant Ev. Home croit qu’ils servent, comme à la peau, à prévenir l'effet vésicant des rayons solaires, faisant remat=. de
SÉCRÉTIONS ARÉOLAIRES. 483 quer que la couleur noire de la choroïde est plus foncée dans les régions tropicales que dans les régions du nord , et qu’existant dans tous les animaux qui ont les yeux dirigés
en haut , elle manque, au contraire , dans les animaux de nuit.
S VII. ÆExrhalation areolaire.
__ Sous ce nom, nous comprendrons diverses sécrétions récrémentitielles, qui se font, ou dans l'in térieur de quelques Organes des sens, ou dans l'intimité d'organes parenchymateux. |
À la première catégorie , nous rapporterons l’exhalation de l'humeur de Cotuni dans l’oreille interne, et celle des trois humeurs de l’œ:il , Rumeur aqueuse , cristallin et corps Vitré. Nous ne ferons que Îles nommer, ayant dit aux articles de l’oreille et de l'œil tout ce que l’on sait de leurs usages, de leur quantité , de leur nature chimique, etc.
À la seconde, nous rattacherons lesexhalatious d’une sorie de lymphe albuminense » Ou rougeâtre, ou blanchâtre, qui se font dans l'intérieur des ganglions lymphatiques, et dans les organes particuliers, appelés par M. Chaussier ganglions slandiformes, et par Béclard ganglions SANSUINS ; savoir : le thymus, la thyroïde, les capsules surrénales et la rate. Mais, comme il n’est pas rigoureusement prouvé que les sucs qu'on trouve dans les aréoles du parenchyme de ces rganes soient plutôt le produit d’une exhalation de ces rganes que celui d’une élaboration du fluide circulant qui es traverse, nous envoyons à ce que nous avons dit ou levons dire ailleurs des usages de ces organes.
- Plusieurs physiologistes ont prétendu que la surface inerne des vaisseaux, artériels, veineux et lÿmphatiques , perpirait une humeur destinée à la lubréfier et à la défendre lu contact du fluide qui y circule. Mais, d’abord > à suposer que cela fût, cette humeur ne serait pas, à proprenent parler, récrémentilielle, car ce ne serait pas une acion d'absorption qui la réporlerait dans le sang : ensuite F n peut douter de la réalité de cette sécrélion , car lorsque
GTR
l'on interrompt la circulation dans ces vaisseaux , on les voit} s’oblitérer.
ARTICLE If.
Des Sécrétions excrémentitielles.
On appelle ainsi les sécrétions dont les produits sont rejetés: hors de l’économie, et fondent pour l’homme une excréuion par laquelle s’accomplit sa décomposition. Ces sécrétions ont tour-à-tour pour agents des organes exhalants, des follicules: et des glandes. Leurs produits sont Loujours vérsés sur les: surfaces externes du corps, ou du moins dans des lieux quil communiquent librement au dehors par quelques ouver-: tures naturelles. Souvent, cependant, ces produits sont dé-! posés d’abord dans des réservoirs où ils s'accumulent jus-
u’à un certain point, et d’où ils sont ensuite excrétés d’in-! tervalles en intervalles. Alors, on peut, dans l’histoire de. la sécrétion, séparer neltement la sécrétion proprement, dite , et l’excrétion, celle-ci consistant souvent en un mécanisme assez compliqué. Nous les partagerons en deux ordres : 10 celles qui, bien qu'excrémenutielles, ont été ce-. pendant édifiées pour des usages autres que ceux de la dépuration du sang et la décomposition du corps; et l’on verra que celles-là sont fort nombreuses , et remplissent chacune: des usages fort divers ; 2° celles, au contraire , qui n’ont pasl d’autres offices que d’être dépuratives et décomposantes,,|
comme Ja sécrétion urinaire, par exemple. à Orpre I. — Sécrétions qui ne sont décomposantes qu'ac=| cessoirement. |
Ces sécrétions sont en fort grand nombre dans l’économie de l’homme , et ont chacune leurs utilités particulières; les unes remplissent un office de Iubréfaction; les autres servent la digestion, la génération, l’entretien de la tempés rature du corps. ; 1
SÉCRÉTION DE L’HUMEUR SÉBACÉE. 485 $ Ier, Sécrétion de l’Humeur sebacee.
Dans le tissu de la peau existent des follicules sécrétant une humeur grasse, qui, versée à la surface de cette membrane , en entretient le liant, la souplesse, et la défend de l’impression des corps liquides. Nous en avons parlé à l’article de la peau. Ces follicules sont ronds ,graniformes, ont la forme d’une petite ampoule, et le volume d’un grain . de mille. Ils abondent surtout là où il y a des poils , où la peau fait des plis et est exposée à plus de frottements. L’humeur qu'ils sécrètent est une huile douce et muqueuse, qui se répand sur l’épiderme et les poils, en entretient la souplesse , le poli, les défend de l'humidité , en facilite les glis- sements. Elle est sensible aux sens du tact, de l’odorat et de la vue même; car elle graisse le linge, et s’incorpore les divers corpuscules qui nagent dans l’atmosphère. Elle varie dans les diverses parties de la peau : par exemple, elle est plus fluide à la face et aux ailes du nez, plus épaisse et plus colorée aux aines et surtout aux aiselles, huileuse à la peau du crâne, douce et butyreuse à l’auréole du mamelon du sein , séreuse derrière les oreiiles, sayonneuse et odorante aux parties génitales, etc. Elle est évidemment distincte ; dans le conduit auditif externe, où elle forme ce qu’on appelle le cérumen; aux paupières, où elle forme la chassie ou l'humeur de Meibomius ; à la caroncule lacrymale et à la base du gland.
Elle varie aussi de nature, de quantité, selon les climats, l’embonpoint, les âges, les tempéraments , les races d'hommes, etc. Elle n’est pas la même, par exemple, dans les ‘hommes roux et dans les hommes blonds, dans les blancs et ‘dansles nègres, etc. Chacun a, à cet égard, sa peau spéciale ; et sur son état doivent être basées les règles de cosmétique ‘à suivre, la peau étant tour-à-tour ou trop humide, ou trop sèche , et réclemant dès lors des absorbants ou des substances huileuses.
La source de eette humeur sébacée a long-temps été uu objet de débats. Les uns l’ont attribuée à une transsudation
de la graisse au travers de la peau. Bichat admettait dans la peau un ordre d’exhalants destinés à la perspirer. Aujourd’hui, on la dérive des cryptes ou follicules de la peau. Ses
usages sont évidemment de lubréfier cette grande mem
brane; mais comme en même temps elle est rejetée au de-
hors, l’air la dissolvant, ou les vêtements s’en imprégnant,
elle fonde pour l’homme une perte. On voit bien cependant que ce n’est que consécutivement qu’elle concourt à la décomposition , et que la nature l’a primitivement faite pour l'utilité locale de la peau. Néanmoins, par cela seul qu’eile est excrémentitielle , elle entre en solidarité avee les autres humeurs de cette classe, et demande à être respectée : il ya
du danger à la supprimer inconsidérément ; ou a vu des mi-
graines , des maux d’yeux succéder à des lotions d’eau froide à la tête, partie où cette sécrétion est plus abondante et plus grasse ; des maladies du poumon ont succédé également à des eflorts imprudents faits pour la supprimer aux pieds. Enfin, souvent elle est la voie par laquelle se jugent des ma- Jadies humorales : que de fois des éruptions de dartres, d’exanthèmes, ont consolidé une santé chancelante , et ont mis fin à des douleurs anciennes! Son excrétion est une suite forcée de sa sécrétion, et sa quantité ne peut être appréciée.
Ç IT. Secretion folliculaire muqueuse.
Les deux grandes membranes muqueuses, gastro-pulmonaire et génito-urinaire, sont garnies, comme la peau , de follicules , qui secrètent à leur surface des sucs qui les lubréfient , et qui sonteonnussous le nom générique de mucus. Ces follicules , non-seulementsont plus ou moins nombreux en chaque membrane muqueuse, mais ils y diffèrent même de Vitalité,et par conséquent y engendrent desmucus différents,
et auxquels on a donné des nomsdivers : ainsi l’on distingue le mucus nasal, le buccal, le tonsillaire, l’œsophagien ,
le gastrique, l’intestinal, etc. Mais au fond, l’organe, son action et son produit sont tous d’ün même genre, Nous
avons peu de détails à donner, la plupart de ces sucs ayant
SÉCRÉTION DES SUCS MUQUEUX. 487 été étudiés à l’article des fonctions auxquelles servent les organes auxquels appartiennent les merabranes muqueuses,
Les follicules de la membrane muqueuse nasale sécrètent de mucus appelé nasal, qui est utile à l’olfaction , en maintenant humide la membrane olfactive , et en lui appliquant la molécule odorante. Leur action est plus ou moins grande, selon la qualité plus ou moins! irritante de l’air qui est respiré. Le mucus, qui en est le produit, est composé selon Foucroy, MM. Fauquelin et Berzélius, sur mille parties : d’eau, 933,9; de matière muqueuse, 53,3; de muriate de potasse et de soude, 5,6; de lactate de soude uni à une: matière animale, 3; de soude, 0,9; de phosphate de soude, albumine , malière animale insoluble dans l’alcool , mais so- Juble dans l’eau , 3,5.
Les follicules de la membrane muqueuse digestive sécrétent de même un mucus, qui varie un peu à la bouche, au gosier, à l'æsophage, à l’estomac, à l'intestin, et qui favorise les diveïses mutations que l’aliment doit éprouver dans toutes ces parties, ainsi que sa progréssion des unes aux autres, L'humeur des tonsilles doit y être rapportée, gar ces tonsilles ne sont que des follicules composés, dont le produit est destiné à invisquer Je bol alimentaire et à fa. voriser sa déglutition.
[l'en est de même, et à la muqueuse respiratoire, qui, sans ce mucus, serait promplement desséchée par la présence continuelle de Pair, et à la muqueusegénito-urinaire. À cettedernièreserattachent les bümeursde la prostate et des © glandes de Copwer, quine sont que des follicules composés.
On conçoit qu'il est impossible de spécifier Ja quantité respective de ces divers mueus, et par conséquent leur quantité totale. Leurs usages primitifs sont évidemment de lubréfier ces diverses surfaces, qui sont toujours en contact avec des corps étrangers ; ce n’est encore que secondairement qu'ils sont décomposants. Cependant ils le sont ; puisqu'ils sont excrémentitiels, et par conséquent ils entrent aussi en solidarité avec les autres excrétions, et re pourraient pas impunément être supprimés.
y a ici quelque chose de plus qu’à la sécrétion sébacée
de la peau. Le produit de celle-ci était de suite jeté hors du corps, ct lexcrétion succédait irrésistiblement à la sécré=
üuon par le fait seul de la disposition des parties. Il n’en est pas de même de la sécrétion folliculaire muqueuse : sans
doute l’excrétion en elle suit aussi immédiatement la sécré-
tion ; sans doute les mucus sont en partie dissipés par l’air, ou enlevés avec les matières ingérées ou excrétées, qui sont en contact avec les membranes muqueuses; inais en partie aussi ils se rassemblent en ces membranes, qui sont pour eux des réservoirs, et d’où ils ne sont plus rejetés que d’intervalles en intervalles. On peut dès lors séparer pour eux Ja sécrétion et l’excrétion; et de là plusieurs excrétions,
aussi distinctes crue celles de l’urine et des matières fécales, et
dont nous devons traiter, savoir, le moucher et le cracher.
19 Excrétion du moucher. La matière de cette excrétion se compose du mucus nasal, des larmes conduites dans le nez par les voies lacrymales, et des différents atomes que
Vair de la respiration peut, en passant, déposer sur la mem-
brane muqueuse nasale. Le plus souvent cette matière n'existe que dans la quantité nécessaire pour tenir la membrane olfactive humide; le superflu en est dissipé par l’action dissolvante de l'air. Mais souvent aussi cette matière est trop abondante, et alors elle coule par le fait seul
de son poids , soit par l’ouverture postérieure des fosses
nasales dans le pharynx, d’où elle est excrétée par le crachement ou la déglutition, soit par l’ouverture antérieure | des narines. C’est pour remédier à ce qu'a d’incommode et.
de dégoûtant ce dernier écoulement, qu’on recourt à l’acte
du moucher, dont voici les particularités. Une sensation tactile, développée dans la muqueuse nasale, avertit d’abord, que cette membrane est couverte de mucus, et a besoin d’en être débarrassée. Pour en opérer alors l’excrétion , après une inspiration on fait une forte et brusque expiration, en ayants soin de fermer Ja bouche; ainsi, l’air expiré sort par les fosses | nasales et les balaie; en même temps enfin, on comprime extérieurement Île nez pour exprimer tout le liquide qui peut y être accumulé. Ce moucher est done un analogue des actions d'exerétion des fèces, ou de l'urine, par exemple : les”
SÉCRÉTION DES SUCS MUQUEUX. 489 bles différences sont, que la sensation qui Ja PRÉPAS est actile et non interne , et que Ia cavité qui se vide n’est pas ontractile, et n’influe pas par elle-même sur l’excrétion. l'est aussi, à la rigueur , volontaire, tandis que les excréions que nous venons de citer ne le sont que jusqu’à un erlain point.
Quelquefois cependant ce moucher est comme convulsif, t par conséquent involontaire; c’est ce qui est parexemple, lans l’éternument , qui n’est qu’une expiration convulive; la muqueuse nasale irritée par Île contact d’un corps tranger excite le jeu convulsif de toutes les puissances espiratrices. D’abord une grande inspiration, rassemble eaucoup d’air dans le poumon; ensuite à cette inspiraion succède une expiration forte et convulsive, qui, proétant beaucoup d'air à travers les fosses nasales, en fait aillir avec bruit le liquide ou le corps étranger qui irrite a membrane.
20 Excrétion du cracher. Be matière du cracher consiste , antôt exclusivement dans les sucs de la bouche, mucus uccal et salive , tantôt dans les sucs du nez, du pharynx et lu larynx. Dans ces divers cas, le mécanisme du cracher liflère un peu. Quand la sputation n’a à excréter qu’un uperflu du mucus buccal et de fa salive, sues qui le plus ouvent sont avalés et suivent le sort des aliments, une ensation accuse Ja présence de trop d'humidité dans la ouche ; et alors les parois musculeuses de cette cavité, insi que la langue qui est dans son intérieur , se contractent le manière à rejeter ce superflu à travers l’ouverture béante les lèvres. Quelquefois celle-ci se rétrécit, pour imprimer u liquide une plus g grande impulsion. L'air de l’expiraion , dirigé alors par la bouche et non par le nez, peut con- Ourir aussi à imprimer au liquide le mouvement qui l’enraîne. Si c’est la salive qui est rejetée, quelquefois il y a le plus une contraction des conduits excréteurs des glandes alivaires, telle que ce fluide jaillit au loin.
Mais si l’objet du cracher est d’évacuer des sucs qui nennent du nez, du pharynx ou du larynx, il faut d’abord que ces sucs soient amenés dans la bouche , et voici par quel
mécanisme, En premier lieu , la matière du moucher peu tomber d’elle-même par l'ouverture postérieure des fosso nasales danse pharynx. En second lieu, nous pouvons à Vi lonté lui faire suivre cette voie, en faisant une forte in spiration, la bouche étant close, et le pharynx étant contract de manière à empêcher toute entrée dans Pœsophage. Enfin parvenue ainsi dans le pharynx, cette matière et les sud du pharynx Jui-même sont ramenés aisément dans Ja bou che par une contraction de ce pharynx, inverse de cell qu'il exécute dans l’acte de la déglutition, et par l'in fluence d’une inspiration. Quelquefois, le mouvement qu entraîne,ces sucs du pharynx dans la bouche suffit poul les chasser au dehors; mais si cela n’est pas, le mouvemen du cracher , tel que nous l’avons décrit d’abord , lui suc cède et les excrète tout-à-fait. Quant au mucus trachéal | le plus souvent l’air de l’expirauon le dissout et l’entrafnt avec lui; mais s’il est trop abondant pour cela, il est ra! mené dans la bouche aussi, et excrété par un mécanismu qui est susceptible de deux modes : tantôt il suffit d’une ex: piralion assez forte pour que l'air rejeté entraîne avee lu! tout ce qui est à Îa surface de la membrane bronchique : tantôt cette expiration a un caractère particulier , et fond ce qu'on appelle la toux. Dans la toux, la membrane muqueuse des bronches, irritée par.la présence du mucus, détermine le jeu convulsif des puissances de l'expiration; l’aïx est aussi chassé avec rapidité, et balaie tout ce qui est à la surface de la membrane ; l’étroitesse de la glotte ne fait qu'ajouter à la rapidité avec laquelle 1l est projeté, 4 que ce qu’il entraîne avec lui. Quelquefois cette toux est tout-à-fait involontaire ; d’autres fois, la volonté la met en jeu pour en obtenir le même résultat. Cette excrétion du mucus trachéal, quel que soit le mode selon lequel elle se fait , constitue ce qu’on appelle l’expectoration. ÿ
Ces différents sucs muqueux peuvent aussi être avalés, et alors ils sont de là, ou rejetés par le vomissement, où excrétiés avec les matières alvines. Nous n’avons pas besoin de nous arrêter à ces deux excrétions qui nous ont OCCUPÉS dans le temps. Nous ferons remarquer seulement cette pré=
SÉCRÉTION DE LA SALIVE, etc. 491 aution qu'a prise la nature, de placer successivement les ns au-dessus des autres les divers réservoirs ou se rassemlent fes mucus; le nez recoit les sucs de l'œil, la bouche ux du nez, et l'estomac ceux de tous les réservoirs suérieurs : il en résulte que si l’excrétion de ces mucus ne » fait pas par les ouvertures supérieures, elle se fait par les 1bséquentes, Remarquons aussi que ces sucs suivent peutre, en partie au moins, le sort des matières étrangères ui traversent les membranes muqueuses, et, par exemple, nt dans l'estomac digérés avec les aliments. Aussi cOMpnt-1ls parmi ceux que l’ancienne école appelait fluides crément-excrémentitielles , c’est-à-dire , qui sont en partie pris par l’absorption interne, et en partie excrétés,
6 IIT. Secretion des Larmes.
Quoique celle-ci reconnaisse pour agent un appareil glanulaire, l’humeur qui en est le produit remplit aussi un ce de lubréfaction. Les larmes, en effet, servent à abster- 7 l’œil , à l’entreteuir humide et transparent. Nous ne fens que mentionner ici cette sécrétion , son histoire ayant é exposée avec détails à l’article de la vision. Nous ne siialerons qu’un seul trait, c’est qu’elle est, plus facilement de toute autre sécrétion, influencée par les affections de ame , et fonde un des phénomènes d'expression les plus équents, le pleurer. I] est évidemment impossible d’évaer la quantité des larmes, d’autant plus que beaucoupde rconstances éventuelles dans la vie peuvent en augmenter sécrétion.
ÿ $ IV. Sécrétions de la Salive et du suc Pancreatique.
Nous serons courts aussi relativement à ces deux sécré- Ons ; nous en avons traité à l’article de la fonction de la gestion, dont elles font partie en quelque sorte. Nous ons dit que de chaque côté de la bouche existent trois andes dites salivaires, dont les conduits excréteurs sont iwerts dans cette cavité, et y versent le suc albumineux
appelé salive, si évidemment destiné à servir la gustationl la mastication, la déglutition des aliments et leur digès tion générale. On conçoit qu’il est encore impossible d’ind! quer la quantité dans laquelle est sécrétée la salive. Nous! dirons autant à l’égard du suc pancréatique, dont l’organ sécréteur est le pancréas, et qui. versé dans l’intestin duo dénum, concourt, sans qu’on sache comment, à la chylif calion je aliments.
Ÿ V. De la Sécretion de la Bile.
Nous allons , au contraire, faire ici avec détails l’histoir de la sécrétion de la bile, bien que son produit ait certai nement le même office an que le suc pangiés tique, savoi la chylification des aliments : mais nous n’avions fait qu mentionner cette sécrétion à l’article de la digestion, para que son histoire assez compliquée nous eût alors trop de tourné de notreobjet. Exposons successivement la dispositio! anatomique de l” appareil de la sécrétion biliaire, et ce qu l’on sait du mécanisme de cette sécrétion.
19 Appareil de la sécrétion biliaire. Il se compose du foie glande qui effectue la sécrétion ; du canal hépatique, qu est Îe conduit excréteur par lequel la bile en coule; de“ vésicule biliaire, qui est un réservoir dans lequel une ces taine quantité de la bile se met en dépôt; du canal Cystiqu qui est le conduit excréteur de cette vésicule; et enfin dl canal cholédoque, canal qui est formé par la réunion de canaux hépatique et cystique, et qui conduit la bile Se diatement dans l’intestin duodénum. ]
Le foie existe en presque tous les animaux ; d’abord dar tous les animaux vertébrés; ensuite, dans js mollusques les insectes et les animaux radiaires eux-mêmes : seulement
dans ces derniers, les grains glanduleux qui le composent! au lieu d’être agglomérés en une seule masse, sont dispos en grappes ou en rameaux. Chez l’homme, c’est un orgât très volumineux ; situé dans l’abdomen , RARES du di: phragme, au-dessus de l'estomac, de l'arc du colon , 4 duodénum , et derrière le rebord cartilagineux qui termin
| SÉCRÉTION DE LA BILE. 493 le thorax ; remplissant dans cette cavité tout l’hypochondre droit et plus ou moins de l’épigastre , et fixé dans cette réion par quatre replis du péritoine qui l’attachent au diaphragme, et qui sont appelés le ligament suspenseur!, les lisaments triangulaires et le ligament coronaire du foie. Sa figure est difhcile à caractériser ; sa couleur d’un rouge obeur mêlé de jaune. 1l est partagé en trois lobes, le droit, le gauche , et le lobule de Spiegel. Sa face supérieure convexe touche partout à la voûte du diaphragme. Sa face mférieure : concave correspond à l’estomac, au colon, au rein droit; c’est à cette face qu’adhère la vésicule biliaire, dont nous parlerons ci-après. On y observe deux scissures ; lune, dirigée de devant en arrière dans toute l’étendue du foie , et appelée la scissure horizontale ; l'autre, dirigée au contraire en travers, de droite à gauche, coupant à angle droit la précédente, et par laquelle entrent et sortent les différents nerfs et vaisseaux qui forment le parenchyme du foie. Les éléments anatomiques de celui-ci sont : 1° une artère , dite hépatique, branche du tronc cœliaque ou opistogastrique, qui pénétrant dans le foie par la scissure transversale, se ramifie dans tous les points de sa substance. 20 La veine-porte, tronc commun de toutes les veines des organes digestifs et de la rate, qui, pénétrant par cette même scissure transversale, se distribue aussi au tissu du foie , suivant dans ses divisions toutes celles de l’artère hépatique. On verra que ces deux systèmes vasculaires sanœuins qui se distribuent au foie, ont été tour-à-tour sonsidérés comme apportant au foie les inatériaux de-la sécrétion. 30 Le système vasculaire sécréteur, qui, naissant de toutes les parties du foie par des extrémités capillaires, aboutit enfin à deux ou trois gros troncs qui sortent du foie par la scissure transversale, et au-delà se réunissent en un seul qu’on appelle le conduit hépatique : les divisions de ce système vasculaire sécréteur accompagnent aussi dans le parenchyme du foie toutes celles de l'artère hépatique et de ja veine-porte. 40 Des vaisseaux lymphatiques, qui sont en fort grand nombre, et qui affectent, ici comme ailleurs, deux Plans, un superficiel et un profond. 50 Les nerfs, en assez
494 FONCTION DES SÉCRÉTIONS. | petit nombre , eu égard au volume du foie, venant quel ques-uns de la huitième paire, la plupart du plexus so! laire, et suivant le trajet et les divisions de l’artère hépa, tique. 60 Des veines, dites sus-hépatiques, naissant dan le parenchyme du foie par des extrémités capillaires, com muniquant avec les dernières ramifications de l'artère hépai tique et de la veine-porle , reportant Île superflu du san, qui a été distribué au foie par ces deux genres de vaisseaux: etse réduisant enfin à deux ou trois troncs et à six ou sep! branches qui s'ouvrent dans la veine-cave inférieure. Ce! veines généralement se dirigent en convergeant vers le bord postérieur du foie, et croisent À angle droit les divisions dd la veine-porte. 70 Des débris de la veine ombhilicale , qu: dans Île fœtus a pénétré par la scissure horizentale pour 56 ramifier dans le foie, maisqui, dans l'adulte, s’est oblitérée et changée en une substance ligamenteuse. Ces divers éléments s'associent dans le tissu du foie, pour former un parenchyme dontla textureintimeest difficileà caractériser. À linspection. ce parenchyme se montre plus jaune intérieurement qu’ex: térieurement , et paraît poreux, granulé : nous n’en pouvons rien assurer, sinon qu'il y a de faciles communications entre l’artère hépatique et les vaisseaux sécréteurs d’une part, élentre la veine-porte et ces mêmes vaisseaux sécréteurs d’autre part. L’organe est en outre enveloppé de deux membranes ; une plus extérieure, qui n’est que le péritoine,| qui s’est réfléchi des parties voisines pour entourer, mais| non en entier, le foie; une autre, située plus profondément, qui est la membrane propre du foie, et qui, non-seulement! en revêt loute la surface extérieure, mais Qui encore à sa face concave forme des gaînes à chacun des vaisseaux et des nerfs! qui pénètrent l'organe et les suit dans toutes leurs ramificaLions : une de ces gaînes accompagne ainsi l’artère hépatique , la veine-porte, le système vasculaire sécréteur, et
les nerfs dans toutes leurs divisions, et fonde ce qu’on ap=
pelle la capsule de Glisson. 1
Le conduit hépatique est le tronc commun de tous les vaisseaux sécréteurs du foie ; il sort de cet organe, à sa face concave, par la scissure transversale. Situé entre les deux
SÉCRÉTION DE LA BILE. 495 euillets de l’épiploon gastro-hépatique, dans Je tissu celluaire lâche qui unit tous les vaisseaux et nerfs qui entrent u sortent par celte scissure , il descend obliquement en deans ; et, après un pouce et demi de trajet il se joint à angle igu au canal de la vésicule , au canal cysüque, pour former u-delà , par sa réunion avec Jui, le canal dit cholédoque.
La vésicule biliaire est une petite poche membraneuse . yriforme ; située à la face inférieure et concave du foie à iquelle elle est fixée , au-dessus du colon et du duodénum , t dans laquelle se met en dépôt une certaine quantité de ile. La partie la plus grosse, ou le fond, est tournée en vant, et même, lorsque la vésicule est pleine , souvent déasse le bord antérieur du foie; sa partie la plus étroite, ou 2 col, est tournée en arrière et se termine par le canal cysique. Extérieurement, elle est recouverte, en partie au ioins , par le péritoine, qui l’attache au foie, auquel elle dhère en outre par du tissu cellulaire et des vaisseaux. En edans , elle est très rugueuse , et offre des aréoles où mailles ‘parées les unes des autres par des rides superficielles. Elle st formée par la Superposition de trois membranes: une térieure, séreuse, prolongement du péritoine, qui n’enve- )ppe pas partout l’organe , et ne se trouve qu’à sa face inrieure et à son fond; une moyenne, celluleuse; et une iterne , muqueuse ; c’est à celle-ci qu’appartiennent les rusités et les mailles dont nous avons parlé plus haut. Rien ans la texture de cette vésiculene paraîl être musculeux , et pendant M. Amussat y a reconnu des fibres musculeuses, uand elle était dilatée par des calculs. On ne peut y découir les petites glandes auxquelles on avait voulu rapporter production de la bile qu’elle contient.
Le conduit cystique est un conduit du même genre que hépatique , naissant au col de la vésicule, garni en ce lieu : plusieurs valvules, et après un trajet d’un pouce et demi, mant seréunir, sous un angle très aigu,au canal hépatique.
Enfin, le canal cholédoque résulte de la réunion de ces ux conduits, hépatique et cystique ; il paraît cependant re plutôt la continuation du premier. Situé dans l’épaisur de l’épiploon gastro-hépatique , il va, après un trajet
de quatre pouces, s'ouvrir dans le duodénum , à l’union di la seconde courbure avec la troisième ; il ne perce que grai duellement les trois tuniques de cet intestin, rampanh quelques temps entre la musculeuse et la muqueuse, avan} de traverser cette dernière.
La structure de ces canaux, hépatique, cystique et a | lédoque , est la même : ils sont formés de deux membranes: une extérieure, épaisse, dénse, forte, probablement de nai ture celluleuse ou albuginée ; et une intérieure, muqueuse comme celle qui tapisse la vésicule.
Beaucoup d’anatomistes rapportent encore à l’apparer biliaire , ja rate, qu’ils disent destinée à préparer le san) qui fournit les matériaux de la sécrétion. Mais ayant décrit cet organe à l’article de la digestion , nous n’avons pas be soin, d! y revenir.
20 Mécanisme de la sécrétion biliaire. C’est certainement par le mécanisme commun à toutes les sécrétions, que 1 foie sécrète la bile. Mais, comme cet organe recoit deux sys tèmes vasculaires sanguins, deux espèces de sang, celui dl l'artère hépatique et celui de la veine-porte, il se présent ici une première question, celle de savoir lequel de ce deux sangs fournit les matériaux de la sécrétion, ou si tou les deux y concourent.
Cette question, à laquelle on ne peut répondre par des fait directs, exige préalablement, pour être approfondie, la solui tion de deux autres questions, savoir, l’indication des usagd de la rate et celle des usages du système de la veine-porte. L rate, en ellet , fournit une grande part du sang de la veine! porte, de ce sang duquel on peut à bon droit dé: ver la bilel et l’on conçoit que l’idée que l’on se fera de la fonetionk di la rate, et des usages du système de la veine-porte, devn influer sur la manière dont on résoudra le problème q
nous cherchons. Commençons donc par ces deux objets.
Et d’abord, pour ce qui est de la rate, que d’usages div@r attribués à cet organe, et dont nous avons mentionné sud cessivement Îles principaux ! leur nombre seul prouve qu au cun n’est démontré. Nousen passerons sous silence plusieur
qui sont évidemment hypothétiques, comme d’être le siég