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| SÉCRÉTION DE LA GRAISSE. 475 neur existait toute formée dans le sang , et qu’elle transdait à travers les pores des artères. Mais en vain on exape. le sang qui se rend à la partie la plas chargée de graisse, By peut. découvrir cette humeur; nous avons posé en incipe qu’ aucune humeur sécrélée n’existait toute formée ns le sang; si la graisse faisait exception à ce principe, ‘qu elle er te à travers les pores des artères, on vrait en observer des traînées le long de ces vaisseaux ; on pourrait expliquer pourquoi cette matière abondeen une tie du corps, eL manque en une autre : toutes ces raisons Vent faire rejeter l'hypothèse de Halléf, bien qu’en ces iers temps, un habile chimiste, M. Chevrebl, ait signalé is le sang une matière grasse. Fe ne peut iductiie non LS, l’idée qui a régné long-temps. que c est le même tissu lulaire que nous avons vu être le siége d’une exhalation use, qui, par un autre ordre de vaisseaux exhalants, duit la graisse. Aujourd’hui la production de ceite meur est rapportée à un tissu particulier appelé adiue. | € Lissu , entrevu par Malpighi, et démontré par 4”. Hunconsisie en un assemblage de vésicules très petites, enées en plus ou moins grand nombre, formant des masses sou moins volumiveuses, réunies entre elles par du tissu ulaire, et servant de réservoir à la graisse. Il varie dans diverses régions du Corps; sous la peau, il: forme une che plus ou moins épaisse, et généralement répandue ; +urs , 11 se présente sous l’apparence de masses arrondies, formes , pédiculées, ou sous celle de rubans aplatis. Ces ses, par la dissection, se réduisent en lobules ou grains JEUX, qui, examinés au microscope, paraissent euxes composés d’une infinité de petites vésicules qui ont ix ou un huit centième de pouce de diamètre. Ce tissu lonc pas, comme le cellulaire, une structure aréolaire ; sa disposition ressemble à celle des fruits de la famille hespéridées , et offre une agrégation de vésicules mem euses attachées à des cloisons qui les séparent. Chaque ule est suppor tée par un petit pédicule , comme Île sont Mains de raisin. Leurs parois sont tellement minces,
qu'on ne peut les apercevoir ; mais la disposition de | graisse en masses isolées et distinctes prouve qu’elles exi tent, et surtout que ces vésicules ne communiquent pas e! tre elles. Du tissu cellulaire très fin existe entre elles; | leurs éléments constituants sont des artères, des veines | des exhalants. On ne sait pas si des nerfs leur arrivent. Il a beaucoup de variétés dans les diverses parties du corp relativement à l’existence de ce tissu. Il abonde sous la peai au-dessous des membranes séreuses , synoviales, à la fäo en dedans et en dehors du thorax, aux environs du cœù à l'abdomen, à l’extérieur des reins, dans l'épaisseur’ mésentèére, des épiploons, dans le bassin, au niveau articulations dans le sens de la flexion, etc. Il manque; contraire, au-dessous des membranes muqueuses , SOUS | peau du crâne, du nez, du menton , aux paupières, au pén! dans le parenchyme des viscères, etc. ji Ce tissu sécrète , par voie d’exhalation, la graisse , matié fluide dans le corps vivant, mais qui, à sa sortie, se coagul est inodore, jaune, d’une saveur douce » fade, et moins] sante que l’eau. Long-temps elle fut regardée comme principe immédiat; mais M. Chevreul a fait voir qu’elle : composée de deux matériaux ‘organiques distinets : la ste rine, qui, fusible à 50 degrés environ, est une masse solid incolore , .insipide, presque inodore, soluble dans l’alcoc et l’élaïne qui, fluide encore à zéro , est jaunâtre, plus. gère que l’eau, et soluble aussi dans l’alcool. MM. Bére et de Saussure ont trouvé la graisse des animaux une cothl nalson , en proportions différentes , de carbone, d’hyd | gène et d’oxygène; mais on n’a pas déterminéla compositi de lagraisse humaine. Peut-être, du reste, la graisse varié elle de nature dans les diverses parties du corps : cela certain au moins pour sa couleur et sa consistance. n'existe que là où est le tissu adipeux, par conséquent DA que en certaines parties, abonde en d’autres, et est da chacune en des quantités diverses. Certains animaux en { frent des accumulations en quelques lieux du corps, com au dos chez les chameaux, à la queue dans les moutons
Barbarie. Cela se voit même en certaines races d’hom nl
SÉCRÉTION DE LA GRAISSE. 477 s femmes de la tribu des Bosjesmans, par exemple, offrent ne saillie graisseuse des fesses remarquable.
Jadis on avait admis l’existence de glandes graisseuses : ais c'est une hypothèse aussi peu nt que celle de iégel , qui veut que la graisse qui entoure les reins soit rmée dans les capsules surrénales, et excrétée de là par des nduits particuliers. Nous en dirons autant de celle d’£v. ome, qui place l’origine de la graisse dans l'intestin, la supsant un produit de la digestion, comme le chyle, et la isant absorber dans le gros intestin.
Les usages de la graisse sont locaux et généraux. Les preiers sont mécaniques , et relatifs à l’intégrité physique des ivties. Ainsi elle modère la pression à la plante des pieds ns Ja station , aux fesses dans l’attitude assise ; elle sert de int d’appui à la peau dans l’exercice du tact ; elle remplit swides des parties, conjointement avec le tissu cellulaire : est probable qu’elle sert à conserver notre température, r elle est un mauvais conducteur du calorique, et il est observation qu’elle forme une couche plus épaisse sous les guments des animaux qui habitent les pays froids. On a
t que sa transsudation allait profondément assouplir les res , et extérieurement huiler la peau : mais cela est aussi rpothétique que cette autre idée de Fourcroy, qui veut ie, par elle, le sang soit dépouillé d’un excès d’hydrogène, que la matière nutritive soit rendue plus azotée. Quant 1x usages généraux de Ja graisse, comme humeur récrémenielle, elie doit concourir à l’entretien du corps, et, plus d'aucune autre, elle peut être considérée comme une prosion mise en réserve par la nature, pour subvenir à la atrition. C’est ce que font présumer, d’un côté, la facilité ec laquelle la graisse se dissipe à la moindre abstinence ; » d'autre part, le phénomène des animaux dormeurs, qui, argés de graisse lorsqu'ils s’endorment, sont devenus très aigres lorsqu'ils se réveillent.
Cest absorption interne qui la reprend dans les lieux 1 elle est sécrétée; mais, à la Mb ce des exhalations écédentes 18 gra isse s’accumule toujours «n certaine quanté dans les parties où elle est exhalée : sans cela, elle ne
478. FONCTION DES SÉCRÉTIONS. 1 pourrait pas remplir les services mécaniques auxquels el est destinée. Avec sa sagesse accoutumée , la nature n’a pla dans le corps humain de tissu adipeux que là où la graïe était utile , et au contraire ce tissu manqueaux parties où el aurait élé nuisible. Il est impossible d'évaluer sa quant totale : on dit que chez un homme adulte et d’embon poï! ordinaire, elle forme la vingtième partie du poids du cor. Il faut d'autant plus considérer cette évaluation comme ti simple approximation, que peu d’exhalation offre plus « variétés d’individu à individu , et se montre plus mobi dans un même homme. On a des exemples d’obésité et « maigreur extrêmes. Souvent on maigrit vite, eton engrais de même. Les circonstances qui amènent généralement l’em bonpoint sont, le repos des organes musculaires, nerve et génitaux, joint à une nourriture succulente : on sait qi nous engraissons Îles animaux domestiques destinés à mn tables, en les condamnant au repos , et en les privanté toutes sensations ; c’est pour cela que nous leur crevons I! yeux : on sait aussi que la castration active l’exhalation € la graisse ; l’âge mur a le même effet. Il faut joindre à cel une disposition particulière du tissu adipeux.
$ V. Æxhalation de La Moelle.
Dans la cavité médullaire des os longs, dans les spongic sités des os courts, et dans les porosités de la substance compacte de tout os quelconque, il est exhalé une humet: huileuse analogue à la graisse dont nous venons de traiter et qui est appelée moelle. L’organe qui la sécrète est appe tissu médullaire où adipeux des os: plusieurs anatomisle le rapportent au tissu adipeux qui nous occupait tout. lV’heure. Dans les cavités des os longs, ce tissu s’offre sou l'apparence d’un membrane fort sensible » qui tapisse Î canal intérieur de los, et qui envoie en dehors des prolon gements dans la substance compacte, et en dedans d’autre prolongements qui forment des cloisons intérieures : dan lesquelles se trouvent les vésicules de la moelle. Cette mem brane , dite médullaire , est formée principalement par de
SÉCRÉTION DE LA MOELLE. 479 Isseaux sanguins ramifiés dans un tissu cellulaire très fin , qu'on peut injecter. On peut aussi y poursuivre des nerfs, st dans ses cloisons intérieures que sont des vésicules toutait semblables à celles du tissu adipeux, ayant le même me, et paraissant suspendues aussi comme des grains { Vaisseaux sanguins. Ce sont elles qui contiennent la elle , et elles ne communiquent pas non plus entre elles. DS la substance spongieuse des os, la membrane n’est pas Si distincte , et on ne voit que les vésicules, qui se monnt aussi dans les porosités de la substance compacte. 5e tissu médullaire exhale un sue, appelé moelle dans le al médullaire des os longs, suc médullaire dans la subace spongieuse , et suc huileux dans la substance comte. Ce suc a beaucoup de ressemblance physiquement et miquement avec la graisse; il est seulement plus fluide, s coloré , plus jaune.
ses usages de ce suc sont peu connus. On a dit qu'il rent les os plus flexibles et moins Cassants ; mais les os des ants, qui sont dépourvus de moelle, sont bien moins fra- S que ceux des vieillards, dans lesquels la moelle abonde. ler a pensé qu’il servait à la reproduction des os, et amment à la formation du cal; mais une fracture se mt d'autant plus promptement qu'on est plus jeune, l'y à dans le premier âge bien moins de moelle que dans âges suivants. Nous avons réfuté l’idée de sa transsu- On à travers les extrémités articulaires des os, pour r former la synovie, Pour prouver son influence sur la rition et la conservation des os, on a argué des expéices de Troja , qui consistaient à détruire avec un fer ge la membrane médullaire, et à voir par suite l’os se roser. Mais la membrane médullaire , ne sert pas ement à l’os, comme organe producteur de la moelle. est le périoste interne de cet organe; d’elle proviennent iCOUp de vaisseaux qui pénètrent sa substance; et on oit dès lors que sa destruction doit entraîner celle de ; indépendamment du service de la moelle. Ce suc n°a -être pas d’autre office local que de remplir le vide des Ju moins, que penser de cette idée, que la moelle est le
réservoir du calorique latent de l'électricité ? Quant à usages généraux, ils seraient ceux de la graisse. Peut-on considérer de même comme une provision mise en rése: pour la nutrition ? Offre-t-elle dans sa quantité les mêr variations que la graisse ? et ces variations surviennent-e} coïncidemment, dans les mêmes circonstances, et par mêmes causes ? La moelle n'est-elle que la graisse, avec. modification qu’a commandée sa situation dans l’intérie des os ? c’est ce qui est probable, mais ce qu n’est pas ( montré. Sa quantité totale est impossible à évaluer.
$ VI. Exhalations des Mucus colorants de La peau, et d'autres surface:
Dans la partie de la peau qu'on appelle corps muqueu etquiest intermédiaire au derme » qui est plus profondéma situé , et à l’épiderme , qui est tout-à-fait extérieur, il bals un MuCus, un pigmentum, auquel est due la could particulière de la peau. Cette matière colorante existe da les hommes de toutes les races, excepté les albinos: ml c'est surtout dans les nègres qu’il est possible de la vo Littre fit macérer de la peau de nègre, dans la vue de go fler le corps muqueux, de séparer l’épiderme du derme, de pouvoir obtenir la matière colorante isolée; mais il! put réussir. Quelquefois cependant, en agissant ainsi sur peau du scroitum, on parvient à séparer des portions asl étendues de corps muqueux coloré. Si on prolonge la mai ration , le corps muqueux se résout en une mucosité, tei l’eau , et laisse déposer au fond du vase une poudre bru impalpable. Cette expérience met hors de doute l'existen de cette matière colorante, qui paraît consisier en globul colotés disséminés dans le corps muqueux.
On sait qu’elle n'est pas la même dans les diverses À d'hommes. Le corps muqueux où elle siège est d’ autant p a épais, que cette matière est d’une con LE plus foncée : titre, 1! ne l’est nulle part plus que chez le nègre, ets épaisseur va en diminuant successivement jusque 4 blanc. C’est par exhalation que celle matière est prod et par résorption qu’elle est renouvelée. D’un côté, on
SÉCRÉLTION DES MUCUS COLORANTS. 481peut croire la couleur de la peau l'effet physique de la lumière , amenant quelques combinaisons aveele liquide plastuque, le tissu cellulaire à demi organisé, qui constitue le corps muqueux : c'est une action organique qui la produit. Cette couleur, en effet, se montre dépendante du degré de développement de la peau, des variations des âges, et de l'état de santé et de maladie, Le nègre, par exemple, naît presque aussi blanc que l’Européen ; ce n’est que gradueliement qu’il devient noix; il ne l’est parfaitement que dans Vâge adulte ; dans sa vieillesse , sa peau perd un peu du beau noir de jais qu’elle avait dans le bel Âge de sa vie, et se nuance de jaune. Toutes les régions de sa peau , en outre, n'ont pas le même degré de noirceur ; les parties génitales, Je pénis, le scrotum, les auréoles des seins , les lèvres de la Yulve, sont les parties les plus noires; viennent ensuite les fesses ; puis, les paupières, la face, l'abdomen, le thorax, les membres; la paume des mains et la plante des pieds, sont toujours les parties les moins noires. Enfin, la couleur de la peau du nègre change visiblement par l’état de maladie. Celle-ci peut même ne porter que sur la sécrétion qui nous occupe; si cette sécrétion n’a pas lieu, la peau est sans couleur, ce qui constitue les al/binos dans l'espèce noire, et la leucozoonte dans l'espèce blanche ; on a vu des blancs devenir noirs; cela est arrivé à des femmes. pendant leur grossesse ; on a vu de même des nègres se tacheter de diverses couleurs , être ce qu’on appelle nègres-pies. Si nous citons spécialement le nègre, c’est que chez lui les phénomènes sont plus sensibles; mais ce que nous disons de Ini est vrai aussi des autres races d'hommes. D’un autre côté, c’est bien Pabsorption interne qui reprend cette matière colorante ; l'influence des maladies sur la couleur de la peau en est la preuve : Bcddoës et Fourcroy ont expérimenté que la peau d’un nègre, qui était devenue blanche par suite d’une immersion dans une eau imprégnée de vapeur de chlore, a repris en peu de jours sa couleur noire, On peut d’ailleurs ici invoquer l’analogie des animaux, chez lesquels les couleurs de. leurs enveloppes sont souvent variées dans les diverses parties de leur corps, et changent en outre dans leurs divers