SÉCRÉTION DE LA BILE
mérale à l’hématose ? il fallait encore qu'il fût porté dans le
système veineux, et le plus près possible du centre de ce Système, du point où il va achever de se faire dans le pou-
mon. Dans cette dernière hypothèse, le foie serait un ses
cond ganglion élaborateur du sang, et; ainsi que la rate, un organe annexe du poumon. Quelques physiologistes recommandables ont mis en avant cette conjecture. Ils Pont appuyée sur ce que, dans le fœtus, le foie est un des pre-
. miers organes formés , et paraît être un organe d’hématose ; . sur ce que la veine splénique est trop grosse , relativement à
la petite quantité de bile qui est faite, ce qui porte à croire que le sang qu’elle rapporte a plus trait à l’hématose en gé-
néral, qu’à la sécrétion biliaire; sur ce que, dans les animaux, le foie est dans des rapports de volume avec le pou-
mon , dont l’hypothèse le fait un annexe, étant petit dans fes oiseaux, qui ont le poumon le plus gros, moyen dans les mammifères, qui ont le poumon d’une médiocre grosseur, et très gros dans Îles poissons, qui ont l’appareil respiratoire petit; enfin, sur ce que l’appareil biliaire modifie tellement Téconomie , par sa prédominance, qu'il a mérité de constituer la base d’un tempérament, ce qu’il ne peut faire que
par un office général et plus important que celui de la sécré-
ton biliaire. Mais d’abord toute cette doctrine repose sur
VPidée que la rate est un ganglion, et cette idée n’étant
qu'une conjecture, il en résulteque la doctrine ne peut qu’en être une elle-même. Ensuite, à supposer que la rate soit un ganglion , est-ce vraiment pour l’hématose générale qu’eile
élabore le sang? Le sang qui subit l FRA est celui de Vartère splénique; or, ce sang est le mème que celui qui nourrit tous les organes, et sé. par conséquent, est parfait . quelle nouvelle mixtion a-t-if donc besoin de subir? L’extirpation de la rate devrait avoir des suites bien plus funestes. * La présomption tirée de l’état du foie dans le fœtus est d’autant moins forte, qu’à cet âge la veine-porte est plus petite,
et que la partie du foie qui est volumineuse, est, non celle qui recoit la veine- porte, mais celle à laquelle la veine ombili-
cale se distribue. Le gros volume de la veine splénique se
à æonçoit tout aussi bien dans l’idée qui fait de la rate un di-
verticulum. Quant à l'influence exercée par l'appareil biliaire sur toute la constitution , elle peut tenir à la part qu'a la sécrétion de la bile sur la crâse du sang, quel que soit le sang qui alimente cette sécrétion, point sur lequel: | nous re tons ci-après. Toute cette re est done aussi peu admissible que les précédentes. 49 o Enfin , M. | sais, sectateur de l’idée que Îla rate est un dites ES
veut que le système de Ja veine-porte ait aussi cet usage, et que le sang trouve dans le tissu du foie un nouveau lieu à se mettre en dépôt, lors des retards ou arrêts de la circulation } | ou lors d'un reflux abondant sur la rate. Il ajoute que le sys®, tèmeca pillaire du foie devient une nouvelle cause d'impulsion | pour ce liquide, qui a à traverser une série de systèmes, capillaires. Dans cette hy pothèse, on concevrait pour quoi il | n’y aurait que les organes digestifs abdominaux qui cons courraient à former la veine-porte, ce nouveau diverticulum étant une suite de celui que fait la rate, et devant conséquemment avoir les mêmes relations. Quelque ingénieuse que soit cette idée, on est forcé d’avouer qu’elle n’est encore qu’une conjecture; et l’on voit que nous sommes, à l'égard des usages du système veineux abdominal, dans une ignorance plus grande encore qu’à l’égard de ceux de la rate.
Or, qui ne pressent que notre ignorance sur ces deux | points doit s'étendre à la question qui concerne spéciale ment la sécrétion biliaire ? les physiologistes sont dissidents’ à son égard ; de part et d’autre on n’invoque que des raid sonnements, et ces raisonnements sont tels qu’ils comman® dent le doute à tout esprit sage; aucun ne la résout d’une manière absolue, comme on va le voir. *
Par exemple, l’opinion, tout à la fois la plus génétalé | et la plus ancienne, est que la bile provient FF sang de la veine-porte, et voici les raisons sur lesqüelles on se Code à 10 le sang dé la veine-porte paraît plus propre que le sang artériel à faire la bile, car il est veineux, chargé comme tel. de plus de carbone et d'hydrogène, ét conséquemment plus! sapable de faire une humeur aussi grasse et aussi huileuse que Fest la bile. On a même cru que, pour cet eflet, cæ sang se chargeait de graisse en traversant l’épiploon; que
à SÉCRÉTION DE LA BILE. 50 c'était pour cela aussi que sa circulation était si lente, la Veine-porte étant sans valvule. 20 La veine-porte se distribue dans le foie à la manière d’une artère, et a des com- Municalions manifestes avec les vaisseaux sécréteurs de la bile. 30 Elle est plus grosse que l’artère hépatique, beaucoup plus en proportion pour son volume avec celui des sécréteurs , et l'artère hépatique ne semble être pour le foie que l’artère de la nutrition, que ce que sonL les artères >ronchiques pour le poumon. 40 Enfin, si la rate est un anglion sanguin , ce ne peut être que pour préparer:le sang le la sécrétion biliaire ; et l’on a quelques raisons de croire juil en est ainsi, quand on voit que la veine splénique orme la moitié de la veine-porte, et que la rate se montre énéralement dans la série des aniinaux, en raison du déeloppement du foie, et surtout de l’activité de la sécrétion iliaire. Il est certain, par exemple, que dans le fœtus, hez lequel la sécrétion biliaire est nulle, ou au moins peu. bondante , la rate et la veine splénique sont petites, tandis que l'artère hépatique est grosse; dans ce fœtus, la veine plénique ne fait qu’une petite partie de la veine-porte ; elle-ci estelle-même fort petite, et ne se distribue qu’au lobe roit du foie; ce n’est qu'à la naissance que se fait l’acfoissement de loutes ces parties.
Mais qui ne voit que ces raisons ne fondent pas une dé- 1onstraiion rigoureuse , et que plusieurs mêmes peuvent tre invoquées pour appuyer l’assertion inverse, c’est-à-dire idée que la bile dérive du sang de l’artère hépatique ? 0 On ne voit pas pourquoi la bile aurait plus besoin d’être érivée d’un sang veineux, que lesautres humeurs graisseuses L huileuses, la moelle, la graisse, par exemple, On a ici lé séduit par l'application vicieuse des notions chimiques, rOyant pouvoir expliquer plus facilement la formation “ne humeur grasse, en la faisant dériver d’un sang plus che en carbone et en hydrogène. Mais le sang de la veinerte est-il réellement plus riche en carbone et en hydrome? La graisse et la moelle, qui ne sont pas des humeurs oins grasses que la bile, ne proviennent-elles pas d’un ngartériel? Y a-t-il, chimiquement parlant, plus de rap-
ports entre la bile et le sang de la veine-porte , qu’entre la
graisse et le sang artériel ? Dans toutes les sécrétions, ny| a-t-1] pas nstbncion du sang , d’après des lois différent] de celles qui fondent la chimie générale ? Nous ne parlons pas de l’absorption de la graisse de l’ épiploon par le sang del la veine-porte, et de la présence de la graisse dans ce sangi ce sont trop évidemment des supposilions gratuites. 2° Si | veine-porte se distribue dans le foie, à la manière d’unë artère, est-il bien sûr que ce soit pour servir à la sécrétion biliaire ? Nous avons indiqué les diverses conjectures faites sur les usages de fa veine-porte, et plusieurs sont étrang oères à la sécrétion de la bile. Plusieurs faits montrent même le système de la veine-porte isolé de cette sécrétion; pan exemple, ce système existe dans le fœtus, chez lequél Ja sécrétion bihiaire est nulle encore, ou peu abondante; il manque , à partir des animaux invertébrés, bien que le foi et par conséquent la sécrétion biliaire , se montre dans tous les animaux jusqu'aux radiaires. Au moins le doute dans lequel on est, relativement aux usages de la veine: porte, doit empêcher de prononcer affirmativement que c’est pour la sécrétion biliaire que cette veine se distribue au foie. Enfin, l’artère hépatique y aboutit de même, eta d’aussi faciles communications avec les sécréteurs de la bile: 30 Si la veine-porte est plus en rapport avec le volume du foie que l’artère hépatique, celle-ci est plus en rapport aves la quantité de bile qui est sécrétée. Il ne faut pas , en effet. juger de l’abondance de la sécrétion par le volume du foie: il est possible que ce viscère ait encore d’autres usages! ainsi que nous l'avons dit, comme de servir de passage at: boissons absorbées, de diverticulum au sang dans les em: barras de la circulation , etc. On juge mieux de la quotité de cette sécrétion par la datiadine de la vésicule biliaire, eti est sûr que, d’après cette base, la veine- porte est trop g grosse et qu’au contraire l’artère hépatique a le volume suffisant 49 Enfin, l'argument tiré de l’usage de la rate, et des rap ports de du organe avec la sécrétion biliaire , n’est pas plu absolu, D'un côté, l’idée que la rate est un Dent n'es! qu’une conjecture, et nous avons vu qu'on pouvait ave
SÉCRÉTION DE LA BILE. 507 autant de vraisemblance attribuer d’autres usages à cet organe. D’un autre côté, les rapports entre la rate et le foie ne sont pas aussi grands qu’on l’a dit , et par exemple, ils sont moindres que ceux Œui existent entre la rate et l’estomac. Ainsi, le foie existe en presque tous Îles animaux, et la rale, au contraire, n’existe plus au-delà des vertébrés ; on trouve, comme l’a dit Haller, une grosse rate avec un petit foie, et vice versd ; il n’y a pas davantage de relation entre ces organes sous le rapport des maladies , et rien de plus fréquent que de voir le foie malade et la rate saine, ou le foie sain et la rate malade; enfin, nous avons déjà dit que la rate change de volume selon que l’estomac est vide ou plein, et que dans tous les animaux qui la possèdent , elle a avec ce viscère des connexions artérielles plus intimes qu'avec le foie.
La question est donc non résolue encore. Pour la terminer ; 1] faudrait, dans des expériences séparées , lier sur des animaux vivants, la veine-portie sur l’un, l'artère hépatique sur l’autre , et juger les effets qui s’ensuivraient sur la sécrétion biliaire. Or, ces expériences n’ont pas été faites, et, à supposer qu'on puisse les faire, il est probable que la mort avriverait trop promplement pour qu’on puisse en tirer quelques conséquences. Dans le doute où l'on est , les phyiologistes ont plus ou moins tranché la question : la plupart nt fait dériver la bile du sang de la veine-porte'; Bichat et M. Broussais, au contraire, la font provenir du sang de ‘artère hépatique, et ceux-ci ont pour eux l’analogie de outes les autres sécrétions, et ce qu'a de plus spécieux l’idée qui fait de la rate un diverticulum ; enfin, M. Magendie a dérive à la fois des deux sources.
| Ayant exposé tout ce qui à trait à cette importante disussion , nous n’ayons presque plus rien à dire sur la sécré- 16n biliaire, la plupart des autres détails ayant été donnés L Particle de la digestion. L’un: ou l’autre des deux sangs aférents, ou peut-être les deux, étant arrivés dans le Uussu lu foie, le système vasculaire sécréteur s’en empare , lesélajore et en fait la bile : celle-ci chemine alors dans la série les vaisseaux sécréteurs, et arrive au canal hépatique, qui en
est l’aboutissant. Sa circulation, dans ce trajet, est assez} lente, puisque quelquefois elle s "y épaissit au point de former | des calculs. Les causes de sa progression sont la continuité! de sa sécrétion, l’action contractile des radicules sécréteurs; | le secours des battementsdes artères voisines, celui des mous! vements de la respiration. Dans ce trajet, elle s’épaissit un! peu, étant dépouillée par l'absorption de ses parties aqueuses:} Enfin , arrivée au conduit hépatique, elle est portée, ou! dans le duodénum, ou dans la vésicule biliaire. On peut! revoir à l’article de la digestion ce que nous avons dit du) mécanisme de son excrétion , et de sa nature chimique. On! ne peut évaluer rigoureusement sa quantité; il ÿ a des dif-: férences SPAM EOS et d’autres différences qui sont dépendantes de l’excitation directe ou sympathique que reçoit Le
foie consécutivement à l’alimentation dont on use. | Quant aux usages de la bile, nous avons vu que cette humeur est le pr AN agent à: Ja chyhftetins Mais beaucoup de physiologisies pensent qu’en même temps qu elle remplit cet office local , elle concourt aussi en quelque chos& à la constitution du sang. Ils se fondent sur la grande in: fluence qu’exercr sur l’économiei ’appareil biliaire, influence que ne présente aucun autre Organe sécréteur , Si ce n ’est dd testicule, et qui est telle que la prédominance de cet appa: reil a suffi pour constituer un tempérament. Ceux qui on! fait provenir la bile du sang de la veine-porte ont dit qui cette sécrétion élait un moyen quiemployait la nature pou: débarrasser le sang veineux, même avant qu il parvint at poumon, du carbone et de l hydrogène qui le surchargentl Sans admettre cette dernière idée, qui est évidemment un! suite de la mauvaise théorie des chimistes sur la respiration! on pourrait concevoir que la sécrétion de la bile influàt sul la crâse du sang, quand bien même elle serait alimenté] par l’artère hépatique Et, en eflet, la sécrétion urinain n’exerce-t-elle pas à Pégard du sang une dépuration bieï importante? et n’émane-t-elle pas cependant du sam artériel? On dira peut-être que le produit de cette. st crélion est rejeté au dehors du COrpS ; mais 1l en est. même d’une partie, de fa bile an moins; la plus grand)
nn
EXHALATION CUTANÉE. 5og partie de cette humeur s'attache aux fèces, est la cause de leur couleur et est excrétée avec eux. Toutefois, quel que soit le genre de modification que fasse subir au sang la sécrétion biliaire , il ya, pour y croire, plusieurs raisons autres que celles que nous avons données déjà : par exemple, la couleur de la peau se modifie consécutivement à tous les changements qui surviennent dans la sécrétion biliaire; quand la sécrétion biliaire est supprimée, indépendamment des troubles locaux relatifs à la digestion, on en observe de généraux. Or, nous ne connaissons que l’état du sang et
V'appareil nerveux qui puissent développer dans l’économie des phénomènes généraux, comme nous le verrons en traitant des connexions de fonctions.
6 VI. Sécrétions excrémentitielles génitales.
Trois sécrétions importantes appartiennent à la fonction de la génération , une exclusive à l’homme, et les deux autres ‘propres à la femme. La première est la sécrétion du sperme, de ce fluide qui avive et féconde le germe. La seconde est l’exhalation des menstrues, qui se fait pendant quelques jours de chaque mois par la surface interne de l’utérus, pendant tout le temps que les femmes sont aptes à devenir mères. La troisième enfin, est la sécrétion du lait, fluide destiné à servir d’aliment à l'enfant nouveau-né. Mais, de même que plusieurs des sécrétions précédentes ‘avaient élé exposées à l’article des tonctions auxqueiles elles appartenaient , de même aussi nous croyons devoir renvoyer à l’article de la génération l’étude des trois sécrétions que nous venons de nommer, leur histoire exigeant des notions que nous n’avons pas encore , et que nous ne pouvons donner ici sans nous exposer à des répétitions,
. Ç VIT. Exhalation cutanée, où transpiration dite insensible. Par toute la surface externe de la peau, se fait d’une ma-
mière continue l’écoulement d’un fluide vaporeux, d’un ha- Jitus albumineux, qui, perdu aussitôt dans l'air, paraît
510 FONCTION DES SÉCRÉTIONS. | d’abord ne pouvoir être apprécié. C’est là ce qu’on appelle! la transpiration insensible. Cette expression est impropre, car la matière qui la constitue tombe sous les sens de plu-. sieurs manières; elle est, par exemple, manifestée par son! odeur; dans certains cas, on peut la voir, comme lorsqu'on! se place devant une glace ou devant un mur récemment blanchi; quelquefois on la voit se dégager en fumée; Ta! chenius, en s’enveloppant d’un linge trempé d’huile, en a recueilli assez promptement jusqu’à quatre onces; enfin, nous dirons tout à l’heure qu’on l’a pesée : elle est donc très: appréciable par les sens, et il faut l'appeler la transpira=| Lion cutanée. | Plusieurs savants, et entre autres M. Edwards a récen! ment émis cette idée, croient que dans la transpiration , il ÿ a deux actions , une physique, consistant dans l’évapora- | tion par l’air des parties liquides du corps humain, en! vertu de la loi générale qui amène une semblable évapora- | tion dans tous les corps qui sont mouillés et en contact avec l'air; et une vitale, consistant dans une véritable exhalaton excrémentitielle effectuée par la peau. Ils arguënt sur- | tout du desséchement auquel parviennent les batraciens et | les poissons, par suite de leur séjour prolongé dans Pair, desséchement qui, chez les derniers, amène promptement la mort, et qui.à de certaines limites de température, est tou=! jours en raison du degré de sécheresse de Pair. Ils ont cher: ché dès lors à séparer ce qui dans la transpiralion est dé. l'action physique de l’évaporation, et ce qui est de l’action organique de l’exhalation. Plaçant un animal à sang froid dans un air très humide, et tel que l’action physique de l’évaporalion ne pouvait plus se faire, dans un air d’une température égale à celle de l’animal , ils ont reconnu que l'animal avait perdu six fois moins de poids que dans l’air ordinaire, d’où ils ont conclu que c’était l’action physique de lPévaporation qui avait la plus grande part dans les pertes que fait faire la transpiration. Sans doute, nous croyons que les lois générales conservent encore un peu d’empire sur les. corps vivants, el que beaucoup de phénomènes physiques tendent encore à se produire en eux ; nous reconnaissons que
EXHALATION CUTANÉE. 51 cela est, par exemple, des phénomèmes d’imbibition en cerlaines circonstances, et peut-être de ceux d’évaporation dont ilest question ici. Mais nous pensons que M. Edwards a fait ici à l’homme une fausse application de ce qui a lieu dans les animaux aquatiques ; et que si une action physique d’évaporation a quelque part à la transpiration, cette part est la plus petite, et que l’action organique de l’exhalation est celle qui y concourt le plus. Toutefois, c’est de celle-ci dont nous iVOns surtout à nous occuper ici.
Nous avons, à l’article du sens du tact, indiqué la texure de la peau ; conséquemment il est inutile d’y revenir C1 : On sait qu’à la surface de cette membrane aboutissent es orifices de vaisseaux exhalants, qui y sont disposés comme lans toutes les membranes exhalantes quelconques. Or, ces läisseaux exhalent d’une manière continue une malière sous orme de vapeur , qu'aussilôt l’air dissout , ou que les vêtenents absorbent, qui fait comme une atmosphère autour lu corps, et qui, eu même temps qu’elle fonde une perte our l’économie et est un émonctoire de la nutrilion, paait être un des moyens par lesquels se maintient notre temérature à un degré fixe.
* Cette matière est incolore, plus pesante que l’eau, et, elon M. Thénard, composée de beaucoup d’eau , d’une peile quantité d’acide acétique libre, de muriates de soude t de potasse , de très peu de phosphate de chaux et d'oxyde le fer, et d’une quantité plus petite encore d’une maticre nimale particulière approchant de la gélatine. M. Berzéus dit que l’acide de la lranspiration n’est pas de l’acide cétique, mais de l'acide lactique : il y a aussi de l'acide arbonique.
Son excrétion est la conséquence irrésistible de sa producon , puisque les exhalants de la peau aboutissent à la surice externe de cette membrane. |
Sa quantité ne peut être appréciée directement, puisqu'on e peut la recueillir en entier et la peser : mais on a cherché
la counaître par des moyens indirects. Il est de fait que si n se porte bien, et qu’en même temps on n’engraisse ni ne roisse , le corps revient à un même poids après un certain
intervalle de temps. C’est une preuve que, dans cet intervalle de temps , les excrétions ont égalé en quantité les ingestions, c’est-à-dire que le corps a rejeté hors de lui au: tant de matière qu’il en avait pris au dehors. Or, il était possible de connaître la quantité des ingeslions, en pesan! tous les aliments et toutes les boissons qu'on prenaii dan: un temps donné. On pouvait de même connaître celle di toutes les excrétions dites sensibles, les fèces, et l’uriné! par exemple. On crut conséquemment que ce qui manque! rail aux excrétions sensibles pour égaler en poid Îles inges! tions , pouvait être considéré comme constituant la masse di la transpiration insensible. C’est sur ce plan que furen! faites les fameuses expériences de Sanctorius. Ce médecis s'établit trente ans de suite dans une balance; et, notanl à une époque déterminée le poids de son corps, il pesa scrui puleusement, d’une part, tout ce qu'il prenait pourss! nourriture, d'autre part toutes ses excrétions sensibles ;ve opposant la quantité des uns à la quantité des autres, lors que son corps était revenu à son poids primitif, il considér comme le poids de la transpiration insensible , tout ce qu manquait aux excrétions pour égaler les ingestions. Par @ procédé , il crut voir que la transpiration était la plus abor dante de nos excrétions, constiluait à elle seule les ci huitièmes de nos pertes. Sur huit livres de mauères inge rées , il n’y avait en effet que trois livres d’excrétions sens! bles, dont 44 onces d’urine, et 4 de fèces ; et il restait con séquemment cinq livres de perspiration cutanée. # Ces expériences furent répétées partout et employées. connaître, non-seulement Île rapport de Îa transpira Lio insensible aux autres excrétions, mais encore les variatiôi de cette excrétion selon les âges, les climats, les circoi stances diverses de la vie. Dodart, par exemple, dit que France son Lerme moyen est d’une once par heure, qu'el est aux excréments solides comme 7 à 1, et à toutes lese! crétions en généra}, dans le rapport de 12 à 15. Robinson expérimentant en Ecosse, établit que, dans Ja jeunesse, el est à l'urine, comme 1340 à 1000, et dans la vieilless! comme 967 à 1000. Sauvages , qui habitait le midi de
ni
EXHALATION CUTANÉE. 513 . France, trouva que sur 60 onces de matières ingérée avait 5 onces de fèces, 22 d’urine, et 33 de Pérspiration cutante. Gorter, en Hollande, établit à peu prés les mêmes Proportions; sur go onces, il ÿY en avait 6de fèces, 36 d’urine j et 49 de perspiration. Selon Keill, au contraire, la quantité de la transpiration est moindre que celle de Purine; i] n'y ‘avait que 31 onces de a première, sur 38 de la seconde. Rye dit que la Perspiration était à l’urine, comme 14 à 16, et annonça entre les excrétions les proportions suivantes dans chaque saison : au printemps, Ja quantité d'urine était de 40 onces , et celle de la perspiration de 6o ; en él , la perspiration avait augmenté de 3 onces, et l’urine avait diminué d'autant; en automne, la quantité d’urine resta la même, mais la perspiration diminua et ne fut plus que de 50 onces;. enfin, dans l'hiver, l’urine augmenta de 3 onces. Selon Linning, qui observait dans la Caroline méridionale , la perspiralion l'emporte en Quantité sur l’urine pendant cinq mois, et Purine, au contraire, sur Ja perspiration pendant 7; c'était en septembre que la Perspiration Cutanée était Ja plus abondante, et en décembre, que Ja sécrétion urinaire était la plus active. Dans un climat sej}tentrional, sur trois livres d'aliments pris, il y eut; dans un jour d'hiver, 5 onces de transpiration, el deux livres 10 onces d’urine ; dans un jour de Printemps, 12 oncés de perspiration, et deux livres 8 onces d'urine: dans un jour d'automne, 15 onces de perspiration , et deux livres 5 onces d’urine ; et enfin, dans un jour d'automne , 3 onces de tran- Spiration , et deux livres 5 onces d’urine. On rémarqua que dans la vieillesse l’urine prédominait, tandis que dans l’enfance c'était la perspiration. On reconnul que dans les mois chauds de l’année, la perspiration était à l’uvine + COMme 5 à 8; que dans les mois froids, elle ne lui était plus que comme 2 à 3; et qu’en avril, mai, octobre, novembre et décembre, il yavait égalitéentre les deux excrétions. Enfin, de semblables travaux ont été faits de nos jours encore ÿ Dar Lüporster et Séguin, d’une part, et par M. Edwards, de autre. D'après les premiers, Ja plus forte quantité de transpiration est de 32 grains par minute ; 3 onces, 2 gros, 48 grains par heure ; TOME TIT. 33
cinq livres par Jour : sa moindre quantité est de 11 grains par minute; une livre, 11 onces, 4 gros par jour : elle est À son minimun pendant la digestion, et à son maximum après l’accomplissement de cette fonction : lés mauvaises digestions la diminuent, on à pius de poids pendant quel ques jours; mais à mesure que l'équilibre de santé se rétablir, on revient à son état primitif. Selon M. Edwards , la transpiration, examinée de six heures en six heures , entraîne des pertes qui vont en diminuant successivement ; elle augmente après le repas, pendant le sommeil, par l'état de sécheresse de l’air, son agitation , sa chaleur sur tout : admettant en elle l’action physique de l’évaporalion, il croit même, pour l'avoir expérimentée sur des animaux à sang froid, qu'il plaçait sous le récipient de la machine pneumatique, et qu’il soumettait au vide, que le degré de pression atmosphérique n’est pas sans influence sur elle. Tous les résultats obtenus dans ces expériences sont di= vers, etilne pouvait pas en être autrement. D'abord, le procédé employé donne lieu à des erreurs inévitables. D’un côté, l’air qu’on respire, ainsi que les différents fluides | aériformes que l’absorption cutanée peut introduire dans l’économie, ne sont pascompris dans la somme des matières : ingérées. D’autre part, les expérimentateurs ne comptèrent pas avec un égal soin toutes les excrétions sensibles, et plusieurs se bornant aux fèces et à l’urine, négligèrent de tenir compte des crachats, par exemple, dela matière du mou: cher, etc. On rapportait, au contraire, à Ja transpiration cutanée la matière de la perspiration pulmonaire. Enfin; il pouvait arriver que le corps fût revenu à son état pris mitif, avant que toutes les substances ingérées fussent assis milées à sa substance. En second lieu , et ceci est surtout | la raison principale , la perspiration cutanée varie à l'infini | selon diverses conditions de l’univers extérieur et de lors ganisme, et participe de la mobilité qui est propre à la plupart des phénomènes vitaux. Par exemple, abondanté chez l'enfant où elle est acidule, et à la puberté qui lus donne comme un caractère musqué, elle est rare chez le vieillard. Dans l’homme, elle est généralement plus abon-
EXHALATION CUTANÉE. 515 -dante que chez Ja femme, chez laquelle elle devient acidule à l’époque des règles. Chaque individu offre , à l'égard de cette sécrétion > Sa Constitution propre; abondante chez Jun, elle est moindre chez l’autre. Elle augmente dans l’été, diminue dans l'hiver » prédomine dans les pays chauds, est plus faible dans les pays froids. Elle est surtout en rapport avec le degré d’excitation de la peau , et le besoin de la dé- Puraätion du sang et de la décomposition du corps, dont elle est un des agents. Si la peau est excitée, soit directemen par des frictions , soit Sympathiquement par suite de ses Connexions avec les autres organes du corps, l’action de iranspiration s’exalte. Si le sang est surchargé de parties aqueuses, si l’on est à l’époque de la vie où la décomposition du corps est active, la transpiration , Qui est une des Voies par lesquelles ces besoins s’accomplissent , redouble. Etant en solidarité avec les autres excrétions, les suppléant, si elles sont inactives , diminuant , au contraire, si elles sont plus abondantes, les équilibrant, sa quantité doit être un peu en raison de ce qu'est la leur. Il n’y a donc rien de plus mobile que la perspiration cutanée. Chercher à en déterminer la Quantité, c'était, dit Bichat, une chose aussi Vaine, que de chercher à spécifier quelle quantité d’eau est vaporisée à chaque heure sous l'influence d’un foyer dont on fait à chaque instant varier l’énérgie. L’évaluation est encore plus impossible à obtenir;si Pon:.adet que la transpiration est un phénomène mixle, moitié physique, moitié organique, car. il faudra faire la part de es deux actions , ét apprécier l'influence que chacune rejoit des circonstances extérieures et organiques. Ce qu’il ya de sûr, c’est que dans l’état de santé , ceite xcrétion est fort. abondante, qu'eile est la plus ordinaire ux gens forts, celle qui soulage le plus. Les variations lont elle est susceptible, ne portent pas seulement sur sa [uantité, mais peut-être aussi s'étendent à sa nature : il est 0ssible que la matière de la transpiration soit quelquefois ifférente d’elle-même; la chimie aurait pu apporter ici uelques lumières, mais elle ne l’a pas fait. On a vu seulenent que dans les animaux, les sels de la transpiration
sont d'autant plus abondanis, que l'urine est moins chargée | de radical acide phosphorique : ces sels s’attachent à la peau | en telle quantité, que des soins particuliers , l’étrille, par! exemple, deviennent nécessaires pour les en détacher. Chez l’homme , où ils sont moins abondants, il suffit, pour les} enlever , de changer de temps en temps de linge, et de re courir à des bains.
Quant aux usages de la transpiration, peut-être celle excrétion a-t-elle encore quelque utilité locale , ou autre: que la décomposition du corps. Ainsi, ona dit qu’elle servait à entretenir la souplesse de Îa peau ; que son produit, en se vaporisant , enlevait au corps du calorique, et maintenait la température de celui-ci à un degré fixe. Mais il est sûr, à juger d’après son abondance, qu’elle estune des sécré-; tions prochainement dépuratrices et décomposantes, et sous ce rapport, une de celles qui a les rapports les plus intimes avec la sécrétion urinaire. Cela est si vrai, qu'il y a beaucoup d'animaux dans lesquels elle accomplit à elle seule la décomposition du corps, la sécrétion urinaire n'existan pas- | À ce titre, on conçoit ses liens avec toutes les autres sécrétions , et combien il importe qu’eile ne soit, ni supprimée , ni contrariée. On pressent aisément quels ravages doit causer dans l’économie la suppression de la sécrétion urinaire; il en résultera d’analogues de la suppression de LÉ transpiration. Ces deux excrétions , en effet , sont les seule: qui aient pour usage spécial d'accomplir la décomposition du corps : et si l’on réfléchit, d'autre part, combien le peau est disposée à être contrariée dans l’exercice de cetti fonction; soit par les influences qu’elle reçoit des corps exté rieursauxquels elle estimmédiatementexposée, soit par celle! qu’elle recoit des autres organes du corps, au moindre phé nomène organique un peu intense , à cause des nombreuse: et délicates sympathies qui l’unissent à eux; surtout pal les rapports qui existent entre la température extérieure la transpiration ; on concevra combien de maladies doiven reconnaître pour causes des modifications dans l’accomplis sement de cette excrétion. Que la perspiration cutanée soil