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DE LA SUEUR

Contrariée, souvent alors la nature. transporte sur d’autres

systèmes la matière dont cette excrétion devait débarrasser le corps; et diverses maladies éclatent , ou des rhumatismes, ou des hydropisies, ou des dysenteries, des

catarrhes, selon que ce sont les systèmes musculaire, sé-

reux, le canal intestinal, les membranes muqueuses , qui deviennent le point de la fluxion. De là le précepte de beau-

coup soigner l’état de la peau dans ces affections, d’en ex-

citer la transpiration. Le thérapeutiste enfin a souvent à considérer la peau , comme siége d’une excrétion qui peut

servir à la dépuration du sang; quel avantage retire sou-

vent le médecin de l’emploi des frictions cutanées, des vêtements de laine, etc.

Ç VIII. De la Sueur.

La. peau est encore, mais en de certaines circonstances

seulement, et non d’une manière continue, le siége d’une

exhalation, dont le produit n’est plus une vapeur, un haltus, mais un liquide qui se montre en gouttes sur toute sa surface : c’est celle de la sueur. La sueur est-elle une sé-

crétion autre que la précédente, ou n’est-elle que la tran-

Spiralion augmentée? On croit généralement ce dernier point, et l’on regarde la sueur comme ie produit de la surexCitalion de l’action transpiratoire de la peau. Ce qu’il y a de sûr au moins, c’est qu’elle est sécrétée par les mêmes vaisseaux exhalanis. Cependant , il ÿ a quelques différences dans sa nature; le liquide de la sueur est généralement moins chargé d’acide carbonique que la vapeur de la iran-

Spiration, mais plus riche en sels; ceux-ci se déposent sur

la peau , et s’y montrent quelquefois sous forme d’écume ou

de flocons blancs. |

‘Le mécanisme de sa production est celui de toute exhalation quelconque, et son excrétion est le fait irrésistible de son versement à la surface externe de la peau. Mais cette exhalation n’a lieu qu'éventuellement , par l'influence d’une température chaude, d’une excitation directe ou

sympathique de la peau > et d’une excitation de la circu-

lation. Nous avons dit que la transpiration était augmentée par l’influence d’un air plus chaud ; il est d’observation vulgaire que la chaleur porte cette éshelation au degré qui constitue la sueur. Une excitation directe on sympathique de la peau a le même effet ; ne l’excite-t-on pas par des frictions ? Que de fois dans la vie surviennent des sueurs sym-

pathiques , comme dans les affections de l’ame, les maladies,

du poumon , de l'appareil digestif! Enfin, on observe que

tout ce qui active la créblatién en général, comme une

course, des efforts musculaires, etc., produisent la sueur. Du reste, toutes les parties de la peau ne sort pas égale-

ment disposées à à exhaler la sueur : celles où cette exhala

tion se montre le plus souvent sont le front, les aisselles, les aînes, les mains, les pieds; en général toutes celles qui reçoivent une quantité plus considérable de sang, qui sont

plus sensibles, et qui ont avec les autres organes des sympa-

thies plus délicates et plus multipliées.

Cette excrétion n’ayant lieu qu'accidentellement, ne pouvait entrer primitivement dans le mouvement de dé-

composition du corps. Aussi y a-t-il moins de dangers à en:

provoquer la suppression ! Cependant on parle souvent des résultats funestes d’une sueur rentrée : ils sont réels en eflet; mais ils ne sont pas dus à la rétrocession d’une matière excrémentitielle , dont l’expulsion imporlail à à l’écouomie , ils tiennent à ce que l'excitation qui se passait à la peau pour la production de la sueur, est tout à coup appelée sur un autre organe, et y détetrpe une congestion morbide; il y a eu métastase, non de la sueur, mais du mouvement vital, si on peut parler ainsi; et si la sueur cesse alors de couler, c’est parce que deux parties de notre écono-

mie ne peuvent être à la fois en exaltation d’action. Par la.

même raison, on n’a pas fait, pourapprécier la quantité de la sueur, les mêmes efforts que pour la transpiralion. Etle* est d’ailleurs aussi variable que cette excrétion ; sa quantité, sa susceptibilité à se produire varient mille fois selon les âges , les sexes, les tempéraments, l’état de santé où de ma-

ladie, le degré de sensibilité de la peau, le besoin de dé: puration du sang, etc. Généralement, la sueur est plus fa-

DES EXHALATIONS MUQUEUSES. 519 gile dans la jeunesse. Du reste, chacun a, à cet égard, sa constitulion propre; tel sue avec beaucoup de facilité et par les moindres eflorts , tandis que tel autre ne sue jamais. Son utilité première paraît être de rafraîchir le corps, en en absorbant le calorique , lorsqu’elle se vaporise. Cependant, comme en dernier résultat elle fonde pour l’homme . une déperdition , elle se montre aussi solidaire des autres excrétions; si celles-ci manquent, elle coule avec abondance; si elles sont considérables, elle est rare. A raison de l’extrême sensibilité de la peau, des nombreuses sympathies de cette membrane avec tout le corps, la sueur est un des phénomènes les plus fréquents pendant la vie, et, par exemple , un des symptômes les plus communs des - maladies.

Ÿ IX. Des Exhalalions muqueuses, et particulièrement de la Perspiration-

pulinonaire.

Les membranes muqueuses, que nous ayons présentées tant de fois comme ayant beaucoup d’analogie de structure et de fonction avec la peau, sout aussi, comme cette membrane, le siége d’une exhalation transpiratoire , dont le pro-

duit se mêle aussitôt aux matières ingérées ou destinées à être excrélées, qui sont en contact avec elles. Nous ne ferons que mentionner celle transpiration, à l'égard de la muqueuse digestive et de la muqueuse génito-urinaire : mais nous nous arrêtcerons un peu sur celle de la muqueuse respiratoire, parce que son produit peut être recueilli séparément, et forme ce qu’on appelle la matière de la perspiration pulmonaire.

C'est la membrane muqueuse du poumon qui est l’agent de cette sécrétion. Long-temps on pensa que son prodnit était formé de toutes pièces dans l’acte de la respiration, par la combinaison de l’oxygène de l'air inspiré, avec l'hydrogène et le carbone du sang veineux. Mais à l’article de la respiration , nous avons réfuté tout ce point de doctrine ; la combustion dé l'hydrogène nese fait jamais sans déflagration; nous

avons objecté que la matière de la perspiration pulmonaire

était également ob tenue,quand on respirait des gazquinecon-. tenaient pas d'oxygène, de l’azote ou de l’hydrogène, par exemp'6; nous avons dit que cette matière n’était pas une vapeur. aqueuse pure, maisune vapeur chargée d’une matièreanimale,

car elle est putrescible. Aujourd’hui la perspiration pulmonaire est universellement attribuée à une sécrétion vitale. Mais de quel sang provient-elle? est-ce du sang veineux de l’artère pulmonaire, ou du sang artériel des artères bronchiques ? 1l est difficile de prononcer, car pour ces deux cas, les arguments sont les mêmes, ou également puissants. Une injection poussée, soit dans l’artère pulmonaire, soit dans les artères bronchiques, vient également sourdre à la

ET tenu

surface des bronches. La matière de la perspiration pul-

monaire accuse la présence des substances étrangères poriées

dans le sang, aussi promplement que les autres excré-*

tions ; nous avons cité, à l’article de la respiration, d’ingénieuses expériences de M. Magendie à cet égard. Nous pouvons renvoyer à ce lieu, pour tout ce qui est relatif à cette question.

Nous mentionnerons cependant iei de nouveiles expériences faites par MM. Breschet et Milne E dwards, dans la vue de rechercher la cause pour laquelle Ja perspiration pulmo-

naire expulse promptement les diverses substances gazeuses | et liquides qui ont été portées dans le sang. Nous avons vus que M. Barry, en soustrayant,à l’aide d’une ventouse, une parte quelconque du corps à la pression de Patmosphère, « empêchait toute absorption de se faire en cette partie: nous.

avons dil que, par suite, ce médecin avait fait dépendre Paction d'absorption de la pression de l’atmosphère , lors-

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