DE LA SÉCRÉTION URINAIREÉ
pagne ordinairement les lactates ; matière animale insoluble dans l’alcool, mais qu’on ne peut séparer de la matière précédente, 17,14; phosphate terreux, avec un vestige de chaux, 1,00 ; acide urique, 1,00 ; mucus de la vessie, 0,32; enfin , silice, 0,03. Ce n’est pas ici le lieu d'exposer le procédé compliqué par lequel on parvient à cette analyse. Nous dirons seulement que, lorsqu'on laisse pendant quelques heures de l’urine en repos, il se dépose sur les parois du vase un sédiment jaunâtre, qui est de l'acide urique ; qu'après quelques heures, l’élément urée se décompose, et qu'il se forme de l’ammoniaque, etc. Quelquefois cette urine laisse déposer dans l'étendue de ses voies d’excrétion quelques-uns des éléments qui la composent , et de là la formation de calculs, origine de deux maladies cruelles, la . sravelle et la pierre.
Quant à la quantité de l’urine, elle est généralement de trois à quatre livres par jour; c’est de toutes les humeurs sécrétées la plus abondante : aussi l’artère rénale est-elle très grosse, et porte-t-elle au rein la sixième ou la huitième partie de tout le sang du corps, selon Haller.
Du reste, cette humeur est, comme toute autre , trés va- Hable dans ses propriétés physiques et chimiques, et dans a quantité, selon les conditions organiques diverses dans lesquelles on peut être, et surtout à cause de son usage , qui est de dépurer le sang. Ainsi, changeant selon les âges, He est moins colorée dans l’enfance , et plus graveleuse dans a vieillesse. Dans la femme , elle est plus aqueuse et plus bondante que dans l’homme. Chacun a , à cet égard, sa onstitution. Elle varie selon les saisons, les climats. Elle st modifiée par l’état desautres sécrétions excrémentitielles lont elle est solidaire : par exemple, quand les perspiraions cutanée, pulmonaire , les exhalations séreuses, celulaires, abondent; quand il y à hydropisie, anasarque ; Île est moins abondante, plus rouge, plus concrescible ; et ouvent alors l’artère rénale va jusqu’à être rétrécie , ce qui st un effet, et non une cause de la maladie. Cette humeur ffre surtout des différences selon l’état de maladie: par xemple, dans le début des maladies, elle est généralement,
544 FONCTION DES SÉCRÉTIONS. | | ou claire, ou supprimée; sur leur décliu ,au contraire, elle: est toujours avec nuage, énéorême , RAA t offre des degrés divers de consistance, de composition ; dle abonde, par exemple, en phosphate de chaux chez Îles rachitiques el en manque au contraire chez les goutteux. On sait combien son apparence est souvent nn A dans Ja pratique de la médecine, plus à la vérité sous le rapport de ses formés extérieures, que sous je rapport de sa composition chimique. Loin de nous, sans doute, la pensée d’exagérer la valeur des indices que lon doit à l ins pestoR de l urine ; nous déplorons trop l’abus honteux qu’en font les charlaz tants. Mais les rapports du rein avec fa nutrition générale, comme chargé d’une sécrétion décomposante ; Îa DD PU que l'appareil urinaire soit choisi pour couloir de la dépuration critique, qui se fait souvent à la fin de chaque maladie ; et enfin la facilité avec laquelle lesreins répon: dent aux diverses irritations sympathiques, expliquent assez pourquoi celle sécrétion est de toutes, celle qui se modifie le plus dans les maladies. 1 La secrétion de l’urine, à la différence de toutes les au: tres sécrétions précédemment examinées, ne remplit aucun usage local; ses offices ont exclusivement trait au sang dont elle effectue la dépuration, et à la décomposition du corps. Mais, à ce double titre, elle prend rang parmi Te actions les plus prochainement nécessaires à la vie, comme nous allons je faire voir. | D'une part. il aflue sans cesse dans le sang, soit du dehors, seit de l’économie elle-même, beaucoup de substances ae qui altérent ce fluide , et dont ii a besoin d’êtxe dépuré, D'un côté, les cavités digestive et respiratoire, @l ja grande surface de la peau, sont une triple voie, par Îæ quelle Fabsorption fait pénétrer du dehors dans le sang beaucoup de substances étrangères. Nous avons dit en effet qu’avec le chyle, comme avec l’oxygène de l'air respiré, pénétraien t souvent quelques principes non digérés des ab
ments, leur matière colorante, par exemple, et quelques: uns des éléments étrangers tenus en suspension dans l'an que lon respire. D'un autre côté, beaucoup de fluides sé-
DE LA SÉCRÉTION URINAIRE. 545 crétés, même excrémentitiels, si quelque obstacle les arrête dans les voies de leur sécrétion, sont de même résorbés et portés en uature dans le sang ; on l’a vu souvent de la bile, delait, du pus, des fèces elles-mêmes. Or, c’est la sécrétion urinaire qui est principalement chargée d'éliminer ces sub. Stances et d’en dépurer le sang. Ainsi, l’urine se montre co- lorée en jaune ou en rouge, selon que l’on à mangé des aliments teints avec de la rhubarbe ou de la garance ; en elle se voient bien vite ceux des principes de nos aliments qui ont pénétré sans être chylifiés. Il en est de même des boissons; avec prompütude l’urine débarrasse le sang du superflu de partie aqueuse dont elles l’ont surchargé : de là même la distinction que l’on a faite de l'urine de la boisson et de Purine de la nutrition, la première n’élant que le superflu de partie aqueuse que les boissons ont portée dans le Sang ; la seconde étant au contraire formée des élémen ts repris au sang pour ellectuer la décomposition du corps. Nous en dirons autant des éléments étrangers absorbés dans l’air de la respiration ; quand on respire dans un appartement nouvellement peint à l'essence de térébenthine, l'urine ne prend-elle pas une odeur de violette , COMME si On avaitin Jecté cette substance dans le sang ? Enfin, cette humeur rejette aussi au dehors les maticres que l'absorption interne a pu puiser dans l’économie, et reporter accidentellement dans le sang; et, par exemple, ne se charge-t-elle pas de bile dans l’ietère ? | D'autre part, on sait que labsorption interne reprend dans tous les organes une partie des matériaux qui les composaient, à mesure que la nutrition leur en assimile de nouveaux. Nous avons dit que tout organe se décompose dans la même proportion qu’il se recompose, Or, c’est la sécrétion urinaire qui accomplit cette décomposition ; elle en est même Îa plus forte preuve. En effet, l’alimentation pourrait ne servir qu'à remédier aux pertes qu'ont fait faire aux corps les autres excrélions dont nous venons de parler : Mais à quoi pourrait servir la sécrétion uripaire, Qui évidemment n’a aucune utilité locale, si ce n’est de rejeter hors de l'économie les débris usés des organes? La dép D Tome III. 2
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tion du sang ne pourrait seule en expliquer l’abondance et la nécessité. |
De ces deux offices que remplit la sécrétion urinaire, le. premier, la dépuration du sang, semble consister en un: simple triage. Les matériaux hétérogènes, quelle que soit” Jeur source, mêlés au sang, roulent avec ce liquide, et, pré-# sentés aux reins, s’attachent en quelque sorte à l’urine qui / en est le produit el sortent avec elle. C’est si bien ainsique «
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s'opère cette dépuration, que ces matériaux hétérogènes, «
qu’on peut suivre en quelque sorte dans tout le trajel qu'ils
parcourent, et reconnaitre dans le chyle, la lymphe et le” “sang, quelquefois s’engagent dans d’autres couloirs, des « couloirs sécréteurs récrémentitiels, par exemple, ou les cou- 1 loirs nutritifs. Ainsi, l’on a vu quelquefois le fluide des. hydropisies manifester les qualités des aliments qui onts été pris, celles de la bile dans l’ictère. Ainsi, Duhamel'a vu les os se colorer en rose à la suite de l’usage d’aliments co=# lorés avec la garance ; et l’on distingue très bien au goût le®
lapin nourri aux choux, de celui qui est nourri au thym
ou au serpolet. Mais, soil parce que la sécrétion urinaire.
est celle qui remplit spécialement la décomposilion, soit à cause de quelque disposition anatomique spéciale, c’est elle qui plus facilement et plus abondamment extrait les matériaux étrangers qui surchargent le sang. On sait qu'elle est
aux boissons, à cet égard, ce que la défécation est aux ahi-#,
ments solides.
Sous ce dernier rapporL, il est une proposition qu'ont.
émise quelques physiologistes, et que nous devons discuter. La boisson est quelquefois reudue par l’urine avec une ex-
trème promptitude, avec un£ promptitude que semble ne devoir pas permettre le long cours de la circulation ; et, à8 cause de cela, on s’est demandé s’il n’y avait pas quelques.
voies directes de l'appareil digestif à la vessie. A l’appui des ce soupçon, On à elle quelques faits. Par exemple, Chirac dit avoir vu la vessie se remplir d’urine, quoique les ure-
tères fussent liés; il dit avoir provoqué des vomissements#
urineuxen liant les artères rénales : on assure avoir re trouvé:
dans la vessie l’huile qui constituait un clystère : Darwin,"
SRE 5
| DE LA SÉCRÉTION URINAIRE. 547 ayant fait prendre à un de ses amis du nitrate de Polasse, retrouva ce sel dans l'urine, mais sans pouvoir le moindre atome dansle sang ; Brand fit ] à l'égard du prussiate de potasse. Ainsi, ce ne serait pas par la circulation que ces substances seraient parvenues à l’ap-" pareil urinaire; et de là la pensée qu'il existe un canal direct .de l'estomac à la vessie » OU que c’est par le tissu cellulaire intermédiaire que ces substances ont gagné ce réservoir. Mais le canal de l’estomac à la vessie n'existe pas ; à la transmission à travers les aréoles du tissu la elle choque toutes les lois de la physiologie, Nous avons déjà dit que Gmelin et Tiédemann aVaient examiné le tissu cellulaire de l’abdomen > après avoir fait boire aux animaux sur lesquels ils faisaient l'expérience, des boissons colorées ou odorantes , et qu'ils n’y avaient trouvé aucune trace de ces boissons. Les faits de Chirac sont certainement faux ; le rein seul, dans notre économie, peut fabriquer de l’urine. Certainement, on a confondu ici ce qui est de la Suppression de la sécrétion » Et ce qui est de la suppression de l’excrétion. Ainsi , lie-t-on les artères rénales ? suppression de la sécrétion , mort » parce que le sang n°a pas éprouvé la dépuration salutaire ; mais on ne irouve d’urine en aucun point de l’économie. Au contraire, lie-t-on seulement les uretères ? suppression de l’excrétion > Mort aussi, si cette suppression se prolonge; mais l'urine regorge dans toute Péconomie ; faite au rein comme à lordinaire, mais Stagnant dans ses voies d’excrétion ; l'absorption l’a reprise, portée dans le sang, d’où elle s'échappe par les divers couloirs; la derspiration cutanée, la sueur, les vomissements, ont alors un araclère urineux. Cette absorption explique de même comnent l’urine a évacué quelquefois la matière d’un clystère, e fluide d’une hydropisie. Quart aux faits de Darwin et le Brand, on ne peut en tirer de conséquences absolues ;: le ang et l’urine étant des liqueurs fort différentes chimique nent , 1] est possible qu'une même substance mêlée à ces iquides se laisse saisir par un réactif dans l’un et s’y dérob lans l’autre. D’ailleurs M. Fodera a été plus habile qu Darwin et Brand : ayant introduit dans la vessie d’un |
en signaler a même remarque
et quant miIneux ,
apit
une sonde bouchée, ayant lié sur la sonde le pénis pour empêcher l’urine de couler sur les côtés , il a injecté dans l’estomac de l’animal une solution d’hydrocyanate ferruré de potasse : alors débouchant fréquemment la sonde , il a reçu, sur du papier joseph, des gouttes d’arine, et soumettant», ensuite ce papier à des réactifs, il a pu reconnaître l’instant | où l'urine était chargée de la solution portée dans l’estomac: cela arrivaitau bout decinqou dix minutes: alorstuant aussi- | tt l'animal , et examinant lesang danses diverses parties du | corps, il y a trouvé le sel. Nous concluons donc, que c’est par la voie de la circulation que les boissons arrivent au rein ; À et si l’on réfléchit au volume considérable des artères réna-* les, qui apportent aux reins la huitième partie de tout le: sang, une quantité qu’on a estimée être de dix mille onces”. par heure ; si l’on pense au trajet très court de ces artères,
à leurs promptes ramifications dans le tissu du rein, à leur communication avec les sécréteurs, quiest plus facile qu’en. aucune autre glande, d’où cette opinion émise qu'on a plus, d’espoir de découvrirdanslerein le mécanisme des sécrétions, qu'en aucun autre organe sécréteur , elc., On iTrouvEra ces particularités anatomiques lrès propres à confirmer notre ässertion. Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit des vaisseaux chylopoichques urinifères de M. Lippi.
Si le mécanisme par lequel la sécrétion urinaire a effectué, la dépuration du sang a paru facile à pénétrer, et consister en un simple triage, il n’en est pas de même de celui par lequel cette sécrétion accomplit son autre office, la décom=. position du corps; :l est tout-à-fait inconnu. On ne peut pasl de même suivre pied à pied cette décomposition. En effet, que pouvons-nous En assurer ? Les débris usés des organes sontl d’abord repris par l'absorption interstitielle, et portés dans lan Jymphe et le sang veineux : ces fluides vont ensuite se chanëk ger en sang artériel dans le poumon ; etenfin, ce sang artés riel, le même qui nourrit les organes et en effectue la com=" position , alimente la sécrétion urinaire, et par conséquent accomplit ja décomposition. Or, dans tout ce trajet, on ne. peut reconnaître el suivre les molécules organiques, depuisk le moment où l'absorption les retire des organes , jusqu'às
DE LA SÉCRÉTION URINAIRE. 549 celui où le rein les rejette sous forme d’urine, On peut même s'étonner que ce soit du même sang qui nourrit les organes, que provienne l’urine qui en représente les débris. Quel peut être le motif d’une pareille disposition ? La nature a-t-elle voulu par là ne rien rejeter du corps qu'après lavoir soumis à une révision séyère , et en avoir retiré tout ce qui pouvait encore s’y trouver d’utile ? Ou les matériaux retirés des organes traversent-ils impunément le poumon et le système artériel, et ne sont-ils reconnus, si on peut parler ainsi, que par les reins qui doivent en opérer le triage ? On voit bien, d’un côté, des molécules reprises par l'absorption, et de l’autre, la sécrétion urinaire entraîner une déperdition quelconque : mais sont-ce les molécules reprises dans les Organes qui sont rejetées sous forme d’urine ? ou celle-ci n'a-t-elle pour objet que de faire faire au sang des pertes égales à ses acquisitions ? On a tour-à-tour accueilli l’une et l’autre conjecture. D'une part, c’est du sang artériel qu’émane la sécrétion urinaire, aussi-bien que toutes les autres sécrétions excrémentitielles : ce sang est un fluide homogène, dans lequel on ne peuL reconnaître les débris des organes : après avoir servi à la formation de l'urine, loin d’être plus pur, il est, comune tout autre, redeyenu veineux , et a besoin de se refaire dans le poumon : enfin , il y a beaucoup d’excrétions, et elles sont diverses , CE Qui ne permet guère de croire qu’elles soient formées des mêmes matériaux. D’autre pari, si l’urine n’est .pas formée spécialement par les débris des organes, les produits de la décomposition , il faut admettre que celte excrétion ne sert qu'à faire faire au sang des déperditions proportionnelles à ses acquisitions ; eLalors, Comment croire que la nature, qui est si admirable dans toutes ses œuvres, édifie d’un côté, avec tant de soins, du Sang, pour Île détruire ensuite de l’autre ? N'y a-t-il pas
d’ailleurs un rapport entre l'absorption des molécules dans les organes et la sécrétion urinaire , au moins sous le rapport de la quantité et de l’activité avec laquelle ces deux opéraions se font? Faut-il, de notre impossibilité à signaler la . filiation des molécules usées , depuis le lieu où elles se déta- Achent, jusqu’à l'urine, déduire la non réalité de cette filia-
Uon , d’ailleurs si vraisemblable, et quisatisfait tant lesprit ?
, e y e CE ° \ combien d’autres faits dans l’économie, aussi impossibles à constater, et considérés néanmoins comme certains? Nous”
penchons donc pour cette dernière conjecture. Il ÿ a plus : des expériences récentes, faites par MM. Dumas et Prévost à Genève, et répétées à Paris par M. Sé-
galas , en font, en quelque sorte, une démonstration. Ces.
physiologistes ont analysé le sang d'animaux vivants aux-
quels ils avaient extirpé les reins ; et ils ont vu que le sang «
contenait alors d'autant plus d’urée que la vie avait per- «
sisté plus long-ternps à l'opération. Or, ce principe ne se ! trouve jamais dans le sang des animaux, chez lesquels la sé- | créion urinaire se fait librement. Bien plus, M. Ségalas, Ù ayant injecté une solution aqueuse d’urée dans les veines 1 d’un animal, a vu la sécrétion urinaire augmenter sensible- | ment, etéliminersi promptement ce principe, qu'après vingt- \. quatre heures on ne pouvait plus, par l’analyse, leretrouver “| dans le sang. Il semblerait done que ce serail sous la forme «|
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ne ne MS a se
d’urée que Îes débris des organes rouleraient dans le sang, »
et que les reinsauraient la propriété d’extraire cette urée.
Du reste , c’est surtout par rapport à cet office que la sé- | | crétion urinaire est importante; elle ne peut être supprimée » plus de trois jours, sans entraîner la mort; les mêmes phy-. siologistes, que je viens de nommer, l’ont constaté dans! leurs expériences. La sécrétion urinaire fait, à cet égard , «
subir au sang une dépuration, une modification qui n’est. guère moins utile que celle qu'imprime à ce fluide la re-*
Spiration. Dans les animaux chez lesquels elle n’existe pas,
c’est la transpiration cutanée qui remplit son office de décomposi tion.
ARTICLE II
’ se ’ 1, . .« . «Uu Quelques généralités sur les Sécrétions, et particulièrement sur lés Excrétions.
Nous avons traité de toutes les sécrétions du corps humain, eton connaît maintenant surtout toutes les excrélions. Celles-ci ont été généralement divisées : en sensibles.
comme les déjections alvines, la sécrétion de l'urine, les \ matières du moucher ‘du cracher , ete. : et en insensibles , 0
al gi ES LEA Sp
DES SÉCRÉTIONS EN GÉNÉRAL. 551 comme les transpirations cutanée et pulmonaire, l’excrétion sébacée de la peau, etc. L’excrétion des fèces, tout en éva-
cuant les mucosités de l’appareil digestif, à trait surtout à
l'expulsion de la partie non nutritive des aliments; et de même la perspiration pulmonaire se compose en partie du reste de l’air respiré. À ces excrétions, nous devons ajouter
encore celle des parties cornées, épidermiques, que four-
nissent la peau et quelques-uns de ses organes annexes, et
dont plusieurs, à raison de nos usages, fondent pour l’homme une déperdition assez importante. Ainsi,ily a
une usure et un renouvellement continuel de l’épiderme : ainsi, les cheveux, les ongles, la barbe , qui , abandonnés
à eux-mêmes, acquerraient bientôt une longueur déterminée, pour ne la plus dépasser, étant coupés sans cesse, ut de véritables excrétions. Enfin, le corps hu-
main présente souvent des excrétions morbides, comme des suppurations , des hémorrhagies ; mais, bien que les considérations que nous allons présenter leur soient applicables aussi, nous nous tairons sur elles, parce qu’elles n’appar-
tiennent pas à l’état de santé.
De ces diverses excrétions , c’est celle de l'urine qui sert
surtout aux besoins généraux de l’économie, savoir, la dé- puration du sang et la décomposition du corps; elle n’a,
en eflet , que cesoffices. Toutes les autres, au contraire, ont à accomplir des services locaux , plus ou moins importants. Cependant, celles - ci ne sont pas tout-à-fait étrangères à ces bésoins généraux, et, à cause de cela, elles entrent en solidarité avec la sécrétion urinaire. D’abord , cela est
“évident de la transpiration cutanée; c’est après la sécré- . tion urinaire, l’excrétion ia plus prochainement dépu-
ratrice et décomposante ; ; dans les animaux chez lesquels
Ja sécrétion urinaire manque, elle remplit à elle seule
ces usages. Chez l’homme, on trouve aussi souvent en elle
. que dans l’urine, les matières étrangères dont le sang se dé-
RS TL EP Bee
pure. Ainsi, dans cet être, ces deux excrétions se suppléent, s’'équilibrent. Dans l’ordre le plus naturel, chacune accom-
plit ses offices de dépuration et de décomposition dans une
mesure déterminée ; mais que, par une influence extérieure
552 FONCTION DES SÉCRÉTIONS. | où organique, l’une voie augmenter ou diminuer son ac-* tion , l’autre se modifie coïncidemment , mais d’une manière inverse. C’est ainsique, dans l’été, où la chaleur extérieure # active Ja transpiration , la sécrétion urinaire diminue, et4 que, dans l’hiver, où le froid affaiblit Paction transpira-" toire de la peau, la sécrétion urinaire augmente.
Tout ceci estégalement vrai des autresexcrétions. Les déjections alvines, la perspiration pulmonaire, les matières du
moucher, du cracher, etc., contiennent aussi les matières étrangères diverses qui peuvent être dans le sang; et, par exemple, on y trouve la bile dans la jaunisse. ne At plus paruculièrement affectées à quelquesusages locaux , elles n’en fondent pas moins desdéperditions pour l’homme, entrent, à ce titre, dans le mouvement général de décomposition, et dès lors se coordonnent avec la perspiration cutanée et la sécrétion urinaire. Ainsi, dans les diarrhées , la peau est sèche, l’urine rare; et, dans les diaphorèses, ou Îe dia-s bêtés; ul ya constipation : Cutis laxa, alvi densitas ; cutis densa, alvi rarilas, a dit Hippocrate. Dans l'hiver, la perspiralion pulmonaire redouble, pour suppléer à ce que fait alors de moins la perspiration cutanée; et peut-être, dit Bichat, est-ce une cause de la plus grande fréquence des rhumes dans cette saison? Cette solidarité s'étend même aux excrétions morbides : y a-t-il hydropisie, anasarque?
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toutes jes excrétions semblent avoir cédé leur office à l’excrélion accidentelle qui forme lhydropisie, et sont comme supprimées; la peau est sèche, l’urine rare, le ventre res-# serré; le malade est dévoré d’une soif inextinguible, tant il a besoin de remplacer par de nouveaux sucs ceux que la‘ maladie consume. Il en est de même dans les catarrhes ," dans tous flux quelconques, la salivation, par exemple , ÿ d’abondantes suppurations, elc.
Toutes les excrétions, même les morbides, quand leur anciennelé les a rendues habituelles, concourent donc à la décomposition du corps, mais dans des mesures très varia-# bles et dépendantes des individualités, de l’âge, du sexe, du mode de vie, des maladies, ete: Ainsi, chez tel, la per spiration cutanée est la principale excrélion de décomposi=
Lens
k DES EXCRÉTIONS EN GÉNÉRAL. 553 tion, et chez tel autre, c’est l’excrétion de l’urine. Certaines personnes activent à volonté quelques-unes de leurs excrétions, leur font acquérir ainsi, sur toutes les autres, une prédominance insolite, et, avee le temps, se les rendent nécessaires : telles sont, par exemple, les excrétions du moucher, du cracher, sollicitées et augmentées par l’usage du tabac introduit en poudre dans le nez, ou fumé, ou màché; celles des déjections alvines, maintenues abondantes et liquides par l’usage habituel des purgatifs. À ceci se rapporte le danger de supprimer des hémorrhagies périodiques, d'anciens ulcères, des cautères depuis long-temps établis et entretenus , etc. Il n’est aucune excrétion, telle petite qu'elle soit primitivement, qui ne puisse ainsi devenir principale parmi celles qui accomplissent la décomposition du corps.
Bien que les excrétions remplissent , sous ce dernier rapport, un même usage, elles sont cependant physiquement et chimiquement diverses. Voyez, par exemple, l’urine et la matière de la perspiration cutanée : quelles différences entre elles, quoique accomplissant également fa décomposiLion ! Dans l’une, domine une matière animale particulière, appelée urée , et du phosphore; autre est une vapeur albumineuse , chargée d’acide carbonique. De cette diversité de composition, nous conclurons qu’on ne peut rien statuer d’absolu sur la composition chimique qu'a revêtue la ma- Lière qui , par suite de la vie, est devenue iuapte à continuer le faire partie d’un corps vivant; de même qu'on n’a pu spécifier non plus celle que ce travail nutritif lui a donnée, pour l’amener à faire partie des organes. On se borne à dire que les humeurs excrémentitielles sont généralement acides, andis que les récrémentitielles sont alcalines.
Enfin, est-il possible d'évaluer la quantité totale des xcrétions ? on le peut encore moins que calculer celle des ngestions. D'abord , il faudrait tenir compte de toutes, et a à vu qu'il yen avait un grand nombre. En second lieu, 1 en est beaucoup dont on ne peut recueillir isolément les roduits, et apprécier, par conséquent, la quantité , conte es perspiralions cutanée el puimouaire, l’excrétion de lhu-
554 FONCTION DES SÉCRÉTIONS. à meur sébacée de la peau. Beaucoup sont éventuelles, aisséal au caprice de la volonté, ou à la dépendance de circonstans ces accidentelles, comme l’excrétion du sperme, la sueurs La plupart sont plus ou moins abondantes, en raison des usages locaux auxquels elles sont destinées. Quelques-unes sont forcément dépendantes de la quantité et de la qualité, des aliments et des boissons dont on use, comme les déjec=| tions alvines , la sécrétion urinaire. TT cette quantité totale est en raison du mouvement de décomposition ; et celui-ci différant dans chaque individu, et variant dans un! même individu , selon son âge, son état de santé et de ma= ladie, sa vie plus ou moine Med Là ou active, etc. , OR conçoit qu’il doit en être de même de la somme ae excré=| tions. Dans ces diverses circonstances, la quantité de l’ali= mentation varie; il en est de même de celle des excrélions: Bien plus , non-seulement le caractère de la nutrition est ce! qui règle la quantité totale des excrétioms, mais encore il décide la part que chacune d’elles ont à la déperdition gé= nérale, et en fait varier la nature. Par exemple, dans la série des âges , les diverses excrétions sont, les unes par rap* port aux autres, dans des proportions différentes , et leurs! produits ne sont pas absolument les mêmes. Ainsi que dans! le premier âge, les fluides de composition, chyle, lymphe, sang , sont diflérents de ce qu’ils sont dans l’âge mûr et dans la vieillesse ; de même, les excrétions qui doivent toujours correspondre à ces fluides varient dans chacune de ces époques de la vie; plus aqueuses, plus acides dans l’enfance, par exemple, elles sont plus chargées de matières salines, tophacées dans la vieillesse. Mais nous reviendrons sur cet objet à l’article des différences individuelles , et particulièrement des âges.