DE L'AIR, ALIMENT DE LA RESPIRATION
d'acide carbonique en quantité variable, presque toujours de l’eau en dissolution ; et souvent beaucoup de matières diverses en suspension entre ses molécules , mais qui ne font pas partie intégrante de sa substance.
A l’article de l'aliment de la digestion, nous avons dit qu'il y avait eu controverse pour savoir si une substance alimentaire quelconque devait de Pêtre à un de ses principes constituans en particulier, le seul qui serait en
elle assimilable, qui serait le même pour toutes, et
qu'on pourrait, à cause de cela, appeler proprement l'aliment. Nous avons ajouté que cette controverse dans l'état actuel de la science était insoluble. Il n’en est pas de même pour l'air , aliment de Ja respiration ; évidem ment cet air doit d’être respirable à un.de ses élémens constituans , l’oxigène. De même que toute substance naturelle n’était pas aliment, et qu’il n’y avait de telle que celle qui cédait passivement à l’action digérante de l'appareil digestif; de même tout gaz n’est pas respira-
le. Mais, tandis qu’on ne pouvait pas spécifier quelle
nature chimique devait avoir une substance naturelle
pour être aliment, on peut le dire pour le gaz qui est respirable ; il faut absolument que ce gaz contienne de l'oxigène , et puisse céder cet oxigène avec facilité.
Le plus souvent , les alimens de la digestion, pour l'homme au moins, ont besoin de subir quelques pré- Parations. Il n’en est pas de même de l'aliment de fa respiration : la nature Ja préparé elle-même, soit que ce soit l'air qui soit respiré, soit que ce soit l’eau ; dans lun et l’autre cas, les animaux sont également plongés dans le milieu que leur respiration réclame. Il résulte de là qu’on ne peut signaler autant de différences dans l'aliment de Ja respiration que dans celui de la diges-
162 FONCTION DE LA RESPIRATION: «* | on, L’aliment de la digestion avait été solide ou liquide, plus ou moins consistant, d’une composition
chimique très-variable : on avait pu surtout spécifier en Jui des différences sous le rapport de sa digestibilité , de sa puissance nutritive, de l'influence locale qu'il pouvait exercer sur l'appareil digestif, et de son influence générale sur tout l'organisme par ceux de ses principes qui pouvaient étre introduits dans l’économie sans être chylifiés, et sous leur forme étrangère. On n’en peut pas dire autant de l'aliment de la respiration : c’est toujours de l’air ou de l’eau , selon que l'animal est aérien ou aquatique ; il n'y a que de bien légères différences dans la densité de ces élémens : une fois respirables , ils le sont toujours au même degré , l’oxigène étant toujours cédé avec la même facilité ; il n’y a rien qui corresponde ici à ce qu’on appelle la diverse digestibilité
des alimens. On peut en dire autant de la puissance nutritive, au moins en l’entendant de molécule à molé= | cule; car, en considérant une certaine masse d'air © L d’eau , il faut convenir qu’elle n’est pas toujours égale. ment riche en oxigène, et, par conséquent, qu’elle n’a | pas toujours une égale puissance pour la respiration. | Quant aux autres différences , elles sont réelles de l’air | comme des alimens proprement dits. L'air produit des impressions locales diverses sur l’organe de la respira üon, par sa chaleur, Son humidité, les matériaux qui sont en suspension dans son seirr, etc. ; ilest, par exem= ple, excitant, ou affaiblissant, et c’est, sans contredit } | une des considérations auxquelles on doit avoir le plus | d’égards pour l'hygiène et la thérapeutique. De même, cet air modifie tout l’organisme par ceux de ses princi
pes qui peuvent être absorbés dans le poumon, en res
DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE. 163 tant étrangers à l'acte de la sanguification ; et c’est encore là un nouveau point de vue auquel il importe d’avoir égard pour la conservation de la santé, et la guérison des maladies.
À cette étude de l’air , aliment de la respiration, nous aurions pu ajouter celle de l’eau que beaucoup d'animaux respirent ; mais indépendamment de ce que nous ne devons traiter ici que de l’homme qui ne respire que l'air, l'eau n’agit dans la respiration que par l’air qui est disséminé entre ses molécules , et conséquemment cela nous ramène à cet aliment unique de la respiration.