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CHAPITRE II

ÆAnatornie de ! ‘appareil de la Respiration.

Dans les généralités qu’au commencement de cet ou. vrage nous avons présentées sur le règne animal, nous avons indiqué les différences qu’offrent les animaux sous Je rapport de l'appareil de la respiration. Nous avons dit qu’au-dessous des insectes il n°y avait pas d'appareil respiratoire proprement dit , et que la rnême surface quieffectuait l’absorption des autres matériaux nutritifs accomplissait aussi l’absorption de l'air, On a vu ensuite la respiration être disséminée , c’est-à-dire être effectuée par un système de vaisseaux appelés trachées , qui, aboutissant à la surface du corps, et saisissant au dehors Pair par des orifices , le conduisaient, par de nombreuses ramifications, dans toutes les parties. Seulement ces trachées ont été de deux espèces , aérifères ou aquifères, selon que les animaux ont été aériens ou aquatiques, ont respiré l’air ou l’eau. Enfin , dans les animaux supérieurs, la respiration a été locale, c’est-à-dire accomplie par

un organe spécial dans lequel était reçu l'air extérieur , et où se faisait l’absorption du principe par lequel ce gaz entretient la vie. Seulement, cet organe local de respivation a été une branchie, où un poumon, selon que les animaux ont été aquatiques ou aériens, ont respiré l’eau ou Pair.

C’est dans cette catégorie dernière qu'est l'homme. Sa respiration est locale , et l'organe qui l’effectue un poumon. Il faut à l'étude de celui-ci joindre celle du thorax, non parce que c’est la cavité qui le renferme , mais parce que c’est le jeu de ce thorax qui introduit dans le poumon l'air sur lequel cet organe opère.

AnTicze [%.

T'horax.

C’est la cavité splanchnique qui est située au-dessous du col et au-dessus de l'abdomen , qui contient le cœur et le poumon, et qui fait, à l'égard de ce dernier, l'ofs fice d’un soufllet , pour y faire entrer l'air. C’est une cavité conoïde, en partie osseuse , en partie musculeuse, ayant sa partie Ja plus étroite en haut , et sa partie la plus large en bas , et qui tout à la fois est assez solide pour protéger , conire toutes percussions extérieures ; le cœur et le poumon qu'elle contient, et assez mobile

our introduire l’air dans ce dernier , l’en expulser , et remplir , à l'égard de ce viscère , l'office que les parois | d’un soufilet remplissent à l'égard du vide que ces parois ! circonscrivent.

La charpente de ce thorax est osseuse : elle se com-!

pose , en arrière , des douze vertèbres dorsales ; en avant, | du sternum , qui est primitivement composé de huità

neuf pièces ; et enfin sur les côtés , de douze côtes , arcs osseux, qui sont étendus du sternum , en avant, aux vertèbres en arrière. De ces côtes, les sept supcrieures seulement vont réellement du rachis au sternum, et sont appelées , à cause de cela, vraies côtes ; OU côtes sternales, sterno-vertébrales : elles sont de plus en plus grandes, et de plus en plus obliques en bas, sur le rachis , à mesure qu'elles sont plus inférieures. Les cinq autres appelées fausses côtes, ou côtes asternales , ne s'étendent pas jusqu’au sternum , mais s’unissent successivement les unes aux autres , celle qui est au-dessous à celle qui est au-dessus ; les deux dernièrés restent même libres, et à cause de cela sont dites flottantes. Ëlles sont de plus en plus courtes, à mesure qu’elles sont plus inférieures.

Ces divers os sont articulés entre eux, de manière à pouvoir se mouvoir les uns sur les autres , et leurs articulations sont importantes à étudier comme donnant le secret de la mobilité du thorax. Nous n’avons pas besoin de parler des articulations des douze vertèbres dorsales entre elles ; ce n’est pas dans ces os que se passent les mouvemens respirateurs proprement dits. Mais il faut étudier les articulations des côtes, en arrière sur le rachis ou costo-vertébrales, et en avant sur le sternum: ou costo -sternales. On se rappelle que dans l'étude générale du squelette sous le rapport de la locomotion, nous avions à Particle du tronc omis Ja brisure du thorax, la renvoyant à la respiration, comme à l’article de la tête , nous avions omis celle des mâchoires dont nous devions traiter à la digestion. 1° Les articulations de la côte en arrière avec le rachis sont doubles ; l’une se fait par l'ex. trémiié postérieure de la côte, et l’autre par ce qu'on

appelle sa tubérosité. Dans la première, l'extrémité de la côte, encroûtée d’un cartilage , est reçue dans une facette également cartilagineuse qui est crensée sur le côté du rachis; cette facette est à moitié sur le corps de la vertèbre supérieure, à moitié sur celui de la vertèbre inférieure, et, par conséquent, en partie aussi sur le fibro-cartilage qui est intermédiaire à l’une et à l’autre. Les os sont là attachés entre eux par plusieurs: or+ ganes contentifs, savoir : un ligament situé en avant, et qui est étendu de la côte, à chacune des vertèbres et au fibro-cartilage intermédiaire ; et un ligament dit interarticulaire qui , de la tête de la côte, va directement s’attacher à la facette articulaire du rachis. Quelque serrée que soit cette articulation, elle permet aux côtes de se mouvoir sur le rachis , puisque dans son intérieur existent deux membranes synoviales; la côte pourra, en effet, s’élever et s’abaisser par son extrémité vertébrale sur le rachis. Dansla première , la onzième eb la douzième côtes, la facette articulaire n’est creusée quew sur une seule vertèbre, et le ligament interarticulaire* manque. Dans l’autre articulation costo-vertébrale, la tubérosité de la côte , encroûtée aussi de cartilage , est recue dans une cavité cartilagineuse quirest creusée sur: l'apophyse transverse de chaque vertèbre correspondante ; trois ligamens dits cosio - transversaires , UD° supérieur , un moyen €t un inférieur, donnent de la solidité à cette articulation. Il y a aussi quelques difiérences pour la première, laon zième et la douzième côtes « dans la première , les ligamens costo-transversaires Supérieur et inférieur manquent , il n’y a que le moyens et, dans les onzième et douzième côtes, cette articulation costo-transyersaire manque tout-à-fait. Cette arti-

culation permet aussi quelques mouvemens de la côte. Nous verrons par la suite que les physiologisies ne sont pas: d'accord sur le degré de mobilité de ces articulations costo-vertébrales dans chacune des douze côtes ; la plupart.ont professé que ces articulations sont d’autant plus mobiles que les côtes sont plus inférieures; M. Magendie professe l'opinion inverse. ° Les articulations des côtes en avant avec le sternum ne se font pas par la côte elle-même, mais par l’intermède d’un cartilage qui la prolonge , et qui est d'autant plus long que la côte est plus inférieure; l’extrémité du cartilage est reçue dans une cavité qui est creusée sur le bord du sternum ; un ligament en avant, un autre en arrière , donnent de la solidité à cette articulation ; et une synoviale qui est dans son intérieur prouve qu’elle permet aussi quelques mouveémens : les côtes peuvent aussi s’élever et s’abaisser un peu sur le sternum; ou du moins cette articulation est. assez souple pour ne pas arrêter le mouvement qui se passe dans le corps de la côte et à son autre extrémité. Ges articulations costo-sternales sont d’autant plus lâches que les côtes sont plus inférieures ; elles n'existent qu'aux vraies côtes , les autres sont articulées entre elles à l’aide de cartilages de prolongement qui vont de celle qui est au-dessous immédiatement à celle qui est au-dessus. Voilà la charpente osseuse du thorax. Des muscles achèvent de former cette cavité, savoir : dans les intervalles des côtes , deux plans de muscles dont les fibres sont dirigées en sensinverse et se croisent, qu'on appelle muscles intercostaux ; et inférieurementle diaphragme, muscle qui forme à luiseul la paroi inférieure de la poitrine , et la clot de ce côté. En haut le thorax est ouvert

et laisse pénétrer dans son intérieur de nombreax vais-. |

seaux et de nombreux nerfs.

Le thorax doit à cette structure toute la solidité dont il avait besoin pour protéger contre toutes percussions extérieures les organes délicats qu’il renferme. En effet, les os qui en forment la charpente sont assez solidement articulés entre eux : des ligamens les attachent les uns aux autres ; les muscles qui complètent les parois de cette cavité sont fort résistans ; ils sont appliqués les uns sur les autres, de manière que leurs fibres se croisent, ce qui ajoute à la résistance : d’ailleurs le thorax est encore défendu en arrière par le scapulum et les muscles des gouttières vertébrales : enfin , si l'air ne remplit pas le thorax , les côtes cèdent en raison de leur flexibilité ; si l'air, auconiraire , remplit celte cavité, il la soutient; et , dans certains cas , des muscles placésen dehors delle, ét dont nous allons parler tout à l'heure, comme le‘sousclavier, le sterno-mastoïdien, les pectoraux , le grand dentelé , la soutiennent en agissant sur les côtes à la manière de véritables arcs-boutans actifs.

D'autre part, ce thorax a toutela mobilité qui lui était nécessaire pour remplir à l'égard du poumon loflice… d’un soufflet. D'abord sa paroi inférieure est toûte musculeuse , et partant toute mobile ; le diaphragme qui la forme peut s’élever dans le thorax ou s’enfoncer dans l'abdomen , et par là rétrécir ou agrandir la poitrme: Ensuite, les côtes mobiles sur le rachis, peuvent être abaissées ou élevées sur lui , et elles ne peuvent le faire sans que leur portion moyenne, qui est un arc, se porte en même temps.en dehors ou en dedans, eb qu'ainsi le thorax ne soit agrandi ou rétréci en travers , comme par

Me jeu du diaphragme sa capacité avait varié de haut en bas. Les divers os qui composent le thorax sont précisément assez grêles pour se prêter à ces mouvemens , et les cartilages qui les prolongent leur donnent toute la souplesse nécessaire. Nous décrirons ci-après avec soin le mécanisme des mouvemens respiratoires du thorax ; il nous reste ici seulement à énumérer les muscles qui en sont les agens. Ils sont assez nombreux : 1° Le diaphragme , large muscle qui ferme par en bas le thorax, sépare cette cavité de celle de l’abdomen , et quiattaché, d’une part, par deux faisceaux qu’on appelle ses piliers au rachis, au corps des deux première vertèbres des lombes , est fixé , d’autre part, par des fibres rayonnantes à tout le contour de l'ouverture inférieure du thorax, c’est-à-dire aux extrémités des six dernières côtes , et à l’appendice xiphoïde du sternum : aponévrotique dans son centre, il présente trois ouvertures, une en avant pour le passage de la veine cave inférieure , eb deux en arrière dans l'intervalle de ses piliers pour le passage de l’œsophage et de l'aorte; la première et la dernière ont leur contour aponévrotique, pour que le muscle dans son jeu ne puisse comprimer les vaisseaux importans auxquels elles donnent passage. 2° Les muscles intercostaux , ainsi nommés à cause de leur situation dans l'intervalle de chaque côte, et qui, formant deux plans, sont partagés en tntercostaux externes et intercostaux internes. Les premiers sont placés en dehors, et leurs fibres obliques d’arrière en avant sont étendues du bord inférieur de la côte supérieure au bord supérieur de la côte inférieure. Les seconds sont placés en dedans , ont leurs fibres obliques en sens inverse, c’està-dire d'avant en arrière , et sont étendus du bord

inférieur de la côte supérieure au bord süpérieur de la côte inférieure. 3° Le muscle sous - clavier où costo claviculaire , qui semble n’être qu’une continuation vers le haut des muscles intercostaux, que le muscle intercostal de la clavicule et de la- première côte; il est, en eflet , étendu obliquement en bas et en avant depuis le bord inférieur de la moitié externe de la clavicule jusqu’au bord supérieur de la moitié antérieure de la première côte. 4° Les muscles sus-costaux , au nombre de douze, situés derrière les muscles intercostaux externes , et étendus depuis le sommet de l’apophyse transverse de chaque vertèbre dorsale , obliquement en avant jusqu'au bord supérieur de La côte inférieure. 5° Les sous-costaux, muscles tout-à-fait analogues aux précédens ; en même nombre, situés seulement au dedans des muscles intercostaux internes. 6° Le muscle triangulaire du sternum , costo-sternal, soussternal, qui est situé en dedans du thorax , étendu obliquement en haut et en arrière de la partie inférieure du sternum , aux quatre ou cinq premières côtes. 7° Enfin, beaucoup de muscles quin’appartiennent pas proprement au thorax , mais à la tête, aux membres supérieurs, et qui prenant, en certaines circonstances, leur point d’appui fixe sur ces parties , meuvent alors les côtes , ou les élevent, comme les muscles scalènes, les sterno-mastoidiens , le grand et le petit pectoral, le grand dentelé, les petits dentelés postérieurs et supérieurs ; ou des abaissent, comme le petit dentelé postérieur et iniférieur , les muscles de l'abdomen, etc. Ils ont été décrits ailleurs, ;

DE L'APPAREIL RESPIRATOIREs 174

De l'organe de la Respiration proprement dit , du

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