‹ Physiologie de l'homme (volume 3)Chapitre 24 sur 65 · DU SOUPIR · texte numérisé non relu

DU SOUPIR

bronches, ou des fosses nasales , si on la fait sortir par le nez. Alors même l'expiration est si différente d’ellemême qu’on lui a donné les noms particuliers de toux, d'éternuement, dont nous parlerons à l’article des excrétions.

. Enfin, les mouvemens respirateurs , si susceptibles d’être modifiés par les affections de l’âme , comme nous l'avons dit dans le temps, demandent aussi à étreétudiés sous le rapport des phénomènes expressifs qu’ils constituent. Nous ne parlerons pas ici de la manière dont ils servent la voix: cela rentre dans le mécanisme de l’expiration ordinaire. Mais souvent , soil parce qu’une passion perturbe directement les nerfs respirateurs, soit parce que cette passion trouble la circulation, et par suite la respiration, les mouvemens respirateurs éprouvent de notables modifications, et fondent des phévomènes expressifs auxquels on a donné des noms particuliers , et qu'il est nécessaire d'étudier : tels sont le soupir, le bâillement, le rire, le sanglot , et l’anhelation. Le soupir n’est qu’une large et grande inspiralion , dans laquelle on fait entrer d’une manière lente et graduelle beaucoup d’air dansle poumon. Presque toujours ce soupir n’est produit que d’intervalles en intervalles , et est séparé d’autres soupirs par plusieurs inspiralions ordinaires. Sa cause est souvent morale ; mais souvent aussi elle est physique, comme quand on est dans le vide, ou qu’on respire un air appauvri. Ce soupir en effet, étant une inspiration, à le même but que toute inspiration, celui de faire pénétrer dans le poumon toute la quantité d’air que réclame la quantité de sang veineux qui vient y subir la sanguification. Or, que ce soit une cause physique ou morale qui accumule le fluide à

sanguifier dans le poumon , et établisse une disproportion entre l'air qui sanguifie et le fluide qui est sanguifié , il y a même besoin d'établir équilibre entre l’un et l’autre, et c’est ce que fait le soupir. Aussi, soupire-t-on dans les mêmes circonstances que nous avons vu modifier l'inspiration ordinaire; en raison de la quantité de sang veineux qui arrive au poumon , du degré de richesse de l'air, et du degré de facilité avec lequel s’épanouit le poumon. On soupire dans une affection morale, quand cette affection, comme l'amour, le chagrin, accumule le sang dans les cavités droites du cœur et le poumon. On soupire dans le vide , ou quand on est dans un air peu riche en oxigène , afin de suppléer par la quantité du gaz à ce qui manque à sa qualité. Enfin, on soupire aux approches du sommeil et dans les premiers instans du réveil, parce qu’alors le poumon ne présente pas un aussi libre accès à l'air. Dans tous les cas le soupir est un soulagement ; et considéré sous le rapport moral, on peut dire qu’ilest un remède physiologique par lequel se rétablit d’intervalles en intervalles l'équilibre de la circulation : qui ne sait que la douleur morale est bien plus oppressive, si on la réprime !

Le bäillement est aussi une espèce d'inspiration, mais plus ample, plus profonde, plus involontaire qu’une inspiration ordinaire , accompagnée d’un grand écartement des mâchoires , etsuivie d’uneexpiration prolongée qui se fait avec un bruit sourd. C’est un phénomène tout à la fois respiratoire et expressif, qui comparé avec une inspiration ordinaire, offre les différences suivantes : 1° le thorax se dilate davantage ; 9° plus d’air est introduit dans le poumon ; cet air s’y précipite avec plus de rapidité, et du premier coup est porté plus profondément

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