‹ Physiologie de l'homme (volume 3)Chapitre 25 sur 65 · DU BAILLEMENT · texte numérisé non relu

DU BAILLEMENT

dans les ramuscules bronchiques; 5° les muscles qui l'effectuent , agissent irrésistiblement, et comme d’une manière convulsive; 4° enfin, il y a de plus que dans l'inspiration ordinaire, expression faciale, écartement convulsif des mâchoires. Il faut en effet, dans le bâillement comme dans le rire , le sanglot, qui nous occuperont ci-après , considérer deux choses, le jeu du thorax, et celui de la face. Le jeu du thorax est le même que dans une inspiration ordinaire , sinon que l’action est portée plus loin et plus irrésistible. L’impression qui la décide est plus forte ; d’où résulte une contraction des muscles plus énergique, plus prompte et plus involontaire, et une plus grande ampliation du thorax. Celle-ci est-telle , qu'il paraît alors se faire dans le poumon un vide là où il ne s’en fait pas d'ordinaire; d’où résulte la plus grande force avec laquelle l’air extérieur s’y précipite, la plus grande profondeur à laquelle il y parvient; et ce qui porte à croire que dans le bâillement l’air est plus complètement renouvelé dans Le poumon , que lors d’une inspiration ordinaire. Ge sont les mêmes muscles qui agissent, mais leur contraction est plus irrésistible. Quoiqu’en effet on puisse réprimer l’envie de bâiller , il est évident quele bâillement est un phénomène involontaire ; on ne le produit pas à son gré ; on peut bien en simuler l’expression faciale , mais on n’éprouve pas alors le sentiment intérieur qui le suit, et qui comme le soupir est un soulagement. Quant à ce qui est du jeu de la face; consécutivement à l'impression qu'ont reçue les nerfs des muscles inspirateurs et qui a appelé l’action de ces muscles, ot à cause des connexions sympathiques qui unissent ces nerfs et ceux des muscles des mâchoires , celles-ci sont convulsivement écartées ; et la bouche grandement ou-

verte offre à l'air qui se précipite dans le poumon, le plus libre accès possible. En vertu d’une disposition de l’organisation, les impressions reçues par les nerfs respirateurs sont partagées par les nerfs des muscles moteurs de la face: d’où résulte l'association d’action qui se manifeste dans ces parties, lors du rire, du sanglot, du bâillement et autres phénomènes expressifs de cet ordre. Ce sont les muscles abaisseurs de la mâchoire inférieure qui surtout sont sympathiquement contractés. M. Magendie veut que les élévateurs agissent aussi, mais par le genre d’action particulier qu’on appelle pandiculation. Sans doute , on ne peut contester l’existence des pandiculations en général , ni leur réalité dans les muscles des mâchoires en particulier; il est sûr aussi que ces dernières s’observent souvent dans les mêmes circonstances que le bäillement ; mais elles sont distinctes de ce phénomène; et comme, pour l'ouverture de la bouche, il faudrait en même temps pandiculation des élévateurs des mâchoires et contraction de leurs abaisseurs, il est probable que ceite dernière cause a-seule part à l’écartement des mäâchoires qui se voit dans le bâäillement. Le bâillement, du reste, étant une espèce d’inspiration , doit avoir à peu près les mêmes causes el les mêmes résullais; et étant une inspiration plus ample, il doit éclater principalement dans toutes les circonstances qui exigent que l'inspiration soit plus grande. Aïnsi, que la quantité de sang veineux qui vient au poumon subir la sanguification, augmente; ou que l'air qu’on respire, soit moins riche en oxigène, le bâillement survient comme le soupir et dans lemême but. On bâille dans le vide, aux approches des asphyxies, aux approches du sommeil, aux premiers instans du réveil, parceque dans

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