‹ Physiologie de l'homme (volume 3)Chapitre 32 sur 65 · DU COEUR · texte numérisé non relu

DU COEUR

pulmonaire, et à des caractères tout opposés, d’être très-extensible , peu fragile , et peu disposée à s’ossifier. 5° Entre ces deux membranes , dont l’une est en dehors et l’autre en dedans des cœurs , est le tissu propre de ces organes, tissu de nature évidemment musculeuse ; plus épais au ventricule qu'aux oreillettes, au ventricule du cœur du corps qu'à celui du cœur du poumon , dont les fibres paraissent former un entrelacement inextricable , et sur la disposition duquel ont été faits de nombreux travaux par Sténon, Borelli, Lower, Vieussens , Lancisy , Tabor, Winslow, Cassebohn, Sénac, Wolff, et récemment M. Gerdy. Wolff dit que ses fibres forment six plans ou couches superposées au ventricule gauche, et trois au ventricule droit; qu’aux plans externes , ces fibres sont en général obliques de haut en bas, d’avant en arrière et de droite à gauche, occupent toute la circonférence des ventricules et s'étendent jusqu’à la pointe du cœur; qu'aux plans moyens, elles sont dirigées en sens contraire, et déjà moins longues et moins larges ; et qu'enfin, aux plans profonds , elles ont une direction longitudinale, et sont les plus courtes possible. Ces couches ne sont pas simplement juxla-posées, mais sont confondues en partie par des fibres qui se portent des unes aux autres. En général aussi , les fibres de chaque ventricule paraissent se terminer plus ou moins distinctement à la cloison qui les sépare. Aux oreillettes , off n'admet que deux couches , une externe , à fibres transversales, et une interne, à fibres longitudinales. M. Gerdy établit que toutes les fibres des ventricules, quelles que soient d’ailleurs leur étendue, leur situation et leur direction, représentent des espèces d’anses, emboîtées les

unes dans les autres, les plus petites dans les plus grandes , dont la convexité regarde la pointe du cœur, en est plus ou moins rapprochée , et dont les deux extrémités sont constamment fixées à la base du cœur, au pourtour des ouvertures auriculaires et artérielles des ventricules. 4° Enfin, à ce tissu musculeux qui fait spécialement le fond du cœur , il faut ajouter les élémens obligés de toutes parlies vivantes : des artères, qui sont les cardiaques ou coronaires , première division de l’arière aorle, et portant dansles cœurs le sang artériel dont ces organes ont eux-mêmes besoin : des veines, les cardiaques , qui rapportent le sang veineux propre du cœur, et dont nous avons indiqué l’embouchure dans l’oreillette du cœur du poumon : enfin, des nerfs, appelés cardiaques , qui, dans leur distribution, suivent la disposition des artères coronaires. Les uns font venir ces nerfs exclusivement de la huitième paire ; les autres, d’un plexus formé par cette huitième paire ct le trisplanchnique ; d’autres enfin, d’un ganglion nerveux, que l'on dit être spécial à la circulation , et situé derrière le cœur, les nerfs dits cardiaques n'étant alors que des filets de communication que ce ganglion envoie aux autres systèmes nerveux. Par ces nerfs, le cœur sera soumis à une influence nerveuse.

Tels sont les deux cœurs. Dans chacun , les oreillettes sont constamment plus minces el plus capaces que les ventricules : les orcillettes de chacun sont égalemént épaisses el capaces ; mais le ventricule du cœur du corps a généralement ses parois plus épaisses, probablement parce qu'il a à envoyer le sang beaucoup plus loin, et dans des tissus moins pénétrables. Au contraire , le ven-

DU COEUR. 939 iricule du cœur du poumon offre généralement plus de capacité , du mains à juger par la majorité des cadavres. Déjà Æippocrate l'avait dit. Chacun a cherché à en donner une explication; les uns ont dit que c’était l’effet d’une disposition native ; d’autres ont pensé que c’était parce que le sang, rafraichi lors de son passage dans le poumon par le contact del’air , occupait un moindre volume lorsqu'il arrivait au cœur du corps. Haller et Meckel ont avancé que le fait variait selon les circonstances de la mort , et que si le plus souvent le ventricule droit était plus capace, cela tenait à ce que généralement dans les agonies , le poumon était un des organes qui fléchissait des premiers , d’où embarras dans la circulation de cet organe , et reflux, ou du moins stagnation du sang dans les cavités droites du cœur. Ils ont , dans des e expcriences , rendu alternativement l’un ou l’autre des deux ventricules plus capace , selon qu'ils faisaient périr Les animaux par une cause qui entravait la circulation dans le poumon ou dans l'aorte. Enfin, Legallois a expérimenté, avec du mercure , sur des RE , des chats, des cochons-d’Inde, des lapins, sur l’homme adulte, sur lenfant , le fœtus mort-né ; et il dit avoir toujours trouvé le ventricule droit plus capace, excepté dans le fœ lus, soit que la mort soit venue par asphyxie , soit qu’elle soit venue par hémorragie : il pense que ja différence tient à ce que le ventricuie gauche , plus musculeux , revient davantage sur lui-même.

Accolés l’un à l’autre , ces deux cœurs forment un seul organe , situé dans Ja région moyenne du thorax , Par conséquent à une FRE à peu près égale des extrémités du tronc et des principaux viscères. I est là

placé entre les deux poumons, dans la région de cette cavité la plus fixe, par opposition avec ce qui est de ces derniers organes , et soustrait conséquemment en grande partie aux mouvemens propres de ce thorax.

Il est d’ailleurs renfermé en une capsule qui prévient ses déplacemens, le péricarde , et logé dans la duplicature des médiastins. Ge péricarde est une membrane fibro-séreuse , enveloppe protectrice du cœur, et formées, de deux feuillets : 1° le feuillet extérieur est fibreux ; composé de fibres albuginées, et pouvant se séparer en plusieurs lames ; attaché au pourtour du centre phré= nique du diaphragme , il se continue sur chacun des gros vaisseaux qui arrivent au cœur ou en naissent. 2° Le feuillet interne est séreux , et d’une part tapisse le feuillet fibreux dont nous venons de parler, et d'autre part se réfléchit sur le cœur qu’il revêt, et qu'il paraît suspendre dans l’enveloppe; il est le siége d’une perspiration , dont le fluide qu’on trouve toujours en quantité plus ! ou moins grande dans le péricarde , après la mort, est | le produit. Jadis l'histoire de ce péricarde a donné lieu à beaucoup de controverses sur Îe nombre des tuniques | qui le forment ; sur l'existence et l'origine de la sérosité | qu’on y trouve après la mort; etc. Son usage est d’assurer la situation du cœur , qui est libre dans son inté=, rieur , et dont les quatre cavités y jouissent de toute la | plénitude de leurs mouvemens ; aussi existe-t-il dans

tous les animaux qui ontun cœur; et si, dans une expé* rience , on le coupe sur un animal vivant, on voit le cœur se jeter comme au hasard dans le thorax, et | n’avoir plus que des mouvemens irréguliers.

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