DES ARTÈRES. 341 ARTICLE IL
Des Artères.
Les artères sont des canaux d’une texture solide et élastique, qui naissent par un seul tronc du ventricule de chacun des cœurs, dans lesquels les contractions de ceux-ci projettent le sang , et qui le dirigent par des ramifications successives dans ces réseaux intermédiaires aux artères et aux veines, que nous avons appelés systèmes capillaires. Gelle qui naît du ventricule du cœur gauche et qui conduit le sang artériel au corps , s'appelle aorte , et celle qui naît du ventricule du cœur droit, et qui conduit le sang veineux au poumon , s'appelle artère pulmonaire. L'une et l’autre ne sont pas une continuité du tissu propre des ventricules; il n’y a de continu entre eux que la membrane interne qui Les tapisse; dans le reste , il n’y a qu’adhérence à l’aide d’un üssu fibreux intermédiaire attaché , d’une part, aux fibres des ventricules , et d'autre part à celles de la membrane propre des artères. L'une et l’autre, à leur origine, offrent trois replis valvuleux , appelés valuules sygmoïdes , dont nous avons déjà parlé à l’article de la description des cœurs.
1° L’artère aorte, appelée encore artère du corps, aussitôt qu’elle se distingue du ventricule , se porte d’abord en haut, étant encore renfermée dans la cavité du péricarde ; puis elle décrit une grande courbure, qu'on appelle crosse de l'aorte, pour se reporter en bas ; alors elle descend directement en bas depuis le haut ‘du thorax jusque sur le sacrum , où elle se partage en deux troncs pour chacun des membres inférieurs , étant appliquée dans tout ce trajet sur le rachis. Dans cette
longueur, elle donne naissance à une suite de trones, de branches, de rameaux, de ramuscules , d’artères successivement décroissantes, qui distribuent le sang rouge dans toutes les parties du corps. À l’origine la plus rapprochée du cœur, par exemple, se détachent les artères cardiaques , qui se ramifient dans le tissu du cœur lui-même. Ensuite , à cette courbure que nous avons appelée crosse de l’aorte , naissent trois gros troncs, que dans leur ensemble on a appelé aorte ascendante, parce qu'ils se distribuent à la tête et aux membres supérieurs, tandis que le reste de l’aorte se ramifie aux parties inférieures. Ces trois troncs sont : le tronc innominé , qui, fort court, se partage bientôt en deux branches, l'artère céphalique, destinée à la tête , et l’artère aæil-
laire destinée au membre supérieur droit; en second.
lieu , la carotide primilive, qui est plus à gauche, et qui se subdivise aussi en deux branches , la carotide interne, pour l'intérieur du crâne, et la carotide externe, pour l'extérieur de la tête ; enfin, la sous-clavière, qui est plus à gauche encore, et qui se distribue à tout le membre supérieur sauche. Ges trais troncs alimentent , par une suite de branches , de rameaux et de ramuscu= les successivement décroissans , toules les parties du corps qui sont au-dessus des clavicules, y compris les membres supérieurs. Le reste de l'aorte qui fait suite à la courbure , jusqu’à la bifurcation sur le sacrum, s’appelle aorie descendante, ou proprement dite , et successivement donne naissance aux artères intercostales ,
bronchiques; à un gros tronc appelé cœliaque', qui, bien- |
tôt se subdivise en trois branches, les artères coronaire stomachique, hépatique et splénique ; aux artères rénales, mésentérique supérieure , MéSCntérique inférieure , etc.