‹ Physiologie de l'homme (volume 3)Chapitre 35 sur 65 · DES ARTÈRES · texte numérisé non relu

DES ARTÈRES

mou, extensible, contractile; et celte membrane des artères est ferme, solide, élastique, fragile , facilement coupée par une ligature , et inapte à manifester la moindre irritabilité par tout irritant mécanique ou chimique quelconque : Mysten lui a vainement appliqué le golvanisme ; le tissu musculeux a les fibres rouges, celle-ci à les fibres jaunes. D’autres ont émis qu'elle était de nature fibreuse ; mais elle diffère encore en beaucoup de points du tissu,fibreux. Gest vraiment un tissu d’une nature spéciale, reconnaissant pour base ce tissu très-élastique , dont les anatomistes zoologistes ont fait dans ces derniers temps un tissu particulier, sous le nom deéissu jaune. Les fibres de cette membrane ont une forme apletie et non arrondie; et elles sont plutôt simplement juxta-posées , qu’unies par du tissu cellulaire entre elles, d’où résulte la fragilité que présente cette membrane. Les artères, outre ces trois tuniques, en empruntent souvent une quatrième de la membrane séreuse des cavités splanchniques qu’elles parcourent; et c’est ce qui a causé la dissidence des auteurs sur le nombre de leurs tuniques constituantes. Elles reçoivent de plus les élémens obligés de toutes parties vivantes , savoir , des artérioles, des veinules, des vaisseaux Iymphatiques , et des nerfs. Geux-ci venant du sympathique, forment comme un réseau autour d'elles, et les accompagnent dans toutes leurs ramifications. Quoique la tunique propre des artères aille en diminuant toujours des troncs aux rameaux , eu égard à son épaisseur , elle a dans ses rameaux une épaisseur proportionnelle plus grande, et de la les parois des artères se montrent d'autant plus

épaisses et d'autant plus molles, qu’elles sont plus petites.

Ce mode d’organisation rend ces vaisseaux assez résistans, et surtout très- élastiques, propriétés qui leur étaient nécessaires ; la première pour qu’ils puissent supporter le choc du sang projeté avec force par le cœur, la seconde, afin qu’ils puissent réagir sur le sang avec une force égale à celle qui les dilate, et influer par R sur le cours de ce liquide. Aussi, leurs parois restentelles écartées sur le cadavre , et c’est par là qu'ils se distinguent des veines. Wintringham a cherché , en injectant de l’air ou du mercure dans leur intérieur, à évaluer la mesure de leur résistance, et quel était le rapport de cette résistance avec l'épaisseur de leurs parois et leur capacité : il dit que cette résistance est en raison inverse de la dureté du tissu des artères , et qu’elle est plus grande dans les petites artères. Celles-ci, en effet , se montrent moins souvent anévrismatiques. Ces artères reviennent sur elles-mêmes, quand le sang qu’elles charient diminue , ou même manque tout-à-fait : d’où l’on concoit qu’elles offrent de grandes variétés dans leur volume, dans les cadavres , selon que la mort est, arrivée par asphyxie ou par hémorragie. La vitalité de ces vaisseaux est peu marquée, leurs maladies peu nombreuses el rares; ce qui s'accorde avec le rôle presque passif, et néanmoins important, qu'ils jouent dans la circulation.

Tout ce que nous venons de dire est commun aux deux artères de l’une et l’autre circulation. Seulement , l'artère du poumon est moins grosse, moins élendue, moins solide, parce que le cœur droit est moins fort, et par conséquent l’expose à un choc moindre. Elle offre moins d’anastomoses entre ses branches, si ce n’est à ses terminaisons , et on concoit pourquoi. Enfin, sa mem-

Page 1