‹ Physiologie de l'homme (volume 3)Chapitre 34 sur 65 · EE · texte numérisé non relu

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DES ARTÈRES. 549 Enfin, sur le sacrum, celle aorte, se bifurque en deux gros troncs appelés éliaques primitives , el chacun de ces troncs ensuite se subdivise en deux sortes de branches : les unes dites pelviennes, qui se distribuent au bassin ; les autres appelées crurales , qui se portent au membre inférieur. Entre les deux iliaques primitives, est une artère appelée sacrée moyenne, qui est assez petite chez l’homme , mais qui est fort grosse chez les animaux dans lesquels la queue n’est pas, comme chez nous, rudimentaire. Du reste, il serait hors de notre objet d’énumérer ici la succession des divisions et subdivisions de laorte : il suflit de dire que de ce gros tronc vasculaire naissent des séries de vaisseaux successivement décroissans , qui portent le sang ariériel dans le parenchyme de toutes les parties , et qui à la fin parviennent à un degré de capillarilé tel qu'on ne peut plus les distinguer dans la trame des organes ; alors ils font partie de ce qui constilue fa troisième partie de lappareil circulatoire , les systèmes capillaires.

Les divisions successives de celle artère ne sont pas des cônes, mais une suite de cylindres décroissans, sans qu’il y ait du reste aucun rapport nécessaire de volume dans leur décroissance : par exemple , le tronc de l'aorte

fournit souvent de très-petites branches. Les bifurcations

se. font sous toutes sortes d’angles, sous des angles droits, aigus , oblus, elc. Le tronc central et ses principaux rameaux sont placés profondément, et hors de toutes atteintes extérieures : les grosses branches occupent les srands intervalles des organes; les rameaux occupent les petits , et sont généralement plus flexueux. Dans le trajet, ces vaisseaux suivent une direction tantôt droite, tantôt flexueuse. Ils communiquent souvent entre eux,

et leurs anastomoses sont d’autant plus fréquentes, que les artères sont plus petites et plus éloignées du cœur. Beaucoup de calculs ont été faits pour apprécier Le nombre des divisions que présente l’aorte depuis sa sortie du cœur jusqu'à sa ramification dernière ; Haller à porté ce nombre à »o, Keël, à 5o, etc.

Il résulte de cette description, que le système vasculaire de l'aorte représente dans son ensemble un arbre , qui à son tronc au cœur, et ses ramifications aux parties ; avec celte différence cependant, que les ramificatons ne sont pas libres, mais forment à leurs extrémités un réseau où elles communiquent entre elles , et avec les systèmes vasculaires veineux , sécréteurs et Iymphatiques. En outre, comme un tronc a toujours moins de capacité que les deux rameaux qu'il forme, il s'ensuit que le système représente dans son ensemble un cône qui a son sommetau cœur , etsa base aux parties; qu’ainsi, la capacité du système artériel va en augmentant du cœur aux parties. Des calculs ont été faits pour évaluer les rapports de la capacité de l'aorte à son origine, à celle de tous ses rameaux réunis : le rapport est comme 1 à 44007, selon Keil ; comme 1 à 500, selon /{elvetius et Sylva ; commegocoo à 118490 , selon Senac. Martin a dit que le calibre d’un tronc égalait la racine cube des diamètres des branches.

2° L’artère pulmonaire a beaucoup d’analogie avec la précédente , et nous a déjà occupé à la fonction de la respiration , lorsque nous avons décrit la structure du poumon. Renfermée d’abord dans le péricarde, bientôt elle en sort, et se partage en deux branches qui s’accolent aux bronches, et se dirigent du côté de chaque poumon. Chacune de ces branches va en se divisant suc-

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DES ARTÈRES. 945 cessivement en rameaux et ramuscules successivement décroissans , à mesure qu’elle pénètre le parenchyme de l’organe , suivant dans cette subdivision les divisions des bronches elles-mêmes. Enfin, de même que l'aorte finissait dans le parenchyme des diverses parties du corps par des ramuscules si nombreux , que toutes en recevaient , et si déliés qu’on ne pouvait en apercevoir la disposition; de même finit l'artère pulmonaire dans le tissu du poumon. Cette artère présente aussi dans son ensemble , non une suite de cônes, mais une suite de cylindres successivement décroissans : elle a également la forme d’un arbre, dont le tronc est au cœur, et les ramifications au poumon. Seulement, ces ramifications, au lieu d’être libres , sont aussi unies entre elles en réseau dans le tissu du poumon. Enfin, la capacité de ce sysième vasculaire va de même en augmentant, depuis son origine dans le cœur, jusqu’à ses terminaisons multipliées , dans le système capillaire du poumon.

L'organisation et la texture de ces artères sont les mémes dans chacun des deux cercles, et c’est pour cela que nous en traitons au même lieu. Gette organisation a été l’objet de beaucoup de travaux, parce qu’on a espéré avec juste raison approfondir par elle le mécanisme dela circulation : elle consiste en plusieurs tuniques qui sont superposées les unes aux autres, et dont chaque auteur a indiqué un nombre divers. Willis, par exemple, en admettait cinq ; Boërhaave, Vicussens, quatre, les trois dont nous allons parler, el une quatrième qui fut dite tour à tour nerveuse , vasculaire ou glanduleuse. Aujourd'hui, onne leur en reconnaît que trois: 1° une exlérieure, appelée nerveuse par Albinus, cartilagineuse par Wesale, tendineuse par Heister, mais qui doit être

nommée la tunique celluleuse des artères, parce qu’elle est formée par du tissu cellulaire condensé. C’est généralement la seule qui reste intacte dans les anévrismes vrais. 2° Une intérieure , qui est lisse , polie, et une continuation de celle qui tapisse l’intérieur du cœur. Dumas dit qu’elle exhale un fluide qui est destiné à la défendre du contact du sang; mais cela est douteux, car on voit que toute artère s’oblitère, dès que le sang cesse de la traverser, ce qui ne devrait pas être dans l'hypothèse de Dumas ; il est probable que le fluide séreux qu’on a cru provenir d’une action exhalante de la membrane , était le produit de la séparation cadavérique du sérum du sang. Puisque cette membrane est la continuation de celle qui tapisse l’un et l’autre cœur, nous n'avons pas besoin de dire qu’elle n’est pas la même dans l’artère aorte et dans l'artère pulmonaire: dans la première, c’est celle du cœur rouge , et elleest de même peu extensible, fragile, et disposée à s’ossifier ; dans la seconde, c’est celle du cœur noir, et elle est dès-lors extensible, non fragile, et non disposée à s’ossifier. 3 Enfin, entre ces deux membranes, en est une troisième qui est celle qu’on appelle {& membrane propre des artères, et celle sur laquelle ont porté principalement les débats : elle est composée de fibres jaunes, circulaires ou transversales , mais non longitudinales. Beaucoup de recherches ontété faites pour découvrir sa nature. On dit d’abord qu’elle était musculeuse , et cela dans la vue de trouver une puissance de plus pour la circulation ; mais cela est démenti par l'anatomie ; la fibre de la membrane propre des artères n’a aucun des caractères physiques , chimiques , anatomiques , physiologiques de la fibre musculaire ; le tissu musculeux, par exemple, est

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