DES SYSTÈMES CAPILLAIRES
séreuse du sang, et sont des capillaires blancs. On dit que dans ces systèmes les artères s’abouchent aux veines de deux manières, ou en se réunissant en arcades à leur sommet, ou en marchant parallèlement les unes aux autres , et s’envoyani un grand nombre de petits rameaux transverses. On croit enfin que les artères contribuent plus que les veines à !1 formation de ces systèmes capillaires , les veines ayant déjà, lorsqu'elles s’en séparent, un volume assez marqué. On ne peut admettre avec Autenrieth , que les artères à leurs ramifications dernières se réunissent en troncs pour se diviser ensuite de nouveau avant de communiquer avec les veines, de manière à représenter un système analogue à celui de la veine-porte.
Ce qui ajoute à la difliculté, c’est que ces systèmes capillaires doivent avoir une disposilion qui, non-seulement permette la continuité de la circulation , mais encore laisse le sang se modifier pendant qu’il circule, c’est-à-dire qui soit propre à exécuter les nutritions, sécrétions et calorifications dans le système capillaire général , et l’hématose dans le système capillaire pulmonaire. Les uns ont ditavec Mascagny, que les dernières extréinités artérielles qui forment ces systèmes, étaient percées vers leur point de continuation avec les veines , de pores latéraux par lesquels transudaient les matières nutritives et sécrétées. Les autres ont pensé que les artères se terminaient par trois ordres de vaisseaux, des exhalans nutritifs qui déposent dans les organes la matière nutritive , des sécréteurs qui séparent du sang les humeurs sécrétées , et les veines qui rapportent le sang qui par ces élaborations ou par d’autres est redevenu
veineux. À cette manière de voir, se rapportent le sysième des six ordres de vaisseaux décroissans de Leuwenhoëck destinés à chacun des six globules du sang; celui des vaisseaux névro-lymphatiques de V’icussens ; celui des vaisseaux décroissans jaunes et blancs de Boërhaave , offrant successivément un calibre de plus en plus petit, mais toujours en rapport avec le volume des globules du liquide. Il en est qui conjecturent que les artères se terminent par des ramuscules d’un ordre particulier, qui exhalent la matière nutritive ; et que de même les veines naissent aussi par un ordre particulier de vaisseaux qui en absorbent les débris. Enfin, beaucoup de modernes , M. Ælard, par exemple, professent qu’en dehors du cercle vasculaire , formé par la continuilé des artères et des veines , il est un ordre de vaisseaux particuliers, étendus des parois des artères aux parois des veines , puisant d’un côté dans les artères, versant de l’autre dans les veines, et qui, accomplissant les actions de nutrition, de sécrétion dans le sysième capillaire général, et d’hématose dans celui du poumon , sont la cause des transformations qu’éprouve le sang dans ces systèmes. Tout ceci rentre dans l’impossibité tant de fois accusée de connaître la texture intime des organes ; et ce problème d’anatomie est encore à résoudre. Du reste, à la fonction des nutritions , nous reviendrons sur ces systèmes capillaires, à la composition desquels concourent plusieurs élémens organiques autres que les artères et les veines ; savoir : des vaisseaux Îlymphaliques, des nerfs qui peut-être exercent une influence prochaine sur le mode d’action de ces systèmes capillaires dans la circulation, et du tissu cel-
has a
DES SYSTÈMES CAPILLAIRES. 353 lulaire qui sert de soutien à tous ces vaisseaux. N’en traitant ici que sous le rapport de la circulation, nous nous bernons à assurer qu’au travers d'eux, les artères communiquent directement avec les veines. *
Tout ceci doit s'entendre également des deux systèmes capillaires. À l’article de la respiration , nous avons vu que la disposition du parenchyme du poumon n’était pas plus facile à caractériser que celle de tout autre organe; -et que. les injections prouvant aussi une communication directe entre les ramifications de l'artère pulmonaire et celles des veines pulmonaires , on avait fait sur le mode de cette communication les mêmes conjeciures que nous venons de mentionner. Les seules diflérences entre l’un et l’autre sont les suivantes. 1° Le système capillaire du poumon est moins étendu que le général. 2° Il exerce sur le sang une action d’élaboration inverse de celle que fait subir le système capillaire général, puisqu'il le rend artériel au lieu de le rendre veineux. 5° Enfin , il est le même dans les divers points de son étendue , tandis que le sÿsitème capillaire général a dans chaque partie une disposition différente. Celui-
ci diffère en effet dans chaque organe du corps, et sous
le rapport de la proportion de ses élémens constituans , et relativement à sa texture propre, quelque inconnue qu’elle soit: on en a la preuve par l’inspection même des parties , par la facilité plus ou moins grande avec laquelle chacune se laisse pénétrer par les injections, après comme pendant la vie; par la prédisposition diverse qu’elles présentent aux inflammations , aux hémorragies ;
enfin , parce que chacune ne renouvelle avec le sang
que sa propre substance. 3. 25
AnTicLre IV.
Des Veines.
Enfin, Ja quatrième partie de l’appareil circulatoire se compose de vaisseaux de retour , qui, naissant dans les systèmes capillaires par, des radicules très-déliés, y recueillent le sang , et le rapportent par des rameaux de plus en plus gros etde moins en moins nombreux , aux cœurs. Ces vaisseaux sont appelés veines. Il ÿ en a aussi de deux espèces pour chacune des deux circulations : les veines du corps, qui recueillent le sang veineux dans le système capillaire général, et l’apportent au cœur du poumon; et les veines pulmonaires qui recucillent le sang artériel dans le système capillaire du poumon, et l'apportent au cœur.
1° Les veines du corps ont été décrites avec détail à l’article de l'absorption, et conséquemment nous n’avons besoin que de rappeler ce que nous en avons dit alors : elles commencent par des ramuscules très-déliés dans le système capillaire général dont, sous cette forme, elles constituent un élément. On ne peut rien voir de eette origine. De là elles cheminent du côté du cœur, en formant successivement des rameaux , des branches, des troncs, qui sont de plus en plus gros et de moins en moins nombreux à mesure qu'ils approchent de ce viscère. Enfin , toutes aboutissent à trois gros troncs qui s’abouchent eux-mêmes dans l'oreillette du cœur pulmonaire , et qui sont la veine cave supérieure, la veine cave inférieure, ct les veines cardiaques ou coronaires ; nous en avons déjà parlé lors de la description des cœurs.