‹ Physiologie de l'homme (volume 3)Chapitre 38 sur 65 · DES VEINES · texte numérisé non relu

DES VEINES

Dans ce trajet, ces veines offrent une succession, non de cônes, mais de cylindres progressivement croissans. Les réunions se font sous des angles très-divers , aigus, obtus, droits; Les troncs centraux sont placés profondé ment , à l'abri de toute atteinte extérieure; les branches, moins grosses, sont également plus ou moins protégées en raison de leur importance. Dans leur trajet, ces veines suivent une direction , tantôt droite et tantôt flexueuse ; en général, elles offrent moins de flexuosités que les artères. Il existe aussi beaucoup d’anastomoses entre elles, même plus qu'aux artères, et ces anastomoses sont d’autant plus fréquentes que les veines sont plus petites et plus éloignées du cœur. Ces veines ont ‘donc aussi dans leur ensemble la forme d’un arbre, dont le tronc est au cœur , et les ramifications dans la généralité des parties, dans les sysièmes capillaires ; eL, comme deux rameaux veineux ont ensemble plus de capaciié que le tronc qu'ils forment par leur réunion, il en résulte que la capacité du système veineux va en diminiuant des parties au cœur.

Ces vaisseaux ont dans leur intérieur des valvules , et affectent généralement deux plans ; un profond, qui ordinairement est accolé partout aux artères, et en suit la distribution ; et un superficiel. Et, comme celui-ci existe dans le système veineux en plus que dans le sysième artériel; qu’en outre ,.il y a toujours au plan pro. fond deux veines pour une artère ; et qu’enfin les veines sont partout plus grosses que les artères qui leur correspondent, il en résulte que le sysième veineux a beaucoup plus de capacité que le système artériel. Nous avons dit plus haut quels rapports les auteurs avaient admis entre la capacité de l’un et de l’autre; mais nous

avons ajouté qu’on manquait de base pour faire au juste cette évaluation. Les troncs qui en sont les aboutissans ne sont pas plus que les artères continus au tissu du cœur; il n’y a de commun entre eux et le cœur, que la membrane interne qui les revêt , et qui est la même que celle qui tapisse le cœur.

o Les veines pulmonaires ont de même été décrites à l’article de la respiration, et ont d’ailleurs une disposition tout-à-fait analogue. Elles commencent aussi par des ramuscules très-déliés, et qui sont inapercevables par nos sens dans le tissu capillaire du poumon ; elles forment ensuite une succession de rameaux , de branches, de trones de plus en plus gros et de moins en moins nombreux , à mesure qu’elles approchent du cœur. Toutes aboutissent enfin à quatre troncs appelés les veines pulmonaires, qui s'abouchent dans l’oreillelte du cœur : il en résulte de même un système , non de cônes , mais de cylindres successivement croissans : ce système a aussi la forme d’un arbre, qui a son tronc au cœur, et ses ramifications dans le parenchÿme du poumon , dans le système capillaire pulmonaire : sa câpacité va de même en diminuant du poumon au cœur.

Quant à la texture de ces vaisseaux , elle est la même dans l’un et l’autre de ces systèmes veineux. On l’a décrite dans le temps. Toute veine résulte de la superposition de trois tuniques : 1° une extérieure , de nature celluleuse: 2° une intérieure, qui est une continuité de celle qui tapisse l'intérieur du cœur, et qui forme , dans l'intérieur de ces vaisseaux , des replis appelés valvules, dont nous indiquerons l’usagedans la circulalion; 5° enfin, entre ces deux membranes , une troisième appe-

MÉCANISME DE LA CIRCULATION. 397 lée la membranc propre des veines , qui est sui generis, qui diffère surtout de la membrane propre des artères, en ce qu'elle est plus extensible et beaucoup moins fragile.

Tout est donc encore commun entre les deux systèmes veineux. Seulement, les veines du poumon offrent les particularités suivantes : 1° leur membrane propre est plus épaisse et un peu plus élastique ; 2° elles n’ont pas de valvules dans leur intérieur ; 5° la membrane interne qui les tapisse est celle qui revêt le cœur artériel, et par conséquent est comme celle des artères, fragile, peu exensible, et très-disposée à s’ossifier ; 4° elles n’offrent pas autant d’anastomoses entre elles ; 5° enfin, elles n’af- {ectent pas comme les veines du corps, deux plans, un superficiel et un profond. De ce dernier fait, il résulte que, tandis que tout anatomiste reconnaît que les veines du corps surpassent en capacité l'artère du corps, il y a controverse pour savoir si les veines du poumon sont de même à l'égard de l'artère pulmonaire : Bichat le croit; mais Æelvétius, Winslow, Haller, Meckel, M. Chaussier professent le contraire.

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