DES EXHALATIONS MUQUEUSES
nous dirons un mot des sécrétions gazeuses , qu’on a appelées pneumatoses. Chez les animaux, il en est d’évidentes; par exemple , dans les poissons, celle du gaz qui remplit leur vessie natatoire. En existe-t-il de même dans l’homme ? il n’en est pas d’aussi locale que celle que nous venons de citer; mais certainement il s’en fait à la surface des membranes muqueuses , et probablement de la peau. On sait qu’il existe fréquemment des gaz dans l'intestin , et nous avons indiqué leur nature à l'article de la digestion. Gertainement ces gaz ne proviennent pas de l’air qui a été avalé, car on les trouve dans l'intestin du fœtus qui n’a pas encore respiré. Ils ne proviennent pas non plus, en entier au moins, de la décomposition des alimens, car Glisson, Combalusier, M. Magendie , les ont vus apparaître dans une anse d’intestin qu’on avait vidée et liée. Le météorisme , la tympanite, sont d’ailleurs des maladies qui sont à l’exhalation gazeuse intestinale , ce que les hydropisies sont à lexha lation des sucs séreux. La perspiration pulmonaire est en quelque sorte une sécrétion gazeuse, car nous avons prouvé, à la fonction de la respiration, que l'acide carbonique qui en forme la partie principale, n’était pas fornié de toutes pièces dans cette fonction ; et des expériences nouvelles de M. £diwards, ont mis hors de doute que la muqueuse pulmonaire exhale aussi en de certains cas de l’azote, par exemple , constamment au printemps et en été. Ce que nous disons de la perspiration pulmonaire , peut certainement se dire de la transpiration cutanée , puisque le produit de celle-ci contient aussi de l’acide carboniques Enfin, M. Ribes dit qu’ouvrant sous l’eau dans un cadavre la cavité du péritoine et celle de la plèvre, il avu se dégager des bulles de gaz.
Nous admettons donc qu'il y a des pneumatoses chez l’homme dans l’état de santé; mais elles se rapportent aux exhalations muqueuses et cutanées dont nous venons de traiter: et si les produits en sont recueillis quelquefois dans l'intestin, ce n’est qu’à cause de la disposition des parties.
Onpne II. — Sécrétions spécialement dépuratrices et décomposantes.
Il n’y en a qu’une dans l’économie de l’homme, Ja sécrétion urinaire. Il est évident , en effet, que l’urine n’a pas d’autre office dans l’économie que de fonder une excrétion.
$. IT. De la Sécrétion urinaire.
Cette sécrétion n’existe que dans les animaux vertébrés , et est chez eux assez prochainement nécessaire à la vie; sa suppression entraîne promptement la mort. xposons successivement la disposition anatomique de l'appareil qui en est l’agent, et le mécanisme de son
action.
1° De lAppareil urinaire.
Cet appareil va en se compliquant successivement dans la série des animaux vertébrés. Dans les poissons, où il est le plus simple , il ne se compose que d’une glande et de son canal excréteur : la première , appelée rein, rouge, granuleuse, située dans l’abdomen ; le second, allant s'ouvrir aussitôt au dehors pour l'issue du fluide, Mais , des poissons aux mammifères , il va en s’ajoutant de nouvelles parties ; et, chez homme, il se compose : 1° des reins , glandes paires qui sécrètent l'urine;
mans