‹ Physiologie de l'homme (volume 3)Chapitre 63 sur 65 · LL · texte numérisé non relu

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mangé des alimens teints avec de la rhubarbe ou de la garance ; en elle se voient bien vite ceux des principes de nos alimens qui ont pénétré sans être chylifiés. Il en est de même des boissons; avec promptitude elle débarrasse le sang du superflu de partie aqueuse dontelles l'ont surchargé : de là même la distinction que l’on a faite de l'urine de la boisson et de l'urine de la nutrition , la première n'étant que le superflu de partie aqueuse que les boissons ont portées dans le sang, la seconde ctant au contraire formée des élémens repris au sang pour effectuer la décomposition du corps. Nous en dirons encore autant des élémens étrangers absorbés dans l’air de la respiration : quand on respire dans un appartement nouvellement peint à l'essence de térébenthine , l'urine ne prend-elle pas une odeur de violette, comme si on avait injecté de cette substance dans le sang? Enfin, cette humeur rejette aussi au dehors les matières que l’absorption interne a pu puiser dans l’économie et reporter accidentellement dans le sang; et par exemple , ne se charge -t-elle pas de bile dans l'ictère ?

D'autre part, on sait que l'absorption interne reprend dans tous les organes une partie des matériaux qui les composaient , à mesure que la nutrition leur en assimile de nouveaux. Nous avons dit que tout organe se décompose dans la même proportion qu'il se recompose. Or, c’est la sécrétion urinaire qui accomplit cette décomposition ; elle en est même la plus forte preuve. En effet, l'alimentation pourrait ne servir qu'à remédier aux pertes qu'ont fait faire au corps les autres excrétions dont nous venons de parler : mais à quoi pourrait servir la sécrétion urinaire qui évidemment n’a aucune ulilité

Le

locale, si ce n’est de rejeter hors de l'économie les débris usés des organes ? La dépuration du sang ne pourrait seule en expliquer l'abondance et Ia nécessité.

De ces deux offices que remplit la sécrétion urinaire , le premier , la dépuration du Sang , semble consister en un simple triage. Les matériaux hétérogènes, quelle que soit leur source , mélés au sang, roulent avec ce liquide , et présentés aux reins , S’attachent en quelque sorte à l’urine qui en est le produit et sortent avec elle. G'est si bien ainsi que s’opère cette dépuration , que ces matériaux hétérogènes, qu’on peut suivre en quelque sorte dans tout le trajet qu’ils parcourent, et reconnaître dans le chyle, la lymphe et Je sang, quelquefois s’engagent dans d’autres couloirs, des couloirs sécréteurs récrémentitiels, par exemple , ou les couloirs nutritifs. Ainsi, l’on a vu quelquefois le fluide des hydropisies manifester les qualités des alimens qui ontété pris , celles de la bile dans l’ictère. Ainsi, Duhamel à vu les os se colorer en rose à la suite de l'usage d’alimens colorés avec la garance ; et l’on distingue très-bien au goût le lapin nourri aux choux, de celui qui est nourri au thym ou au serpolet. Mais, soit parce que la sécrétion urinaire est celle qui remplit spécialement la décomposition, soit à cause de quelque disposition anatomique spéciale , c’est elle qui plus facilement et plus abondamment extrait les matériaux étrangers qui surchargent le sang. On sait qu’elle est aux boissons, sous ce rapport, ce que ladéfécation est aux alimens solides.

Sous ce dernier rapport ,il est une proposition qu'ont émise quelques physiologistes, et que nous devons discuter. La boisson est quelquefois rendue par l’urine avec une extrême promptitude , avec une promptitude

be.

que semble ne devoir pas permeltre le long cours de la circulation; et, à cause de cela, on s’est demandé s’il n’y avait pas quelques voies directes de l'appareil digestif à Ja vessie. À l'appui de ce soupcon, on a cité quelques faits. Par exemple, Chirac dit avoir vu la vessie se remplir d'urine, quoique les uretères fussent liés; il dit avoir provoqué des vomissemens urineux en liant les artères rénales : on assure avoir retrouvé dans la vessie l'huile qui constituait un clysière : Darwin, ayant fait prendre à un de ses amis du nitrate de potasse , retrouva ce sel dans l'urine, mais sans pouvoir en signaler le moindre atome dans le sang; Brand fit la même remarque à l’égard du prussiate de potasse. Ainsi, ce ne serait pas par la circulation, que ces substances seraient parvenues à l'appareil urinaire ; et de là ces idées qu’il existe un canal direct de l’estomac à la vessie, ou que c’est par le tissu cellulaire intermédiaire que ces substances ont-gagné ce réservoir, Mais le canal de l'estomac à la vessie n'existe pas; et quant à la transmission à travers les aréoles du tissu lamineux, elle choque toutes les lois de la physiologie; nous avons déjà dit que@melin et T'iédemann avaient examiné le tissu cellulaire de l’abdomen, après avoir fait boire, aux animaux sur lesquels ils faisaient l'expérience, des boissons colorées ou odorantes, et n’y avaient trouvé aucunes traces de ces boissons. Les faits de Chirae sont certainement faux ; lerein seul dans notre économie peut fabriquer de l'urine ; et, d’ailleurs, pour bien juger ces faits , il faut distinguer ce qui appartient à la suppression de la sécrétion, de ce qui appartient à la suppression de l’excrétion, Ainsi, lie-t-on les artères rénales ? suppression de la sécrétion , mort, parce que le sang n’a pas éprouvé la dépuration salutaire ; mais on ne trouve d'urine en

aucun point de l’économie. Au contraire , lie-t-on seuement les uretères? suppression de l’excrétion , mort aussi, si cette suppression se prolonge ; mais l’urine regorge dans toute l’économie ; faite au rein comme à l’ordinaire, mais stagnant dans ses voies d’excrétion “abrsorption l’a reprise, portée dans le sang, d’où elle se sera échappée par les divers couloirs ; la perspiration cutanée, la sueur, les vomissemens auront un caractère urineux, Cette absorption explique de même comment l'urine a évacué quelquefois la matière d’un clystère , le fluide d’une hydropisie. Quant aux faits de Darwin et de Brand , on ne peut en tirer de conséquences absolues; le sang et l'urine étant des liqueurs fort différentes chimiquement , il est possible qu’une même substance mêlée à ces liquides, se laisse saisir par un réactif dans l’un et s’y dérobe dans l’autre. D'ailleurs M. Foderx a été plus habile que Darwin et Brand : ayantintroduit dans la vessie d’un lapin une sonde bouchée, ayant lié sur la sonde le pénis pour empêcher l'urine de couler sur les côtés, il a injecté dans l’estomac de l'animal une solution d’hydrocyanate ferrurée de potasse : alors débouchant fréquemment la sonde, il a recu , sur du papierjoseph , des gouttes d’urine , et soumettant ënsuite ce papier à des réactifs, il a pu reconnaître l'instant où l'urine était chargée de la solution portée dans l’estomac : cela arrivait au bout de cinq ou dix minutes: alors tuant aussitôt l'animal , et examinant le sang dans les diverses parties du corps, il y a trouvé le sel. Nous concluons donc, que c’est par la voie de la circulation que les boissons arrivent au rein; et si l’on réfléchit au volume considérable des artères rénales , apportant aux reins la huitième partie de tout le sang, une quantité

qu’on a estimée être de dix mille onces par heure; si l’on pense au trajet très- court de ces artères, à leurs promptes ramifications dans le tissu du rein , à leur communicaion avec les sécréteurs, qui est plus facile qu’en aucune autre glande, d’où cette opinion émise qu’on a plus d’espoir de trouver dans le rein le mécanisme des sécrétions qu’en aucun autre organe sécréteur, etc. , on trouvera ces particularités anatomiques très-propres à confirmer notre assertion.

Sile mécanisme par lequel la sécrétion urinaire a effectué la dépuration du sang, a paru facile à pénétrer, et consister en un simple triage, il n’en est pas de même de celui par lequel cette sécrétion accomplit son autre office , la décomposition du corps ; on ne peut pas de même suivre celle-ci pied à pied. En effet, que pouvonsnous assurer de cette décomposition ? les débris usés des organes sont repris par l'absorption interstitielle , et porjés dans la lymphe et le sang veineux : ces fluides vont ensuite se changer en sang artériel dans le poumon : et enfin, c’est ce sang artériel , le même qui nourrit les organes , et en effectue la composition , qui alimente la sécrétion urinaire , et par conséquent accomplit la décomposition. Or, il est évident que, dans tout ce trajet, on ne peut pas reconnaître el suivre les molécules organiques , depuis le moment où l'absorption les retire des organes , jusqu’à celui où le rein les rejette sous forme d’urine. On peut même s’étonner que ce soit du même sang qui nourrit les organes, que provienne V’urine qui en représente les débris. Quel peut être le motif d’une pareille disposition ? La nature a-t-elle voulu par là ne rien rejeter du corps qu'après l’avoir soumis à une révision sévère, et en avoir retiré tout ce qui pou-

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vait encore s’y trouver d’utile ? Ou les matériaux retirés des organes traversent-ils impunément le poumon et le système artériel, et ne sont-ils reconnus , si on peut parler ainsi, que par les reins qui doivent en opérer le triage ? On voit bien , d’un côté des molécules reprises par l'absorption , et de l’autre la sécrétion urinaire entraîner une déperdition quelconque : mais sont-ce les molécules reprises dans les organes qui sont rejetées sous forme d'urine? ou celle-ci n’a-t-elle pour objet que de faire faire au sang des pertes égales à ses acquisitions ? On a tour à tour accueilli l’une et l’autre conjecture, D'une part, c’est du sang artériel] qu’émane la sécrétion urinaire, aussi bien que toutes les autres sécrétions excrémentitielles : ce sang est un fluide homogène , dans lequel on ne peut reconnaître les débris des organes : après avoir servi à la formation de l'urine, loin d’être plus pur, il est comme tout autre redevenu veineux, eta besoin de se refaire dans le poumon : enfin, il y a beaucoup d’excrétions, et elles sont diverses, ce qui ne permet guère de croire qu’elles soient formées des mêmes matériaux, D'autre part, si l’urine n’est pas formée spécialement par les débris des organes, les produits de la décomposition , il faut admettre que cette excrétion ne sert qu’à faire faire au sang des déperditions proportionnelles à ses acquisitions; et alors, comment croire que la nature , qui est si admirable dans toutes ses œuvres , édifie d’un côté avec tant de soins du sang , pour le détruire ensuite de l’autre ? N’y a-til pas d’ailleurs un rapport, entre l'absorption des molécules dans les organes et la sécrétion urinaire, au moins sous le rap- - port de la quantité et de l’activité avec laquelle ces deux opérations se font? Faut-il de notre impossibilité à signa-

ler la filiation des molécules usées, depuis le lieu où elles se détachent , jusqu’à l’urine , déduire la non-réalité de cette filiation , d’ailleurs si vraisemblable , et qui satisfait tant l'esprit ? combien d’autres faits dans l’économie , aussi impossibles à constater, et considérés néanmoins comme certains ? Nous penchons donc pour cette dernière conjecture.

Il y a plus ; des expériences récentes faites par MM. Dumas et Prévost à Genève, et répétées à Paris par M. Ségalas, en font, en quelque sorte, une démonstration. Ges physiologistes ont analisé le sang d’animaux vivans auxquels ils avaient extirpé les reins ; et ils ont vu que le sang contenait alors d'autant plus d’urée, que la vie avait persisté plus long-temps à l’opération. Or, ce principe ne se irouve jamais dans le sang des animaux, chez lesquels la sécrétion urinaire se fait librement. Bien plus, ce dernier ayant injecté une solution aqueuse d’urée dans les veines d’un animal, a vu la sécrétion urinaire augmenter sensiblement , et éliminer si prompiement ce principe , qu'après vingt-quatre heures on ne pouvait plus, par l’analise, le retrouver dans le sang. Il semblerait donc que ce serait sous la forme d’urée que les débris des organes rouleraient dans le sang, et que les reins auraient la propriété d'extraire cette urée.

Du reste, c’est surtout par rapport à cet office que la sécrétion urinaire est importante ; elle ne peut être supprimée plus de trois jours , sans entraîner la mort ; les . mêmes physiologistes que je viens de nommer l'ont constaté dans leurs expériénces. La sécrétion urinaire fait , à cet égard , subir au sang une dépuration , une modification qui n’est guère moins utile que celle qu'imprime à ce fluide la respiration. Dans Les animaux chez lesquels

elle n'existe pas, c’est la transpiration cutanée qui remplit son oflice de décomposition.

AnvTicze IIL

Quelques généralités sur les Sécrétions , et particulièrement sur les Excrétions.

Nous avons traité de toutes les sécrétions du corps humain , et on connaît maintenant surtout toutes les excrétions. Gelles-ci ont été généralement divisées ; en sensibles , comme les déjections alvines, la sécrétion de l’urine , les matières du moucher , du cracher , etc. et en insensibles , comme les transpirations cutanée et pulmonaire, l’excrétion sébacée de la peau, etc. L'excrétion des fèces , tout en évacuant les mucosités de l'appareil digestif, a trait surtout à l’expulsion de la partie non nutritive des alimens ; et de même la perspiration pulmonaire se compose en partie du reste de l'air respiré. À ces excrélions nous devons en ajouter une encore, celle des parties cornées , épidermiques, que fournissent la peau et quelqu2s-uns de ses organes annexes , et dont plusieurs , à raison de nos usages, fondent pour l’homme une déperdition assez importante, Ainsi, il y a une usure et un renouvellement continuel de l’épiderme : ainsi , les cheveux, les ongles, la barbe, qui , abandonnés à eux-mêmes , acquerraient bientôt une longueur déterminée, pour ne Ja plus dépasser , étant coupés sans cesse , deviennent de véritables excré tions. Enfin , le corps humain présente souvent des excrétions morbides , comme des suppurations , des hémorragies ; mais, bien que les considérations que nous allons présenter leur soient applicables aussi, nous nous tairons

sur elles, parce qu’elles n’appartiennent pas à l’état de santé. |

De ces diverses excrétions, c’est celle de l'urine qui sert surtout aux besoins généraux de l’économie; savoir, la dépuration du sang et la décomposition du corps ; elle n’a, en eflet, que cet office; toutes les autres, au contraire , ont à accomplir des services locaux plus ou moins importans. Cependant , celles-ci n°y sont pas toutà-fait étrangères , et à cause de cela, entrent en solidarité avec elle. D’abord , cela est évident de la transpiration cutanée ; c’est après la sécrétion urinaire , l’excrétion la plus prochainement dépuratrice et décomposante. Dans les animaux chez lesquels la sécrétion urinaire manque , elle remplit même à elle seule ces offices. Chez l’homme, on trouve aussi souvent en elle que dans urine les matières étrangères dont le sang se dépure. Aussi, dans cet être , ces deux excrétions se suppléent , s’équilibrent. Dans l’ordre le plus naturel , chacune accomplit ses oflices de dépuration et de décomposition dans une mesure déterminée; mais que , par une influence extérieure ou organique, l’une voie augmenter ou diminuer son action, l’autre se modifie coïncidemment, mais d’une manière inverse. C’est ainsi que dans l'été , où la chaleur extérieure active la transpiration, la sécrétion urinaire diminue , et que, dans l’hiver , où le froid affaiblit l’action transpiratoire de la peau, la sécrétion urinaire augmentc. |

Tout ceci est également vrai des autres excrétions. Les déjections alvines, la perspiration pulmonaire , les matières du moucher , du cracher, etc., contiennent aussi les matières étrangères diverses qui peuvent être dans le sang, et, par exemple ,on y trouve la bile dans

DES EXCRÉTIONS EN GÉNÉRAL, 665 la jaunisse. Bien que plus particulièrement affectées à quelques usages locaux elles n’en fondent pas moins des déperditions pour l’homme, entrent, à ce titre, dans Le mouvement général de décomposition, et dès-lors se coordonnent avec la perspiration cutanée et la sécré tion urinaire. Ainsi , dans les diarrhées, la peau est sèche, l'urine rare ; et, dans les diaphorèses, ou le diabètes , il ya constipation : Cutis laxa, alvi densitas ; cutis densa , alvi raritas, a dit Hippocraie. Dans l'hiver, la perspiration pulmonaire redouble , pour suppléer à ce que fait alors de moins la perspiration cutanée ; et peutêtre, dit Bichat, est-ce une cause de la plus grande fréquence des rhumes dans cette saison. Cette solidarité s'étend même aux excrétions morbides : y a-t-il hydropisie, anasarque ? toutes les excrétions semblent avoir cédé leur office à l’excrétion accidentelle qui forme l'hydropisie, et sont comme supprimées ; la peau est sèche, l'urine rare , le ventre resserré ; le malade est dévoré d’une soif inextinguible, tant il a besoin de remplacer par de nouveaux sucs , ceux que la maladie consume. Îl en est de même dans les catarrhes, tous flux quelconques, la salivation, par exemple, d’abondantes suppurations, etc.

Toutes les excrétions , même les morbides , quand

leur ancienneté les a rendues habituelles , Concourent

donc à la décomposition du corps, mais dans des mesures très-variables et dépendantes des individualités , de l’âge, du sexe , du mode de vie, des maladies , @ÉC: Ainsi, chez tel, la perspiration cutanée est la principale excrélion de décomposition , et chez tel autre c’est l'excrétion de l'urine. Certaines personnes activent

du *

à volonté quelques - unes de leurs excrétions , leur font acquérir ainsi sur toutes les autres une prédominance insolite, et, avec le temps, se les rendent ntcessaires : telles sont, par exemple, les excrétions du moucher , du cracher , sollicitées et augmentées par l’usage du tabac introduit en poudre dans le nez, ou fumé , ou mâché ; celles des déjections alvinés, mainienues abondantes et liquides par l'usage habituel des purgatifs. À ceci se rapporte le danger de supprimer des hémorragies périodiques, d’anciens ulcères, des cautères depuis long-temps établis et entretenus, etc. 11 n'est aucune excrétion , telle petite qu’elle soit primitivement , qui ne puisse ainsi devenir principale parmi celles qui accomplissent la décomposition du corps.

Bien que les excrétions remplissent , sous ce dernier rapport , un même usage , elles sont cependant physiquement et chimiquement diverses. Voyez , par exemple , l'urine et la matière de la perspiration cutanée ; quelles différences entre elles , quoique accomplissant également la décomposition ! Dans l’une , domine une matière animale particulière , appelée urée , et du phosphore; l’autre est une vapeur albumineuse chargée d’acide carbonique. De cette diversité de composition , ‘nous conclurons qu’on ne peut rien statuer d’absolu sur la composition chimique qu’a revêtue la matière qui , par suite de la vie, est devenue imapte à continuer de faire partie d’un corps vivant; de même qu’on n’a pu spécifier non plus celle que ce travail nutritif lui a donnée , pour l’amener à faire partie des organes. On se borne à dire que les humeurs excrémentitielles sont

DES EXCRÉTIONS EN GÉNÉRAL. "" “667 généralement acides, tandis que les récrémentitielles sont alkalines.

Enfin , est-il possible d'évaluer la quantité totale des excrétions ? on le peut encore moins que calculer célle des ingestions. D’abord , il faudrait tenir compte de toutes , et on a vu qu’il y en avait un grand nombre. En second lieu, il en est beaucoup donton ne peut recueillir isolément les produits, et apprécier, par conséquent , la quantité, comme les perspirations cutanée et pulmonaire , l’excrétion de l'humeur sébacée de la peau. Beaucoup sont éventuelles , laissées au caprice de la volonté , ou à la dépendance de circonstances accidentelles , comme l’excrétion du sperme , la sueur. La plupart sont plus ou moins abondantes , en raison des usages locaux auxquels elles sont destinées. Quelquesunes sont forcément dépendantes de la quantité et de la qualité des alimens et des boissons dont on use, comme les déjections alvines , la sécrétion urinaire. Enfin, cette quantité totale est en raison du mouvement de décomposition , et celui-ci différant dans chaque individu , et variant dans un même individu , selon son âge , son état de santé et de maladie, sa vie plus ou moins sédentaire ou active , etc. , on concoit qu'il doit en être de même de la somme des excrétions. Däns ces diverses circonstances , la quantité de l’alimentation varie; il en est de même de celle des excrétions. Bien plus , non-seulement le caractère de la nutrition est ce qui règle la quantité totale des excrétions, mais encore il décide la part que chacune d'elles ont à la déperdition générale, et en fait varier la nature. Par exemple, dans la série des âges , les diverses excrétions sont, les anes par rapport aux autres , dans des proportions diffé-

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rentes , et leurs produits ne sont pas absolument les mêmes. Ainsi que dans le premier âge , les fluides de composition , chyle , lymphe, sang, sont différens de ce qu’ils sont dans l’âge mûr et dans la vieillesse ; de même, les excrétions qui doivent toujours correspondre à ces fluides, varient dans chacune de ces époques de la vie; plus aqueuses , plus acides dans l’enfance , parexemple, elles sont plus chargées de matières salines , tophacées dans la vieillesse. Mais nous reviendrons sur cet objet à l’article des différences individuelles , et particulièrement des âges. |

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