‹ Physiologie de l'homme (volume 4)Chapitre 3 sur 35 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

leurs, cette méthode n'eüt été applicable qu'à quelques fonctions; beaucoup réclament forcément, pour leur exposition, des détails anatomiques, lalocomotion , par exemple; etdèslors l’ouvrage n’eûüt pas présenté uniformité de plan dans ses diverses parties. Enfin, dans ce moment où l'étude de l'organisation est, dans toutes les sciences qui traitent des corps vivans, prise pour base de tous les travaux ; où l'anatomie, devenue philosophique, est le guide du physiologiste et du zoologiste ; dans ce moment, où les pathologistes eux-mêmes, pour échapper aux abstractions, s'efforcent judicieusement de rapporter toutes les maladies à des altérations déterminées des parties solides et fluides du corps humain; j'aurais cru étre en contradiction avec l’époque actuelle et avec mes propres opinions, si javais séparé l’anatomie de la physiologie. Les élèves en médecine, pour lesquels j'écris spécialement, seront ainsi ramenés sans cesse à la considération des objets qu'ils doivent avoir toujours en vue dans Fexer2 cice de leur profession, l'état sain où malade des organes.

Cette marche, si évidemment rationnelle pour ‘étude des facultés physiques de l’homme , j'ai dù également la suivre pour celle des facultés morales. Les actes intellectuels et moraux sont des produits mixtes des deux substances qui composent l'homme, léme et le corps : mais deux sciences distinctes traitent de la part qu'ont à leur

PRÉFACE. XV productuon , chacun de ces deux principes. La physiologie ne s'occupe que de l'influence du corps ; elle prouve qu'elle est réelle; elle cherche à la caractériser ; l'étude des actes intellectuels et moraux ne se compose donc pour elle que de con:sidérations matérielles ; si cela n'était pas, la physiologie sortirait de son domaine. Évitant toutes recherches sur l'âme, recevant d’ailleurs la notion de son existence, de son immortalité ; lephysiologiste ne s'occupe et ne doit s'occuper que des conditions matérielles qui rendent possible, pendant la vie terrestre, la manifestation des actes intellectuels et moraux, et qui contiennent en elles les causes de toutes les variations que ces actes présentent ; heureux de voir que sa science lui confirme ce qui lui est dit, d’autre part, sur la dignité del’homme, etsur sa plushaute vocation. Le lecteur verra, qu'attentif à me renfermer dans la sphère de mes travaux , je rends cependant partout hommage aux vérités religieuses et morales sur lesquelles repose la première garantie de l’état social.

Destinant plus particulièrement cet ouvrage aux élèves en médecine, et l'ayant publié sur la demande d’un très-grand nombre, j'aurais désiré qu'il fût moins volumineux. J'ai fait, à cet égard, tout ce qui ma été possible : mais le sujet que J'avais à traiter est si vaste, que je n'ai pu le renfermeren un moindre nombre de pages. Qu'on le compare , du reste, avec d’autres ouvrages sur

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