‹ Physiologie de l'homme (volume 5)Chapitre 12 sur 53 · DES NERFS QUI DISPENSENT L’INNERVATION · texte numérisé non relu

DES NERFS QUI DISPENSENT L’INNERVATION

pas le dispensateur propre de l’influence nerveuse organique.

Au contraire , la plupart des physiologistes modernes attribuent cette influence nerveuse organique à un système nerveux spécial; et voici la suite de raisonnemens et de faits qui les conduit à considérer comme tel le grand sympathique. 1° D'abord , tout prouve que ce nerf forme un système nerveux indépendant, distinct du sysième cérébro-spinal, et ses prétendues origines, et sa texture , et ses propriétés. En premier lieu, il est évident que les filets par lesquels le grand sympathique en haut s’unit aux cinquième et sixième paires encéphaliques, comme ceux par lesquels chacun de ses ganglions s’unit aux paires spinales, ne sont pas les origines de ce nerf, comme on le disait jadis, mais seulement des rameaux anastomotiques par lesquels ce nerf est mis en communication avec les autres parties du système nerveux. En second lieu, il n’est pas moins certain que ce nerf diffère anatomiquement de tous les autres; ses filets sont plus grêles, plus mous, d’une couleur grise ; la substance particulière qui existe dans ses ganglions, et que les analises chimiques de Bichat, Wutzer, Lassaigne , ont montré être différente de la substance cérébrale , se prolonge en eux. Enfin , ce nerf a des propriétés opposées à celles des autres : ceux-ci irrités d’une manière quelconque sur un animal vivant, accusent une vive douleur ; leur irritation entraîne des contractions convulsives dans les muscles auxquels ils se distribuent : au contraire, Bichat et beaucoup d’autres ,'ont vu les animaux ne manifester aucune douleur , quand on irritait chez eux les plexus de l’abdomen, les ganglions du col du grand sympathique, ou quelques-uns des filets de

ce nerf. Ce même expérimentateur n’a pu, par le galvapisme appliqué aux nerfs du cœur, précipiter les contractions de cet organe. A la vérité, {faller dit qu’en irritant le plexus hépatique sur un chien, l'animal parut ressentir de la douleur, visum est animal doluisse ; et M. de Humboldt dit avoir, par le galvanisme appliqué aux nerfs du cœur, augmenté les mouvemens de cet organe. Mais, en admettant ces derniers faits, il n’en resterait pas moins certain que le nerf grand sympathique est beaucoup moins sensible et moteur que les autres nerfs , et que la différence de se$ propriétés à cet égard confirme ce que celle de sa texture et la nullité de ses origines portent à admettre sur l'indépendance de ce nerf. Le grand sympathique est donc, dans l’ensemble du système nerveux, un système nerveux spécial. 9° Ii n’est pas moins certain que ce système nerveux spécial, quelle que soit sa fonction , est destinéaux fonctions organiques ; sa distribution prouve cette attribution spéciale , car c’est presque exclusivement aux organes de ces fonctions qu'il envoie tous ses filets. 3° Certainement encore, ce n’est pas pour présider à des sensations et à des mouvemens volontaires qu’il est envoyé à ces organes; Car nous venons de voir que ce nerf ne se montrait pas sen-

sible comme les autres , et l’on sait que les opérations

de ces organes ne sont ni senties, ni régies par la volon-

té, Non cependant que dans certains cas, les impressions

éprouvées par les viscères ne soient senties , et par con-

séquent ne,soient transmises par le grand sympathique

au centre de perception; cela s’observe souvent dans, les maladies , et même on remarque que la douleur éprou-

vée à alors un caractère particulier , celui d’abattre bien

davantage, de ierrasser tou t-à-fait l'homme; mais il est

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