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DES RAPPORTS ORGANIQUES

cours plus grand d'actions, et que la seconde aura une plus grande extension. À ces titres divers, ils doivent être, et sont en effet considérables chez l’homme. Du resie, ils sont déjà connus; en faisant l’histoire des fonctions de relation, de nutrition, et de reproduction , irrésistiblement nous avons dà les signaler; et nous devons nous borner ici à les rappeler en peu de mots, en nous renfermant encore dans ce qui est de l'état normal ou de santé.

D'abord , nous retrouvons encore ici au premier rang cette même atmosphère que nous venons de voir exercer sur l’homme tant d’influences physiques. Nous puisons continuellement en elle l’élément nécessaire à la formation de notre sang, l’oxigène; et, à ce titre, un rapport avec elle nous est d’une nécessité absolue. Aussi y sommes-nous plongés de toutes parts. Aussi la concordance la plus heureuse existe-t-elle entre la composition de l’atmosphère, et ce premier de nos besoins. Le poumon est-il la seule voie par laquelle nous prenons dans l'atmosphère l’oxigène utile à notre vie? et la peau, qui est dans un contact continuel avec l’air, n’y puise-t-elle pas aussi un peu de ce principe ? Comme cela est dans un assez grand nombre d’animaux , on l’avait dit aussi par analogie de l’homme; mais nous avons vu que relativement à cet être, cela est au moins douteux. Toutefois , à ne considérer l’atmosphère que sous ce premier point de vue, que comme aliment de la respiration , de quel intérêt est pour nous le rapport que nous avons avec elle ! Le principe oxigène existe-t-il dans l'air en trop petite quantité , comme sur le sommet des hautes montagnes , ou sous le récipient de la machine pneumatique quand on y a fait le vide, ou dans un espace

étroit où beaucoup d'hommes sont rassemblés ? Ja respiralion se presse , pour suppléer, par la précipitation de ses mouvemens, à ce qui manque à la richesse de l'air. L'air est-il remplacé par un gaz qui ne contient pas d’oxigène ? il y a asphyxie. Le gaz asphyxiant nuit-il , non-seulement parce qu'il ne fournit pas d’oxigène , mais encore par une influence délétère directe sur quelques-uns des organes ? l’asphyxie qui survient n'est pas seulement négative, mais elle est positive , un véritable empoisonnement.

Puisons-nous dans l’atmosphère quelques-uns des autres principes qui Y existent , et particulièrement

‘ quelques-uns de ces fluides impondérables qui ont gé-

néralement part à la production de tous les phénomènes naturels , savoir, calorique, lumière, électricité , etc. ? La chose n’est pas aussi démontrée que la préhension de l’oxigène ; mais les considérations suivantes portent à le croire : 1° Ces matières existent dans tous les corps vivans; elles sont certainement trop subtiles pour croire qu’elles y ontété faites de toutes pièces ; s’il existe des corps véritablement simples , élémentaires, ce doit être ceux-là; et par conséquent les corps vivans ont dû puiser dans la nature générale ce qu’ils en contiennent. 9° On sait que les sectateurs des générations spontanées attribuent à l’action de ces agens, la plus grande part dans la production de ces êtres vivans qu’ils croient avoir été formés de toutes pièces. 3° Beaucoup de physiologistes reconnaissent la plus grande analogie entre le fluide nerveux, moteur principal de la vie , et le fluide électrique; et c’est une présomption plus fortement établie aujourd’hui que jamais, que l'électricité a une srande part à la production des phénomènes vitaux , et

DES RAPPORTS ORGANIQUES. 571 constitue l'essence de la vie. 4° Enfin, on peut arguer de l’heureuse influence exercée par ces agens sur la vie, et du besoin que paraissent en avoir tous les êtres vivans quelconques. Voyez les plantes languir , s’étioler par la privation de la lumière, et revêtir en quelque sorte une puissance motrice pour se diriger du côté où elles peuvent recevoir ce bienfaisant élément. Des polypes renfermés dans un vase qui ne recoit la lumière que d’un côté, se dirigent vers le point par lequel leur arrive ce principe. Les animaux supérieurs ne sont pas plus indépendans de cet élément vivifiant , du moins à juger par la force qu'imprime à ceux d’entre eux qui sont faibles l’insolation. M. Edrvards a expérimenté que des œufs de batraciens fécondés , ne se développent pas s'ils sont tenus dans l'obscurité, et que la transformation des tétards de grenouille s’y fait beaucoup plus tard : or, si la lumière est ainsi un élément nécessaire à ces premiers âges de la vie, pourrait-elle être sans influence dans les âges suivans? Ce que nous disons de la lumière s'applique au calorique. Voyez les plantes ralentir et même suspendre leur mouvement vital pendant la saison froide, pour repousser leurs feuilles et leurs fleurs au retour de la saison chaude, Voyez la même alternative de suspension et d’activité se montrer dans les animaux hybernans. La chaleur est si bien la cause de ces grands changemens, qu'on peut par le chaud artificiel forcer les végétaux à intervertir l’ordre des saisons. Les climats enfin démontrent de même l'influence viviliante du calorique : combien sont détériorées dans les régions glacées des pôles toutes les productions végétales et animales ! et combien ces mêmes productions sont exubérantes et gigantesques dans les

régions équatoriales ! Cependant, nous le répétons , l'absorption de ces matières, lumière , calorique, par le corps vivant , n’est pas une chose aussi démontrée que celle de l'oxigène; et il est possible que ces matières ne servent ici que comme excitateurs, comme stimulans du mouvement vital. Du reste ; en envisageant de cette manière l'influence de ces corps, ils n’en fondent pas moins un rapport organique nécessaire à notre vie, et que nous devions noter.

Outre ces matières premières que nous puisons dans l'atmosphère , nous pouvons y prendre les diverses substances étrangères, tant minérales que végétales et animales, qui sont en suspension dans son sein. L’air n’est jamais pur; toujours sont interposés entre ses molécules ‘divers produits de l’évaporation des substances solides et liquides du globe; et une imbibition, les absorptions cutanée et pulmonaire , souvent font pénétrer dans l’économie ces diverses substances. C’est ainsi que des vapeurs cuivreuses , arsénicales , répandues dans l'air, ont occasioné des empoisonnemens; que l'air chargé de miasmes putrides , fait naître des typhus, etc. Nous avons dit que l'absorption pulmonaire était ici bien plus active que l’absorption cutanée. Mais voulant nous renfermer dans ce qui est de l’état normal , il doit nous suflire de signaler ce rapport, comme devant fixer l’attention, quand il s’agit de déterminer les causes des maladies, et de faire servir l'hygiène a les prévenir et à les guérir.

Enfin l'atmosphère a encore sur le corps humain des influences organiques bien dignes d’être notées, en raison de sa température , de son état de sécheresse et d'humidité, de son état électrique. Sous le premier

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