‹ Physiologie de l'homme (volume 5)Chapitre 29 sur 53 · EE · texte numérisé non relu

EE

ANATOMIE DU FOETUS. 495 apparaît du trente au trente-cinquième jour à l’arcade alvéolaire, à quarante-cinq jours à la voûte palatine et à sa région nasale et faciale , à cinquante jours à sa surface orbitaire et à son apophyse jugale : à deux mois, ces divers germes sont encore distincts , mais à trois, ils sont réunis. Il est diilicile de distinguer jamais l'os incisif, tant il est petit et promptement réuni au maxillaire supérieur. Le maxillaire inférieur à un développement encore plus précoce et plus rapide : il se montre du trente au trente-cinquième jour , à la même époque que la clavicule, sous la forme d’une lamine osseuse, qui constitue le bord inférieur de l'os : à quarante-cinq jours , l’apophyse coronaire , l'angle de l'os, le condyle, et le côté interne des alvéoles , forment autant de pièces distinctes : à deux mois , ces germes sont réunis, et l'os n’est plus composé que de deux pièces qui ne se réunissent au menton qu'après la naissance.

Aux membres enfin , nous aVons déjà dit que la clavieule était le premier os du corps qui apparaît : elle se montre à trente jours ; le scapulum n’est visible qu’au quarantième jour, à un point qui correspond à la racine de l'acromion ; lapophyse coracoïde ne s’ossifie qu'après la naissance. L’os coxal, qui est son analggue au membre inférieur , offre à quarante-cinq jours la base de l’iléum , à trois mois l’ischion , et à quatre et demi le pubis. Dès le trentième jour, l’humérus commence x s’ossifier dans le milieu de sa longueur; le point ossifié s'étend par degrés, tellement que long d’une ligne et demie seulement à trente jours, il a vingtsept lignes de longueur à la naissance; cependant à cette époque les extrémités de cet: os sont encore cartilagineuses. Îlen est de même du fémur, si ce n’est que,

seul entre les os longs , il offre à la naissance un noyau osseux pisiforme dans le cartilage de son extrémité inférieure. Les os de l’avant-bras apparaissent avec l'humé-

rus, comme ceux de la jambe avec le fémur; seulement le cubitus et le péroné sont un peu plus tardifs que le radius et le tibia. Tous les os du carpe sont encore cartilagineux à la naissance. Au tarse, au contraire, le calcanéum offre un point osseux dès le quatrième mois, l’astragale dès le cinquième, et le cuboïde à la naissance. Les os métacarpiens et métatarsiens apparaissent dès le quarante-cinquième jour; mais dans cet ordre le deux, le trois, le quatre, le cinq, et le premier; celui-ci à la naissance est encore le plus court. Quant aux phalanges, phalangines et phalangettes , les premières et les dernières apparaissent à quarante jours à la main, et à cinquante jours au pied; les phalangines, plus tardives, ne se montrent qu'à deux mois à la main, et à quatre mois et demi au pied.

Voilà pour l’appareil osseux : quelque mullipliés que puissent paraître tous ces détails, nous en avons omis un grand nombre; nous renvoyons sur ce sujet au travail ex professo de M. Béclard, auquel nous les avons empruntés. Les os du fœtus sont d’un gris-rouge, plus élastiques , moins fragiles que dans les âges suivans ; Li leur périoste est plus épais, moins orne dans leur canal intérieur est, au lieu de moelle, une simple humeur gélatineuse ; enfin , les cartilages qui revêtent leurs extrémités sont minces, mous, plus pénétrés de vaisseaux , et rouges.

Quant aux muscles, ils ne sont d’abord que des masses jaunâtres de globules, réunis par du tissu cellulaire qui lui-même n’est d’abord qu’un fluide visqueux.

ANATOMIE DU FOŒETUS. 457 C'est à trois mois, que leur forme se dessine, et ils sont alors mous et blanchâtres ; à quatre mois et demi, leur structure fibreuse se manifeste ; à cinq mois, on com mence à voir les tendons qui les terminent; et dès-lors ils deviennent par degrés de plus en plus consistans et rouges.

7° Appareil génital. Dans les premiers temps , rien n’en est apercevable, À la fin de la cinquième semaine, apparaît une petite éminence fendue, qui est le rudiment du scrotum ou de la vulve, selon le sexe. A la sixième , se montre une ouverture commune à l’anus et aux parties génitales, et au-devant de laquelle est un tubercule qui fait saillie. Aux septième et huitième semaines , ce tubercule paraît surmonté d’un gland, et creusé en dessous d’une fente qui s’étend jusqu’à l’anus. Aux onzième et douzième semaines, le périnée en se formant sépare l’anus des voies génitales. À la quatorzième , le sexe se prononce; il reste encore quelque temps une gouttière tout le long du clitoris ou du pénis pour l’urèlre , mais bientôt cetle gouttière se change en canal. M. T'isdemann prétend que le sexe femelle n’est que le sexe mâle arrêté à un degré inférieur d’organisation : selon lui, tout embryon a été primitivement

… 1e la fente qu’on a vue d’abord était la vulve , le

ubercule saillant , le clitoris : pour constituer le sexe mâle , la fente de la vulve s’est réunie pour faire un raphé , les grandes lèvres sé sont jointes pour former le scrotum , les petites pour former l’urètre, et le clitoris s'est changé en pénis. Il observe, à l’appui de son idée,

que les dernières espèces animales sont toutes des fe-

melles, et que tous les jeunes acéphales et avortons qu'on à examinés l’étaient aussi. Ackermann et Auten-

rieth , au contraire , disent que les sexes sont primitivement neutres. Selon M. Geoffroy Saint-Hilaire , la différence des sexes tient à la distribution des deux branches de l'artère spermatique; si ces deux branches restent rapprochées et marchent de concert, l’une au testicule , l’autre à l’épididyme, l'individu est mâle; si, au contraire, elles s’écartent, l’une va à l'ovaire , l’autre aux cornes de la matrice, et l'individu est femelle. Le degré de prédominance du système cérébro-spinal est ce qui détermine le rapprochement ou l'écartement de ces deux branches artérielles : plus fort dans les mâles, 1…l laisse les artères spermatiques plus faibles , et par conséquent rapprochées , et vice versà. Quoique les organes génitaux intérieurs paraissent plus tôt que les extérieurs , leur développement est moins connu. Oken les fait dériver , ainsi que la vessie, de l’allantoïde. lb. Meckel croit que, communiquant dans leur origine avec l'intestin, ils sont d’abord comme cet intestin , ouverts en devant; mais que se fermant ensuite , ils constituent un canal qui se continue par l’ouraque avec l’allantoïde. Puisqu’on n’a jamais vu l’allantoïde dans l’homme, et qu’on ne fait que supposer son existence, d’après l’analogie des animaux, on concoit qu’on ne peut rien assurer de cette origine. Touteloiss à une époque fortr rapprochée de la conception, on distingue le long de la région lombaire deux corps allongés, vermiformes ; qui sont : les reins, selon Wolf; les rudimens des capsules surrénales et des organes génitaux, selon Meckel ; ceux des cornes de l'utérus et des conduits déférens , selon Oken. Un peu plus tard apparaissent nettement les testicules et les ovaires, situés au-dessus du rein, à l'extrémité de ces corps vermi-

ANATOMIE DU FOETUS. 459 formes. Aux huitième , neuvième et dixième semaines , l'utérus et les vésicules séminales se montrent, el semblent résulter d’un renflement de ces deux corps vermiformes précédemment remarqués. C'est cette confusion des organes génilaux de l’un et l’autre sexe, dans une même masse vermiforme , qui a fait croire à quelques physiologistes , que l'embryon était d’abord neutre avant d’avoir un sexe déterminé. À partir de l'époque où la distinction en est possible, les phénomènes de développement diffèrent dans le mâle et dans la femelle.

Dans le mâle, les testicules sont d’abord placés dans l'abdomen, au-dessous du rein, devant le psoas, sous le péritoine qui les recouvre en devant , et leur adhère. À trois mois, ils sont longs de cinq quarts de ligne, et ont la forme d’un pois : les vaisseaux spermatiques , el le canal délérent, sont à leur face postérieure. De l’anneau inguinal , s'élève vers la partie inférieure du testicule une gaîne du péritoine, qui renferme un ligament appelé gubernaculum testis. Ge ligament, formé : 1° d’an tissu cellulaire élastique, provenant de la partie supérieure du scrotunr, et de la partie de l’aponévrose générale de la cuisse voisine de l’anneau; 2° de quelques fibres musculaires venant des muscles oblique , interne , et transverse de l’abdomen ; s’étend de l'anneau, jusqu'à la partie postérieure el inférieure du testicule auquel il est attaché. Par l’action de ce ligament, le testicule vers le troisième mois commence à s’engager dans la gaîne du péritoine ; descendant graduellement, entre le sixième et le septième, il franchit l’anneau, et d'ordinaire il est dans le scrotum à la naissance. Le pli du péritoine qui entoure ie gubernaçulum est entrainé avec lui dans le

scrotum , et y forme la tuniqne vaginale ; tandis que le ussu cellulaire élastique du gubernaculum lui-même , donne naissance au dartos, selon MM. Lobstein et Breschet ; et ses fibres musculaires, au crémaster , selon M. J. Cloquet. On a attribué à la vérité la descente du testicule à des causes autres que l’action du gubernaculum , comme à l’eflet de la pesanteur, à la pression exercée sur le gubernaculum par la vessie urinaire; mais ces explications sont trop mécaniques. Après que le testicule a franchi l'anneau, cet anneau se resserre , et le prolongement de la tunique vaginale s’oblitère ; cependant souvent cette oblitération n’est pas complète encore à la naissance.

Dansle sexe femelle , on observe des changemens analogues dans les ovaires , l’utérus et ses annexes. À neuf semaines, les ovaires sont aussi gros que les reins , situés au-dessous et en dedans de ces organes , recouverts et fixés par le péritoine : plus gros que l’utérus et la vessie urinaire , ils tiennent par leurs deux bouts , au moyen de deux ligamens, à l’une des cornes de la matrice. À quatorze semaines , l'utérus, ayant grandi dans son fond , a atteint le côté interne del’ovaire; le côtéexternede cet organe répond à la trompe qui luiest unie par son extrémité; les ovaires paraissent alors divisés en trois lobes. A terme, les ovaires ont leur extrémité externe au-dessus du déiroit supérieur , l’interne plongée dans le bassin; la trompe les entoure et leur est unie par un ligament.

- Entre les ovaires et la trompe, est un corps conique, formé d’une vingtaine de canaux tortueux qui se réupissent en un seul point à l’ovaire, que Rosenmuller compare à l’épididyme. À deux mois, l’utérus est réduit au col, et présente deux cornes auxquelles aboutissent

ANATOMIE DU FOETUS. AD le ligament de l’ovaire et le ligament rond. A trois mois et demi, le corps commence à se montrer , et les cornes sont moins prononcées : alors aussi apparaissent les trompes, À terme, le corps est plus mince que le col, mais il a sa forme ; les cornes n’existent plus ; les trompes sont longues, tortueuses , et les franges de leur pavillon sont visibles. La descente des ovaires , des cornes de l’utérus et des trompes utérines , de la région des lombes dans le bassin , s’effectue par la contraction du ligament rond , ou sus-pubien : la structure , Les connexions de ce ligament, sont en effet les mêmes que celles du gubernaculum ; il est de même entouré par un repli du péritoine qui lui adhère : quand il se contracte , il entraîne avec lui à travers l’anneau un prolongement péritonéal, et il en résulte un canal dit de Nuck, qui existe encore à la naissance.

Telle est, autant que possible, l'indication des développemens successifs , qu’éprouve pendant la vie intrautérine chacun des organes et appareils du fœtus. Sans doute nous avons omis beaucoup de détails, mais nous avons signalé les plus importans. La science a ici beaucoup à découvrir encore , surtout en ce qui concerne les temps les plus rapprochés de la conception. Cependant elle a fait d’assez grands progrès en ces dernières années; et déjà quelques auteurs, MM. Serres et Meckel, par exemple, ont cherché à rattacher tous les faits d’em-. bryogénie , à quelques lois. Voici d’abord celles proposées par M. Serres.

Long-temps on a cru, d’après les observations de

| Harvey et Malpighi, sur le développement du cœur et

de la moelle épinière du poulet dans l'œuf couvé, quelles animaux se développaient du centre à la circonférence,

462 VIE INTRA-UTÉRINK.

M. Serres établit que c’est au contraire dela circonférence au centre , quese développe toutorgane. Toutepartie, ditil, est primitivement double , composée de deux moitiés semblables, mais séparées; et ce n’est que par les progrès du développement, que marchant à la rencontre l’une de l’autre, ces deux moiliés finissent par se réunir : à l’occasion de cette réunion se forment les divers trous, les cavités que présente le corps. Déjà l'on a vu , à l'article du système nerveux , l'application de ces principes à ce système ; les parties latérales se sont formées avant les centres; ceux-Ci, la moelle épinière, l'encéphale, ont été primitivement composés de deux moitiés qui, avec le temps, se sont réunies sur la ligne médiane ; et à l’occasion de cette réunion se sont formés les ventricules du cerveau. Il en est de même, dit M. Serres, de tous les autres systèmes et organes du corps. Voyez, dans le système osseux , l’ossification suivre une marche excentrique ; au tronc, par exemple, les côtes se forment

avant lés vertèbres; au bassin, l'ilion avant le pubis; à

la tête , l’apophyse zygomatique du temporal, les grandes ailes du sphénoïde , les masses latérales de l’ethmoiïde, avant le rocher, le corps du sphénoïde, la lame centrale de l’ethmoïde, etc. Il y a primitivement deux demirachis , deux sacrums , deux sternums , elc. ; et la réu= nion de ces parties doubles , est ce qui donne naissance à toutes les cavités articulaires, à tous les trous , à tous tes canaux que présentent les os. Même disposilion dans le système musculaire ; à la tête , au thorax, à l'abdomen, tous les muscles latéraux se développent avant les médians ; la ligne blanche est un indice de la réunion de ceux-ci, et le trou ombilical ya été fait par le même mécanisme qu’un {rou osseux quelconque. En un mot,

généralisant ces deux idées, savoir : la particularité que présente tout organe, d’être dans son origine composé de deux moitiés séparées ; et la tendance qu'ont ces deux moitiés à se réunir l’une à l’autre ; M. Serres en a fait deux lois auxquelles il rattache tous les faids d’embryogénie, et qu'il appelle l’une, la loi de symétrie, et l’autre , La loi de conjugaison.

M. Meckel, embrassant toute l’époque de la vie humaine pendant laquelle le corps croît , et ne se bornant pas à la vie fœtale , a posé un plus grand nombre de ces lois , sous le titre de lois de formation. 1° Tout est fluide d’abord, et ce n’est que progressivement que se développent dans les parties la solidité et la dureté. 2° Dans aucune partie , la texture n’est primitivement déterminée ;et, parexemple, onne distingue d’abord , dans les fluides aucuns globules, et dans les solides aucunes fibres. 5° La forme dans les solides se développe avant la texture et la composition, et, par exemple, le cerveau quoiqu’encore demi-fluide , a déjà sa configuration , et les os quoiqu’encore cartilagineux , ont déjà leur forme propre. 4° Dans l’origine, tous les organes sont blancs , et ce n’est que graduellement qu'ils acquièrent la couleur qui leur est propre. 2° Les organes se forment par parties isolées , qui ensuite se réunissent; ainsi nous avons vu les reins, la rate, le foie, toutes les glandes, résulter de l’agglomération de grains , de lobules primitivement séparés ; ainsi, les os se forment par des points d’ossification multiples. 6° Tous les organes ne se développent pas à la fois, non-seulement dans différens systèmes,

mais encore dans un même système. Ainsi, les poumons

se développent plus tardivement que le cœur, et plus tôt que les organes génitaux ; et dans le cœur, les ca-

vilés gauches sont formées plus tôt que les cavités droites, 7° Chaque organe a ses difftrens stades, sa durée propre, et a une grandeur variabie aux différentes époques de la vie. N'avons -nous pas vu lc cœur, le cerveau, l'intestin, passer chacun par des états divers, et qui, le plus souvent, n'étaient pas coïncidens? Pourrait- on nier que chaque organe a sa durée propre ? Ainsi, nous verrons le thymus disparaître dans les deux années qui suivent la naissance. Enfin, quels changemens continuels dans le volume des organes ! le cœur, par exemple, d’autant plus gros proportionnellement que l’embryon est plus jeune, diminue graduellement; et au contraire, le poumon primitivement très-petit, n’est jamais plus gros que lorsqu'il est parvenu à son développement complet. 8° La symétrie dans les organes est d’autant plus marquée, que leur formation est plus récente, que l’embryon est plus jeune. Nous venons de dire que, selon M. Serres, toutes nos parties sont primitivement formées de deux parties semblables qui se réunissent ; d’où la fondation de ses deux lois de symétrie et de conjugaison. Il est certain, dit Meckel, que même ceux de nos organes qui ne doivent pas être symétriques , le sont dans l’origine; par exemple , le cœur, le foie , l'estomac. De même, les membres supérieurs et inférieurs, sont d'abord tout-à-fait semblables. Nous avons vu que l’encéphale et l'intestin forment chacun dans leur origine une goutlière dont les côtés se rapprochent. Que d’indices présente la ligne médiane du corps, de la réunion qui s’est faite à "elle des deux moitiés qui composaient préalablement l’embryon! voyez les sutures des deux pariétaux, des deux moitiés du frontal, des os susmaxillaires el nasaux! voyez les becs de lièvre à l’une et

ANATOMIE DU FOETUS. 465 l’autre mâchoire, le manque du sternum dans les trois premiers mois de la grossesse , et le mode de développement de cet os! voyez, dans quelques cas de monstruosités , la non-réunion des os pubis, d’où le défaut de la partie antérieure de la vessie, et le vice de conformation appelé eæstrophie! voyez enlin le canal qui existe primitivement dans toute la longueur de la moelle spi nale , canal qui fait suite dans l’encéphale aux quatrième et troisièmes ventricules , et qui est la cause des spinabifida. La peau elle-même offre quelques différences à la ligne médiane ; son derme est plus épais , il adhère plus aux parties subjacentes. 9° Toutes les phases par lesquelles passe le corps , répondent à des divisions de l’échelle animale, et ceci doit s'entendre non -seulement du corps en général , mais encore de chacun des organes en particulier. Ainsi , le corps a primitivement l’organisation homogène des animaux les plus simples ; réduit au torse , l'embryon humain est d’abord un être globulaire, vésiculaire, comme le sont les derniers animaux ; successivement 1] acquiert une tête, des membres : dans l’origine, il a une queue qu'il perd ensuite. Nous avons dit que MM. Tiedemann et Serres, avaient reconnu que le système nerveux de l'embryon humain passait successivement par chacune des formes que présentent les quatre classes des animaux vertébrés. On a fait la même remarque à l'égard des appareils circula toire et digestif; le cœur n'est-il pas primitivement un vaisseau , comme dans les insectes ? n’est-il pas ensuite à un seul ventricule et une seule oreillette, comme dans les reptiles ? Les preuves de cette 9° loi sont éparses dans la description que nous avons donnée de chaque organe, de chaque appareil ; car il aura éié facile de reconnaitre que

toutes les formes qui apparaissent d’abord , étaient celles qui appartenaient aux animaux les plus simples. Ainsi, primitivement les ouvertures de l’anus et des voies génitales ont été réunies, comnie cela est encore dans le eloaque des oiseaux; ainsi l’utérus a été bicorne jusqu’à trois mois, etc. Ge dogme prouve qu'il ne faut pas prendre à la lettre le terme d'évolution, de développement, selon lequel on dit que se forme le fœtus : sans doute, cet être a dès le principe le germe de tous ses développemens futurs ; mais son organisation est d'abord très-simple, et se compliquant ensuite successive ment, elle passe par chacun des états que présente l'échelle zoologique. 10° Enfin, l'homme se distingue par la rapidité avec laquelle il parcourt ses premiers développemens ; d’où une cause de notre ignorance sur ce que sont ces premiers développemens.

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