CHA PER EN IS
Anatomie du grand Sympathique.
Le grand sympathique, appelé encore nerf trisplaw-
chnique, système nerveux ganglionnaire , système ner-
veux de la vie organique, est chez l’homme : un long cordon nerveux , élendu de la tête au bassin, sur les côtes et le long du rachis, et offiant dans ce trajet une série de renflemens appelés ganglions, désquels partent deux sortes de nerfs, les uns, originels où anastomotiques , qui aboutissent à plusieurs des nerfs encéphaliques et à tous les nerfs spinaux , les autres qui sont les nerfs propres de ce système, qui s’attachent aux artères, et vont avec elles se distribuer aux divers organes des fonctions intérieures, partout où se produisent quelques actes indépendans de la volonté.
Des divers ganglions qui forment le nerf, le premier ou le supérieur, est appelé ophthalmique, et situé dans le crâne au côté externe du nerf optique , près du lieu où ce nerf entre dans l'orbite. De ce ganglion, le grand sympathique se continue sous la forme d’un filet nerveux très-fin, qu'a récemment découvert Bock, jusqu’à un second ganglion renfermé dans le canal carotidien et le sinus caverneux. Arrivé à la base du crâne , il descend le long du col, offrant dans ce trajet trois autres ganglions, le ganglion cervical supérieur , situé au-devant des apophyses des trois premières vertèbres cervicales, le ganglion cervical moyen, situé entre les cinquième et sixième vertèbres cervicales , et le ganglion cervical inférieur, situé entre la septième vertèbre cervicale et ka première dorsale. Plongeant alors dans le thorax, et se
ANATOMIE DU GRAND SYMPATHIQUE. 189 prolongeant jusqu’au coccix; dans celte longueur, ïl offre de nouveaux ganglions , savoir : douze thoraciques, situés à côté du corps dés vertèbres sur l'extrémité articulaire des côtes ; cinq lombaires, au niveau du corps de chacune des vertèbres lombaires; et quatre sacrés sur la partie antérieure du sacrum. A son extrémité inférieure , le grand sympathique, ou s’unit en arcade avec le nerf du côté opposé, ou se termine par un dernier ganglion , le coccigien.
Outre les cordons nerveux que de haut en bas s’envoient les divers ganglions, et qui font de tout le grand sympathique un système continu, chaque ganglion , avons-nous dit, fournit deux espèces de nerfs; les uns, qui font communiquer le grand sympathique à plusieurs paires encéphaliques , et à toutes les paires spinales ; et les autres qui s’attachent aux artères, forment autour d'elles des réseaux, les suivent dans toutes leurs divisions , et se distribuent avec elles aux organes des fonctions intérieures.
Les premiers sont appelés des racines, ou des rameaux anastomotiques , selon qu’on considère le grand sympathique comme un nerf dérivé de l’encéphale ou de la moelle spinale , où comme un système nerveux àpart, mais mis en communication avec ces deux centres. Ghaque ganglion en fournit qui se rendent aux nerfs encéphaliques et spinaux qui sont à leur hauteur. Ainsi le ganglion ophthalmique en détache qui vont s'unir à la troisième paire encéphalique , et à une des divisions de la cinquième , la branche frontale de l’ophthalmique de Willis. Du plexus gangliforme situé dans le canal carotidien , il en naît deux qui vont à la sixième paire éncé- Phatique , et un qui va au nerf vidien de la cinquième.
Les ganglions cervicaux communiquent avec les paires cervicales ; le supérieur , avec les trois premières paires et souvent la quatrième; le moyen, avec la cinquième et la sixième ; et l'inférieur, avec la septième et la huitième, et avec la première paire dorsale. Chaque ganglion thoracique envoie un ou deux filets anastomotiques à la paire dorsale qui lui correspond. Enfin il en est de même des ganglions lombaires et sacrés, par rapport aux nerfs lombaires et sacrés.
Les seconds sont au contraire appelés les nerfs propres
du grand sympathique, parce que ce sont eux qui se distribuent aux organes, et qui probablement leur apportent l'influence nerveuse , quelle qu’elle soit : nous allons les indiquer selon qu'ils proviennent des ganglions de la tête, du col, du thorax, et des lombes.
À la tête, des ganglions ophthalmiques partent dix à douze filets qui s’accolent aux artères ciliaires, et vont avec elles se distribuer dans l’œil à la membrane iris. Ensuite , le plexus qui est dans le canal carotidien en fournit plusieurs qui s’attachent à la carotide interne, forment sur elle des plexus secondaires, et la suivent dans ses divisions.
Au col, d’abord , le ganglion cervical supérieur donne naissance à de nombreux filets, dont voici l’énumération : les uns, internes, se portent au pharynx et au larynx, s’anastomosant dans la première de ces parties avec le glosso-pharyngien, et dans la seconde avec les nerfs laryngés , divisions de la huitième paire encéphalique; les autres, antérieurs, suivent d’un côté l'artère carotide primitive , jusqu’à son origine à l'aorte ou à la sous-clavière ; de l’autre côté, accompagnent la carotide externe et se subdivisent en nombreux plexus, pour cha-
ANATOMIE DU GRAND SYMPATHIQUE. 187 eune des branches de cette artère, savoir : la linguale, la labiale, l’occipitale, la pharyngienne inférieure , la temporale. De nombreux filets des nerfs facial, vague, glosso-pharyngien, et grand hypoglosse, concourent aussi à la formation de ces plexus. Enfin , quelques-uns naissant de la partie inférieure du ganglion, se réunissent bientôt en un seul cordon pour former un des nerfs du cœur, le cardiaque superficiel où supérieur. Des nerfs du ganglion cervical moyen; les uns forment un plexus à l'artère thyroïdienne inférieure , la suivent dans ses divisions, et se distribuent à la thyroïde, à l’œsophage, à la trachée ; les autres forment un autre des nerfs du cœur , le plus gros, celui qu'on appelle le nerf cardiaque principal où moyen : cependant ceci n’est vrai que du côté droit ; au côté gauche, le plus souvent ce nerf cardiaque manque. Enfin le ganglion cervical inférieur fournit; d’abord, de nombreux filets qui suivent et l'artère vertébrale dans le canal des vertèbres, et l'artère sous-clavière dans ses divisions à l'épaule et au bras ; ensuite, quelques nerfs qui vont aux poumons, à la courbure de l'aorte, s’unissant dans leur trajet au récurrent et au diaphragmatique ; enfin, à sa partie inférieure , le dernier nerf du cœur, le cardiaque inférieur. Remarquons que ces trois nerfs dits cardiaques ne vont pas directement au cœur; ceux du côté droit et ceux du côté gauche se réunissent en un plexus unique , situé à la partie postérieure de la crosse de l'aorte; et c’est de ce plexus, appelé par Scarpa, ganglion cardiaque, à la composition duquel concourent plusieurs filets du nerf vague , et dans lequel on ne peut plus distinguer ce qui esi des nerfs cardiaques droits, et ce qui est des nerfs cardiaques gauches, que naisseni les nerfs du cœur, qui
suivent les artères coronaires antérieure et postérieure, et se distribuent avec elles au tissu de cet organe et à Forigine des gros vaisseaux.
De tous les ganglions thoraciques, naissent d’abord de nombreux filets destinés à l’intérieur du thorax et aux parties circonvoisines , accompagnant , par exemple, les artères intercostales jusqu’à leur origine, et se prolongeant sur le tronc de l’aorte pectorale. En outre , des sept derniers de ces ganglions , proviennent deux gros nerfs, le grand splanchnique et le petit splanchnique, qui pénètrent dans l’abdomen par un écartement ménagé entre les fibres du diaphragme. Le grand splanchnique se partage en plusieurs rameaux assez gros , qui aboutissent à un gros ganglion , placé sur les piliers du diaphragme , entre l'aorte et les capsules surrénales , et appelé semi- lunaire. Ge ganglion est uni à celui du côté opposé par beaucoup de rameaux adhérens à l'aorte abdominale , et au tronc cœliaque ; et de leur réunion, ainsi que de plusieurs filets venant du nerf vague, résulte un vaste plexus, appelé solaire, situé au-dessous de lestomac et au-dessus du rachis , et dont quelques physiologistes ont voulu faire un second centre nerveux général, qu'ils ont appelé cerveau abdominal. Alors de ce plexus solaire ainsi que des ganglions semi-lunaires, naissent de nombreux filets accompagnant toutes les divisions de l’aorte abdominale, et formant autant de plexus secondaires qu’il y à de branches à cette artère. Ainsi, les uns, sous le nom de pleæus diaphragmatique , accompagnent l'artère diaphragmatique inférieure, et dans le tissu du diaphragme s’anastomosent avec le nerf diaphragmatique. Les autres, sous les noms de plexus coronaire, stomachique, hépatique ,
ANATOMIE DU GRAND SYMPATHIQUE. 189 splénique , mésentérique supérieur, mésentérique inférieur, rénal, surrénal, spermatique , hypogastrique , suivent chacune des artères de ce nom , et se distribuent aux organes auxquels elles aboutissent, l’estomac, le foie, la rate, l'intestin grêle, le gros intestin , le rein, les capsules surrénales , les testicules, les ovaires, l’utérus, le vagin, l'anus, etc. À l'estomac et au foie ils s’anastomosent avec des filets du nerf vague. Selon M. Chaussier , dans le fœtus, quelques-uns des filets du plexus hépatique s’accolent à la veine ombilicale , et la suivent jusque dans le placenta. Le petit splanchnique arrive aussi dans l’abdomen , et S'y partage en deux rameaux, dont l’un s’unit au grand splanchnique , et dont l'autre se divise entre le plexus solaire et le plexus rénal. Souvent des onze et douzième ganglions thoraciques paît un troisième nerf splanchnique, appelé par Walter nerf rénal postérieur , parce qu'il se rend aussi au plexus rénal. Du reste , les ganglions semi-lunaires sont moins deux ganglions seulement , qu’un groupe formé par la réunion d’un très-grand nombre ; et le plexus solaire est plus formé par les nombreux filets qu’il recoit de ces ganglions que par les nerfs splanchniques, qui ne sont probablement que des moyens de communication entre
ces ganglions semi-lunaires et les thoraciques.
Les ganglions lombaires fournissent des filets fort nombreux et fort ténus, qui presque aussitôt s’entrelacent ensemble, forment un plexus à l'aorte abdominale et vont concourir à la formation des plexus splénique , hépatique , rénaux et mésentérique inférieur surtout. Enfin , ceux qui proviennent des ganglions sacrés , en partie s’anastomosent avec ceux du côté opposé,
et en partie se portent dans le plexus hypogastrique , où
ils s'unissent à plusieurs filets des nerfs vésicaux, utérins, vaginaux et hémorroïdaux du plexus sciatique. Nous avons parlé de la terminaison du nerf; de la convexité de l’arcade qui résulte de son union avec le nerf du côté opposé, ou du ganglion coccigien, naissent quelques filets très-déliés qui se portent au rectum et au tissu cellulaire environnant.
Tel est le nerfgrand sympathique dans l’homme, Dans les derniers animaux, 1l forme à lui seul tout le système nerveux. Ce n’est que dans les premiers des animaux invertébrés, les mollusques céphalopodes, qu’on commence à voir un centre nerveux propre aux organes des sens et du mouvement; dans tous les autres, ce sont les mêmes nerfs qui président à toutes les fonctions. Chez les vertébrés, il est d’autant plus développé que l'appareil circulatoire auquel il appartient en grande partie l’est lui-même davantage, et que l’encéphale a plus d'importance; à ce titre il va en diminuant-de l’homme au dernier des poissons. Son développement est aussi dans un rapport inverse avec celui du nerf vague qui, dans les animaux, est d'autant plus gros que le grand sympathique est plus petit, et qui finit par être le seul nerf viscéral, quand celui-ci, sous sa forme spéciale, disparaît.
Les ganglions qui le forment sont, comme tous les autres ganglions nerveux, composés de deux substances ; une blanche, médullaire , qui, évidemment est la continuation des nerfs qui arrivent au ganglion, ou en proviennent; une rougeâtre, pulpeuse, consistant en us tissu cellulaire particulier, dont les interstices sont remplis d’une pulpe mucilagineuse d’un gris rougeûtre.
C’est cette dernière qui distingue le ganglion, qui en est