AVERTISSEMENT. IX
pesanteur (le l'air atmosphérique, ainsi que les idées d'après lesquelles M. Dutrochet a tenté de ramener l'action nerveuse , et par conséquent la vie , à l'électricité.
Dans l'exposition de tant de systèmes divers , je n'ai pas été simple narrateur; mais opposant les faits aux doctrines , j'ai cherché à apprécier si celles-ci étaient sévèrement déduites de ceux-là. On verra que trop souvent ces doctrines m'ont paru insuffisantes. On m^a reproché de n'avoir pas , dans la première édition de cet ouvrage , marqué assez mes préférences entre toutes les théories dont je présentais le tableau; on aurait voulu que, prévenant les incertitudes de mes lecteurs , je donnasse ma sanction à l'une de ces théories. Mais le pouvais-je , si dans ma conscience aucune ne satisfaisait complètement aux faits? et n'avais-je pas dès-lors rempli tout mon devoir, en exposant seulement les éléments de chacune d'elles? Partout où j'ai cru pouvoir conclure, je l'ai fait : là où la conclusion m'a paru impossible, je me suis borné à indiquer les faits et les conjectures diverses que ces faits avaient inspirées. Que de plus hardis que moi concluent, s'ils l'osent ! Je reconnais sans doute l'excellence des méthodes suivies aujourd'hui dans l'étude des sciences ; je rends hommage aux secours nombreux que la physique et la chimie, Tanatomie et la physiologie comparatives , la pathologie et d'ingénieuses expériences peuvent fournir à la physiologie. Mais je n'ai peis néanmoins le bonheur d'être de ces médecins enthousiastes et confiants, qui s'en vont proclamant que la médecine a en^ fin pris rang parmi les sciences exactes , et qui seni'
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blent ne plus reconnaître à notre art de difficultés. Les médecins de notre époque ne me paraissent pas avoir , pour arriver à la vérité , d'autres voies que celles que suivaient nos premiers maîtres, savoir , l'observation » Texpérience et le raisonnement ; et les phénomènes de la matière org-anisée et vivante ne me paraissent pas être de nos jonrs moins difficiles à pénétrer dans leur essence , à analyser dans leur enchaînement, et à modi^cr dans leur production , que du lemps d'Hippocraîe. Aussi, je ne crains pas d'avouer combien sont bornées encore nos connaissances physiologiques. J'ai donc persisté dans la réserve que ma conscience m'avait commandée , et si j'eus tort alors , je m'accuse d'avance d'être tombé encore dans la même faute.
Du reste , j'ai recueilli avec soin toutes les remarques critiques qui m'ont été faites , et je n'ai pas montré envers toutes la même indocilité. J'ai ajouté à la fin de chaque volume une table analytique qui m'avait été demandée; table quicontient la substance de toutes les matières traitées dans chaque chapitre , et dans laquelle le lecteur peut prendre de suite de ceux-ci une première notion. Je me suis efforcé de faire disparaître toutes les négligences, toutes les incorrections de style qui m'avaient été justement reprochées. Je crains de n'avoir pas encore complètement réussi ; mais que le lecteur m'excuse sur la nécessité dans laquelle j'étais de rendre compte, souvent en peu de lignes ^ et cependant d'une manière complète, de Mémoires très élendus,et qui avaient trait à des sujets fort complexes; je n' avais pas en quelque sorte ma liberté, et adoptant irrésistiblement le langage de l'auteur dont j'analysais le
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travail ;, j'avais mille peines à ne pas lui faire perdre son élégance et sa pureté , en le réduisant à la plus stricle concision. Je me flatte toutefois d'avoir été partout clair et fidèle , double qualité qu'avaient également droit d'exiger , et ceux qui doivent me lire , et ceux dont j'ai exposé les travaux*
Paris, ag novembre i8^8.
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