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ÉTUDE PARTICULIERE DES FONCTIONS DE L'HOMME

L'ÉTUDE de chaque fonction comprendra nécessairement deux articles : un premier , dans lequel nous exposerons brièvement la structure de Forgane, on de l'appareil d'organes qui est l'instrument de la fonction ; un second , dans lequel nous décrirons avec détails le jeu de cet organe , de cet appareil , c'est-à-dire le mécanisme de la fonction. Lorsque la fonction réclamera l'intervention d'un corps extérieur , alors un troisième article donnera , sur ce corps extérieur, les notions qu'il sera utile d'avoir; dans l'étude des sens de la vue, de l'ouïe, par exemple, nous serons obligés déparier de la lumière, du son.

Comme on le conçoit, l'article sur l'anatomie sera court; nous ne devons y rappeler , sur la structure des organes , que ce qui est essentiel à connaître pour pouvoir comprendre le mécanisme de la fonction. Il en sera de même de celui destiné à donner la connaissance du corps extérieur qui joue un rôle dans l'exercice de la fonction. Le troisième, au contraire, sera très détaillé, et contiendra, non-seulement tout ce qu'il a été possible, jusqu'à présent, d'apercevoir par observation , ou par expérience , sur le jeu de la fonction; mais encore toutes les hypothèses qui ont été faites pour expliquer ce qui n'a pu être pénétré.

Dans toute fonction, nous étudierons successivement les objets suivants : lo nousreclierclierons quel est l'organe, le groupe d'organes qui en est l'agent. Au premier aspect, ce premier objet de recliercbes peut paraître oiseux, ou devoir ne présenter aucune difficulté; mais on verra qu'il n'en est pas toujours ainsi : quel est, par exemple, dans la masse de

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Fcncéplîale^ le siège spécial de eliaque faculté inlellectuellc ou affective? Assigner le siège de chaque action de l'économie , comme spécifier l'office de chaque partie du corps humain, voilà deux recherches qui rentrent réellement l'une dans l'autre , et qui sont un objet capital en physiologie. 20 Nous étudierons ensuite la fonction en elle-même; et ici, de deui: choses l'une : ou les actions qui la constituent tombent sous les sens , et , dans ce cas , nous les décrirons avec les détails les plus circonstanciés, indiquant l'ordre dans lequel elles se succèdent : ou ces actions sont trop moléculaires pour être appréciées par la vue ou le toucher, et alors nous nous bornerons à prouver , soit par les résultats, soit par la puissance du raisonnement , qu'elles ont eu lieu. On verra qu^ilest en physiologie beaucoup d'actions qui sont dans ce dernier cas, et que particulièrement c'est à des actions de ce genre qu'on arrive à la fin dans l'élude de presque toutes les fonctions. 3» Enfin, après avoir recherché l'agent de la fonction, et l'avoir décrite en elle-même, nous rechercherons à quel système de forces peuvent être rapportées les actions qui la constituent. Les forces qui président aux différents phénomènes de la nature sont, nous l'avons dit, de deux sortes ; les unes générales , ou physiques et chimiques, et les autres spéciales , ou vitales. Il faudra donc déterminer auxquelles de ces forces appartiennent chacune des actions qui fondent les fonctions de l'homme. On verra que parmi elles , plusieurs sont des actes physiques et chimiques , mais que la plupart et les plus importantes ne sont pas dans ce cas , et que n'étant évidemment ni physiques ni chimiques , elles devront être dites vitales. Entrons donc en matière. Nous avons admis trois classes de fonctions : fonctions de relation , de nutrition et de reproduction. C'est par les fonctions de relation que nous allons commencer : lo parce que ce sont elles qui effectuent les actes extérieurs qui commencent la nutrition et la reproduction, et sans lesquels toutes les autres fonctions ne pourraient pas s'exécuter; 2^^ parce que plusieurs d'elles entrent dans la généralité de quelques-unes des fonctions de nutrition et de reproduction; 3» parce que ces fonctions

i4o FONCTIONS de' relation.

ayant pour agent spécial le système nerveux , elles nous obligent à étudier d'abord ce système^ qui , dans l'homme comme dans les animaux supérieurs, se subordonnant tous les organes , est le premier rouage de l'économie , et a besoin d-'être connu tout en commençant.

Il est vrai que, comme la sensibilité est une de ces fonctions de relation, et par son extension cbez l'homme constitue les plus nobles facultés de cet être, on paraît dans cet ordre étudier d'abord les actes les plus élevés de l'homme , ceux pour l'exercice desquels il semble avant tout svoir été créé. Mais , considérée physiologiquement , la fonction intellectuelle et morale de l'homme est comme toute autre fonction; elle est soumise aux mêmes lois; et, d'ailleurs, en suivant une autre marche , nous aurions violé davantage encore l'enchaînement des fonctions; car, après tout, les actes intellectuels et moraux eux-mêmes, en même temps qu'ils fondent notre existence sociale élevée, nous servent aussi à nous diriger dans notre conservation matérielle comme individus et comme espèce.

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