DU NERF GRAND SYMPATHIQUE
Dans les reptiles, il se confond avec le nerf vague, et les branches qu'il reçoit des nerfs spinaux sont plus grosses que celles qu'il envoie aux viscères. !tinfin dans les poissons , il disparaît presque en entier, et n'a plus aucuns ganglions. Au contraire , on voit le nerf vague augmenter à mesure que le grand sympathique se dégrade; et il finit par le remplacer en entier dans les mollusques céphalopodes. Par exemple, dans l'homme, la portion que le nerf vague envoie aux poumons et aux viscères abdominaux est petite, comparativement à celle que le grand sympathique fournit à ces mêmes parties. Dans les oiseaux, les reptiles surtout, la part du grand sympathique diminue , et celle du nerf vague augmente. Dans les poissons j c'est le nerf vague seul presque qui vivifie les viscères, et il est si gros, que les deux réunis égalent en grosseur la moelle épinière ; il envoie des filets même à la face interne du crâne. Enfin, dans les mollusques céphalopodes , le grand sympathique manque , et le nerf vague seul reste.
Tel est le système nerveux fort compliqué de l'homme : nous en verrons reparaître les diverses parties aux fonctions diverses auxquelles elles président. Dans l'homme qui est le premier des animaux^ l'encépbale est le plus gros possible , relativement au reste du système; c'est le contraire dans les animaux; à mesure qu'ils sont plus simples, à mesure que Ton descend dans l'échelle animée, la matière nerveuse se montre de moins en moins centralisée. Toutes ces parties sont formées par la fibre primitive nervale ," dont la nature est et sera probablement toujours inconnue. M. Faiiquelin en a tenté l'analyse, et lui assigne pour éléments : eau, 80,00 ; matière blanche grasse , 4?53 ; matière rouge grasse appelée céré^/ me, 0,70; osmazôme, 1,12 ; albumine, 7^00; phosphore, i,5o; soufre, phosphates acides dépotasse, de chaux, de magnésie, 5,i5. Dans la moelle épinière, il y a plus de matière grasse, et moins d'osmazôme, d'albumine et d'eau : au contraire, dans les nerfs, l'albumine prédomine, et les matières grasses y sont en moindre quantité. Mais quelles lumières cette analyse peut-elle répandre sur les actions mei"veilleuses de cette matière? On a cherché aussi à en pénétrer
la nature à l'aide du microscope : Bichat l'a dite une bouillie stagnante , tenant le milieu entre les solides et les fluides ; Délia Torre, une collection de globules innombrables, transparents et plongés dans un fluide diaphane; Prochaska , une collection de globules unis par du tissu cellulaire ; Monro, un assemblage de fibres solides , sans cavité , de neuf millièmes de ligne de grosseur ^ et entortillées entre elles: Fontana, une réunion de petits cylindres transparents, homogènes, uniformes , remplis d'un fluide gélatineux, clair. Selon M. Milne Edward , elle est formée de globules d'un trois centième de millimètre, réunis en séries. MM^. Bauer et E^. Home disent y avoir reconnu les mêmes globules que ceux qui forment le sang ; seulement ^ils étaient blancs^ dépouillés de l'enveloppe de matière colorante, plus petits, et unis entre eux en fibres et en faisceaux par une substance gélatineuse soluble dans l'eau et entièrement transparente. Nous croyons tout cela aussi peu constaté, et surtout aussi peu propre à faire pénétrer le mystère des actions. La seule chose apparente dans cette matière nerveuse , c'est qu'elle s'oflre , dans les organes nerveux que nous avons décrits, sous deux états, sous forme d'une matière grise, qui est plus molle, et sous forme de matière blanche, qui est plus compacte ; la première , appelée la substance grise ou corticale ; et la seconde, la substance blanche ou médullaire. Ces dénominations sont vicieuses \ car la substance grise n'est pas toujours à l'extérieur, comme une écorce , et la substance blanche n'est pas toujours à l'intérieur, et surtout n'est pas une moelle. La substance blanche est évidemment fibreuse; cela est moins évident pour la substance grise, qui doit sa couleur aux vaisseaux sanguins qui la pénètrent. Les anatomistes se sont efforcés de pénétrer l'organisation de ces deux substances; ils se sont arrêtés à deux hypothèses qui sont aussi peu démontrées l'une que l'autre. L'une est celle de Malpighi^ qui considère la substance corticale grise comme un assemblage de petits follicules destinés à sécréter le fluide nerveux qu'on suppose circuler dans les nerfs, et la substance médullaire blanche comme composée des vaisseaux excréteurs de ces glandes; Bidloo, sectateur de cet?,e opinion,
SYSTIÈME INEUVKUX. 2 09
alla jusqu'à faire graver les prétendues glandes de la substance grise. L'autre est celle de Ruisch , soutenue par Leuwen/ioeck f Boër7iaa\^e , dans laquelle on établit que la substance corticale n'est qu'un composé de vaisseaux très divisés et très repliés sur eux-mêmes. Sœmnierring admet même quatre substances dans les organes nerveux, la blanche , la grise , la noire et la jaune : mais il n'y a là que des différences de couleur , tenant à la proportion dans laquelle sont mêlés les vaisseaux sanguins, et les substances grise et blanche.
# ARTICLE IV
Systèmes divers sur la ge'néralite du système nerveux.
Après avoir fait une exposition abrégé du système nerveux , après l'avoir considéré surtout sous le rapport de ses formes extérieures, arrivons à des considérations plus physiologiques . Les anatomistes ont, jusqu'à ces derniers temps, professé sur ce système trois opinions fondamentales : l'une, que toutes ses parties naissent d'un centre, qu'on a dit tour-àtour être l'encéphale ou la moelle spinale; Tautre, que ce système est un; la troisième enfin, qu'il est homogène, et a partout la même organisation. Il faut discuter chacune de ces opinions.
lo Le système nerveux a-t-il un centre duquel naissent toutes ses parties? Deux considérations ont généralement fait admettre une partie centrale au système nei'veux , et ont fait regarder l'encéphale comme cette partie centrale. L'une est anatomique. A l'inspection, en effet, tout le système nerveux paraît provenir de l'encéphale ; la moelle spinale semble en être le prolongement; par l'intermédiaire de cette moelle on peut lui rattacher les nerfs spinaux ; les nerfs encéphaliques en naissent immédiatement; enfin le grand sympathique peut aussi lui être rapporté, soit par l'intermédiaire des cinquième et sixième paires encéphaliques, soit par celui de la moelle spinale; toutes les parties du système nerveux forment ainsi un tout continu. L'autre Tome I. i4
2iO FONCTION DE LA SENSIBILITÉ,
est physiologique. Toutes les parties nerveuses, en eïïet, et par suite les fonctions auxquelles elles président, sont, dans l'homme et les animaux supérieurs au moins, dépendantes de l'intégrité de l'encéphaie, et de leur communication avec lui. Si, dans l'homme adulte, l'encéphale est altéré, tout le reste du système nerveux n'exécute plus ses fonctions; les sens ne transmettent plus les impressions des corps extérieurs; les muscles volontaires cessent de maintenir la station du corps, d'exécuter les mouvements ; le grand sympathique lui-même , paraît ne plus exercer sur les organes des fonctions automatiques son influence importante. 11 en est de même si la communication d'une partie nerveuse avec l'encéphale a cessé , parce qu'on a coupé ou lié le nerf qui l'établissait. A la vérité, la suspension, pour le grand sympathique , est plus tardive ; la mort n'arrive qu'après quelques jours , tandis que la paralysie du sens et du muscle locomoteur succède immédiatement à la section ou à la ligature de son nerf; mais néanmoins sa dépendance de l'encéphale , pour êlre moins prochaine, n'en est pas moins réelle.
Mais, de ces deux considérations, la première d'abord n'entraîne pas nécessairement la conséquence qu'on en a déduite : l'union de toutes les parties nerveuses ^ leur continuité ne prouvent pas absolument leur émanation de l'encéphale, mais seulement leur communication avec cet encéphale. Les faits anatomiques sont en effet directement contraires à cette idée d'une dérivation, lo D'abord , si , par son volume chez l'homme, l'encéphale paraît être le centre de tout le système nerveux, déjà cela ne paraît plus devoir être dans les animaux; à mesure qu'on descend dans l'échelle de ces êtres, on voit l'encéphale devenir plus petit; à la fin, il ne surpasse plus en volume la moelle spinale ; de sorte que ce serait tout au plus l'axe cérébro-spinal tout entier, et même la moelle spinale plus que l'encéphale, qui devrait être dite le centre du système. 20 Si on remonte, dans la vie fœtale et embryonnaire des animaux etde l'homme, jusqu'aux premiers développements du système nerveux^ ok voit , selon M. Serres, que ces dé-
SYSTÈME NERVEUX. 21 i
veloppemenls se font de la circonférence au centre, c'est-àdire que les systèmes nerveux latéraux, ou les nerfs, sont formés avant Taxe cérébro-spinal; on ne peut donc dériver tout le système de l'une ou de l'autre des parties constituantes de celui-ci. Il est vrai que quelques anatomistes contestent que ce soit dans cet ordre que se fasse le développement des parties ; Rolando, par exemple, assure que dans le poulet c'est la moelle alongéequi apparaît la première, et que c'est d'elle que se forment toutes les autres parties; M. Desmoulins ne croit pas non plus que les nerfs se développent de dehors en dedans. Mais ce dernier professe de même, qu'aucune partie ne dérive d^une autre ; ii dit aussi que dans les embryons les nerfs existent déjà , lorsque l'axe central manque encore. Selon lui enfin, ces nerfs, loin de dériver de l'axe, vont seulement s'^y réunir ; et comme preuve il cite quelques animaux, des poissons, dans lesquels cette réunion ne se fait pas, et où les nerfs restent toujours à une certaine distance de l'axe spino-cépbalique. 3^ Dans î'iiomme et les animaux supérieurs, on a vu exister les différents nerfs, dans des cas où l'encépbale et la moelle spinale manquaient; par exemple, dans des cas d'acépbalie et d'anencépbalie , on a trouvé les nerfs spinaux et le grand sympatnique avec le volume que comportait l'âge du fœtus : pouvait-on encore dans ces cas dériver ces parties nerveuses d'un encépbale ou d'une moelle qui n'existaient pas ? et ces monstruosités ne prouvent-elles pas qu'aucune partie ne bourgeonne d'une autre , mais que chacune est sécrétée à sa place par la pie -mère, soit en même-temps, soit successivement ? 4^ Enfin, si l'encépbaîe ou la moelle spinale étaient des centres desquels dérivassent tous les nerfs, il devrait y avoir des rapports de volume entre ces diverses parties; c'est-à-dire que là où l'encépbale est gros , il devrait donner naissance à une grosse moelle spinale, à de gros nerfs; et, au contraire , que là où ii est petit, il devrait fournir une moelle spinale petite. Il serait, en effet, absurde de faille dériver les unes des autres^ des parties qui n'auraient aucun rapport de volume. Or, ce rapport de volume manque le plus souvent : chez l'homme, où l'encéphale est le plus gros possible, la moelle spinale et les
nerfs sont plus petits^ que chez les animaux où l'encéphale est petit.
La seconde considération n'est pas péremptoire non plus , en ce que n'étant pas applicable à tous les animaux, à tous les âges de l'homme , et à toutes les parties nerveuses également, elle prouve seulement une connexiou entre ces parties, et une subordination des unes aux autres. Ainsi, i» d'abord , il n'existe d'axe cérébro-spinal que dans les animaux vertébrés; dans les autres animaux cette partie centrale manque , et c'est par conséquent sans son intervention que les parties nerveuses existantes remplissent leur office, 2» En beaucoup d'animaux qui ont un encéphale , cet encéphale peut être enlevé , ou les autres parties nerveuses privées de communication avec lui , sans que celles-ci soient paralysées aussitôt : par exemple , les expériences de Redi ont montré des grenouilles , des tortues survivant des moisàla décapitation. 3» L'indépendance dans laquelle sont de l'encéphale les autres parties nerveuses, est même vraie de l'homme et des animaux mammifères , mais seulement pendant leur vie fœtale , et d'autant plus qu'ils sont plus jeunes : dans l'acéphalie , les fœtus vivent et croissent jusqu'au moment de l'accouchement , et par conséquent le grand sympathique agit : dans l'anencéphalie incomplète, le phénomène est encore plus évident , car la vie se prolonge quelques jours après la naissance ; l'enfant i^espire , goûte les aliments qu'il prend. Legallois ^ dans des expériences que nous relaterons par la suite , a fait vivre des animaux décapités pendant quelques heures encore , pendant un temps d'autant plus long qu'ils étaient plus jeunes, seulement en remplaçant la respiration par une insufflation d'air dans le poumon. 4" Enfin, cette dépendance n'est pas égale pour toutes les parties nerveuses; elle est, d'autant plus grande que ces parties nerveuses président à une fonction plus élevée dans l'animalité , et d'autant moindre que ces parties nerveuses régissent une fonction plus inférieure : par exemple, elle est plus prochaine pour les nerfs des sens et les mouvements, qui sont paralysés aussitôt dans une apoplexie ^ que pour le grand sympathique qui, dans cette ma-
SYSTÈME NERVEUX, 2i3
ladie, fait agir encore quelque temps les organes centraux de la vie.
Relativement à la première proposition émise par lès auteurs sur le système nerveux, nous pensons donc : i» qu'il n'est aucune partie nerveuse qui: naisse d'une autre ; mais que chacune existe par elle-même, dès que la nature a voulu faire jouir l'être de la faculté dont elle est l'instrument; 2» que, cependant, dans les animaux vertébrés, toutes, à l'aide de l'axe cérébro-spinal, communiquent entre elles, pour qu'elles puissent s'influencer réciproquement , et que les plus nobles puissent commander l'activité de celles qui semblent des instruments créés pour leur service ; 3o que dans ces animaux, d'autant plus qu'ils sont plus supérieurs et moins jeunes , toutes les parties nerveuses sont subordonnées à l'encéphale , et d'autant plus prochainement, qu'elles président à une fonction plus élevée dans l'animalité. Les zoologistes, à cet égard, partagent les animaux en deux, classes : ceux dans lesquels le système nerveux n'a pas de partie centrale, qui, accessibles à des impressions extérieures, ne peuvent pas réagir sur les corps , chez lesquels la vie n'est pas centralisée , et qu^on peut multiplier en les divisant ; et ceux , au contraire , chez lesquels le système nerveux a une portion centrale commune, à l'aide de laquelle la vie est centralisée , et qui ne peuvent plus conséquemment se reproduire par boutures. Ils ne savent pas quelle est dans le système nerveux des animaux invertébrés la partie qui doit être considérée comme centre; mais dans les animaux vertébrés , ils considèrent comme tel le double faisceau formant les moelles spinale et alongée , sur les côtés et à l'extrémité antérieure duquel sont disposés les différentes parties nerveuses qui président aux diverses fonctions.
20 Le système nerveux est-il un? Dès long-temps quelques doutes avaient été émis sur cette proposition. Galien , par exemple , séparait les nerfs des mouvements et ceux des sensations ; TVillis, ceux des mouvements volontaires et ceux des mouvements involontaires; et on assignait aux uns et aux autres une origine et une organisation différentes. Cependant , jusqu'à ces dernières années , la plupart des ana-
2j4 fonction de la sensibilité.
îomistes professaient que les nerfs étaient partout identiques; et ils attribuaient la différence des sensations qui leur sont dues , des mouyeraents qu'ils déterminent , de l'influence nerveuse qu'ils exercent, à celles des parties auxquelles ils se terminent. Tissot, par exemple , donne comme preuves de cette opinion; que tous les nerfs font a^^précier des contacts; que ce sont les mêmes nerfs qui se distribuent aux muscles locomoteurs et à l'organe du tact et du toucber, c'est-à-dire à la peau; que le nerf de la cinquième paire encéphalique se distribue à la fois aux organes de la vue, de Fodorat, du goût, et à la peau et aux muscles de la face. Cabanis s'exprime aussi franchement à cet égard. M. Cuvier le dit dans un endroit de son Anatornie comparée , et le met en doute dans un autre.
TVinslow , Reil et BicJiat commencèrent à ébranler cette opinion par la manière dont ils considérèrent le grand sympathique. D'un côté, ils cessèrent de faire naître ce nerf , soit de l'encéphale, soit de la moelle spinale, et le dirent une série de ganglions , non-seulement distincts de ces deux centres, mais encore distincts les uns des autres. D'un autre côté, arguant de son organisation spéciale, de sa distribution, de la différence de ses propriétés, ils le dirent affecté aux fonctions involontaires. Ainsi ils consacrèrent deux systèmes nerveux distincts : le système ne/veux animal, dont l'encéphale est le centre , et qui préside à toutes les fonctions de relation ; et le système nen^eucv organique ou des gan~ glions , qui préside à tout ce qui se produit irrésistiblement dans notre économie , et qui même est multiple , c'est-à-dii^e composé de plusieurs systèmes différents.
M. Gall ensuite appliqua ces mêmes idées à tout le reste du système nerveux , et professa la pluralité des systèmes nerveux. Cet appareil est , selon lui , un composé de beaucoup de systèmes, tous différents d'organisation et d'usages, affectés chacun à des fonctions particulières, et plus ou moins nombreux, à mesure qu'on s'élève ou qu'on elescend dans l'échelle des animaux. L'anatomie comparée dit-ilj montre ce système, le plus remarquable de ceux qui entrent dans la composition des animaux^ allaïit en se
SYSTÈME NERVEUX. 2l5
compliquant de nouvelles parties, à mesure que la sensibilité et la vie de l'animal sont plus étendues; et , pour faire jouir un animal d'une faculté de plus, il a suffi à la nature de lui faire don d'une partie nerveuse nouvelle. Par exemple , manquant, à proprement parler , dans les animaux amorphes , ce système se réduit, dans les animaux radiaires , à trois oii quatre ganglions placés chacun dans un des rayons de l'animal , et qui , sufïisant à sa vie nutritive et sensitive simple , senties rudiments du grand sympathique. Dans les animaux binaires, ce système s'augmente d'une moelle spinale et d'un encéphale. Enfin chacune de ces trois parties vont ellesmêmes, en se compliquant, en se composant d'un plus ou, moins grand nombre de systèmes, à mesure que les animaux s'élèvent davantage dans l'échelle. M. Gall, en un mot, applique à la moelle spinale et à l'encéphale les idées qu'on se fait, d'après ^zc/zaf , du grand sympathique. La moelle spinale n'est plus un cordon nerveux unique, mais une suite de ganglions nerveux différents, présidant aux mouvements volontaires et à la sensibilité générale , et plus ou moins nombreux dans les animaux, selon la longueur du corps , et le nombre des muscles à vivifier. 11 en est de même de la partie de Tencéphale qu'on appelle moelle alongée , et qui est un groupe de systèmes nerveux affectés aux fonctions des sens. Enfin, il en est de même aussi de l'autre partie de l'encéphale, appelée cer\^eau, qui est un assemblage des systèmes nerveux des facultés de l'esprit. Mais entrons ici dans plus de détails.
M. Gall ramène à quatre groupes tous les systèmes dont se compose l'appareil nerveux de l'homme ; groupes qui sont eux-mêmes multiples, formés de plusieurs systèmes, mais dont on peut rapprocher les systèmes composants, parce qu^ils remplissent des usages d'un même genre. Ces groupes sont : les systèmes ner^euoc des fonctions automatiques , ou le grand sympathique ; ceux des mouvements volontaires et des sensations tactiles , ou la moelle spinale; les systèmes nerveux des sens , ou la moelle alongée ; et ceux des facultés de l'esprit , ou le reste de l'encéphale , c'est-à-dire le cerveau et îe cervelet.
2l6 FONCTION DE LA SENSIBILITÉ.
Les premiers sont les plus généralement répandus dans les animaux , les moins nobles de tout l'appareil nerveux , et constituent , par leur ensemble , le grand sympatbique. Cet organe est ici considéré à la manière de Reil et de Bicliat , c'est-à-dire que , non-seulement il n'est pas dérivé de l'encéphale et de la moelle spinale ^ et est présenté comme un système nerveux à part; mais encore il est dit multiple, composé de plusieurs systèmes indépendants, régissant cbacun un organe de la vie intérieure , et seulement unis entre eux , et avec l'encéphale , et avec la moelle spinale , par des branches de communication. Les arguments sont les mêmes que ceux qu'avaient invoqués TVinslo%K' , Reil et BicJiaî,
Les systèmes nerveuo^ des mousfements volontaires et de la sensibilité générale constituent par leur ensemble la moelle spinale. Cette moelle, dit d'abord M. Gall^ n'est pas un appendice, un prolongement de Tencéphale, car elle n'est pas dans un rapport forcé de volume avec lui ; elle est plus petite, par exemple, chez l'homme que chez les animaux, bien que l'encéphale soit plus gros chez le premier que chez les seconds; et cette observation avait engagé d'anciens anatomistes à dériver au contraire l'encéphale de la moelle spinale. D'ailleurs, elle ne s'amincit pas graduellement à mesure qu'elle fournit des nerfs, mais est alternativement plus grosse ou plus grêle, selon le nombre et le volume des nerfs auxquels elle donne naissance. Ajoutons que, dans son développement, elle précède l'encéphale; que celui-ci, dans son origine, paraîtêtre édifié sur le même type qu'elle; etqu'enfîn, dans les animaux, elle se montre généralement d'autant plus développée, que le cerveau est plus imparfait. Elle forme donc un système nerveux à part. De plus, selon M. Gally elle n'est pas un cordon nerveux unique; mais, comme le grand sympathique, elle est une suite de ganglions unis entre eux par des branches de communication. Ses arguments sont les suivants : i^ Elle paraît être telle dans les vers, les chenilles, les insectes. Dans les vers, effectivement, elle s'offre sous l'apparence d'un cordon présentant d'intervalles en intervalles des renflements, des
espèces de nœuds ; selon M. Gall , ces renflements sont autant de ganglions , de systèmes nerveux distincts , que les filets qui les unissent et qui paraissent faire du tout un seul organe , ne sont que des brandies de communication entre les uns et les autres. Le nombre des ganglions, en effet , correspond à celui des anneaux ou segments du corps; de chaque ganglion naissent des nerfs; et il y a un rapport de volume entre le ganglion^ et le nombre et la force des filets nerveux qui en sortent. Il y a une telle disproportion de volume entre ces ganglions et les filets qui les unissent , que bien que la moelle paraisse former un tout continu, on ne peut méconnaître qu'elle est, comme le grand sympathique, un groupe de plusieurs systèmes. Or, l'analogie porte à penser qu'il en est de même de la moelle spinale des autres animaux ; seulement, les ganglions étant plus rapprochés, et les filets qui les unissent étant presqu'aussi gros qu'eux, la distinction des uns et des autres est à peine saisissable, et la moelle spinale paraît davantage être un cordon d'une seule venue. 20 La moelle spinale ne diminue pas graduellement de haut en bas , mais est , au contraire, alternativement plus grosse et plus petite, selon le nombre des nerfs qu'elle a à fournir. 3o Enfin, la direction des filets nerveux qui , de cette moelle spinale , vont former les nerfs vertébraux, est confirma tive de cette composition. Ces filets en effet, sortant de la matière grise qui est au centre de la moelle, et composant, comme nous l'avons vu, deux faisceaux, un antérieur, et un postérieur, sont dirigés pour chaque nerf, les uns de haut en bas, les autres de bas en haut, et d'autres horizontalement dans le milieu, comme s'ils venaient de la partie supérieure, de la partie inférieure et du milieu d'un ganglion isolé. Ainsi, la moelle spinale se compose d'une série de ganglions ', ces ganglions président aux mouvements volontaires et à la sensibilité générale : en même temps qu'ils communiquent entre eux par des branches intermédiaires, ils communiquent aussi avec les ganglions du grand sympathique , et avec les systèmes nerveux supérieurs , s'ils existent : cela était nécessaire pour établir l'individua-
2i^ PONCTION DE LA SENSIBILITÉ,
jllé de l'être, et surtout^^arce que les ganglions spinaux sont des instruments utiles aux facultés supérieures, et que l'organe de celles-ci devait avoir sous sa subordination.
La partie de l'encépliale, appelée moelle alongée , forme Je groupe des systèmes nerveux des sens. D'abord , à la différence de M. Chaussier, qui fait finir cette partie encéplialique à la ligne aj^pelée collet, M. Gall la prolonge jusqu'au grand trou occipital-; il considère comme en faisant partie tout ee que M. C/zaaç^ier rattache à la moelle spinale sous le nom de bulbe supérieur du prolongement racbidien ; et il se fonde sur ce que la ligne prétendue de séparation, le collet, n'existe qu'à la surface , n'est qu'une apparence produite par les fibres transversales de la protubérance annulaire, et qu'en la fendant on voit se prolonger au-dessous d'elle les faisceaux ascendants qui, de la moelle alongée, vont former le cerveau. Ce collet, dit-il;, est moins marqué dans les mammifères que dans l'homme^ parce que les fibres trans- ^s/ersales sont moindres ; et même il manque dans les reptiles, les poissons, où ces fibres manquent aussi. Ensuite M. Gall établit que cette moelle alongée n'est un prolongement, ni du cerveau, ni de la moelle spinale; puisqu'elle n'est en rapport de volume ni avec l'un ni avec l'autre; et que les nerfs qui en naissent se dirigent , pour la plupart, de bas en haut , et non de haut en bas, comme cela devrait être, si elle dérivait du cerveau; elle a avissi une existence indépendante et isolée. Enfin, il professe qu'elle n'est pas une masse nerveuse unique , mais un composé de plusieurs systèmes différents, affectés chacun à un acte spécial, plus ou moins nombreux dans chaque animal , unis entre eux par des branches de communication, ainsi que cela était du grand sympathique et de la moelle spinale. Les seules différences sont, lO que les premiers groupes de systèmes nerveux étaient, ou épars, ou disposés sur une ligne, tandis qu'ici ils sont en bloc; 2° que chez les premiers, les nerfs naissant de chaque ganglion s'en séparaient aussitôt ; tandis qu'ici plusieurs nerfs restent encore, pendant un espace assez long , plongés dans la masse commune , et ne s'en sépa-
SYSTÈME NERVEUX. 2 ï Cf
rent qtt^à des distances diverses , ce qui a trompé sui- le lieuprécis de leur origine. Mais cette différence , ajoute M. Ga/l^ n'est que mécanique , et était commandée par la nécessité dont il était que tous ces divers systèmes fussent renfermés' dans une même cavité osseuse. M. Gaïl en porte le nombre cliez l'homme à douze , qui sont les douze nerfs encéphaliques; savoir : quatre dont les nerfs se séparent dès leur origine , et sur le point de départ desquels il n'y a jamais eu de controverse , V accessoire de JVillis , le nerj grand hypoglosse, la huitième paire ou le vocal , et le glosso-pharjjigien: et huit dont les nerfs restent plongés plus ou moins loin dans la masse commune , et sur l'origine desquels il y a eu débat, qui sont; Vahducleur de l'œil ou la sixième paille encéphalique ; \e facial ou portion dure de la septième paire; V auditif ou portion molle de la septième paire; le trifacial; la quatrième paire; ïoculo-musculaire commun; V optique et V olfactif. A ces douze systèmes nerveux que M. Ga// spécifie dans la moelle alongée, il joint encore les origines premières du cerveau et du cervelet, c'est-à-dire les pyramides antérieures , les corps olivaires , les corps restiformes et les pyramides postérieures.
C'est encore en examinant la moelle alongée dans les animaux, que M. Gall a été conduit à concevoir ainsi sa composition . Chez eux, les pyramides , qui sont les faisceaux primitifs du cerveau, sont petites proportionnellement; et dès lors les douze autres systèmes nerveux se laissent mieux distinguer. Chez les poissons , par exemple, on voit clairement que l'optique et l'olfactif appartiennent à la moelle alongée. Bien entendu, d'ailleurs, que dans ces animaux le nombre des systèmes de la moelle varie , selon que la nature leur a accordé ou refusé les facultés auxquelles ces systèmes président. Cependant c'est l'analogie et le raisonnement, plus que la dissection, qui ont ici entraîné M. Gall. D'abord, il a vu que chacun des nerfs de la moelle alongée présentait les dispo-sitions d'organisation qui existent, selon lui, en tout système nerveux, etquevoici. M. Ga// établit que des deux substances grise et blanche, qui composent les organes nerveux, c'est la grise qui parSout engendre les filets nerveux , et il l'appelle, à
cause de cela , la substance matrice des nerfs. Tout système nerveux y prend son origine , en trouve sur sa route des amas destinés à le renforcer, et toujours arrive, à Torgane auquel il doit se terminer, plus gros qu'il n'était à son principe. Les ganglions , les plexus, sur lesquels nous avons vu les auteurs si divisés, ne sont^ selon M. Gall, que ces amas de matière grise, destinés à donner origine aux différents systèmes nerveux, et à leur faire acquérir plus de volume en leur fournissant dans leur trajet de nouveaux filets. Aussi, il y a un rapport entre le volume d'un système nerveux quelconque, et celui des ganglions de matière grise dans lesquels il prend origine, ou par lesquels il est renforcé dans son chemin. Dès lors M, Gall veut que, dans l'étude anatomique d'un système nerveux quelconque , on suive Tordre de son développement; c'est-à-dire quon remonte d'abord à son ganglion d'origine et au premier faisceau qui en est le produit, et qu'ensuite on suive celui-ci jusqu'à son expansion dernière, en signalant les différents renforcements qu'il éprouve en son trajet. Or, tout cela est vrai des systèmes nerveux de la moelle alongée : chacun naît de la substance grise , et est renforcé^ perfectionné dans son trajet, par cette même substance grise qui l'accompagne , ou est disposée sur sa route en ganglion ; chacun ainsi arrive à sa fin plus gros qu'il n'était à son origine; chacun finit par un épanouissement. Tous sont pairs ou symétriques ; et ceux d'un côté sont réunis avec ceux de l'autre côté , par des filets placés sur la ligne médiane, et qui forment ce qu'on appelle des commissures. Ainsi, les systèmes nerveux de la moelle alongée offrent les mêmes lois d'organisation que les autres systèmes. D'un autre côté, ils ont évidemment des fonctions propres , celles de présider aux sens spéciaux et à la locomotion de la tête ; et leur indépendance les uns des autres est si évidente , qu'il n'y a nulle proportion de volume entre eux, et qu'ils ne s'accroissent ni ne se dégradent simultanément. On sait, en effet , que dans un animal , un sens peut être très étendu , et un autre très obtus ; qu'un sens a son développement plus hâtif ou meurt plus tôt, tandis qu'un autre s'ouvre et finit plus tard.
Toutefois, la pluralité des systèmes nerveux de la moelle alongée admise , on conçoit que ces systèmes, pour constituer une individualité, devront être liés, et entre eux, et avec les systèmes nerveux de la moelle spinale, qui leur sont inférieurs , et avec ceux du cerveau, qui leur sont supérieurs. Quelques-uns de ces systèmes pourraient être assimilés à ceux de la moelle spinale , comme ne servant qu'à des mouvements volontaires et à la sensibilité générale ; par exemple, les troisième, quatrième et sixième paires encéphaliques. Mais néanmoins Tensemble représente des systèmes plus relevés que les précédents , et dont la nature a gratifié les animaux à mesure qu'elle a voulu les rendre plus parfaits. Ils sont aussi subordonnés au cerveau, la plus noble de toutes les parties nerveuses.
Enfin les systèmes nerveux des facultés de l'esprit, auxquels sont dues les industries instinctives, les facultés de l'esprit et de l'ame , forment , par leur ensemble , le reste de la masse encéphalique , c'est-à-dire le cerveau et le cervelet. Le cerveau est aussi un organe nerveux distinct, existanl par lui-même, et qui ne dérive nullement de la moelle alongée , ni de la moelle spinale. De plus , il n'est pas une masse nerveuse unique , homogène ; mais, ainsi que le grand sympathique , et les moelles spinale et alongée , il est un groupe de systèmes nerveux différents , plus ou moins nombreux dans le cerveau de chaque animal, selon l'étendue de sa psychologie, affectés chacun à la production d'un acte intellectuel ou affectif spécial , et unis entre eux par des branches de communication. Pour éviter des répétitions, nous ne détaillons pas cette proposition, parce qu'elle se représentera à l'article de la fonction de l'intellect et du moral.
Telle est la doctrine de M. Gall sur le système nerveux : on voit que la pluralité des systèmes nerveux en est l'idée capitale. Non-seulement le nombre de ces systèmes varie dans les animaux; mais chacun d'eux a dans chaque animal, dans chaque individu, un degré particulier d'activité et de développement; et, dès lors, il devient facile d'expliquer toutes les variétés possibles de psychologie comparée. En effet, toujours des différences dans l'organisation nerveuse en suppo-
seront clans les actions ; et toujours les actions seront en proportion et en raison directe du nombre , du développement et de l'activité intrinsèque des systèmes nerveux. En un un mot, avant M. Gall, on n'admettait que deux systèmes nerveux , l'animal et l'organique , et on ne présentait comme multiple que ce dernier; M. Gall a établi que le premier l'était également.
Sans doute toutes ces propositions de M. Gall ne sont pas également fondées. Les anatomistes rejettent tout-à-fait l'opinion que la matière nerveuse grise est celle qui partout cmgendre les filets médullaires. Ils lui objectent : i» qu'en beaucoup de cas, il n'y a pas continuité entre ces deux substances, et qu'elles sont seulement juxta-posées; 2» que le rapport de volume entre l'une et l'autre annoncé par M. Ga// peut être contesté, puisque la substance blancbe va en augmentant, et la substance grise en diminuant, de l'homme aux derniers animaaux; 3<^ qu'enfin dans les embryons^ on voit la substance blanche former et exister avant la grise; et que cette substance blanche existe seule dans les derniers animaux. Ils jugent au moins douteuse cette autreopinion, par laquelle M. Gall assimile le grand sympathique de l'homme et des animaux vertébrés au système nerveux des invertébrés; chezceux-ci en effet, ce sont les mêmes ganglions qui fournissent les nerfs des viscères et de la vie animale; et de plus, la plupart des zootomistes de l'époque actuelle considèrent le grand sympathique comme n'existant que dans les animaux vertébrés , et comme étant par conséquent une création d'un ordre élevé. Enfin , on s'est élevé aussi contre le rapprochement que fait M. Gall de la moelle spinale et du cordon nerveux que présentent les vers et les insectes à la partie inférieure de leur corps. Il est sûr, en effet, que la détermination de ce qu'est ce cordon^ est encore un point très litigieux en anatomie comparative. Ackermann, par exemple, Tassimile au grand sympathique des animaux vertébrés. D'autres le considèrent comme l'analogue de la moelle spinale. TVeher et 3IecJiel en font un composé des deux à la fois. M. Serres dit qu'il ne correspond qu'aux systèmes nerveux latéraux, qu'à la série de gan-
gîions que présentent les racines postérieures des nerfs s!)inaux j et peut-être aussi aux ganglions de la cinquième paire encéphalique; car, selon ce zootomiste, de même que cette cinquième paire est le seul nerf des sens dans les derniers animaux , et vivifie tous les organes de ce genre que ces animaux possèdent; de même les ganglions de ce nerf sont ce qui seul constitue en eux l'encépliale. Enfin , selon M. Desmoulins, comme selon M. Serres^ l'axe cérébro-spinal est une partie surajoutée aux animaux vertébrés, qui leur est exclusive, et à une des parties constituantes duquel on ne peut rattacher conséquemment aucune partie du système nerveux des animaux invertébrés. Est-il possible , dès lors, au milieu de toutes ces dissidences, d'arguer de ce cordon noueux des vers et des insectes , pour établir que la moelle spinale de Fliomme et des animaux vertébrés n'est qu'une.» série de ganglions indépendants, et ne paraît être un seul organe que parce que ces ganglions sont unis par des branches de communication ?
Mais, si les anatomistes sont en opposition avec M. Gall sur ces divers points, la plupart ont adopté la proposition principale, la multiplicité des systèmes nerveux; et presque tous aujourd'hui la professent. Tel est, entre autres, M. de Blainville , dont nous allons exposer avec quelques détails les idées sur le système nerveux.
Selon M. de Blaini^ille , le système nerveux a été surajouté à l'organisation des animaux , quand celle-ci a été assez élevée pour que les animaux aient besoin d'avoir notion des corps extérieurs; ce n'est pas lui qui produit la vie, mais il ajoute à l'activité de ses fonctions, et doit être appelé le système excitateur. Situé dans la partie profonde du tissu animal , il n'est qu'une modification du tissu cellulaire, cet élément commun de tous les êtres vivants; mais il en est une modification encore plus inconnue que celle qui constitue la fibre contractile. Il n'est; ni un arbre, dont l'axe cérébro-spinal serait le tronc; ni un réseau. Mais il consiste en un nombre plus ou moins grand d'amas de substance nerveuse, qu'on appelle ganglions , présidant chacun à une fonction particulière, et de chacun desquels
2 24 rONCTlON DE LA SENSIBILITÉ.
partent deux ordres de filels; les uns excentriques , sortans, qui vont aux organes qu'ils doivent animer et qui en établissent la vie particulière i les autres centripètes, rentrants , qui s'unissent à de semblables filets provenant d'autres ganglions, ou qui se rendent à une masse centrale, et par lesquels sont établis les sympathies , les rapports des organes , et est fondée la vie générale. De ces deux parties qui composent le système nerveux, les ganglions et les nerfs, les premiers sont des masses de tissu cellulaire dans lesquelles existe une matière pulpeuse de couleur grise ou blanche , dite cérébrale ou médullaire. Celle-ci , selon qu'elle est plus ou moins mêlée de tissu cellulaire et de vaisseaux sanguins , se montre grise ou blanche , distinction qui, selon M. de Blaini^ille, est sans importance Le système nerveux du reste est d'autant plus compliqué , que les organes de la nutrition sont plus nombreux , et par conséquent que l'animal occupe un rang plus élevé dans l'échelle animale. Les ganglions qui le composent ont d^autant plus de communication entre eux, sont unis par des filets intermédiaires d'autant plus nombreux, d'autant plus gros et d'autant plus courts, que les fonctions auxquelles chacun préside ont plus de rapports entre elles. Enfin, il est^ par sa disposition générale, en rapport avec la forme extérieure des animaux.
Ainsi, dans les animaux radiaires, dont toutes les parties sont disposées autour de la bouche comme autour d'un centre , le système nerveux forme autour de celle-ci un anneau, composé d'autant de paires de ganglions qu'il y a de rayons au corps. Dans les animaux pairs , le système nerveux est pair aussi , c'est-à-dire formé de deux parties semblables, situées l'une à droite, l'autre à gauche, et réunies au moyen de filets transversaux qu'on appelle commissures ; s'il existe quelques parties impaires , elles sont situées sur la ligne médiane et symétriques. De plus, en ces animaux, le système nerveux n'est pas un , comme dans les radiaires ; mais il se subdivise en quatre parties de plus en plus distinctes , savoir : i^^ une partie centrale^ toujours située au-dessus du canal intestinal , commençant avec l'œsophage ou le pharynx, et se prolongeant plus ou moins loin en arrière, de
manière à correspondre à plus ou moins des anneaux du corps ; et qui est ce qu'on a appelé Vaxe cérchro-spinal. 20 Une partie dite ganglionnaire j formée d'un nombre variable de ganglions, situés de chaque côlé de la première dans toute sa longueur. Ces ganglions se subdivisent en deux sections : ceux qui n'aboutissent à aucun appareil extérieur, et qui exécutent seuls leurs fonctions; (on verra que ce sont ceux qui sont chargés des fonctions les plus élevées, de celles de l'intelligence et de l'esprit;) et ceux au contraire qui animent, par des filets nerveux des organes extérieurs, soit sensoriaux, soit locomoteurs. Parmi ces derniers, ceux qui appartiennent à des organes de sens spéciaux restent toujours au-dessus du canal intestinal, comme la partie centrale, avec laquelle ils sont souvent confondus. Au contraire, ceux qui appartiennent à l'organe sensitif général et à la locomotion varient de forme et de position selon le type des animaux; par exemple , ils forment dans les mollasques un cordon unique, placé sur les côtés du canal intestinal; ils en constituent un double et situé au-dessous du canal intestinal dans les animaux articulés externes , crustacés, insectes; et enfin, ils sont restés au-dessus du canal dans les animaux articulés internes ou vertébrés. De là résulte , que chez ces derniers , par opposition aux deux autres classes, manque ce qu'on appelle Vanneau œsophagien, lequel n'est que la commissure de ces ganglions, et l'effet de leur communication avec la partie centrale. 3» Une partie dite ^viscérale , parce qu'elle est destinée aux viscères , à l'enveloppe rentrée qui fait le canal digestif; située plus profondément que les précédentes, mais moins active qu'elles , elle se compose des ganglions cardiaque , semilunaire, etc. M. ds Blainvillo considère aussi les nerfs splanclmiques, généralement indiqués comme les filets d'origine de ces plexus , comme étant au contraire de simples filets de communication de la partie viscérale du système nerveux avec la partie centrale. 4^ Enfin, le grand, sympatliique, qui n'existe que dans lesanimaux supérieurs, et qui sert à unir la parue viscérale avec la partie centrale , par Tintermédiaire du système ganglionnaire.