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metlre chaque chose à sa place , de tout lier , et rien n'aide antant îa mémoire et Tentendemenl. Que de fois , après une leçon , il m'est arrivé d'en refaire en entier le plan et la distribution 1
Du reste , plus convaincu que qui que ce soit de l'énorme disproportion qui existe entre les forces d'un seul homme et les miennes en particulier, et la tâche immense que j'ai entreprise , je me suis aidé de tout ce qu'une résidence habituelle à Paris , ce fo jer de la civilisation européenne , ce centre des sciences et des arts , pouvait me fournir de secours. Non-seulement j'ai suivi les leçons des plus habiles professeurs , mais j'ai cherché à n:i'éclairer dans de fréquentes conversations avec eux. Etais-je arrêté par quelque difficulté? j'allais prier le savant qui en avait fait l'objet s[)écial de ses recherches, dem'aider à la lever. Dans le cours de l'ouvrage, j'aurai soin de citer tous ceux auxquels j'ai emprunté. Mais je me fais un devoir de mentionner ici MM. Cuvier, Thénard , Geoffroy Saùit-Hdaire , Richerand , Alihert , Dupujtren , G ail , Bée lard , t^ic, , dont j'ai suivi plusieurs années les cours et médité les ouvrages; MM. Blainvûle , Breschet , Magendie , Orfda, etc. j parvenus au premier rang dans l'enseignement, et dans les cours, les écrits et les conversations desquels j'ai puisé de nombreuses lumières. Je citerai surtout M. le professeur Cliaussier , qui, l'un des premiers , a imprimé , il y a trente années , dans la Faculté de Paris, à l'anatomie et à la physiologie, l'heureuse direction à laquelle ces sciences ont dû depuis tant de progrès , et dont le nom est associé à presque tous les travaux importants faits depuis cette époque. Uni à lui par une honorable amitié , j'ai recueilli , dans de fréquents entretiens , d'excellentes notions sur le fond et la forme de cet ouvrage, et je me plais a lui en rendre ici l'homma^-e.
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Je n'entrerai pas dans le détail du plan que j*ai suivi; ce serait répéter, sans utilité, ce qu^on verra dans ies premiers chapitres. Je me bornerai à quelques observations qu'il m'a semblé utile de présenter à mes Jecteurs.
Comme c'est par le jeu des divers organes qui composent le corps humain , que se produisent les dilFérentes facultés dont jouit cet être^ et que s^accomplit sa vie, j'ai cru devoir faire précéder l'histoire de toute fonction quelconque de l'homme , par une description anatomique abrégée des organes qui en sont les agents. Quelques personnes m'en ont blâmé, et m'ont dit que j'aurais dû supposer ces organes connus, ou renvoyer, pour leur étude, aux ouvrages d'anatomie. Sans doute , j'aurais ainsi abrégé , d'un volume peut-être, ce Traité; mais aussi il y aurait eu moins de clarté et de liaison dans son ensemble. Sans cesse j'aurais eu à parler , comme de choses bien connues , d'objets qui n'auraient pas même encore été nommés. D'ailleurs , cette méthode n'eût été applicable qu'à quelques fonctions ; beaucoup réclament forcément , pour leur exposition , des détails anatomiques, la locomotion, par exemple; et dès lors l'ouvrage n'eût pas présenté uniformité de plan dans ses diverses parties. Enfin , dans ce moment où l'étude de l'organisation est , dans toutes les sciences qui traitent des corps vivants, prise pour base de tous les travaux ; où l'anatomie , devenue philosophique, est le guide du physiologiste et du zoologiste ; dans ce moment où les pathologistes eux-mêmes , pour échapper aux abstractions , s'efforcent judicieusement de rapporter toutes les maladies à des altérations déterminées des parties solides et fluides du corps humain, j'aurais cru être en contradiction avec l'époque actuelle et avec mes propres opinions , si j'avais séparé l'anatonn'e de
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la physiologie. Les élèves en médecine, pour lesquels j'écris spécialement , seront ainsi ramenés sans cesse à la considération des objets qu'ils doivent avoir toujours en vue dans l'exercice de leur profession , l'état sain ou malade des organes.
Cette marche, si évidemment rationnelle pour l'étude des facultés physiques de l'homme, j'ai du également la suivre pourcelle des facultés morales. Les actes intellectuels et moraux sont des produits mixtes des deux substances qui composent l'homme , Vaine et le co7ps : mais deux sciences distinctes traitent de la pari qu'ont à leur production , chacun de ces deux principes. La physiologie ne s'occupe que de l'influence du corpS' ; elle prouve qu'elle est réelle ; elle cherche à la caractériser ; l'étude des actes intellectuels et moraux ne se compose donc pour elle que de considérations corporelles ; si cela n'était pas, la physiologie sortirait de son domaine. Evitant toutes recherches sur l'ame , recevant d'ailleurs la notion de son existence, de son immortalité , le physiologiste ne s'occupe et ne doit s'occuper que des conditions organiques qui rendent possible , pendant la vie terrestre , la manifestation des actes intellectuels et moraux , et qui contiennent en elles les causes de toutes les variations que ces actes présentent ; heureux de voir que sa science lui confirme ce qui lui est dit , d'autre part , sur la dignité de l'houmie, et sur sa plus haute vocation. Le lecteur verra, qu'attentif à me renfermer dans la sphère de mes travaux , je rends cependant partout hommage aux vérités religieuses et morales sur lesquelles repose la première j^arantie de Pétai social.
Destinant plus particulièrement cet ouvrage aux élèves en médecine , et l'ayant publié sur la deuiande d'un trèç grand nombre , j'aurais désiré qu'il fût moins vulumineux. J'ai l'ait ^ à cet égard, tout ce que
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j'ai pu ; mais le sujet que j'avais à traiter est si vaste , que je n'ailpu le renferoier en un juoiuclre nombre (le pages. Qu'on le compare , du reste , avec d'autres ouvrages sur la science de l'houime , les traités d'anatomie, par exemple; presque tous sont en quatre volumes; l'Anatomie de ^/b/^^z^ , celle de Sœmmering, en ont sept. Or , si la description seule des parties du corps humain exige des ouvrages d'une telle étendue, peut-on s'étonner que l'exposition des fonctions de ces parties , qui a nécessité quelques détails sur leur structure , ait réclamé autant d'espace? J'ai cherché à tenir le milieu , entre un Traité trop exclusivement élémentaire et borné aux dogmes qu'on déduit des faits , et un Traité historique et critique de la science , où de continuelles discussions viendraient détourner du but auquel on doit tendre.
Dans \e Dictionnaire des Sciences médicales y et dans \^ Dicdonnaire de Médecine, j'avais publié un certain nombre d'articles sur différents points de la physiologie de l'homme. J'avertis le lecteur que plusieurs reparaîtront dans cet ouvrage. Tantôt ils seront modifiés ; d'après les conseils qui m'auront été donnés, et les travaux que j'ai faits depuis l'époque de leur publication. Tantôt ils seront tout-à-fait les mêmes ; ayant pensé avoir exposé une première fois les choses convenablement et avec clarté, je n'ai pas cru devoir m'fclForcer de le faire en d'autres mots.
Paris, 3o août 1823.
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La physiologie, en général, est la science qui traite des pliénomènes de la vie ; et la physiologie de l'homme est la partie de cette science qui traite des phénomènes de la vie de l'homme.
Tous les corps de l'univers peuvent être rapportés à deux classes : les corps qui ne vwent pas , ou les minéraux , et les corps qui ajivent, ou les végétaux et les animaux. Ces derniers ont un mode d'existence qui leur est propre, qu'on appelle vie , et qui est caractérisé par un certain nombre de phénomènes qui leur sont exclusifs, et qui surtout, à la diirérence de tous ceux qu'offrent les minéraux, ne peuvent être rattachés aux forces physiques et chimiques générales. D'une part , le moindre coup d'œil jeté sur les corps vivants fait reconnaître en eux plusieurs phénomènes qui évidemment n'ont pas leurs analogues dans les corps non vivants. Par exemple, tous proviennent d'êtres vivants comme eux , et qui les ont engendrés. Tous, pendant le cours de leur existence , éprouvent une suite de changements déterminés qui s'enchaînent rigoureusement les uns aux autres, et qui sont ce qu'on appelle leurs âges ; ils sont successivement jeunes , adultes , et vieux. Tous se conservent en 5e noujTissant , c'est-à-dire à l'aide d'un mouvement intestin, jamais interrompu, qui les fait toujours, d'un côté , s'approprier delà matière nouvelle, et de l'autre rejeter celle qui les composait préalablement. Tous jouissent Tome I. / i
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de la faculté de se reproduire ^ c'est-à-dire de donner l'existence à des êtres semblables à eux. Tous enfin cessent d'exister par un phénomène qui leur est exclusif encore , et qu'on appelle la mort> Parmi ces êtres vivants , quelques-uns , les animaux, possèdent la merveilleuse faculté de sentir, c'està-dire ont conscience d^çleur existence et de celle d'un nombre plus ou moins grand des autres corps de la nature. Ils ont le pouvoir de mouvoir avec volonté, ou tout leur corps en totalité , ou au moins quelques-unes de ses parties. Enfin, ils peuvent manifester par diverses expressions, par un langage, leurs pensées et leurs sentiments. De toute certitude, aucun de ces phénomènes que nous offrent les corps vivants ne se produit dans les corps non vivants.
D'autre part, tous les phénomènes que présentent ces derniers sa rapportent aux lois générales de la matière , aux forces dites physiques et chimiques. Ainsi, c'est la force de gravitation, ou une impulsion mécanique ou chimique qui leur est imprimée du dehors^ qui décide de tous leurs mouvements de niasse. Ce sont les affinités chimiques qui président à leur formation , à leur conservation , et leur font subir tous les changements qu'ils sont susceptibles d'éprouver. Ils sont soumis à la loi d'équilibre du calorique , et partagent toujours la température du milieu dans lequel ils sont situés. Il n^en est pas de même des corps vivants. Sans doute les forces physiques et chimiques conservent encore un peu de leur empire sur eux, et ont tendance continuelle à y produire leurs effets; il se passe dans les êtres vivants beaucoup de phénomènes qui sont vraiment physiques et chimiques; mais le plus grand nombre ne le sont pas; et particulièrement tous ceux que nous avons énumérés comme exclusifs à ces êtres sont indépendants des forces générales, et décèlent dans la matière vivante un mode de motion spécial, et qu'on a rapporté à des forces particulières dites ojiiales. Par exemple, il est évident qu'il n'y a rien de chimique dans l'acte de génération qui donne l'existence aux êtres vivants, dans celui de nutrition qui les fait se conserver et croître, même dans celui de mort qui marque leur fin. Il est évident aussi qu'ils ne sont pas soumis à la
loi d'équilibre du calorique , puisqu'ils ont une température qui leur est propre, et qui est autre que celle du milieu dans lequel ils sont situés.
Or^ ce sont ces phénomènes si intéressants, appelés génération ^ accroissement , nutrition, reproduction, mort, sensihiiité , locomotilité , langage , etc. ; pliénomènes qui ne se produisent que dans les êtres vivants , et qui sont étrangers aux forces physiques et chimiques générales; ce sont ces phénomènes, dis-je, qui caractérisent la vie, qui sont les phénomènes de la vie , et qui sont l'objet spécial de la science appelée physiologie. Ce que la physique, la chimie, les sciences dites physiques, sont aux phénomènes étrangers à la vie, la physiologie l'est à ceux qui appartiennent à cet état.
De là résulte , en premier lieu , que la physiologie est une science tout-à-fait distincte des sciences physiques et chimiques , puisqu'elle étudie des phénomènes qui reconnaissent d'autres lois; et, en second lieu, qu'elle doit occuper dans l'ensemble dés connaissances humaines un rang égal à celui qu'on accorde à ces sciences, puisqu'elle embrasse dans ses considérations une grande moitié de l'histoire de la nature, celle même qui renferme les phénomènes les plus élevés, et qui, parce qu'ils se produisent journellement en nous-mêmes, ont plus de droits à nous intéresser.
Mais, envisagée d'une manière aussi générale, la physiologie offre un champ tellement vaste, qu'on a dû nécessairement y établir des subdivisions; et on l'a fait, tantôt d'après la nature des êtres vivants dans lesquels on étudie la vie, tantôt d'après le caractère que présentent les phénomènes vivants eux-mêmes.
Ainsi , d'une part , on sait qu'il y a beaucoup d'espèce s d'êtres vivants ; des végétaux , des animaux ; beaucoup de végétaux, un nombre plus grand encore d'animaux; et déjà l'on a subdivisé la physiologie, selon qu'on étudie la vie dans tous ces êtres à la fois, ou seulement dans quelques-uns d'entre eux. Par exemple, on partage la physiologie en végétale et animale, selon qu'on étudie la vie des végétaux seulement, ou celle des animaux. On a appelé physiologie comparée une division de cette science dans
laquelle^ étudiaiit la vie dans toute la série des êtres vivants, on signale la diversité des formes , des modes qu'elle présente dans chacun d'eux. Sous ce même point de vue , on a encore partagé la physiologie en générale et en spéciale; la première, qui, sans faire d'application à aucune espèce vivante déterminée, traite d'une manière philosophique et abstraite des phénomènes de la vie; la seconde, qui, prenant pour sujet d'étude une espèce vivante distincte, décrit le mécanisme de la vie en elle. Enfin, on conçoit qu'il doit y avoir autant de physiologies spéciales, qu'il y a d'espèces vivantes particulières; chacune a la sienne ; et puisque l'homme est un être vivant , il doit v avoir la physiologie de l'homme.
D'autre part, les phénomènes de la vie sont susceptibles de se produire de deux manières : tantôt avec régularité , bien-être , de sorte que l'individu peut exercer toutes les facultés que comporte sa nature, et a tout espoir de parcourir toute sa carrière; c'est ce qui constitue l'état de santé : tantôt avec irrégularité , malaise ^ et de sorte qu'il y a lésion ou même impossibilité de quelques-unes des facultés de l'être, et risque pour lui d'une destruction plus ou moins prochaine ; c'est ce qui constitue l'état de maladie. Or, on a fait deux sciences séparées de l'étude des phénomènes de la vie dans chacun de ces deux états : l'une est la physiologie hygiénique, ou simplement la physiologie, qui traite des phénomènes de la vie dans l'état de santé; lautre est Isl physiologie pathologique y ou la pathologie, qui traite de ces phénomènes dans l'état de maladie. On conçoit que toute physiologie spéciale se subdivise en hygiénique et en pathologique, puisque tout être vivant est susceptible de se présenter dans les deux états de santé et de maladie.
C'est, d'abord, de la physiologie de l'homme, et ensuite de sa physiologie hygiénique , c'est-à-dire de la considération de sa vie dans l'état de santé, que nous nous occuperons dans cet ouvrage. Notre objet sera d'exposer toute l'économie de riiomme. Nous pénétrerons dans l'intérieur de son organisation, distinguerons les diverses parties
qui le composent, assignerons à chacune de ces parties leur rôle spécial , montrerons comment elles sont encliaînées pour constituer son ensemble, dévoilerons tout l'artifice de sa vie, et remonterons jusqu'aux conditions matérielles des diverses facultés physiques et morales dont il est doué. Ainsi qu'un artiste mécanicien quelconque expose Faction de chacune des roues qui composent une machine , fait voir comment ces roues sont engrenées pour concourir à produire un effet général, décrit, en un mot, la mécanique de sa machine; de même le physiologiste médecin décrit la mécanique de V homme , c'est-à-dire l'artifice par lequel l'homme vit, maintient dans l'univers son existence comme individu et comme espèce, y établit son indépendance , y développe les brillantes et nombreuses facultés qui sont ses attributs.
A en juger par le nombre considérable des parties qui composent le corps de rhora.me, par la multiplicité des actions qu'on lui voit produire, l'analyse de la vie humaine est une des œuvres les plus difficiles que Fesprit humain puisse tenter. Que départies, en effet, entrent dans la composition de l'homme ! et que de variétés dans les formes et les usages de ces parties ! Les unes servent à recevoir et à élaborer , ou l'air, qui est un des éléments nécessaires de la vie , ou J'aliment, que l'homme, par son activité intérieure , doit convertir en sa propre substance : tels sont les organes de la respiration et de la digestion. D'autres, au contraire, rejettent hors de l'homme des matériaux qui en ont fait partie quelque temps, et qui, usés probablement par la vie , sont devenus impropres, et doivent être remplacés par de nouveaux: tels sont les organes des excrétions . Certaines parties , plus dures , plus solides que toutes les autres, foi^ment comme la charpente du corps , déterminent sa configuration générale , ses attitudes , la direction de ses mouvemens : ce sont les os. Certaines autres , véritables chairs douées d'une faculté de contraction par laquelle elles rapprochent leurs extrémités de leur centre , font par suite mouvoir les parties auxquelles elles sont implantées, et sont les agents de la
^ COWSIDÉIVATIONS GÉNÉRALES.
locomotion générale et de tous les mouvement qu'exécute le corps : ce sont les muscles. Il en est qui sont affectées au service spécial de chacun des sens , à la vue , l'ouïe , l'odorat, le goût et le touclier. Il n'est pas enfin jusqu'à la faculté la plus noble de l'homme , celle de la pensée et des actes moraux, qui n'ait dans l'organisation de l'homme une partie affectée à sa manifestation , le cerceau. Or , il faut que le physiologiste apprécie dans tout cet ensemble, non-seulement le mode d'action de chacune de ces parties, le mécanisme de chacune de ces facultés , mais encore la connexion , l'enchaînement qui les lie , afin qu il voie : comment de leur concours résultent pour rhomme la possibilité de se conserver, celle de se reproduire et d'exercer ses facultés propres ; et cela pendant nn espace de temps déterminé qui constitue pour lui ce qu'on appelle sa i;fe» et en passant pendant cet intervalle par des états variés et déterminés qui constituent pour lui ce qu'on appelle ses âges.
C'est l'exposition de ce tableau, quelque vaste et difficile qu'elle puisse être, que j'entreprends de faire dans cet ouvrage. Nous n'avons pas besoin de faire remarquer toute l'importance de celte étude. La physiologie, considérée seulement comme objet de curiosité , et séparément des applications utiles auxquelles elle conduit, serait déjà digne d'intérêt, puisqu'elle a pour but de faire connaître l'homme, de scruter sa nature, et d'éclairer le mystère de sa vie. Mais de quelle utilité prochaine n'est-elle pas pour la médecine î Indépendamment de ce qu'elle fait connaître l'être dont celle-ci se proj)Ose de diriger la vie, ne faut-il pas savoir quel est le jeu des organes dans la santé , pour reconnaître les altérations de ces organes dans les maladies? Que de phénomènes morbides , de symptômes dont on ne peut concevoir la production sans le secours de cette science! Elle seule apprend quelles influences sont indispensables à l'homme pour la conservation de sa vie et de sa santé, par conséquent instruit sur les causes des maladies, et met à même de prédire et de prévenir ces maladies. Elle est certainement la science qui a les rapports les plus intimes avec
la médecine proprement dite; elle en est vraiment la base. Du reste, elle a des liaisons non moins prochaines avec la plupart des autres sciences naturelles, la physique, la chimie, l'histoire naturelle, et surtout la philovsophie et la morale. N'a-t-elle pas , en effet, pour but l'étude de Thomme? et y a-t-il rien dans le monde physique et dans le monde moral auquel celui-ci soit étranger? Tous ces rapports de la physiologie de l'homme avec la plupart des autres sciences ressortiront avec évidence dans l'histoire que nous allons faire : en présenter ici le développement, ne serait qu'une verbeuse amplification. Nous dirons seulement que dans l'application des ^diverses autres sciences, physique , chimie, histoire naturelle, mathématiques, à la] physiologie humaine, il faut faire un juste emploi ; ne pas les y admettre comme essentielles, mais aussi ne pas les en rejeter comme accessoires.
Entrons donc aussitôt en matière, et commençons par des considérations préliminaires, destinées à nous faire aborder notre sujet, à nous en faire embrasser l'étendue^ à en poser les fondements, et marquer les divisions d'après lesquelles nous en présenterons les détails et les développements. C'est ce qu'on appelle des Prolégomènes.