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ENSEIGNEMENT DE L'ÉCRITURE

L'enseignement de l'écriture doit se fonder d'une part sur la tradition, qui impose la forme des lettres, et, d'autre part, sur les principes de physiologie qui sont à la base du mécanisme par lequel nous écrivons. S'il en est ainsi, renseignement de l'écriture peut se partager en deux parties : celle qui consiste à inculquer aux enfants la forme des lettres, et celle, infiniment plus pénible, par laquelle on leur enseigne successivement l'écriture à main posée et l'écriture expédiée.

Le premier temps de l'enseignement de l'écriture consiste à faire tracer à l'enfant des lettres lisibles, et comme il ne faut pas lui imposer plusieurs préoccupations à la fois, ainsi que le remarquait dès l'an VIII François (de Neufchâteau) dont il sera question dans le chapitre suivant, le mieux me paraît être de faire exercer les élèves sur des tableaux noirs garnissant tout le tour de la classe, ce qui permet au maître de les surveiller d'un seul coup d'œil.

Il faut éviter, le plus possible, l'emploi des ardoises, qui conduit à crisper les doigts, habitude qu'il est difficile de combattre plus tard.

C'est pour la même raison que, lorsqu'on recourt à l'écriture au crayon, sur papier, il faut éviter des crayons durs ; d'ailleurs, l'écriture au crayon est un intermédiaire fâcheux sous le rapport delà conservation des yeux, et fâcheux aussi en ce que la tenue du crayon, qui est arbitraire, est loin de préparer à une bonne tenue de la plume.

Quand les enfants apprennent à écrire avec de l'encre sur papier, il faut bien se garder, comme on le fait trop souvent, de leur faire tracer des lettres de grandes dimensions, tout à fait hors de proportion avec leurs petits doigts; une hauteur de quatre millimètres pour les lettres courtes, autant pour les queues, constitue un maximum dont la pratique est favorisée par l'énorme diffusion du papier quadrillé de quatre millimètres.

Il faut, sans trop tarder, passer à une écriture plus fine,

tracée au moyen de plumes à bec large, et, dès que l'enfan; commence à écrirè rapidement, lui enseigner, par des exercices spéciaux, tels que les recommandent Grimai et Taupier, la combinaison des mouvements du poignet avec ceux des doigts.

Pour l'écriture extrêmement [rapide, puisque l 'illisibilité provient très souvent de ce que, dans la rapidité, l'écrivain ne fait aucune différence entre les jambages d'u et les jambages d'n, rien ne serait plus simple d'adopter, pour une de ces lettres, un signe qui ne prêtât pas à confusion tout en étant d'une exécution rapide : supposons, par exemple, la substitution d'e renversé (a) auxn, on ne pourra plus lire Chalon au lieu de Chaton, nuage au lieu à'image.

D'après les conclusions de la Commission d'hygiène des écoles primaires, l'écriture droite devrait être la seule enseignée, dans les cours élémentaire et moyen, c'est-à-dire pour l'immense majorité des écoliers.

A quel degré d'instruction faut-il opérer la transformation de l'écriture droite en écriture penchée? Je crois que le plus simple est de s'en fier à la nature, et, retournant les termes de la décision ministérielle, citée à la fin de l'article précédent, je me bornerai à désirer que l'écriture penchée ne soit pas interdite pour les copies des candidats aux examens.

Je possède une assez nombreuse collection de modèles d'écriture droite de tous pays. Pour chercher un peu loin, je reproduis ici une ligne (Fig. 76) des modèles d'écriture de

Mademoiselle Sophie Mœler, qui ont eu du succès dans les pays Scandinaves. Je ne puis résister à la tentation d'insérer le fac-similé de deux feuillets de modèles (Fig. 77 et 78) que j'ai tracés pour être joints à ma méthode d'enseignement de la lecture par l'écriture.

En traçant ces modèles, j'avais l'idée de retourner au type que Dessalle enseignait au Dauphin, fils de Louis XVI (Voir ci-dessus, page 238) et qui n'a pas été publié ; cette écriture, que d'autres amélioreront, je la dédie à nos écoliers, et, pour caractériser son emploi, je propose le nom d'Ecriture des Enfants de France.

XIX. — ENSEIGNEMENT DE l'ÉCRITURE. 249 Cov\iô AaxhX/. <3<x^XjtAy tenu/ <L>ooiV. (\vuxAaàMxk^ïs- ■qiuxViC' Ani^ZirrikA/utô.

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Fig. 77.

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