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PREMIÈRE PARTIE

HISTORIQUE

gner chacune des cases du tableau en noir de Barbier. Guadet s'exprime ainsi :

« Chaque ligne est représentée par deux points, et c'est la « position relative de ces deux points qui leur donne leur signi- « fication. Ils se posent perpendiculairement, horizontalement « obliquement, rapprochés ou éloignés l'un de l'autre. »

Fig. 24.

(( Un troisième point se combine avec le second de manière « à former avec lui un second signe semblable à l'un de ceux « que nous venons de tracer, et celui-ci indique le rang que « le son occupe dans la ligne. Par exemple, j'écrirai tous les « sons de la première ligne comme il suit :

Fig. 25.

« et je les lirai en prenant deux à deux les points de chaque « signe. »

M. Guadet ajoute en note :

« M. Barbier pensait que les aveugles pouvaient bien lire « cette dernière écriture, mais il ne croyait pas qu'ils pussent « jamais écrire d'après ce système... »

Il est à remarquer que, pour la représentation des sons par trois points, Barbier supprima la dernière ligne de son tableau de trente-six lignes.

Le discours de Guadet, auquel j'ai emprunté ce qui précède, est un tiré à part extrait des Annales de l'éducation des sourds-muets et des aveugles.

Une note de la rédaction de ce journal (1844), vol. 1, p. 81, annonce qu'on reviendra plus tard sur l'écriture de Barbier. Je crois quecette promesse n'a pas été tenue.

C'est à Louis Braille, élève et plus tard professeur à l'Institution de Paris, qu'on attribue avec juste raison le choix de combinaisons de ces six points qui constituent notre alphabet.

— ÉVOLUTION DE l'ÉCRITURE EN RELIEF.

A mon avis, ce choix n'a pas été aussi heureux qu'il eût été possible de le faire. Braille n'avait reçu que l'instruction tout à fait rudimentaire que l'Etat donnait alors aux aveugles. Il lui fallut mettre au service d'une ingéniosité d'esprit extraordinaire, une patience peu commune pour produire ses systèmes d'écriture et de musicographie. Mais, réduit à tirer tout de son cerveau, il ne pouvaij; pas lui venir à l'idée de tenir compte des nécessités des langues autres que la française, ni de la porte qu'il aurait fallu laisser ouverte pour les procédés abréviatifs. « Ces différents procédés abréviatifs, dit M. Moldenhawer, furent conçus, dans les différents pays, sans avoir égard aux autres langues (1) ».

C'est donc à l'adoption de l'écriture orthographique par Braille qu'est imputable l'état navrant des relations internationales entre aveugles, car la lenteur de l'alphabet Braille a été la tour de Babel qui a fait surgir la confusion des abrégés nationaux, et je connais peu d'aveugles qui sachent lire plus d'une langue en abrégé.

Voici le tableau en points de Braille. On remarquera que les 2e, 3e et 4e lignes dérivent de la première, que nous appellerons ligne type, par l'adjonction de un ou deux points.

Tableau de Braille en points.

Fig. 26.

(1) Compte rendu du Congrès de Bruxelles, de 1902, p. 162.

Voici maintenant, disposés d'une manière identique, les signes d'impression ou d'écriture ordinaire, représentés par le tableau précédent. C'est le tableau en noir correspondant au tableau précédent en points :

Tableau de Braille en noir.

lre ligne. abcdefgh ij

2e ligne. k 1 m n o p q r s t

3U ligne. u vx y z ç é àèù

4e ligne. à è î ô ù ë ï û œ \v

5e ligne. , ; : . ? ! () » . * - ; »

En prenant dix signes pour sa première ligne ou ligne type, Braille trouvait l'avantage d'employer cette ligne en totalité pour exprimer les dix chiffres.

L'étude de cette écriture est facilitée par ce fait qu'il suffit à l'élève d'apprendre par cœur, d'une part, la forme des dix premiers signes ponctués, et, d'autre part, l'ordre des cinquante signes du tableau en noir. Pour ceux qui, comme moi, apprennent le Braille à un âge avancé, cette facilité est appréciable, mais, pour l'ensemble des aveugles, elle est chèrement payée par un inconvénient.

Il se produit, en effet, pour la lecture du Braille, quelque chose d'analogue à ce que j'ai signalé autrefois (1) pour la lecture de l'impression ordinaire. Cachez la moitié inférieure d'une ligne imprimée, vous continuerez à la lire sans peine, tandis que vous ne la déchiffrerez pas si vous cachez la partie supérieure des lettres. Aussi le regard d'un lecteur exercé file-t-il le long des têtes des lettres, bien plus caractéristiques et variées que leurs pieds. De même, quand je lis de l'écriture ponctuée, mon doigt saisit moins le bas des lettres et il m'arrive de lire un c au lieu d'un m ou d'un x. C'est que l'étendue la plus sensible de mon doigt est moindre que la hauteur d'une écriture ponctuée courante. Je ne crois pas être seul dans ce cas. Je pense, en effet, que la fréquence de cet inconvénient a été pour quelque chose dans

(1) Revue scientifique, 25 Juin 1881, Voir : Chapitre XVI, Typographie compacte.

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