VI. — ÉVOLUTION DE l'ÉCRITURE EN RELIEF
la création du New York point, où les lettres ponctuées ne comptent que deux points de haut, quitte à en avoir souvent trois de large.
Remarquons que le tableau régulier de Braille comprend seulement cinquante des soixante-trois signes que peut fournir la cellule rectangulaire.
L'écriture orthographique de Braille gagna du terrain grâce à l'influence des Drs Guillé et Pignier, directeurs, et à celle de Guadet, professeur à l'Institution nationale de Paris, qui, par son journal, L'Instituteur des aveugles, servit de lien entre l'école de Paris et les écoles étrangères.
Il me semble que ces hommes n'étaient pas dans la bonne voie en abandonnant la phonographie de Barbier.
Dans La première moitié du xixe siècle, sans avoir connaissance des travaux de Barbier et de Braille, un Autrichien du plus grand mérite, Klein, combinait un alphabet formé de points, lisible pour les voyants aussi bien que pour les aveugles. Les lettres de Klein comptaient cinq points sur leur hauteur, ce qui impliquait trop de lenteur dans la lecture et surtout dans l'écriture.
Le trait-point du Dr Vezien et le bel alphabet du Dr Mascaro constituent des écritures saillantes, faciles en même temps à tracer pour les aveugles et à lire pour les clairvoyants.
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Fig. 27.
En Angleterre, en Autriche et en Danemark, on a remplacé les rayures de Barbier par des cupules, ce qui oblige l'écrivain à tenir le poinçon bien perpendiculaire à la tablette, et, par suite, à former correctement les points.
Barbieravait imaginé le rayage pour des raisons d'économie de fabrication qui n'existent plus aujourd'hui, et je recommande aux commençants d'employer d'abord, sauf à les abandonner plus tard, des tablettes à cupules pour être sûrs de prendre l'habitude si importante de tenir leur poinçon bien perpendiculairement au papier.
A la fin du siècle dernier, un Américain, M. Hall, a cons-
truit une excellente machine à clavier pour écrire le Braille. Trois touches sont actionnées par trois doigts de la main gauche, et trois touches sont mises en mouvement par trois doigts de la main droite. On conçoit donc qu'à l'aide de cette machine, la rapidité d'écriture soit la même pour les caractères les plus complexes que pour ceux formés d'un seul point. On objecte à ces machines leur prix élevé (125 à 150 francs), leurs poids de plusieurs kilogrammes, et le bruit qu'elles produisent.
Ces inconvénients seront sans doute atténués un jour, mais je ne pense pas que jamais la machine fasse disparaître l'emploi de la tablette de poche.
Avec la machine américaine Hall, ou ses similaires, on peut écrire au moins trois fois plus vite qu'avec le poinçon.
La machine Stainoby-Wayne, de Birmingham, plus récente, écrit sur un ruban analogue à celui du télégraphe Morse. D'après le prospectus, la rapidité est augmentée par la suppression de la manœuvre que la machine Hall exige pour passer d'une ligne à l'autre, et aussi par ce fait que les espaces entre les mots s'obtiennent sans exiger le moindre temps. L'écrivain peut, sans difficulté, lire les derniers mots marqués et écrire à la suite.
J'apprends qu'on vient de construire, en Allemagne, une machine à sept touches pour écrire le Braille. Cette machine, d'un prix très modéré, présente le grand avantage de fonctionner par l'emploi de la main droite seule, grâce au déplacement facile du pouce. L'aveugle peut donc, par son emploi, copier avec la main droite un texte lu par l'index de la main gauche.
Les huit chapitres qui forment cette deuxième partie constituent pour ainsi dire des « Mémoires à consulter » à l'usage des personnes qui voudraient connaître les bases sur lesquelles s'appuient les assertions et les conseils qui sont exposés dans la troisième partie de ce volume.
Tandis que, dans la première partie, on a réuni, pour ainsi dire, des pièces justificatives historiques, la seconde est un recueil de pièces justificatives théoriques, nécessaires seulement pour les lecteurs curieux d'aller au fond des choses.