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VII. — OPTIQUE DE L'ŒIL

ments publics sont ellipsoïdes de révolution, cela tient à ce que l'espace à couvrir est circulaire ; si l'on se proposait de construire une coupole, de forme aussi simple que possible, destinée à recouvrir une aire elliptique, la surface de cette coupole cesserait d'être celle d'un solide de révolution, tout en restant ellipsoïdale (ellipsoïde à trois axes inégaux). C'est précisément une surface de ce genre qui constitue la cornée de l'œil astigmate.

En 1818, M. Cassas, élève du peintre Gros, ennuyé de voir le maître ajouter toujours des traits horizontaux sur ses dessins, constatait qu'en effet ses yeux distinguaient mal les lignes horizontales. Après de nombreuses tentatives, Cassas finit par se faire tailler à Rome, par Suscipi, en 1844, des verres qu'il me montra en 1865 et qui lui donnèrent pleine satisfaction pendant bien des années. Ces verres, convexes sphériques en avant, affectaient du côté de l'œil la figure d'un tore concave. De même, en 1827, Airy, le directeur de l'Observatoire de Greenwich, remarquait que, malgré le secours du verre concave le mieux approprié, son œil gauche voyait les étoiles sous forme de traits lumineux; d'autre part, pour cet œil, une croix verticale tracée sur un papier n'était visible nettement à aucune distance. A condition de l'incliner de manière que l'un des bras de la croix formât un angle de 35 degrés avec la verticale, il pouvait voir alternativement avec netteté l'une ou l'autre des lignes en se mettant plus ou moins loin du papier: il corrigea son défaut de vue au nioj^en d'un verre cylindrique.

C'est à Goulier, alors capitaine du génie et professeur à l'Ecole d'application de Metz, que revient l'honneur d'avoir reconnu la fréquence de l'astigmatisme et d'avoir, le premier, rendu la netteté de la vue à un grand nombre de personnes par le moyen de verres C3dindriques. Dès le 12 juillet 1852, il consignait le résultat de ses observations dans un pli cacheté qu'il fit ouvrir en 1865, et dont le contenu fut alors reproduit dans les Comptes rendus de l'Académie des Sciences. Le remarquable mémoire de M. Goulier a été reproduit dans mon Histoire de l'astigmatisme. Annales d'oeu- Ustique, 1866, t. LV.

Je conserve dans mon petit musée de famille une feuille de hachures gravées sur pierre, que Goulier m'avait offerte vers 1864 et dont je donne ici la reproduction ; les lignes que

Goulier traça sur cette épreuve en me la remettant ont pâli par le temps, altération que la photogravure n'a pas pu rendre (Fig. 28).

Fig. 28.

Dans une conférence faite dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne le 1er avril 1880, j'avais fait distribuer à lous les assistants une feuille portant des hachures analogues à celles de M. Goulier et reproduite par la fig. 29. Cette figure permet à chacun de vérifier si, pour ses yeux, l'astigmatisme atteint un degré assez élevé pour nécessiter l'emploi de verres cylindriques.

Pour mesurer l'astigmatisme, après avoir fermé un œil, on fait tourner la figure dans un plan vertical jusqu'à ce que les carrés de l'une des deux lignes apparaissent avec des rayures aussi tranchées que possible. A ce moment, l'œil étant à 25 centimètres de la figure, la force de l'astigmatisme

vu. —

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