DE L'ACUITÉ VISUELLE
On peut voir Fig 33, les rapports entre la lisibilité de carac-
crirait : I = co . L'imperfection pourrait se chiffrer, par exemple, en faisant usage de l'un des dix nombres inscrits à droite de la figure 33 (p. 86).
Gomme il est pratiquement impossible d'abandonner l'emploi des lettres, nous définissons leur lisibilité par comparaison avec la visibilité de carrés noirs sur fond blanc tels qu'ils cessent d'être vus à la même distance où les lettres cessent d'être lues (a).
Guillery a admis pour la distance de 5 mètres que le cercle noir sur fond blanc dont la visibilité correspond à la lisibilité normale de Snellen a un diamètre de 1 mm 2. Or un carré de 1 mm de côté a une surface à peine plus petite que ce cercle; donc, si Guillery avait pris des carrés, il aurait pris sans doute 1 mm de côté comme équivalent à la normale ù 5 mètres. D'après Groenouw une excellente vue distingue sur fond blanc un carré noir dont le côté sous-tend un angle de 29".
On construira donc une échelle étalon composée de petits carrés noirs de dimensions variées {Fig. 35). Cette échelle ne sera pas présentée aux malades ; elle servira uniquement à la construction des optotypes.
L'expérience nous a appris qu'il faut une vue extrêmement bonne et un éclairage favorable [b) pour pouvoir distinguer un carré dont le côté mesure un dix-millième de la distance à laquelle il est vu. Cette vue correspond approximativement à l'acuité 2 de Snellen, l'acuité normale correspondant à un carré dont le côté serait deux dix-millièmes de la distance. A la distance de 1 mètre, le plus petit carré visible aurait donc un côté de un dixième de millimètre, et l'acuité normale correspondrait à un carré de deux dixièmes (<?) de côté.
Nous proposons de faire l'examen à une distance de 5 m. et d'inscrire simplement la longueur mesurée en dixièmes du côté du carré vu à cette distance. Choisissons la lettre I, comme initiale du mot imperfection. Pour l'acuité normale, on aurait alors 1=10 et la correspondance entre l'ancienne et la nouvelle numération se voit dans le tableau de chiffres de la figure 35.
Les avantages de notre système sont les suivants :
1° On évite de choisir une unité arbitraire ;
2° On évite l'idée abstraite à' angle visuel ;
3° On évite les nombres fractionnaires ;
4° On ne présume rien sur la progression des échelles;
5° La lisibilité des différentes lettres portant le même numéro sera toujours la même quelle qu'en soit la forme, puisqu'elle a été déterminée expérimentalement. On peut constituer les échelles avec des lettres latines du type Snellen ou de tout autre type, des lettres gothi-
(a) On a beaucoup discuté la question de savoir s'il faut se servir du principe du minimum separabile ou de celui du minimum visïbile pour la construction des optotypes. Il est actuellement établi qu'ils conduisent pratiquement à des résultats identiques. Si nous sommes partis du minimum visibile, c'est parce que cette manière de faire présente plus de simplicité ; nos propositions restent identiques avec celles qui découleraient du minimum separabile . Quant aux objets à employer, nous avons choisi des points et non pas des lignes pour éviter, autant que possible, l'influence de l'astigmatisme. La forme des points importe peu, car son influence disparait absolument lorsqu'on se rapproche de la limite de visibilité, le seul facteur qui joue un rôle étant l etendue superficielle des points. Nous avons choisi la forme carrée qui permet d'exprimer cette étendue d'une manière très simple.
(b) La visibilité des points varie dans une certaine mesure avec l'éclairage. Nous nous réservons de définir celui-ci ultérieurement.
(c) Dans la suite, nous emploierons l'expression de dixième pour désigner le dixième de millimètre, comme cela se fait souvent dans l'industrie.
tères typographiques et la visibilité des points constituant l'échelle étalon mentionnée dans la note ci-dessous.
ques, persanes ou même avec des images de différents objets comme l'a fait dernièrement Ewing {Fig. 36).
Conclusion. — La théorie et les besoins de la pratique sont d'accord pour exiger la substitution à la notation fractionnaire actuelle d'une notation, exprimant la grandeur des objets vus, c'est-à-dire l'imperfection visuelle.
L'utilité de cette réforme est aussi grande et aussi évidente que celle de la substitution des dioptries aux fractions qui désignaient les amétropies, et sa mise en pratique rencontrerait des difficultés moindres que celles qui s'opposèrent longtemps à l'introduction de la dioptrie.