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VIII. — DE L'ACUITÉ VISUELLE

Une comparaison analogue entre le même tableau étalon et une échelle d'objets dessinée par M. Ewing, assistant de M.

dans ce qui suit la justification du choix que nous avons fait de la distance de 5 m. pour définir ce que nous avons appelé I.

Snellen a choisi pour sa table la série des inverses des chiffres entiers, 1, 1/2, 1/3, 1/4, etc. Mais comme cette série donnait un nombre trop grand d'échelons composés de grandes lettres, et un nombre trop petit de petites, il a supprimé les lignes correspondant à 1/5, 1/7, 1/8 et 1/9, et intercalé 2/3 entre 1 et 1/2. Sa série ne correspond donc à aucune formule mathématique. Le système de Snellen a encore un autre inconvénient, c'est qu'une table donnée ne peut servir commodément qu'à la distance pour laquelle elle a été construite. Si par exemple par défaut d'espace on place les examinés à 5 mètres d'une table qui a été construite pour une distance de 6 mètres, on obtient les expressions V=5/6, 5/9, 5/12, etc., bien incommodes à comparer avec celles de la série 6/6, 6/9, 6/12, etc. Une critique tout à fait analogue s'applique à l'échelle décimale Monoyer, dont les inconvénients sont bien plus grands.

M. Green, de Saint-Louis, a exposé en 1867 les avantages théoriques que présente une progression géométrique. On sait que, dans une progression géométrique, on obtient chaque terme en multipliant le précédent par un facteur constant. Dans la série que nous préférons, ce facteur est \J!T= 1,41 et la série est 1 ; ^27 2 ; 2 ^2; 4; etc. Green avait

choisi \/ 2 = 1,26, chiffre que Sulzer a dernièrement adopté. La série de

Green était par conséquent \\\J 2 ; (\/ 2 ; ) \ 2 ; 2\/ 2 ; 2) 2; 4,etc.

Le petit tableau suivant indique la valeur des I dans les différents systèmes.

Snellen.

Proposition.

Green et Sulzer.

La série proposée et celle de Snellen se ressemblent, l'expérience ayant conduit ce dernier à se rapprocher beaucoup d'une progression géométrique. La série de Green donne un plus grand nombre d'intermédiaires, trop grand semble-t-il pour l'emploi journalier, puisque l'un de ses élèves a dernièrement publié des tables suivant la progression de racine carrée de 2. Légèrement modifiée, cette dernière devient très simple.

On ne commet en effet qu'une erreur très faible en mettant sj 2 ~ ^ »^ ~ "5 » on tombe, en représentant par 5 le premier terme de la progression, sur la série

connue depuis vingt siècles. Elle se compose uniquement de nombres entiers qui sont alternativement des multiples de 5 et de 7. C'est juste-

Green, à Saint-Louis, pour mesurer l'acuité visuelle des enfants, est représentée par la Fig. 36, ci-dessous.

14 t^POijiîr^oVinCP^

Fig. 36.

ment pour tomber sur cette série que nous avons proposé la distance de 5 mètres pour la détermination de I.

Outre les avantages théoriques que présentent les échelles géométriques, elles ont aussi l'avantage pratique de pouvoir servir à différentes distances. La table qu'on voit à droite de la Fig. 33 construite pour 5 mètres peut ainsi servir à 3 m. 50, à 7 mètres, à 10 mètres, etc. Si par exemple on observe à 7 mètres, toutes les lettres apparaissent diminuées dans le rapport 5/7; une personne qui à 5 mètres pouvait lire le n° 5, ne peut lire que le n° 7, celle qui pouvait lire le n° 7 ne peut plus lire que le n° 10 et ainsi de suite. En plaçant d'une manière permanente les observés à 7 mètres, l'oculiste n'a donc qu'à se rappeler, une fois pour toutes, que pour noter une ligne lue, il doit se servir du numéro de la ligne au-dessous. Si au contraire, ne disposant pas d'un recul suffisant, il met les observés à 3 m. 50 de la table, c'est le numéro de la ligne au-dessus qui doit servir.

P. S. C'est par accident que, dans les figures 33, 35 et 36, les carrés constituant les plus petits échelons de la table étalon, ont été disposés sur deux lignes au lieu d'une.

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