‹ Physiologie de la lecture et de l'écritureChapitre 53 sur 147 · X. — INFLUENCE DE L'ÉCLAIRAGE SUR L ACUITÉ VISUELLE · texte numérisé non relu

X. — INFLUENCE DE L'ÉCLAIRAGE SUR L ACUITÉ VISUELLE

Visibilité des lignes. — Etant acquis que la visibilité d'un point blanc sur fond absolument noir est proportionnelle au

contenue dans sa thèse est bien moins élégante et probablement moins pratique que celle dont je vais parler.

Imaginons une lanterne contenant une bougie allumée, et, sur l'une des faces de la lanterne, une plaque blanche percée d'une série de trous, et doublée de papier transparent pour diffuser la lumière de la bougie. Il est clair, d'après ce qui précède, que la grandeur du plus petit trou qui paraîtra lumineux en un endroit de la salle où l'on aura posé la lanterne, pourra servir de mesure à l'éclairage de cette partie de la salle : c'est, en somme, un ciel étoilé artificiel qui nous sert ici de photomètre.

Au lieu de disposer ces petits trous au hasard, rien n'empêcherait, pour mieux s'y reconnaître, de leur faire figurer des lettres (fig. 37).

Il est non moins évident que, si l'on place sur une table une feuille de papier blanc, et qu'on regarde cette feuille à travers une plaque percée de trous de diverses grandeurs, si l'on a le soin de disposer cette plaque au fond d'un sac opaque dans lequel l'observateur enveloppe sa tête, on a encore un photomètre, fondé cette fois sur la différence d'éclat des points blancs qui se détachent sur un fond absolument noir. Cette disposition présente, sur la précédente, l'avantage de n'exiger l'emploi d'aucune source lumineuse type, ce qui n'existe que dans les photomètres chimiques ; mais l'observation ne pourra se faire que fort lentement, à cause du temps considérable employé par la rétine pour s'adapter à l'obscurité.

Nous ne voulons pas insister ici sur les applications pratiques, le temps nous ayant fait, défaut pour mettre à l'épreuve les résultats théoriques que nous venons d'indiquer. Pour plus de détails voir notre communication au congrès d'oculistique à Lucerne, septembre 1904.

On remarquera que l'intervalle entre les points qui constituent les lettres ci-dessus est suffisant pour que la visibilité de chacun de ces points ne soit pas renforcée par celle des voisins, ainsi que cela aurait lieu s'ils étaient trop rapprochés. Pour s'en convaincre nous figurons

Fig. 38.

ici (Fig. 38) deux lettres T., de même dimension que le premier T de la figure précédente : qu'on s'éloigne d'environ quatre mètres du livre, et qu'on compare la visibilité de ces trois T.

J'ai construit un autre photomètre fondé sur un principe tout différent et qui consiste en une petite feuille de papier portant sept teintes plates graduées du gris clair au noir. Au milieu de chaque teinte, un trou de 2mm de diamètre. L'observateur, placé près d'une fenêtre, tenant cette feuille verticalement à 30 ou 40 centimètres de l'œil, cherche celui des

carré de son diamètre, nous allons démontrer qu'il n'en est pas ainsi pour une ligne droite, dont la visibilité est seulement proportionnelle à son épaisseur. Pour passer de l'étude de la visibilité d'un point à celle de la visibilité d'une ligne, nous devons faire remarquer tout d'abord que les conditions de visibilité d'un point carré (sit venia verbo) sont tout à fait les mêmes que celles d'un point rond ; en effet, l'expression de point n'a été employée par nous que par abréviation, lorsque nous voulions désigner des surfaces lumineuses assez petites pour que leur image sur la rétine fût beaucoup plus petite que la dimension d'un élément photesthésique. Dans ces conditions, peu importe la forme de la petite surface lumineuse. Puisqu'un seul élément rétinien est atteint, il ne peut se produire qu'une sensation lumineuse, et l'observateur n'a, en aucune façon, conscience de la forme du point lumineux qu'il aperçoit. Poussons ce raisonnement plus loin, et remplaçons successivement une image rétinienne carrée, mesurant par exemple 0mm,00Q8, par des rectangles mesurant respectivement 0mm,0004 X 0mm,0016, ou 0mm,0Q02 X 0mm,0032. Ces divers rectangles, ayant précisément la même surface que le carré précédent, produiront exactement la même impression sur l'œil, tant que leur plus grande dimension sera inférieure au diamètre d'un élément rétinien ;

trous à travers lequel un objet quelconque situé dans la chambre paraît aussi foncé que la teinte environnante : il voit ainsi instantanément la différence entre l'intensité lumineuse des objets vus à travers les trous. En vente chez M. Cornet, opticien, 66, rue de Rennes.

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Fig. 39.

Enfin, l'étude de l'acuité visuelle m'a conduit forcément à la construction d'échelles photométriques parlantes. En effet, si, pour la mesure de l'acuité, il importe d'employer des caractères typographiques dont la lisibilité soit influencée le moins possible par les variations de l'éclairage, des caractères gradués dont la lisibilité varie avec l'éclairage constituent un photomètre assurément grossier, mais qui pourrait être perfectionné en employant des caractères formés de points isolés et peu nombreux.

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