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X. LES PLEINS ET LES DÉLIÉS EN TYPOGRAPHIE

En ce qui concerne la grandeur des lettres qui pourront être employées sans inconvénient, il nous suffirait de rechercher la grandeur des types qui sont perçus avec facilité par un œil normal, à la distance la plus grande où Ton ait intérêt à pouvoir lire, et nous aurions accompli notre tâche. Or, il est inutile de pouvoir lire au delà de la portée du bras, lequel ne s'étend pas commodément à une distance supérieure à cinquante centimètres. Dans ces conditions, de bons yeux lisent aisément des caractères de trois points gravés convenablement et fortement éclairés.

Mais l'expérience de tous les jours nous enseigne que le public repousse généralement les caractères de quatre, cinq, six et sept points, et que ceux de huit points ne trouvent pas grâce auprès de tout le monde : les amétropies les plus répandues nous contraignent donc à employer des caractères de dimensions linéaires triples, et de surface neuf fois supérieure à celles qui suffiraient si tous les yeux étaient rigoureusement corrects (1), ou rigoureusement corrigés par des lunettes appropriées.

Nous pourrions nous en tenir là et adopter ces résultats, fournis par l'expérience quotidienne des éditeurs de journaux, parfaitement compétents en pareille matière ; mais nous préférons analyser les causes du verdict rendu par la masse des lecteurs.

On sait, depuis des siècles, que ce sont les presbytes et jamais les myopes qui réclament contre la finesse exagérée des caractères, et que leurs plaintes reconnaissent pour cause la formation d'images de diffusion sur leur rétine.

Calculons la dimension de ces images de diffusion, en nous servant de l'œil réduit de Listing. Soit p le diamètre de la pupille, d celui du cercle de diffusion, / la distance du livre au foyer antérieur de l'œil, on a

et pour p = 4mm il vient d = A la simple inspection

(1) Toutes choses égales d'ailleurs, il faut quadrupler le format d'un livre si on doit l'imprimer en huit qui soit rigoureusement double d'un quatre donné, et, par exemple, recourir à l'in-4° au lieu de l'in-16 ou à

de cette formule on voit que les diamètres des cercles de diffusion sont à peu près inversement proportionnels à la distance qui sépare l'œil de l'objet, mais que, pour les objets très voisins, ils croissent un peu moins rapidement à proportion que la distance diminue. Effectuant le calcul, nous trouvons pour des points lumineux situés respectivement en avant du foyer antérieur à

4* 2* lm 0^50 0,25 0,125 0,0625

des cercles de 0mm015 0,03 0,06 0,12 0,23 0,43 0,77

Ces chiffres ont été calculés, je le répète, en mesurant la distance du point lumineux au foyer antérieur de l'œil, ainsi que l'avait fait Listing pour son petit tableau, reproduit dans l'Optique physiologique, p. 101 (137 de la traduction). On voit que, lorsque l'objet se rapproche de l'œil, les cercles de diffusion croissent moins rapidement que la valeur inverse de /, et c'est sur ce fait que de Graefe s'était fondé pour expliquer pourquoi certains hypermétropes ont avantage à tenir les objets très près de l'œil, de manière à faire croître la dimension des images rétiniennes plus rapidement que celles des cercles de diffusion.

En pratique, c'est la distance des objets à la cornée qui nous intéresse ; la cornée étant située à 13 millimètres en arrière du foyer antérieur, si nous nommons X la distance de l'objet à la cornée, on a X = /— (— 13 et notre formule ci-

dessus deviendra d = , . -,Q . Dans un but de simplilo-j-X — 13 1

fication, je préfère mesurer la distance de l'objet au plan

principal, qu'on peut, sans erreur notable, confondre avec

l'iris. Nommons D cette distance ; puisque nous plaçons le

foyer antérieur à 15mm en avant du plan principal, notre

formule se réduit à la plus excessive simplicité ; il vient, en

ettet, ci = — — — , et pour p = 4 on a a = — - ce qui nous

donne les valeurs suivantes :

D étant 4"' . 2 1 0,50 0,25 0,125 0,0625

d sera = 0>™015 0,03 0,06 0,12 0,24 0,48 0,96

l'in-8° au lieu de l'in-32. — Cette proportion est diminuée si les dimensions horizontales des lettres décroissent moins vite que les verticales, ce qui est le cas général.

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