XIV. — RAPIDITÉ DE L'ÉCRITURE ET DE LA LECTURE
main. Le souci de cette amélioration, en ce qui concerne l'écriture, constitue un lien entre la plupart des chapitres qui précèdent; mais, tandis que notre attention se portait sur les progrès scientifiques obtenus ou à obtenir, il ne faut pas oublier qu'une évolution naturelle agit dans le même sens.
Dans l'Introduction de son Histoire de l'Ecriture dans l'Antiquité, livre déjà cité plus haut. M. Philippe Berger s'exprime ainsi :
Le grand facteur des transformations de l'écriture qui ont abouti à la création de nos alphabets modernes, c est la paresse de la main, qui cherche à se soulever le moins souvent possible et à faire en un seul trait, ce qu'on faisait en plusieurs ; ou plutôt, à prendre les choses de plus haut, c'est la loi du moindre effort, par laquelle s'expliquent tous les progrès de l'industrie humaine et qui consiste à produire le même travail en dépensant moins de force.
La loi du moindre effort régit non moins utilement la lecture que l'écriture. On en a vu des applications dans plusieurs des paragraphes précédents.
Cette préoccupation a dominé également, sans que cela fût dit explicitement, dans l'exposé que j'ai fait des écritures sténographique et musicale, et elle est la base des considérations qu'on trouvera dans la troisième partie, sur les moyens d'accélérer la lecture des aveugles.
Nos écritures liées et penchées, plus rapides que leurs devancières, sont distancées par la dactylographie et surtout par la sténographie, et l'inscription sténographique est battue par l'inscription phonographique, dont la vitesse est égale à celle de la parole.
S'il est intéressant d'étudier les procédés qui permettent de rendre la lecture et l'écriture aussi faciles et aussi rapides que possible, il est plus intéressant encore de rechercher les moyens d'accélérer l'enseignement de l'une et de l'autre. Cette question pédagogique dont la solution a pour effet d'augmenter le rendement de l'école, ou, en d'autres
termes, de demander le moindre effort aux maîtres et aux élèves, préoccupe à juste titre les pédadogues.
Les développements dont elle a été l'objet, dans les chapitres IV et V, ne nous ont pas dispensé de l'examiner sous un autre aspect dans le présent chapitre, où nous avons donné à l'examen de la réforme orthographique une place considérable, ce qui nous permettra d'être plus bref dans les chapitres que nous consacrons, plus loin, à l'enseignement de la lecture et de l'écriture.
DÉDUCTIONS PRATIQUES
Les personnes qui s'occupent d'hygiène scolaire trouveront ici, sous une forme tout à fait familière, des conseils relatifs à l'éclairage diurne et nocturne, à la confection des livres et atlas, enfin à l'enseignement de l'écriture, conseils fondés sur les notions théoriques relatives à l'optique de l'œil, à la photométrie, à l'acuité visuelle, et aux mécanismes physiologiques de l'écriture et de la lecture.
C'est sur ces mêmes théories que s'appuient les chapitres où il sera traité du déchiffrement des écritures, des expertises et de la planchette à écrire pour aveugles.
C'est également en se fondant sur les théories exposées dans la précédente partie de ce volume qu'a été écrit en 1880, et remanié avec le concours de M. Dreyfuss, le chapitre XVII, sur la typographie compacte.