‹ Physiologie de la lecture et de l'écritureChapitre 89 sur 147 · XVII. TYPOGRAPHIE COMPACTE · texte numérisé non relu

XVII. TYPOGRAPHIE COMPACTE

viennent pour combattre les effets de l'irradiation (1).

Il est à remarquer que les graveurs ont senti instinctivement tout ce que nous venons de dire, et que, s'ils se sont beaucoup éloignés des vrais principes lorsqu'ils ont gravé des caractères de grande dimension, ils s'en sont, au contraire, toujours rapprochés lorsqu'ils ont produit des caractères de très petite dimension, pour lesquels la question de la lisibilité primait celle de l'élégance. Regardez, par exemple, à la loupe, des caractères très fins, tels que le 4 (Perle) du spé-

cimen publié en 1845 par l'Imprimerie royale, ou la nonpareille de Luce (Fig. 56): ces caractères se distinguent de ceux de plus grande dimension, gravés par la même main, par une brièveté extrême des empâtements, condition nécessaire pour la lisibilité de caractères aussi petits. Bien plus, les empâtements du 4 de l'Imprimerie royale, seuls de toute la série de 1845, présentent une forme légèrement triangulaire.

Les Anglais emploient, comme nous, des traits terminaux trop longs, mais l'angle compris entre le trait terminal et le jambage de la lettre est toujours arrondi ; ne faut-il pas attribuer à cette disposition une partie de la supériorité des impressions anglaises et américaines sur les nôtres ? Il s'agit d'un détail tellement minime que le lecteur ne se sera sans doute pas aperçu que les caractères du présent volume ont les empâtements assez analogues à ceux des caractères anglais. Dans la figure qui suit, nous donnons successivement deux phrases : la première avec l'aspect que présentait la typographie de la Revue Scientifique, et la deuxième en

(1) Je répète ici cette théorie des empâtements telle que je l'avais exposée en 1879, parce qu'il existe encore des fondeurs qui n'en ont pas tenu compte.

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